LEGENDE D'AUTOMNE

par Erotica51



L’automne s’achevait doucement. L’air doux pénétrait la fenêtre entrouverte. Assise, j’observais de ma fenêtre la vie dehors. Les gens marchaient vite, pris dans un tourbillon de feuilles mortes, ou les tons rouges, ocre et jaunes virevoltaient, joyeusement. Je soupirais. Le temps semblait passer si vite depuis quelque temps.

Mon époux était parti depuis si longtemps que l’espoir de le voir un jour revenir s’était amenuisé, pour finir par tomber dans l’oubli. Depuis cinq ans, je m’étais imposée une abstinence volontaire, refusant d’écouter les protestations de mon corps, le soir en m’endormant.

Pourquoi aujourd’hui, m’était-il impossible de me concentrer sur le livre que je lisais ? Je repensais en souriant à la prophétie d’une gitane qui s’était penchée sur la paume de ma main en me regardant gravement. Derrière ses haillons colorés, elle m’avait parue jeune mais son regard était porteur de tous les malheurs du monde :

- Belle dame, laisse moi te dire ton avenir
- Non, c’est inutile…Je n’attends plus rien aujourd’hui, avais je rétorqué lui glissant discrètement une pièce, dans la poche
- Non, attend ! Ton cœur est bon et fidèle. Crois tu aux légendes ?
- Nullement, lui avais-je dit en souriant, amusée
- Je vois dans ta main un signe. L’homme que tu rencontreras te parlera des légendes qu’il connaît. Ne lui ferme pas ton cœur. Il est ta providence…

Effrayée par le sérieux avec lequel elle me regardait, j’avais retiré ma main, d’un geste nerveux. Que fallait-il entendre ! Heureusement, je n’étais pas sensible à leurs boniments. Je repris ma route, songeuse. Il y avait si longtemps que mon cœur était mort…si longtemps en vérité que je ne savais même plus s’il réagirait un jour, devant un nouvel amour.

Ce jour là, l’automne arrivait sur sa fin. Les derniers rayons du soleil éclairaient le tapis de feuilles mortes que les gens foulaient, inconscients de tant de beauté. Je décidais de sortir et d’aller me balader en forêt. J’attrapais mon appareil photo, voulant garder en mémoire la beauté de ce bel automne. La forêt n’était pas loin. Je me garais, prenant soin, de camoufler ma voiture dans un petit chemin.

Je retirais très vite mon blouson. Il faisait doux, si doux que mon corps renaissait à l’appel de l’amour. Je me munis d’un solide bâton, me disant qu’il valait mieux faire front à une rencontre désagréable. J’avais laissé ma chienne à la maison. La présence des gitans arrêtés dans le parc ne m’inspirait rien de bon.

Le sol était bien sec. J’entendais mes pieds étouffer les feuilles mortes comme un dernier soupir qu’elles laissaient échapper, inertes après mon passage. Je marchais d’un pas ferme. Toutefois je ne pouvais m’empêcher de sursauter en entendant quelques branches d’arbres soudain craquer. Mon regard soudain affolé se déplaçait rapidement, cherchant à voir si quelqu’un me suivait. Mais non, je me faisais des idées.

Au bout d’une bonne heure de marche, je me rendis compte que j’étais exténuée. J’avais terriblement chaud et soif. Une fois de plus je ne m’étais pas munie d’eau. Je retirais mon pull-over, ne gardant qu’un maillot léger sur le corps. Je me mis à bailler puis m’allongeais en m’étirant de plaisir…

Une petite clairière m’attendait. Rapidement, je ramassais un bon paquet de feuilles mortes puis retirant mes chausses, mon pantalon, je m’allongeais dessus, laissant les derniers rayons du soleil me caresser le corps. Comme j’étais bien ! Je sentais l’odeur de la terre monter à mes natures. Très vite, je m’assoupis, fermant les yeux sur le ciel entrecroisé de branches vides comme dernier décor.

Un sinistre craquement me sortit de mon sommeil. Je me redressais nerveusement, soudain, le cœur palpitant ! Comment avais-je pu me montrer si imprudente ? Mes yeux balayèrent rapidement la forêt. Un homme se tenait juste ne face, ne bougeant pas, me regardant gravement.

- Comme vous étiez belle, ainsi endormie ! Laissa-t-il échapper d’un timbre grave
- Vous devez me trouver bien imprudente ? ai-je dit, d’une voix tremblante par la crainte qu’il venait de me faire
- Un peu, bien qu’il y ait ce bâton à proximité de votre main. Au moins, il peut en calmer plus d’un ! Avait-il rétorqué en riant, sans oser encore s’approcher
- Simple précaution, avais-je dit en souriant, prenant soudain conscience qu’il me déshabillait d’un regard insistant

Je fis le geste d’attraper mes vêtements et mes bottes.

- Non, je vous en prie. Restez comme vous êtes, murmura-t-il la voix devenue rauque de désir
- Je ne sais si c’est bien prudent…

Mon regard semblait fixé au sien, le regardant s’approcher lentement, comme hypnotisée. Je sentais mon cœur battre à tout rompre en l’observant s’approcher. Il était si près maintenant. Je n’avais toujours pas bougé. Il s’accroupit devant moi et je vis ses traits s’adoucirent en me regardant. Il tendit la main, effleurant mon visage comme pour s’imprégner de mes traits dans sa mémoire. Je déglutis avec difficulté, la gorge soudain sèche comme du papier buvard.

- Je vous effraie ? Me demanda-t-il l’air inquiet
- Non, plus maintenant que je vous vois de près
- J’ai cru rêver en vous découvrant endormie sur ce matelas de feuilles multicolores. Le soleil vous nimbait d’or au travers des arbres…On aurait Blanche Neige endormie par une belle journée d’automne. J’ai éprouvé l’envie irrésistible de vous vous embrasser pour être sure que vous étiez bien vivante !
- Je vois que vous connaissez vos contes…dis-je l’esprit moqueur
- Et vous, croyez-vous aux légendes d’automne ? Me chuchota-t-il en s'approchant encore
- Qu’avez-vous dit ? Ai-je dit, nerveuse brusquement
- Croyez-vous aux légendes d’automne ?

Il avait répété sa phrase patiemment, guettant sur mon visage, mes réactions.

- Oh ! Elle n’avait donc pas menti, ai-je dit soudain l’esprit en déroute
- Je ne comprends pas vraiment. J’ai juste envie de vous embrasser depuis que je vous ai vue endormie… Fermez les yeux…

Sa voix chuchotait. Je sentais l’odeur de son parfum discret qui me troublait. Son regard m’avait déstabilisée. Je perdais pied en sentant ses lèvres me dévoraient. Un feu brûlant me traversait. Des ondes de désir me parcouraient le corps en sentant ses mains douces me caresser.

Doucement je fléchis sous la pression tendre de ses bras, me faisant m’allonger, doucement sur un lit de feuilles mortes. Le ciel se couvrait lentement. La forêt nous entourait de sa pénombre discrètement. L’homme se déshabilla lentement, laissant mon regard le détailler, s’y attarder. Un étrange sortilège semblait nous avoir fait se rencontrer. Un flot de désir me secoua quand sa bouche vint embrasser mon sexe humide de plaisir. Nos lèvres se dévoraient, pendant que nos soupirs s’élevaient sous la montée d’un désir impossible à endiguer.

J’avais si faim d’amour brusquement. Si faim de ses mains, de sa bouche qui m’embrassait en faisant tressaillir ma chair affamée. Je ne pouvais m’empêcher de le caresser, prenant doucement son pieu de chair rosée, le dirigeant au cœur de ma chatte trempée de désir.

Quand il s’enfonça, centimètre par centimètre, mon cœur crut exploser sous la violence du plaisir qui m’envahissait. Mon ventre allait à sa rencontre, ondulant voluptueusement sous lui.
Il me posséda avec douceur, puis de plus en plus vite, laissant nos corps graduellement s’envahir de plaisir. Mes jambes s’élevèrent, se posant sur ses hanches, cherchant un appui, l’invitant à me pénétrer plus profondément encore.

Quand son sexe buta tout au fond de ma chatte engorgée de désir, j’eus un soubresaut de surprise, affolée de sentir l’extase du désir m’envahir aussi rapidement, arquant mon corps contre le sien, dans une explosion fulgurante de plaisir. L’orgasme nous submergea, ne faisant plus qu’un, nos cœurs battant à tour rompre à l’unisson, jusqu’à ce qu’ils retrouvent peu à peu, un rythme normal. Nous restâmes un bon moment enlacés, éblouis par ce qui venait de nous arriver.

Aujourd’hui, je vis heureuse, au fond des bois avec cet homme que j’ai rencontré, un jour d’automne. Ma famille n’a jamais accepté l’homme qui a su bouleverser mon âme et mon corps…



19/10/06

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