OBSESSION D'UN REGARD

par Erotica51



Il venait de pénétrer dans la brasserie, le front barré par de nombreuses préoccupations. La pression du monde du travail devenait exigeante voire stressante. Il fallait sans cesse dépasser les objectifs sans que les salaires évoluent, en conséquence. Il fit un signe bref au serveur.

- Un café noir ! demanda-t-il brièvement 

Sa voix légèrement rauque me fit relever la tête, laissant mon stylo en suspension, étonnée. Son visage ne m'était pas inconnu. Mais dans une grande ville, il y a tant de regards que nous croisons, sans y prêter la moindre attention. Quel age pouvait-il avoir ? 45-50 ans environ ? Châtain, les cheveux courts, son visage paraissait soigné. La tête penchée en avant, il lisait les dernières nouvelles du Monde. 

Je fis signe à mon tour au serveur de me remettre un café bien tassé. J'avais du mal à me concentrer depuis l'arrivée de cet homme que j'apercevais, à quelques pas de moi. Si je continuais à le mâter aussi indiscrètement, mon article ne serait jamais prêt pour aujourd'hui. Devina-t-il mon regard ? Impossible à dire mais l'homme releva la tête et posa les yeux sur moi. Immédiatement je baissais la tête, me remettant fébrilement à écrire, craignant qu'il ne se soit rendu compte de mon manège.

Mes pieds bougèrent inconsciemment. Je sentais son regard observateur me détailler de la tête aux pieds. A quoi pensait-il en me fixant ainsi ? J'essayais d'avancer dans mon article mais les mots soudain semblaient trébucher, me faisant en raturer plusieurs, nerveusement.  Que faisait-il maintenant ? Avait-il repris sa lecture ? Buvait-il son café nonchalamment ? Continuait-il à me regarder ? 

Posant mon stylo tranquillement, je pris ma cuillère pour tourner mon café, coulant un nouveau regard discret dans sa direction. Il venait juste de reprendre son journal, lisant les infos avec une application exagérée qui me fit sourire. J'étais certaine cette fois-ci qu'il savait que je l'observais. Je baissais les yeux, cachant une certaine jubilation...Un bruit de vaisselle cassée nous fit soudain relever la tête en même temps, interrompant nos pensées.   Le serveur était en train de ramasser son plateau, gauchement, l'air embarrassé. 

Je souris de cet incident mais regardais à nouveau l'homme qui m'intriguait. Je reçus un choc en rencontrant ses yeux sombres qui me dévoraient. J'exquissais un sourire, trop j'était troublée. Je me levais, prenant la direction des toilettes. Je sentais son regard descendre sur mon dos puis mes jambes et remonter à mes fesses. J'accentuais volontairement mon déhanchement...perfidement comme pour le narguer. 

Sous la lumière crue du néant, j'en profitais pour me remettre un peu  de rouge à lèvres et me redonnais un coup de peigne.  Quand je revins à ma table, mon livre avait bougé de place. Intriguée, je cherchais l'homme du regard. Mais celui-ci avait disparu, me laissant désappointée. Je le cherchais rapidement d'un regard circulaire à travers la vitre. Trop tard ! 

Déçue, je laissais tomber mon article, préférant lire pour oublier cet homme qui m'avait plu. En découvrant mon marque page, je découvris stupéfaite une petite carte de visite. Un prénom et un numéro de portable étaient indiqués sur la première face. Au dos, un bref message était gribouillé : Appelez-moi ce soir, j'ai terriblement envie de vous revoir !    Ch. 

Je refermais mon livre, réglais mon café puis sortis dehors, un sourire flottant sur mes lèvres...


II. Jamais la journée ne m’avait parue aussi longue. Toutes les dix minutes, je me surprenais à regarder l’heure. Quand je repensais au regard magnétique de cet homme, je me sentais étrangement troublée. Quelque chose d’insidieux pénétrait mon inconscient me laissant bouleversée. Le temps semblait s’être arrêté alors que mes pieds se mettaient à trépigner, nerveusement.

A quelle heure devais-je l’appeler ? Qu’est-ce que cela voulait dire pour lui : le soir ? Je me décidais à l’appeler vers 21 heures. J’espérais qu’il aurait déjà dîné et serait rentré chez lui. Quand j’arrivais à la maison, je sentais mon sang battre dans mes temps sourdement. Je décidais de prendre une douche chaude pour me détendre. Puis je verrais après. Bizarrement, j’avais l’impression d’avoir la gorge soudain serrée. De quoi allions-nous parler ce soir ?

Une fois lavée, shampooinée, détendue et séchée, je me glissais dans une nuisette de soie noire comme la nuit. Je m’installée confortablement dans le canapé puis commençais à regarder sa carte, nerveusement. Je l’appelle ? Je ne l’appelle pas ? Soudain l’enjeu devenait important. Il me fallait au moins entendre sa voix…Apres avoir pris une bonne inspiration, je tapais son numéro rapidement.

La sonnerie se fit entendre. Une fois, deux fois, trois fois, résonnant lugubrement à mon oreille sans qu’il ne décroche. Quand son répondeur se fit entendre, je faillis raccrocher. Mais une pensée me retint. Au moins connaîtrais-je le son de sa voix. Serait-elle la même que lorsqu’il avait commandé son café ? La musique d’Enya se fit entendre. Je reconnus l’air doux et mélancolique : Once You Had Gold. Puis sa voix se fit entendre :

- Je suis désolé de ne pouvoir vous parler. Une réunion plus longue que prévue m’a retenue. Rappelez moi vers 22 heures…au plaisir de discuter avec vous.

En raccrochant, j’éprouvais une foule de pensées tumultueuses. Un sentiment de frustration et de soulagement se mêlait, en même temps. Je décidais de me préparer à manger. J’en avais oublié de manger tant j’étais nerveuse à l’idée de l’appeler. Une bonne soupe et des tomates farcies pour ce soir feraient l’affaire ! Il n’était pas question pour moi de perdre l’appétit pour ce qui n’était qu’un simple retard.

Pendant que le repas chauffait, j’allais me brosser les cheveux dans la salle de bain. Ces cent coups de brosse avaient toujours eu le pouvoir de me détendre et de les rendre plus brillants. Une fois fini, je jetais un coup d’œil dans la glace, m’observant avec la plus grande attention. Les joues rosies, le regard brillant, les épaules nues sous ma nuisette sombre, je me trouvais un petit coté sexy.et provocant Dommage que cet homme ne puisse me voir, me suis-je dit, en souriant, malicieusement, au miroir.

Je mangeais de bon appétit pourtant. Mais mon regard semblait scotché à la pendule. Les minutes s’écoulaient avec une lenteur désespérante encore. Je sentais l’impatience me gagner. Quant l’aiguille arriva sur 21 heures, je bondis sur mon portable, incapable d’attendre plus longtemps Zut ! Je venais de me casser un ongle en tapotant son numéro ! C’est dire dans quel état je me trouvais. La sonnerie se mit à résonner…A trois, s’il ne répond pas, je raccroche et ne l’appelle plus, ai-je pensé. J’en étais la quand j’entendis sa voix :

- Bonsoir…J’espérais votre coup de fil. Vous m’en voulez de vous avoir fait attendre ? demanda-t-il

- Non. Cela peut arriver à tout le monde…Je souriais maintenant …

- Que faites-vous ce soir ?

- Rien de spécial. Pourquoi ?

- Prenez un papier et un crayon et notez l’adresse que je vais vous indiquer : 15 bd Visconti. Demain 20 heures précises…Etes-vous une femme pudique ?

- Pas spécialement, pourquoi ?

- Alors, venez sans culotte aussi ! Il venait de raccrocher brusquement sans que je puisse dire quoi que ce soit….

Mes pensées brusquement se télescopèrent et devinrent rapidement chaotiques …




OOOOOOOOOOOOOOOOO



Votre avis sur cette Histoire érotique?

J'ai peu aimé -  J'ai vraiment aimé -  J'ai adoré


RETOUR sur HISTOIRES EROTIQUES D'Erotica51


www.erotica51.com © 14.03.2003 - 14.03.2016 - Tous Droits Réservés