OFFRANDE

par EROTICA51



Musique de Gigi d'Alessio


   Tout commence par le bruit précipité de talons hauts qui se rapprochent. La porte est demeurée volontairement entr'ouverte. Assis dans l'ombre de la pièce, tu l'attends, en essayant de calmer ton impatience. Ses pas se rapprochent rapides, nerveux, puis ralentissent, imperceptiblement, devant la chambre, où tu l'attends. Deux coups légers. La porte s'ouvre, dévoilant, une agréable silhouette féminine, en contre-jour, aperçue trop brièvement. La porte se referme, à doubles tours, en silence.

   Tu n'as pas bougé, caché dans l'ombre de la pièce mais de tes yeux de chat, tu l'observes, goulûment. Tu sais qu'elle ne te voit pas, mais tu perçois son inquiétude dans l'hésitation de ses pas. La pièce est trop sombre. Seules quelques flammes vacillantes éclairent l'endroit où elle se tient, l'auréolant d'une douce lumière. Tu te retiens pour ne pas aller vers Elle. Elle semble, soudain, désorientée, paraissant ne savoir que faire. Perçoit-elle ta présence ? Probablement pas. Tu sais, parfaitement, que venant de l'extérieur, elle ne peut te voir, tapi, dans ce coin reculé, tel un tigre, guettant sa proie. Une proie que tu dévores, d'un regard affamé, déjà pressé, d'aller plus loin.

   Ta voix claque, brève, la faisant sursauter :

- Es-tu d'accord pour tout accepter ?
- Oui, a-t-elle murmuré
- J'ai bien dit TOUT accepter ! Sans réserve ! Je veux entendre ta promesse, une fois encore !
- Oui, je suis prête à accepter TOUT ce que tu exigeras, dit-elle la voix tremblante
- Très bien ! Mets ce bandeau qui se trouve à tes pieds! puis déshabille toi, lentement !

   L'effet de surprise passé, un léger soupir lui a échappé. Elle sait que tu es là, que tu attends, que tu l'observes, avidement. Malgré sa crainte, elle ne peut s'empêcher de trembler délicieusement, tout à coup étrangement excitée. Elle se penche vers le sol, laisse ses mains chercher le tissu espéré. Enfin elle le perçoit, il est là doux, sous ses doigts. Elle se relève d'un geste gracieux qu'il savoure avec délectation. Ses mains, déjà, le démangent

   Elle trébuche contre la chaise posée près d'elle, intentionnellement. Ses mains s'élèvent, légères, repoussant ses cheveux longs, faisant descendre, dans un léger crissement, sa fermeture-Eclair. Tu observes l'émouvant tableau de sa peau claire. Sa main fait glisser lentement les bretelles de sa robe légère, laissant le tissu suivre la ligne douce de son corps. Glissant le long de ses hanches, le tissu semble s'arrêter et tu retiens ta respiration. De ses mains, elle le repousse, lentement, le laissant choir au sol dans un doux chucotement

   Puis, elle pose le bandeau sur ses yeux, le nouant de deux noeuds, solidement, comme tu l'as exigé. Docile, elle semble respecter tes consignes.

- Approche ! Ordonne ta voix, d'un ton rauque.

   D'une démarche hésitante, elle s'avance, dévoilant la splendeur de son corps.

- Retire ton soutien-gorge !

   Elle sursaute à nouveau. Puis, obéissante, elle dégrafe le doux rempart qui te cache la beauté de ses seins. Le tissu glisse lentement.

   Tu la dévores, les yeux luisants de désir. L'auréole de ses seins tendus commencent à durcis. L'ombre troublante de son pubis est caché par le fin triangle sombre de son string. Incapable de te retenir plus longtemps, tu te lèves, t'approches de son corps tremblant.

   Ta main s'approche d'elle, immobile, qui attend. Tes doigts glissent sur son corps, appréciant la douceur de sa peau fraîche. Elle a tressailli et tu savoures l'effet immédiat de sa peau qui frémit.

   Tes doigts suivent la courbe douce de ses hanches, descendent, lentement entre ses belles cuisses. Sa bouche s'entrouvre de surprise. Ton doigt revient vers ses lèvres, pleines, appétissantes comme un beau fruit rouge puis tu en caresses suavement les contours. Tu observes sa langue rose, humide qui bouge, déjà impatiente. Ton doigt se fait pressant, forçant le barrage de ses chairs puis s'introduit en elle, étonné de sa chaleur:

- Suce moi, murmures-tu à son oreille.

   Sa langue se met aussitôt en mouvement, douce, elle s'enroule autour de ton doigt, caresse chaque centimètre avec un plaisir réel, te lèche avec application, savoure la douceur des sensations que tu éprouves. Puis sa langue se fait plus audacieuse, te léche avec application. Ses lèvres se posent tout autour, et ton doigt se trouve emprisonné comme dans un fourreau étonnamment chaud. Son visage avance et recule, allant et venant, doucement, dans une lente succion. Sa bouche savoureuse t'attire de plus en plus, imprégnant au fond de ta mémoire, des images encore plus sensuelles qu'il te tarde de goûter. Tu sens monter un désir irrésistible. Ton doigt se retire, sans prévenir, la laissant la bouche ouverte, lui arrachant un léger cri de surprise.

   Tu t'éloignes volontairement d'elle, la laissant affolée. Puis tu reviens, glisse sur sa peau cet objet dont tu lui caresses la peau, la faisant frissonner de peur. C'est froid, très froid, glacial même. Tu en caresses ses courbes, observant chacune de ses réactions. Tu sens la peur monter en elle, lentement. Va-t-elle te demander d'arrêter ? Non, elle attend, inquiète, tendue. Elle semble avoir la gorge sèche et humecte nerveusement ses lèvres. L'objet glisse le long de son ventre, tournant autour d'Elle, comme un fauve, attendant le moment propice. Un bruit léger la fait tressaillir, répété, sec: Clic ! Clac !

   Le froid du métal se pose, abrupt, sur sa chair. Elle sent l'élastique fin de son string échapper à la ligne douce de ses hanches, dévoilant, impudique, son pubis et ses cuisses serrées d'appréhension. Tu empoignes le tissu sans ménagement, le tissu, le tirant sèchement vers toi, puis le jetant négligemment au sol.

   Elle est, enfin, totalement nue, devant Toi. Ses beaux seins durcis de froid ou de peur, leurs pointes dressées dans ta direction semblent te narguer. Tes mains s'en saisissent, les pinçant légèrement. Elle gémit. Tes mains emprisonnent ses seins, les caressant d'un geste possessif. Elle est à Toi durant deux longues heures, totalement, respectant le Pacte convenu à l'avance. Tes paumes glissent sur son corps, en épousent chaque courbe, lissent chacune parcelle de sa peau fine. Tes doigts courent le long de son dos. Elle frémit, cambre ses fesses, fait saillir ses seins d'une manière provocante.

   Tes yeux brillent sauvagement. Elle est devant Toi, craintive, frémissante et si merveilleusement impudique, telle une offrande. Comme Elle est belle, offerte à tes désirs les plus fous. Il y a si longtemps que tu attends ce moment, tissant ta toile autour d'Elle, insidieusement.

   Un léger son mat la fait tressaillir. Tu te rapproches, les lèvres étirées d'un sourire. Tu lui prends la main, la fais avancer près du lit. Pas encore. Tu as deux heures devant toi pour assouvir ce désir d'Elle qui te mord le ventre.

   Elle tremble. Tu te rapproches, silencieux, glisses sur sa poitrine dressée quelque chose de si froid qu'elle en a le souffle coupé. Tu savoures, cruel, les sensations que tu perçois, observant avec attention ses tétons qui maintenant pointent, rigides. Quelques rigoles glaciales coulent lentement, glissent sur son ventre. Tu maintiens ce glaçon, pestant silencieusement craignant qu'il ne s'échappe de tes doigts. Elle a froid ; tu aimerais arrêter, la sécher, mais le jeu n'est pas fini. Tu dois continuer. Son corps est traversé de petits ruisseaux qui s'écoulent, silencieux, à ses pieds.

   Tu la pousses vers le lit, l'obliges à s'allonger sur le dos. Tu admires son corps qui se détend imperceptiblement. Ses cuisses sont entrouvertes sur son intimité qui semble te narguer. Elle tente, pudique, de les refermer. Volontairement, tu lui ouvres, imaginant sa honte de se savoir si crûment, observée. Comme elle doit te détester ! Tu te penches vers elle, observes son sexe en toute impunité. Ses petites lèvres sont humides par le glaçon ? par l'excitation ? par le désir ? Tu sais que tu vas le découvrir. Tu observes sa respiration qui s'est accélérée. Tu te détournes un instant, attrapes quelque chose de soyeux, te contentes de le glisser sur son corps, puis tu lui attaches les mains, solidement, d'un geste sec. Cette fois-ci, elle parait totalement dépassée, tentant de te repousser, de t'échapper. Va-t-elle se rebeller ? Te demander d'arrêter ? Tu attends, anxieusement, indécis. Et si elle décidait de tout stopper ?

   Elle se calme, peu à peu. Ses noeuds sont solidement bloqués. Tu te campes devant ses yeux voilés, commençant, un sourire narquois, à te déshabiller. Tu sais qu'elle devine ce que tu fais. Sera-t-elle suffisamment effrayée pour coopérer ? Tu as pris le temps de la choisir, de l'observer, de la suivre, de découvrir sa vie, ses fantasmes aussi, révélés au fur et à mesure de vos conversations téléphoniques.

   Aujourd'hui, elle ignore qui tu es, mais tu la sais maintenant à ta merci. Ta main caresse ses cuisses, remonte lentement sur son ventre crispé de désir. Tu observes son sexe, ses lèvres devenues mouillées, goûtant sa liqueur du bout de ta langue. Surprise, elle vient de sursauter ; ta langue si chaude et ce froid a de quoi la surprendre.

   Te voici enfin, totalement nu, devant elle, le sexe dressé. Tu te fais violence pour ne pas la prendre, la posséder immédiatement ; ton bas ventre est tendu d'un désir furieux. Tu t'assois sur le bord du lit et la contemples avidement. Puis tu te penches et goûtes cette bouche offerte. Tes lèvres s'écrasent dessus, la pétrissent, ta langue s'insinue entre ses lèvres fermées... Elle essaie de te résister... Ne comprend-elle pas que cela ne fait qu'attiser encore plus ton excitation.

   Tes mains pétrissent ses seins avec avidité. Elle gémit, doucement, n'arrivant plus à cacher ce qu'elle ressent. Tu sens monter en toi un sentiment de victoire, d'orgueil, de puissance.

   Tu l'enjambes, t'accroupis, devant sa bouche entrouverte. Elle cherche sa respiration. Tu sens la peur monter en Elle, graduellement. Tu maintiens son menton, pose sur ses lèvres fermées, ton sexe rigide, force sa bouche, t'insinuant dans sa gorge, en poussant un soupir. Tu as craint, un instant, qu'elle ne crie. Ton gland force ses lèvres, s'insinue en elle, peu à peu, la pénètre puis se retire. Tu entres, tu sors, tu entres, tu sors. Une envie furieuse te mord le bas-ventre. Et si tu jouissais dans sa bouche ? Tu hésites ; sa gorge est si douce, si chaude, si profonde et ce serait si bon de te laisser aller, de te déverser pour te soulager, de lui offrir ton plaisir.

   Tu observes sa poitrine qui se soulève nerveusement. Tu flaires sa peur, les questions qu'elle n'ose te poser. Tu ressens sa crainte d'être venue s'offrir à toi. Tu te recules à regret. Tu as tellement envie d'Elle. Tu vas chercher quelque chose. Elle perçoit tes pas sur le parquet qui craque comme un sinistre présage. Tu reviens et noues ses chevilles aux pieds du lit, sans chercher à la ménager. Pourquoi a-t-elle accepté de te rencontrer, de s'offrir à tous tes désirs ?

   Que sait-elle de Toi ? Rien ! Juste des brides mensongères, incertaines, impossibles à vérifier. Brusquement, elle sent la porte s'entrouvrir, puis claquer soudainement. Un courant d'air froid la traverse ; des bruits de pas pressés ; des chuchotements impossibles à comprendre. Des personnes viennent d'entrer !

   Oh non ! Comment a-t-il osé ! Elle se débat, affolée, tout en le maudissant, imaginant ces inconnus en train de la regarder, de la convoiter. Vont-ils tenter d'en profiter ? La peur s'empare d'elle, les dents serrées, rageuse, elle se débat cherchant à se libérer de ses liens ; à quitter cet endroit ; à s'enfuir loin de Lui. Des larmes de rage, de colère lui montent aux yeux. Les voix continuent de chuchoter, mais ne semblent pas vouloir s'approcher. Que disent-ils d'elle ? Combien sont-ils à la dévisager ? Combien sont-ils ? Elle se met à trembler d'appréhension.

   Il t'observe ; ses yeux ne perdent pas une miette de ton affolement. Oui, tu la voulais offerte. Elle l'est, au-delà de ce que tu pouvais espérer. Avec quelle facilité tu l'as attachée. Tu t'éloignes puis reviens, t'approches d'elle, un étrange sourire un peu cruel aux lèvres. Tu t'allonges, la contemples, ému, avec cette immense envie à assouvir. Ta main effleure ses cheveux longs répandus autour de son visage crispé par l'appréhension. Tu observes cette larme silencieuse qui roule, témoin de sa frayeur et de sa honte. Ton doigt la cueille, en apprécie le goût. Puis ta main se met à l'effleurer malgré ses tentatives de t'échapper. Son corps, si tendre quelques minutes auparavant, semble soudain possédé, indompté, impossible à calmer. Ta voix, soudain, tranchante et froide, s'élève :

- Cela suffit ! Tu as accepté notre pacte ! Alors, calme-toi !

   Elle ne bouge plus, éperdue de honte sous ces regards qui l'observent, qui la boivent des yeux impunément. Tu sens sa main se déplacer, caresser ta poitrine avec ostentation. Comme tu le détestes. Jurant silencieusement, tu te promets de résister, de paraître froide, insensible à ses caresses, lui refuser ce plaisir qu'il attend. Ses paroles lui reviennent en mémoire :


- As-tu déjà fait l'amour devant d'autres ?

   Interloquée, tu l'avais regardé stupidement, incapable de trouver une réponse. Il avait éclaté de rire, devant ton air interloqué. Le salaud ! Voici donc ce qu'il mijotait !

   Il s'était levé, parlant aux autres, tout bas. Malgré ton oreille tendue, tu n'arrivais pas à saisir le sens de leurs paroles. Quelques rires étouffés fusèrent. Il revint près de toi, penchant ses lèvres sur tes seins dressés, arrogants qui semblent le narguer. Sa bouche s'approche avec avidité, léche tes têtons avec gourmandise, les aspirant, peu à peu. Sa main s'avance sur ton ventre affolé, descend sur ton sexe humide, glisse entre ses lèvres offertes. Son doigt s'insinue lentement entre tes chairs chaudes, si tendres, entrant, sortant, te sentant réagir, te cambrer, incapable de cacher ton plaisir. Elle parait apprécier, malgré sa rage contre toi, se laisse caresser, sans plus se rebeller. Tu la sais enfin prête. Tu t'arrêtes, soudain, quittant le lit :

- A Toi ! As-tu dit

   Elle entend tes pas s'éloigner, s'en aller, lentement.

   D'autres pas se font entendre, lourds, inquiétants !

- Oh Non ! Pas cela ! Je t'en prie ! Aide-moi !
- Calme toi ! Ne m'as-tu pas donné ton accord ! N'as-tu donc pas de parole ?

   Il attend. Elle ne dit plus rien, se rappele le pacte convenu. Il l'observe, calmée, brusquement domptée, puis il s'éloigne en souriant.

   Elle se contracte sous la peur, la répulsion d'être touchée par d'autres mains, l'impossibilité de s'enfuir. Elle cherche à s'échapper, bouge son corps dans le peu d'espace que lui permettent ses liens. Elle l'entend approcher. Un homme est là, devant elle, imagine son regard narquois, en train de l'observer. Elle demeure si effrayée qu'aucun son ne sort de sa gorge. Elle reste figée par l'angoisse. Pourquoi s'est-il joué d'Elle ? Pourquoi ce piège ? Que va-t-il maintenant se passer ? Elle sent la peur lui nouer le ventre, la pétrifier.

   Deux mains, soudain, se posent sur ses cuisses. Quel étrange contact. Qu'a-t-il donc mis ? Des gants souples de chirurgien ! Elle sent une crainte irrépressible grandir en elle. Elle se contracte un peu plus, se jure de ne pas lui donner ce plaisir qu'il attend. Les mains commencent leur chemin, font entendre un froissement léger. Elle commence à paniquer. Pourquoi ces gants ? Que va-t-il faire ? Il commence alors une lente reptation, remonte le long de ses jambes, de ses cuisses qui ne peuvent s'empêcher de frissonner. Une seule pensée vient semble la préoccuper: comment arriver à s'échapper ?

   Les caresses se font plus précises. Comment réussir à cacher ce trouble qui se réveille en elle ? Intérieurement, elle se met à le maudire, Lui qui l'a abandonnée, l'offrir en pâture à des inconnus. Les chuchotements continuent. Quelques rires fusent, vite étouffés. L'homme sait y faire. Pas un seul centimètre de son corps n'est épargné par ses caresses qui deviennent, de plus en plus, aventureuses puis, plus franchement audacieuses, la fouillent sans vergogne, l'excitent, lui mettant le feu au corps. Il la sent pratiquement offerte. Elle se mord les lèvres pour ne pas laisser échapper un seul gémissement de plaisir. Il se lève, l'observe comme à regret. Elle entend son pas traînant repartir vers l'entrée. La porte s'ouvre. Elle perçoit un échange de chuchotements. D'autres pas !

   Quelqu'un d'autre s'approche d'elle. Elle sursaute à nouveau en percevant un liquide chaud s'écouler, entre ses cuisses. Quelque chose frôle son sexe, le caresse. C'est troublant. Pourquoi n'arrive-t-elle pas à se contrôler ? C'est doux et consistant à la fois, soyeux et ferme. Que cherche-t-on à lui faire ? Elle serre les cuisses, déterminée à résister aux sensations savoureuses qu'elle ressent. Il lui faut aussi oublier tous ces regards lubriques posés sur elle. Difficile, pourtant. Elle l'entend s'activer. Un léger bruit, comme quelque chose qu'on frotterait énergiquement.

   Que fait-il maintenant ? Son corps se refroidit rapidement. Pourquoi l'a-t-il mouillée ? Il semble se pencher, marquer un arrêt. Elle le sent qui se penche à nouveau, et pose une chose épaisse et douce sur son sexe qui caresse ses petites lèvres qui s'humectent malgré elles. L'objet s'emble soudain s'animer, tourne sur son sexe, remonte, descende, l'imprégnant d'une mousse épaisse, tout en la savonnant. C'est un blaireau ! De la crème à raser !

   Une voix assourdie se fait entendre :

- Ne bouge pas, je pourrai te blesser !

   Malgré sa peur, elle se sent, soudain, rassurée. Ainsi, il ne veut pas la blesser. Elle perçoit ses doigts qui s'activent sur elle, le bruit inquiétant du rasoir qui glisse sur son sexe. Elle voudrait crier sa peur. Mais elle se tait. Il s'occupe d'elle avec application, centimètre par centimètre. Parfois ses doigts la frôlent, innocemment. Elle sursaute sous le contact du métal froid du rasoir qui crisse, lentement, sur sa chair. Seigneur ! Il est en train de la raser entièrement ! Puis à nouveau, ce liquide chaud qui s'écoule, la rince. La pression d'une serviette chaude qui la sèche et cette impression honteuse d'être encore plus nue qu'avant. Elle se rappelle ces inconnus qui l'observent au milieu de ces chuchotements. Une violente rougeur monte sur son visage. Quelle honte ! Les pieds de son tortionnaire s'éloignent vers l'entrée. La porte s'ouvre, un courant d'air frais la fait frissonner d'appréhension. Combien sont-ils réellement ? Elle se met à trembler silencieusement.

    D'autres pas, plus légers reviennent et se campent devant elle, un autre l'observe. Elle frémit malgré elle. Il s'approche, pose des mains douces et légères, des mains qui la caressent, suavement, une bouche chaude qui se pose à l'intérieur de ses cuisses entrouvertes, qui l'émeut malgré elle. La savoureuse brûlure de ses lèvres, une langue curieuse qui la goûte, la pénètre, s'insinue au plus secret de son intimité. Elle frémit de plus belle. Elle se sait offerte, mais prisonnière. Des doigts emprisonnent son sexe, impudique et offert. Ses lèvres se gorgent d'un désir furieux. Un doigt la caresse, glisse délicieusement entre ses petites lèvres, la faisant réagir... Son ventre se gorge de désir... Ses seins se dressent, leurs pointes tendues qui n'attendent plus que le plaisir d'être cueillies par cette bouche audacieuse. Mais la langue se fait aventureuse, curieuse, la fouillant de plus belle, l'enflammant insidieusement, lui mettant littéralement le corps en feu ! Comme elle le déteste et le savoure en même temps.

   Tout son désir semble concentré dans son intimité qui la brûle, la torture, qui désire être possédée, maintenant. Son corps se tend, se cabre sous la caresse de sa bouche, de sa langue insidieuse. Son clitoris semble rechercher cette langue qui l'obsède tandis que son sexe s'ouvre, se met à mouiller, étonnamment. Son esprit est affolé. Comment arriver à résister ? C'est dément. Quant l'homme la sent enfin prête, Il se relève puis la quitte, brusquement. Pour la première fois depuis qu'elle est prisonnière, dans cette pièce, elle se met à regretter ses pas qui s'éloignent, d'elle, rapidement. Surgit une nouvelle pensée, inquiétante, obsédante. Pour qui la prépare-t-on ?

   Son coeur bat très fort. Elle reste tendue, attentive au moindre bruit, au plus léger craquement, au moindre chuchotement, mais tout reste confus. Elle déglutit avec peine. Elle a soif. Depuis combien de temps est-elle leur prisonnière ? Elle ne saurait le dire, en réalité, une éternité, peut être ?

   De nouveau, elle entend ces soupirs, ces éclats de rire, ces mots chuchotés. Que trament-ils ? Elle commence à avoir froid, maintenant, éprouve l'envie pressante d'uriner. Pourquoi aucun d'entre eux ne lui parle ? Elle sent la peur l'étreindre, peu à peu, insidieuse, même si aucun ne l'a brutalisée. La porte s'ouvre à nouveau. Ce courant d'air froid qui passe sur sa peau la fait frissonner. D'autres pas décidés s'avancent vers elle. Que va-t-il se passer ? Son coeur se met soudain à s'emballer. L'homme tourne autour d'elle, silencieux, se repaissant de son corps nu, de cette honte qu'il perçoit, de sa gêne qu'il ressent. Il marque un arrêt, maintenant. Clic! Pétrifiée, soudain, elle comprend.

   Ce bruit, cet éclat de lumière qu'elle vient de percevoir, malgré son bandeau. Il est en train de la photographier !

- Non ! Je vous en prie ! Arrêtez !

   Le silence lui répond puis ce bruit, à nouveau : Clic ! Des pas tournent maintenant rapidement. Clic ! Clic ! Clic ! Il ne semble plus vouloir s'arrêter. La honte, la colère, l'impuissance la broient. Elle s'agite, rue, tente de se libérer, tire inutilement sur ses liens. Clic ! Clic ! Clic ! Il continue de plus belle, ravi de la sentir impuissante, à sa merci. Profitant de cette opportunité offerte d'en profiter, il savoure sa défaite puis, enfin il s'arrête, s'éloigne un peu, marche, se déplace, presque silencieux. Une étrange odeur se développe, parait flotter dans l'air. Qu'est-ce que c'est ?

   Il se déplace, rapide, vif, déterminé, allume chaque bougie, illuminant la pièce d'une douce lumière comme un étrange rituel. Du coin de l'oeil, il l'observe : son corps s'est paré de douces lumières et d'ombres donnant à sa peau d'extraordinaires reliefs. Un bref regard sur sa montre. Il est temps. Il s'approche d'elle, remarque l'accélération de son souffle à sa poitrine qui se soulève par à coups.

- Tu as soif ? murmure-t-il d'une voix basse.

   Elle acquiesce de la tête, incapable de prononcer un mot.

   Il s'éloigne, fait tinter deux verres, l'un contre l'autre. Une bouteille laisse échapper un bouchon, puis elle perçoit un bruit léger de bulles qui pétillentent. Il s'approche, lui soulève doucement la tête, pose le verre au bord de ses lèvres. Elle boit avidement, humectant ses lèvres et sa gorge sèche.

- Doucement ! recommande-t-il en éloignant le verre. Elle fait non de la tête. Il attend puis lui redonne le reste de son verre à avaler. Il était temps. Elle meurt de soif, constate-t-il, amusé.

- Ca va mieux ? chuchote-t-il

- Oui ! Merci.

   Elle sent le champagne la pénétrer, lentement. Elle aime ce breuvage frais, agréable et ses effets euphorisants. Elle se détend, se laisse envahir d'une douce langueur. Une chaleur bienfaisante l'étourdit, peu à peu. Elle se sent flotter, perd pied avec la réalité. Que se passe-t-il ?

   Un frôlement léger glisse sur ses cuisses, en palpe chaque parcelle, chaque centimètre. Elle déglutit. Son désir revient, l'emporte, malgré son envie de résister. Elle n'y arrive plus, se laisse emporter peu à peu par ses sensations qu'il lui procure. Ses doigts glissent, la caressent suavement ; des soupirs lui échappent. Elle apprécie. Des lèvres fermes se posent, la faisant à nouveau frémir. Elle en perçoit la chaleur, la douceur. L'homme couvre son corps de baisers fous, rapides, troublants. Elle se tend, se cabre, arquant son corps vers ses lèvres. Sa bouche remonte, frôle son sexe, glisse sa langue entre sur son sexe, la taquine, la goûte, la réveille, s'enroule autour d'elle, sensuellement, réveillant tant de démons assoupis.

   Sa bouche redescend, frôle la veine de son cou faisant surgir mille frissons. Elle perçoit la chaleur de son souffle ; sa poitrine se dresse ; sa langue lèche la pointe de ses seins, en pince délicatement le bout. Ses lèvres s'entrouvrent, l'aspirent, par légers à coups. La tête lui tourne tout d'un coup. Comme elle le désire ! Comme il sait éveiller son corps ! Qu'importe ce qu'il va penser d'elle ; Qu'elle n'est qu'une fille qui s'offre. Elle le veut. Elle n'en peut plus. A bout de résistance, elle murmure :

- Détache-moi, je te veux !

   Il marque un instant d'arrêt, la regarde, un sourire radieux éclaire son visage.

- Tu as envie ? interroge-t-il, en lui glissant un doigt curieux, entre ses cuisses brûlantes.
- Oh! Oui, je veux faire l'amour, avoue-t-elle, dans un murmure.
- A une seule condition !
- Laquelle ?
- Tu resteras les yeux voilés quoiqu'il arrive ! d'accord ?

   Il attend, impatient de connaître sa réponse.

- Oui, j'accepte tout, chuchote-t-elle, dans un souffle.

   Un soupir d'allégresse soudain gonfle le torse de l'homme. Enfin ! Elle va être, à lui, volontairement. Il l'observe, attentif. Et si elle prévoyait de s'enfuir ? Il s'éloigne, ferme la porte à clé d'un geste ferme et cache la clé dans un coin sombre de la pièce. Puis il s'approche d'elle, l'embrasse à nouveau, la caresse au point de lui faire perdre la tête, détache ses pieds et ses mains, un à un, lentement, réveillant son désir, l'amenant, chaque fois, au bord du plaisir.

   Comme elle est belle, alanguie sous la lumière des bougies qui l'embellissent encore plus, ce soir. Il a attendu, si longtemps, cet instant. Il se met à trembler d'impatience, puis la soulève, la repose plus confortablement au milieu du lit, dévore sa bouche avec sensualité, entremêlant leurs langues, délicieusement. Leurs mains se cherchent, s'entrecroisent. Leurs corps se rapprochent, unis dans un même désir, la même recherche du plaisir. Ses jambes légères s'élèvent, se posent sur ses épaules. Elle s'offre, impudique. Dans une violente bouffée d'adrénaline, il sent son sexe durcir, devenir rigide de désir, battre contre la douceur de ses cuisses entrouvertes. Il la caresse doucement, de son gland, ressent son antre humide de désir. Tout comme lui, elle a follement envie. Elle a faim de son corps, si faim de lui. Jamais elle n'a désiré un homme ainsi.

   Il la fait rouler par dessus lui, l'obligeant à le chevaucher. Les flammes dansent sur son corps, dans un étrange ballet. Sa main fébrile le cherche, l'enrobe, lui arrache un doux gémissement. Elle se penche, le goûte, à son tour. Sa langue l'enrobe, le caresse, le savoure, ses lèvres s'entrouvrent, l'aspirent. Une bouffée irrésistible d'amour monte en elle. Il ferme les yeux, la savoure à son tour. La bouche de la jeune femme se retire, frôle son corps de sa chevelure, dans une délicate caresse. Elle se redresse, les seins dardés vers lui, belle, arrogante, fière, audacieusement provocante.Sa main emprisonne son sexe dressé, qui bat, contre elle, furieux, impatient.

   Elle le guide vers sa douce caverne, le pose au bord de son antre, taquine ses lèvres mouillées, savoure sa douceur, cette chaleur qui l'attire. Son gland se pose doucement à l'entrée de sa grotte affamée puis marque un arrêt comme attendant sa réaction, se soulève, légèrement, s'arrête, sa queue posée à l'entrée de sa chair bouillante. Enfin, d'un coup de reins impatients, elle s'empale doucement, le faisant glisser en elle dans une merveuilleuse caresse. Ses mains prennent appui sur son torse, son bassin se met à danser, à remuer, ondulant, l'aspirant malgré lui, l'entraînant dans une tornade de plaisirs inimaginables. Il s'agrippe à ses hanches, s'introduit inexorablement au plus profond d'elle, savourant sa grotte accueillante, tendre, émouvante. Leurs peaux frémissantes se goûtent, se savourent, se découvrent, se perdent, se retrouvent.

   Combien de temps se sont-ils aimés, en silence ? Qui a gagné ? Qui a perdu ? Nul ne le sait. Ils se sont découverts éblouis. Combien de fois l'a-t-il prise ? Il n'a pas compté, oubliant tout, se repaissant d'elle, pris d'une faim dévorante. Combien de fois a-t-elle joui entre ses bras ? Elle l'ignore aussi. Elle s'est offerte, gourmande, sensuelle, avide d'une faim qui semble ne plus jamais finir, comme un besoin irrépressible. Toute la nuit, il l'aimera, la prenant dans toutes les positions, assouvissant, l'un et l'autre, un désir dévorant.

   Au petit matin, il se lève, silencieux, se rhabille sans un bruit, la regarde endormie, son doux visage détendu d'un merveilleux sourire. Il ouvre la porte en silence, puis repart discrètement, heureux comme il ne l'avait plus été depuis longtemps.

   Dans la matinée, elle ouvre les yeux, retirant son bandeau, le cherchant, affolée, déjà en manque de lui, de ce plaisir, qu'il lui a donné. Ses yeux se remplissent de larmes devant sa fuite. Elle se rhabille à son tour, déçue, ne comprenant plus, prenant son string d'une main distraite. Quelque chose de brillant tombe au sol, dans un bruit léger : une chaîne d'or avec un coeur. Intriguée, elle le ramasse et découvre gravé dessus, deux mots : << Je t'aime. >> Sans plus réfléchir, elle sourit, en faisant glisser la fine chaîne autour de son cou, glissant d'un doigt léger, ce petit coeur, plein de promesse, entre ses seins dressés.

   Elle est arrivée, devant chez elle, un peu décoiffée, les traits épuisés par cette folle nuit. Une porte s'ouvre. Son voisin de palier lui sourit, la gratifiant d'un joyeux :

- Bonjour, ça va ? !

   Machinalement, elle répond :

- Bonjour, Marc !

   Puis se retourne, pétrifiée, l'esprit emporté d'une fulgurante pensée. Trop tard, il a déjà filé.

   Deux heures plus tard, Marc est revenu. Lui aussi, éprouve le besoin de se reposer. Il dépose le sac qu'il vient de ramener, en sort l'appareil photo, vide de toute pellicule compromettante, range le magnétophone et sa bande enregistrée emplie de ces chuchotements qui ont su, si bien, l'intriguer. Quand au bruit de ses pas, trop facile de les modifier, en changeant de chaussures, simplement ! Il sourit, malicieusement.

   Une ultime pensée le traverse, avant de sombrer dans le sommeil : Devinera-t-elle, un jour, qui lui a fait l'Amour ? Au cas où elle ne trouverait pas, il restera toujours près d'elle.

   Un confident n'est-il pas fait pour consoler ? Il lui suffit, maintenant, d'être patient, d'attendre le bon moment, pour lui déclarer son amour et avouer sa duplicité, pour être, un jour, aimé d'Elle ?



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