GEISHA AU PAYS DE LA SOIE

par Erotica51



Dans mon pays, être une fille est mal vu. Des filles, considérées comme des bouches inutiles, il n'y en a que trop déjà. C'est à l'âge de 7 ans que je fus vendue à Maitre Luang, un riche négociant faisant le commerce des tissus, en particulier de la soie. Sa riche demeure ressemblait à un immense palais avec ses colonnes de marbre rosé et ses tentures aux voilages légers qui dansaient sous le moindre effet du vent.

J'avais eu la chance de garder ma longue tresse de cheveux nattés, se balançant dans mon dos, en suivant le mouvement de mes jambes vives. J'étais bien traitée, mangeais à ma faim et apprenais très vite ce que l'on m'apprenait.

Les années passèrent. Maitre Luang semblait soudain me prêter un peu plus d'attention. Je faisais tout pour ne jamais lui déplaire, jeune servante silencieuse, vivant dans un cadre magnifique. Mon sort était envié par de nombreuses servantes.

Il fallait peu de choses pour être mise dehors : une dispute avec une autre fille ; raconter des choses que l'on avait vu à notre insu ; oublier de se réveiller avant le Maitre ; se montrer dans une tenue négligée ; etc..

Ce matin là, Maitre Luang me fit appeler. Je n'osais le regarder et gardais les yeux baissés :

- Approche petite...Quel âge as-tu ?

- Je viens d'avoir 16ans, Maître Luang

- Regarde-moi quand je te pose une question ! Es-tu heureuse dans ma demeure ? Son ton venait de prendre une tonalité plus sévère

Je me mis à trembler d'appréhension. Voulait-il me chasser de chez lui ? Je déglutis avec peine :

- Je suis très heureuse de faire partie de votre maison, Maître. Ne me chassez pas, je vous en supplie ! Je ferai encore plus d'efforts pour me montrer digne de votre confiance !

- Calme-toi, petite...D'ou te vient ce regard magnifique ? Tes yeux ont une couleur peu ordinaire. Je t'ai trouvé un nouveau nom. Tu t'appelleras dorénavant Jade !

- Avec plaisir, Maître ! Dis-je en tombant à genoux, rassurée...

- Tu m'as prouvé que tu étais digne de confiance. Tu vas quitter ta chambre de servante et faire partie de mon nouveau harem. Mes femmes t'apprendront tout qu'un homme désire. Je t'appellerai quant tu seras prête...Sois patiente.

Pour la première fois, suffoquée de stupéfaction, je m'évanouis d'émotion !

N°2 - l'Apprentissage de Jade"

Le Maitre tapa dans ses mains brièvement. Maîtresse Lia me prit par l’épaule rudement, m’obligeant à quitter la pièce, me chuchotant à l’oreille :

- Dépêche-toi, petite, de partir maintenant. Notre Maitre n’a pas de temps à perdre. Suis-moi que je te trouve une nouvelle tenue ! Dorénavant, tu devras toujours m’obéir ! C’est moi qui ais l’immense honneur de diriger ce harem.

- Je vous obéirai, Maîtresse Lia, dis-je du bout des lèvres, cette femme à la peau desséchée me révulsant déjà, ayant lu la cruauté dans son regard froid.

Quelle ne fut pas ma stupéfaction en découvrant l’intérieur du harem, décoré magnifiquement. De nombreuses tentures soyeuses et multicolores accompagnaient chacun de mes pas. Des pétales de roses jonchaient le sol, parfumant agréablement les pièces. Maîtresse Lia me guida vers le bain ou je fus déshabillée, entièrement, sans ménagement.

- Je me demande ce que le Maitre a pu voir en toi, maugréa Maitresse Lia, en me regardant de tous cotés. Tu es à peine formée, maigrichonne. J’espère pour toi que tu es vierge !? me demanda-t-elle, en croisant mon regard d’un air sévère

- Oh oui, Maitresse Lia. Je suis trop jeune pour les jeux de l’amour, dis-je ingénument

- Nous verrons cela tout à l’heure. Je vais dire au médecin du Palais de le vérifier. Il y a tant de gourgandines de nos jours qui cherchent à entrer au Palais pour obtenir les faveurs de notre Maitre.

Maîtresse Lia frappa deux fois dans ses mains. Deux jeunes femmes apparurent, en quelques secondes :

- Lavez-moi cette petite nouvelle jusqu’à ce que sa peau n’ait plus souvenance qu’elle était une simple servante ! dit-elle

- Mais je peux me laver moi-même ! Protestais-je, essayant de protéger ma pudeur

- Silence, insolente ! C’est moi qui commande ici !

- Je vous demande pardon, Maitresse Lia, m'écriai-je, en m'agenouillant devant elle, immédiatement

Je fus guidée dans un petit bassin, mouillée des pieds à la tête, savonnée, frictionnée, au point que ma jolie peau blanche devint aussi rouge qu’une petite écrevisse ébouillantée. Je me mordais les lèvres pour ne pas pleurer, sachant que si je retenais ma souffrance, Maitresse Lia serait peut être moins sévère avec moi.

Une fois lavée, entièrement, je fus ensuite épilée. Chaque poil de mon corps fut arraché, soigneusement. C’était très douloureux à subir. Plusieurs fois les larmes me montèrent aux yeux ravalant mes sanglots courageusement.

Puis je fus enveloppée dans un linge humide et frais, pour calmer la cuisson de ma peau. Les deux filles revinrent ensuite avec deux pots de terre cuite contenant des huiles parfumées et adoucissantes et enfin me massèrent.

Je me laissais enfin aller, les yeux à demi clos, dans un étrange rêve…

N°3 - Quant Jade découvre le Plaisir"

Le massage sembla durer des heures, tant j'étais bien, allongée sur le ventre, l'esprit en train de voguer lentement. Les mains des deux femmes me parurent différentes. L'une avait des mains plus fines et légères qui semblaient me frôler délicieusement, l'autre avait des mains plus fermes, qui me massaient, me pétrissaient plus en profondeur, faisant rouler ma chair tendre sous ses doigts.

Je dus changer de position et me mettre ensuite sur le dos, en les regardant. Elles portaient une longue natte de cheveux descendant jusqu'aux fesses. Leurs visages ovales semblaient sans émotion, concentrées qu'elles étaient à me masser.

La plus jeune engloba mes petits seins dans ses mains, tout en me pinçant de temps en temps, le mamelon. Cela provoquait au fond de mon ventre des sensations étranges.

L'autre servante s'occupa de mes chevilles, puis me massa longuement les jambes et enfin remonta le long de mes cuisses. Ses ongles ressemblaient à des serres et j'avais peur d'être griffée. Mais elle jouait de ses ongles avec beaucoup de sensibilité, effleurant parfois mon sexe, par inadvertance. Je tressaillais alors, étonnée par les frissons qu'elle provoquait sur mon corps.

Ces effleurements se firent bientôt, de plus en plus précis, me faisant monter le rouge aux joues, n'osant pourtant me rebeller tant c'était délicieux comme sensations. Tout mon corps se cabrait, mes reins se creusaient pendant que les doigts devenaient fureteurs, papillonnant sur mon ventre puis s'infiltraient entre mes cuisses. Les chairs tendres de ma chatte étaient alors écartées, l'ongle glissait très doucement pendant qu'un long soupir de plaisir m'échappait. J'aurai voulu que cela dure indéfiniment.

Soudain l'ongle de cette servante parut buter contre quelque chose de sensible, me faisant soudain haleter. Je retins sa main pour qu'elle continue. J'avais envie de ce plaisir que je découvrais innocemment. La femme sourit, d'un air satisfait, puis glissa son doigt lentement entre mes lèvres intimes devenues toutes humides de plaisir. Les sensations devenaient de plus en plus puissantes. Tout mon plaisir paraissait concentré au fond de mon bas ventre. Quand la pointe de l'ongle frôla une nouvelle fois mon clitoris, un long gémissement de plaisir m'échappa, palpitante de volupté, jouissant violemment. La femme émit un petit rire satisfait.

Quand je fus repue de caresses et de plaisir, de jouissance, elles me laissèrent enfin me reposer, me recommandant de ne pas bouger. Que le médecin du Maitre allait m'examiner.

Interloquée, je les regardais les yeux ronds; Je n'étais pas malade pourtant ! Dans mon village, le médecin n'était appelé que lorsque l'un d'entre nous mourrait !

N°4 - L'examen final"

Enveloppée dans un peignoir soyeux, je restais allongée, tous mes sens en alerte, me demandant quant ce médecin allait arriver.

Enfin je sentis un courant d'air. Les tentures s'entrouvrirent et un personnage imposant s'avança dans ma direction.

- Laissez-nous ! dit-il aux servantes derrière lui qui le suivaient en trottinant.

Je me relevais rapidement, m'agenouillant timidement devant cet homme important. L'homme posa une main douce sur ma tête puis me dit :

- Relève-toi Jade. Et allonge toi que je t'examine.
- Est-ce que cela va me faire mal ? Demandais-je craintivement
- Non, tu n'as rien à craindre. Je dois juste vérifier que tu possèdes toujours ton hymen, afin que tu puisses rester au service du Maître.

Je déglutis, le cœur battant à tout rompre, me demandant comment cet examen allait se passer. Je m'allongeais en silence. Le médecin fit glisser les pans de mon peignoir, sur les cotés, puis fit descendre ma petite culotte de coton blanc. Je me sentais si gênée que je fermais les yeux en rougissant violemment.

- Relève tes jambes et plie les en les écartant Jade. Cela ne va pas durer longtemps. Puis je sentis les doigts fins du médecin s'introduire au fond de mon intimité, m'appuyant légèrement sur le ventre de son autre main. Puis les doigts se retirèrent lentement. Je sentis que mon peignoir se refermait sur moi. J'ouvris les yeux à nouveau regardant le médecin, inquiète :

- Très bien, Jade. Tu vas pouvoir faire ton apprentissage dans le harem du Maître. Comme je te trouve un peu mince, je vais préconiser à l'intendante qu'elle te donne un peu plus à manger. Ton corps n'est pas tout à fait fini mais tu vas devenir une jeune femme magnifique. Sois patiente, petite.

- Merci...Je m'inclinais devant lui, en souriant.

Il est vrai qu'en tant qu'ancienne servante, j'étais très mal nourrie. Si mes repas s'amélioraient, j'allais très vite reprendre des forces.

Maitresse Lia vint me rechercher, écoutant avec attention les recommandations du médecin, tout en m'observant avec un regain d'intérêt, du coin de l'œil.

- Je suis satisfaite Jade. Tu ne m'as pas menti. Tu es bien vierge. N'oublie jamais que ta virginité est ton bien le plus précieux. C'est le cadeau que tu devras un jour offrir au Maître. Ne laisse personne te toucher !

La voix de Maitresse Lia avait pris une inflexion plus douce.

Je relevais la tête craintivement, remarquant interdite, que Maîtresse Lia me souriait.

N°5 - L'art de devenir une geisha"

Jamais je n'aurai imaginé combien il me serait dur d'apprendre à devenir une geisha ! Parfois quand j'allais faire les courses pour Maitresse Lia, j'en croisais dans la rue, les regardant d'un air béat.

Qu'elles étaient belles marchant à petits pas pressés, les yeux baissés, paraissant ne pas remarquer ceux qui les regardaient.

Je commençais par apprendre l'art de faire un vrai thé et de savoir le verser correctement, tenant gracieusement la théière du bout des doigts, le poignet joliment recourbé, dévoilant discrètement quelques millimètres de peau.

Puis j'appris à me maquiller. Les premiers temps, la poudre dont mon visage était recouvert me faisait éternuer. Il me suffisait d'observer le regard de Maitresse Lia pour savoir si je m'étais suffisamment appliquée. Un simple froncement de ses sourcils me faisait frissonner d'appréhension.

La poudre devait cacher la couleur du visage, tout en donnant l'impression qu'elle était naturelle et non former des paquets par endroits. Le visage, les oreilles, et le cou devaient être poudrés avec légèrement.

Armée d'un fin pinceau, je découvris comment accentuer mes yeux en amande. Mon premier essai fut lamentable. Le trait était trop gros ! La seconde fois, je me mis le pinceau dans l'œil ce qui le rendit larmoyant. Le troisième essai fut presque correct.

- Enfin ! décréta Maitresse Lia, les lèvres pincés d'énervement

Les autres essais furent enfin réussis. Maitresse Lia hocha la tête de contentement puis me demanda de dénouer mes cheveux, ce que je n'avais pas fait depuis longtemps. Je fus stupéfaite de voir combien ils avaient poussés ! Ils descendaient maintenant jusqu'au ras de mes fesses.

- Jade, il est grand temps que tu apprennes à faire ce chignon que seules, les vraies geishas ont le droit de porter ! me dit Maitresse Lia en me les brossant lentement...

N°6 - Une visite impromptue"

Assise je contemplais mon image dans le miroir. Etrange comme durant cette première année, j'avais changé, comme mes traits s'étaient totalement modifiés et affinés.

Maitresse Lia s'arrêta un instant de me brosser les cheveux, observant mes réactions. Puis elle prit la parole d'une voix plus douce :

- Tu parais étonnée, Jade. As-tu quelque chose te tracasse ?

- Non, Maitresse Lia. Je suis juste surprise de voir combien je me trouve changée. Comment cela est-il possible ?

- Dans quelques semaines, tu atteindras tes 17ans. Ton corps se transformera encore. Tu auras dans quelques temps tes traits définitifs qui dévoileront la Femme que tu seras plus tard.

- Quelle femme vais-je devenir, Maitresse Lia ? Demandais-je avec beaucoup d'appréhension passant malgré moi dans mon regard.

- Tu vas devenir une très belle femme Jade, me dit Maitresse Lia en me souriant, me laissant stupéfaite.

Il était très rare que Maitresse Lia me sourit. Mais quand elle souriait, c'est comme si le printemps revenait dans son regard. Qu'est-ce qui avait pu lui arriver pour qu'elle soit devenue cette femme si sévère, qui parfois encore, arrivait à me terrifier ? Il me fallait le savoir ! Je savais que son secret serait difficile à découvrir car elle me laissait jamais inoccupée et ne laissait presque jamais les autres filles du harem m'approcher et me parler.

Maitresse Lia prit mes longs cheveux, les roulant autour de son poignet, puis les remonta très haut sur ma nuque, laissant celle-ci dégagée. Coiffée ainsi, tout mon visage aux traits délicats se dégageait, me laissant éberluée devant cette inconnue que j'étais soudain devenue.

Maitresse Lia prit quelques piques qu'elle plaça adroitement dans mes cheveux, retenant la masse de cheveux soyeux, dans un effet gracieux. Des bruits de pas se firent soudain entendre. La tenture se souleva, livrant passage aux servantes officielles qui accompagnaient le Maitre à chacun de ses pas.

Le Maitre entra, vêtu de tissus somptueux et intima d'une voix impérative :

- Veuillez nous laisser, Maitresse Lia !

Devant son regard impérial, je me mis à trembler. Il y avait si longtemps que je n'avais plus revu le Maitre, sauf quand il se promenait dans ses jardins privés. Je l'observais alors de ma chambre, cachée par els tentures légères, à la dérobée. Quand il s'approcha de moi, je crus défaillir, n'osant plus bouger, aussi effrayée qu'une biche devant son chasseur.

- Ne bouge pas Jade, m'intima le Maitre, laissant courir ses doigts sur ma nuque, doucement, faisant courir en moi de doux frissons de plaisir

N°7 - Un moment inoubliable"

Je n'osais plus regarder mon Maitre vénéré, gardant les yeux baissés vers le sol. Que ses doits étaient légers, doux, caressants sur ma nuque. Tout mon corps était soudain pris de frissons agréables qui m'électrisaient totalement.

Le Maitre ne disait rien observant avec attention la moindre de mes réactions, charmé de voir à quel point ma peau était sensible à ses effleurements. Il me souleva du bout des doigts le menton, m'obligeant à le regarder dans les yeux.

- J'ai de grands projets pour toi, Jade. Je ne peux t'en dire plus pour le moment. Sois patiente car il te reste encore beaucoup de choses à apprendre. Mais quand tu faibliras, n'oublie jamais que le Maitre compte sur toi !

- Oui, Maitre. Je serai douce et obéissante, je vous le promets. Dis-je d'une voix un peu enrouée par l'émotion.

Ses doigts continuaient la lente exploration de mon visage, longeant mes joues ou s'étaient écoulées un an avant tant de larmes. Son index longea l'arête fine de mon nez, voleta sur mes paupières baissées puis resta suspendu en l'air...Que se passait-il ? Avais-je démérité du Maitre ?

Je relevais craintivement mon regard et fus effarée en le voyant soudain se pencher vers moi, effleurant doucement mes lèvres, si légèrement que je crus un instant avoir rêvé.

- Va rejoindre Maitresse Lia, ma jolie chrysalide et poursuis sa lente transformation. Quand tu seras devenue un papillon, tu m'appartiendras, me dit le maitre de façon mystérieux...

Trop surprise par ce baiser, je m'enfuis en m'inclinant rapidement devant lui. Dans le couloir, je fis aller et venir mes doigts sur ma bouche, me promettant de ne plus me laver les lèvres pour garder à tout jamais l'empreinte de son baiser...J'étais définitivement tombée sous le charme du Maitre !

N°8 - La Mesquinerie féminine"

En revenant dans mes appartements, j'avais l'impression de marcher sur un petit nuage. Je n'en revenais pas que le Maitre m'ait embrassée! Qu’il ait posé ses lèvres si tendres sur les miennes sans craindre que je ne le salisse ! Mon cœur se mit à battre un peu plus vite au souvenir de cet instant délicieux...

Soudain une tenture s'ouvrit, deux mains me saisirent, et me bâillonnèrent pendant que je me trouvais face à face à Face de Lune, une future geisha comme moi, rouge de colère.

- Sale petite intrigante ! J'ai tout vu ! Jamais, tu m'entends, tu n’appartiendras au Maitre ! Je suis promise à lui ! Je ne te laisserai pas prendre la prise qui est la mienne !

Je ne pouvais placer un mot, trop occupée à l'empêcher de me griffer le visage ou tenter de m'arracher les yeux. Cette fille était devenue une véritable tigresse, m'arrachant les cheveux avec rage, me frappant du plat de la main, déchirant rageusement mon plus beau kimono ! Je n'en menais pas large !

Soudain la voix de Maitresse Lia retentit :

- Jade, viens ici tout de suite ! Laisse tomber ce que tu fais, c'est important !

J'étais pétrifiée. Qu'allais-je dire à Maitresse Lia en arrivant devant elle toute décoiffée, griffée, rouge des coups que m'avait donnée Face de Lune ? De gros sanglots commencèrent à m'étouffer, pendant que j'essayais de me recoiffer, du bout des doigts...

Quand je pénétrais dans les appartements de Maitresse Lia, elle lâcha de surprise un tissu qu'elle était en train d'examiner :

- Que signifie cet accoutrement ridicule, Jade !?
Je baissais les yeux, sachant que je serai fouettée si je ne répondais pas...

N°9 - Désespoir"

Maitresse Lia m'observait, les lèvres pincées, signe pour elle qu'elle était très en colère. Je savais qu'en dénonçant l'attitude de Face de Lune, elle serait jetée dehors, ayant enfreint les règles intraitables du harem.

- Ne m'oblige pas à te reposer la question Jade ! cria Maitresse Lia, hors d'elle, pour la première fois.

Je fermais les yeux de désespoir. Comment dénoncer Face de Lune sachant qu'elle serait jetée à la rue ? Qu’elle retrouverait la misère, voir la prostitution pour survivre ? Elle avait mon âge et venait elle aussi d'un lointain village ou personne ne la regrettait.

- Je ne peux rien dire, Maitresse Lia. Punissez-moi mais je ne dirai rien même si vous me fouettez à sang.

- Tres bien ! Nous allons voir si tu ne parleras pas ! Rugit Maitresse Lia, rouge de colère. Retire-moi ce kimono informe et allonge-toi au sol !

Je m'exécutais, tremblante d'appréhension. Je n'avais jamais reçue cette correction jusqu'ici mais j'avais encore dans les oreilles, les cris des filles qui étaient corrigées par Maitresse Lia. Même la nuit, j'entendais encore leurs cris, sans arriver à trouver le sommeil.

L'air froid me saisit en retirant mon kimono, que je repliais soigneusement, toutefois, malgré son état. Puis je baissais mon pantalon de soie, mettant mes fesses à l'air et m'allongeais sur la latte prévue à cet effet. La latte était rugueuse et froide sous mon ventre. Je fermais les yeux malgré moi en entendant le sifflement de la badine de Maitresse Lia tourbillonner dans l'air. Elle était en train de me conditionner pour rendre la peine encore plus terrible. Je me mordis les lèvres et attendis en tremblant que commence mon supplice.

Quand le premier coup atterrit sur ma chair tendre, je laissais fuser malgré moi un long cri de souffrance....Les autres coups arrivèrent, rapidement, plus secs, plus forts, grignotant comme un rat peu à peu mon courage et ma résistance. Cette fois, je me mordis les lèvres jusqu'au sang pour retenir mes cris de douleur. Je ne parlerai pas ! Je ne devais pas dénoncer Face de Lune ! Quand le dernier coup tomba, mon corps ne tressaillit même plus. Je venais de m'évanouir !

N°10 - La Sanction imméritée"

Maitresse Lia laissa retomber épuisée, son bras, observant soudain inquiète le corps inanimé de Jade. Elle fit appeler ses servantes, en frappant dans ses mains, énergiquement :

- Portez-la dans ses appartements et faites appeler le médecin d'urgence!
- Oui, Maitresse Lia, dirent en chœur les servantes, esquissant craintivement une courbette devant elle, tant elle paraissait encore en colère.

Quand le médecin arriva et vit dans quel état était le corps de la jeune Jade, il hocha la tête, perplexe, désapprouvant toute cette violence :

- Vous abimez votre bien le plus précieux, Maitresse Lia, dit-il sentencieusement. Si le Maitre l'apprend, il sera furieux contre vous et risque de vous rendre la pareille.
- Je ne le pense pas, rétorqua Maitresse Lia, l'air sur d'elle. Contentez-vous de soigner cette petite et de faire disparaitre ces affreuses marques sur sa chair, avec vos pommades spéciales.
- Très bien, je vais tenter de réparer les méfaits de votre colère. Je ne sais ce qu'à fait Jade pour subir un traitement pareil car cela ne lui ressemble guère de vous désobéir, marmonna le vieux médecin en contemplant tristement les plaies à vif de Jade, l'air désolé.

Une heure plus tard, Jade dormait profondément. Le vieux médecin lui avait fait avaler une horrible mixture, aux effets efficaces, qui l'avait plongée dans un sommeil profond.

Puis il avait commencé à étaler en douceur, sur son dos et ses fesses, zébrées, en sang, par le fouet de Maitresse Lia, une crème apaisante et cicatrisante, à base de plantes sauvages, qu'il avait lui-même préparée. La pauvre petite restait plongée dans une forme d'hébétude bienfaisante, son esprit essayant sans doute d’oublier cet affreux cauchemar qu'elle venait de vivre.

Le vieux médecin donna ses consignes : interdiction de venir réveiller la jeune fille ! Il reviendrait dans deux heures, pour voir si sa pommade avait commencé à apaiser les chairs en feu de Jade.

Il poussa un soupir de soulagement en voyant les cils de Jade tressaillir. La pauvre enfant reprenait doucement connaissance. Il allait devoir patienter encore quelques heures pour l'interroger. Quel horrible méfait avait-elle bien pu commettre pour subir une punition pareille ?

Pour le moment, il devrait prendre son mal en patience. Il souleva la tenture après un dernier regard sur Jade et repartit dans le couloir, songeur quand une voix impériale le fit clouer sur place :

- Que vient faire le médecin du palais dans les appartements de Jade ? demanda le Maitre d'une voix courroucée

- Je suis venu soigner cette pauvre enfant qui a été rudement maltraitée, dit le vieux médecin, calmement. Mes plantes ont apaisé sa douleur et elle repose dans un sommeil profond grâce à une potion que je lui ai fait avaler.

- Qui a osé lever la main sur Jade ? Rugit le Maitre, ses yeux lançant des éclairs

- Maitresse Lia...J'ignore encore ce que Jade a fait pour mériter sa colère. Quand je suis arrivée, la pauvre enfant était sans connaissance, dit le vieux médecin, le visage soucieux en repensant à la punition effrayante qu'elle avait subie avec tant de sévérité.

- Faites appeler Maitresse Lia et qu'elle m'attende dans la Chambre des Conseils ! Pour le moment je veux me rendre compte par moi-même de l'état dans lequel est cette pauvre enfant ! dit le Maitre, furieux, écartant la tenture et entrant à grands pas dans la chambre de Jade.

En voyant les nombreuses plaies boursouflées qui parsemaient son jeune corps, le Maitre resta coi de stupeur et de douleur. Puis il s'accroupit près du lit, caressant les longs cheveux de Jade, dans un geste plein de douceur et de tendresse.

- Pauvre petite ! Je te promets qu'il ne t'arrivera plus jamais une punition pareille, murmura-t-il, la voie enrouée par le chagrin. Je vais y veiller personnellement !

Puis il se releva, sortit d'un pas digne et se dirigea nerveusement cette fois vers la Chambre des Conseils où l'attendait Maitresse Lia. La punition qui l'attendait serait à la hauteur de sa colère !

N°11 - Quant le Maitre rend justice"

Le Maitre pénétra dans la Chambre des Conseils à grandes enjambées, les sourcils froncés par la colère. Cette fois-ci, Maitresse Lia avait dépassé les bornes ! Jamais il n'avait vu une punition pareille donné à une si jeune fille entrée dans son harem !

Maitresse Lia l'attendait, fièrement campée sur ses jambes, les sourcils en point d'interrogation :

- Mon maitre a exigé ma présence dans la Chambre des Conseils. Je suppose qu'il s'agit d'un fait extrêmement grave pour que je sois convoquée ?

- En effet Maitresse Lia ! Je savais que vous pouviez être cruelle avec les jeunes femmes que je choisis pour faire partie de mon harem mais à ce point, vous avez dépassé les bornes !

- Vous ignorez les raisons de mon courroux concernant je suppose la jeune Jade ?

- J'aimerai en effet entendre ce qui lui a valu un traitement aussi cruel ! Je vous écoute...

Maitresse Lia commença à expliquer les raisons pour lesquelles Jade avait subi cette punition. Au fur et à mesure de ce long monologue, Le Maitre pinçait ses lèvres d'un air encore plus furieux. Puis il demanda d'une voix doucereuse :

- Avez-vous pris la peine d'interroger plus doucement Jade ?

- Non, Maitre. J'étais furieuse de voir qu'elle osait braver mon autorité. Je l'ai donc corrigé pour que cela serve de leçons à ces jeunes idiotes qui cherchent toujours à faire n'importe quoi ! Rétorqua nerveusement Maitresse Lia.

- Maitresse Lia, vous êtes congédiée du Palais!

- Mais Maitre, vous ne pouvez pas me jeter dehors ! Je suis à votre service depuis tant d'années ! Jamais je n'ai trahie votre confiance !

- Dans ce cas, Maitresse Lia, vous aurez le même nombre de coups de fouet que vous en avez donné à Jade ! Je vous rappelle que je suis seul juge pour donner un jugement et rien ne doit être fait, sans que j'en sois averti avant !

- Il en sera fait suivant votre bon plaisir Maitre, murmura Maitresse Lia, tremblante à l'idée de la correction qui l'attendait.

Le Maitre frappa dans ses mains. Le grand Magellan arriva, immédiatement.

- Je veux que cette femme soit fouettée dans le jardin principal du Palais ! Immédiatement ! Donnez-lui 100 coups de fouet ! Intima le Maitre

Maitresse Lia sentit un long frisson d'appréhension lui parcourir le corps. Jamais elle ne survivrait à une telle correction. Sa honte fut encore plus grande quand elle aperçut les têtes des jeunes femmes qu'elle avait en charge de garder, la regardaient, d'un air amusé, derrière les tentures des fenêtres du palais...

Imperturbable, le Grand Magellan commença à appliquer ses coups de fouet, lacérant son beau caleçon de soie fine, lui arrachant mille cris de souffrance...Heureusement, très vite, Maitresse Lia perdit connaissance, sans voir la fin de son calvaire.

Une ultime pensée lui traversa pourtant l'esprit : Comment la jeune Jade avait-elle pu résister à une douleur pareille ?!

N°12 - la Vengeance de maitresse lia"

Plus tard, Maitresse Lia fut remmenée dans ses appartements, ou le vieux médecin vint lui apporter un peu de soulagement grâce aux miracles de ses potions.

Quelques jours plus tard, celle-ci sortit par une porte dissimulée par des tentures, et sortit discrètement du palais. Sa vengeance serait terrible ! Comment le Maitre avait-il osé faire lever la main sur elle alors qu'elle avait ete sa maitresse durant de longues années, jusqu'à ce que son corps flétrisse et qu'il se détourne d'elle !?

Dorénavant, elle allait demander à entrer dans une triade. Elle se hâta pour se rendre dans un village important ou se trouvait le Maitre des Encens. Cet homme redouté de tous avait pour charge de recruter des membres qui gonflerait les effectifs de la triade.

La triade faisait partie des mouvements mafieux en Chine, divisée en trois niveaux. Au sommet de la triade se trouvait leur chef connue sous le nom de: "la tête du dragon" qui était chargé des grandes orientations du groupe. Son identité demeurait souvent secrète. Ceux qui avait trahir ce secret se retrouvaient souvent la langue coupée!

Sous les ordres de la tête du dragon se trouvaient plusieurs responsables qui avaient gardé le nom traditionnel des officiers de loge. Ainsi "l'éventail de papier blanc" s'occupait des finances ; le "bâton rouge" se chargeait du respect de la loi interne car il était spécialisé en arts martiaux. La "sandale de paille" était déléguée aux affaires extérieures du groupe.

Maitresse Lia savait combien les Triades étaient importantes et discrètes dans le monde entier. Quand elle pénétra chez le Maitre des Encens, elle eut un frisson d'appréhension. Mais il était trop tard pour reculer.

L'homme assit l'observait pensivement, observant avec acuité son kimono couteux, ses sandales luxueuses, son chignon élaboré et els peignes couteux qui le retenaient. Il savait flairer l'argent dès le premier regard posé sur ceux qui quémandait ses services. Il prit la parole d'une voix doucereuse :

- Quel est le but réel de ta visite, Mairesse Lia ?

Maitresse Lia demeura interdite. L'homme connaissait son nom !

- Je veux entrer dans la Triade et en devenir membre. Mon Maitre a jeté sur moi la plus grande honte. Mon autorité est à jamais ébranlée au sein de son palais. J'aspire à la vengeance car il a osé me faire fouetter en public pour les beaux yeux d'une petite intrigante !

- Ce motif me parait plausible. Mais tu devras d'abord subir ton initiation, Maitresse Lia. Cette initiation aura lieu à la lune montante, dans trois jours. En attendant mes hommes vont vérifier tes dires. Gare à toi si tu m'as menti car je suis sans pitié avec mes ennemis!

- Maitre des Encens, je n'ai pas menti. Je veux juste me venger depuis du Maitre et de cette jeune fille !

- Parfait. Rentre dans tes appartements. Je te communiquerai le jour et l'heure exacts pour ton initiation. Sois prête car je ne tolèrerai aucun retard ! Va-t-en maintenant ! Je dois vaquer à d'autres entretiens encore plus importants.

- Merci Maitre des Encens de m'avoir reçue aussi rapidement, murmura Maitresse Lia en s'inclinant respectueusement devant l'homme toujours aussi immobile...

De retour au Palais, Maitresse Lia jubilait. Sa vengeance serait éclatante !


N°13 - l'Initiation de Maitresse Lia"

Les jours passèrent sans rien ne se passe. Maitresse Lia se demandait si le Maitre des Encens n'avait pas oublié sa demande d'intégration dans le groupe de la Triade.

Puis un jour, où elle vaquait dans le Jardin des Orchidées célestes, elle reçut sur l'épaule, une boulette de papier parcheminé qui la fit sursauter. Elle la déplia, les doigts tremblants et lut le message qu'elle espérait :

- Vous êtes invitée le troisième samedi du mois de Mai, à la pleine lune, au même endroit ou nous avons eu RV. Une servante vous guidera à moi.

Maitresse Lia émit un discret ricanement. Sa vengeance commençait à se mettre en place. Elle allait devoir faire preuve encore de patience.

Depuis ce jour maudit, ou elle avait reçu le fouet, le Maitre du Palais avait décidé de l'ignorer. Quand à Jade, elle avait purement changé d'appartement, et depuis se trouvait dans une aile réservée du Palais Princier, à quelques pas seulement du Maitre. Maitresse Lia fulminait. Dans six mois, Jade aurait atteint ses 18 printemps et pourrait devenir la favorite du Maitre !

Enfin, le jour du rendez-vous avec le Maitre des Encens arriva. Maitresse Lia se sentait nerveuse. Afin de détourner tout soupçon, elle prit le prétexte de rester alitée, quelques jours, restant dans sa chambre, ou nul n'avait le droit de pénétrer.

Maitresse Lia guettait par la fenêtre la montée de la Lune dans le ciel clair. Dans une heure, celle-ci serait à son apogée. Mieux valait partir au RV maintenant. Elle fit appeler son palanquin et se fit emmener prestement devant le Palais du Maitre des Encens :

- Si l'un de vous parle, je lui fais trancher la gorge, dit-elle à ses esclaves, qui se mirent à trembler d'effroi.

- Nous ne dirons rien, Maitresse Lia. Nous le jurons sur la mémoire de nos ancêtres ! Vous savez combien nous vous sommes fidèles depuis ce jour ou vous nous avez permis d'échapper à la misère.

- Silence ! Allez m'attendre dans le bois et restez cachés jusqu'à ce que je vous rappelle !

Une fois ses esclaves partis se cacher, Maitresse Lia attendit. Un léger bruit de pas lui fit tourner la tête. Un homme dont le visage restait caché par une longue capuche se tenait debout, derrière elle :

- Suivez-moi Maitresse Lia. Nous vous attendions !

Combien de détours prirent-ils ? Elle n'aurait pas su le dire. Ses sandales de bois commençaient à lui blesser les pieds. Les ruelles devenaient de plus en plus sombres, voire inquiétantes. L'homme marchait vite, pressé de la mener à destination.

Ils arrivèrent devant une porte vermoulue qu'elle n'avait même pas remarquée. L'homme se servit de son poing, martelant le bois, en cadence :

- Toc, toc, toc...toc, toc! Toc, toc, toc ! ...Toc, toc ! Un silence plus long, puis les coups recommencèrent.

La porte s'ouvrit enfin, en silence, bien qu'elle parut totalement délabrée, au premier regard. Tout au fond d'une longue allée, se trouvait tout un groupe d'hommes et de femmes, au visage et corps caché, par un vêtement ressemblant à la bure des moines. Ils s'écartèrent en la voyant arriver, élevant leurs torches sur son passage, pour l'empêcher de trébucher sur les marches qui menaient à un étrange autel.

Un personnage imposant s'avança, tout vêtu de soie pourpre :

- Au nom de la Triade, nous allons t'accueillir parmi nous. Ne sois pas effrayée par ton initiation. Tu dois juste paraitre entièrement dévêtue, pour que nous soyons surs que tu n'as rien à cacher. Retire tes vêtements maintenant !

Horriblement gênée, Maitresse Lia s'exécuta, sans rien dire, dévoilant peu à peu, son corps nu aux muscles nerveux aux participants. On devinait la dureté de cette femme rien qu'en l'observant. Comment le Maitre du Palais avait pu en faire sa concubine, il y avait bien longtemps avant de lui interdire sa couche, la remerciant de ses services en la nommant Maitresse des esclaves ?

La cérémonie commença, dans une ambiance lourde et oppressante. Le Maitre des Encens tenait un coq par la tête, qui s'agitait en tous sens, désespérément. Il le décapita d'un mouvement sec, arrosant Maitresse Lia de quelques gouttes de son sang, au passage. Un bol tenu dans l'autre main permit de récupérer le sang de l'animal tout chaud, mélangé à un breuvage alcoolisé.

- Tu dois jurer d'être fidèle jusqu'à la mort à la Triade, de ne jamais prononcer le nom de l'un de nous, d'être muette comme une morte ! Déclama d'une voix forte le Maitre des Encens

- Je jure fidélité à la Triade et à ses Membres, dont je garderai secret, ainsi qu'à tout ce qui les touche, prononça à haute voix Maitresse Lia.

L'homme saisit vivement ensuite un doigt de Maitresse Lia, l'entailla légèrement, et fit couler quelques gouttes de son sang dans le bol contenant le sang de l'animal qu'il mélangea. Puis il fit passer le bol à chaque membre afin que chacun en but quelques gouttes, pour sceller leur promesse. Maitresse Lia but les dernières gouttes, en réprimant à grand peine une grimace de dégout.

- Tu fais partie des nôtres maintenant. Le nom de Maitresse Lia doit disparaitre dans ces murs. Pour nous, tu t'appelleras "Serpent Rampant". Tu peux aller maintenant. Ton initiation est terminée. Tu fais partie de nous jusqu'à la mort. Nous nous reverrons prochainement. Sois patiente, je te ferai appeler !

Maitresse Lia s'était rhabillée rapidement, puis elle repartit dehors, marchant d'un pas mécanique, comme une somnambule. Enfin elle faisait partie de ce groupe redoutable maintenant. Il ne lui restait plus qu'à poursuivre sa vengeance.

N°14 - Les pensées secrètes du Maitre"

Inconsciente du danger qui se formait autour d'elle, Jade continuait à rêver du Maitre, promenant un doigt léger sur ses lèvres peintes d'un beau rouge carmin. Comme elle avait aimé ce léger baiser même si, pour le Maitre, ce n'était pas une chose importante.

Deux mois venaient de passer et elle n'avait fait qu'apercevoir rapidement le Maitre, en train de galoper sur son pur sang, comme si tous les diables de la terre le poursuivaient. Elle le sentait préoccupé.

Elle ignorait que le Maitre avait perdu le sommeil, depuis ce jour ou il l'avait embrassée sur les lèvres. La jeune Jade l'obsédait, inconsciemment. Il avait hâte qu'elle devienne femme pour ses dix-huit ans !

Chaque jour qui passait, il l'épiait discrètement, quand elle se baignait, dans ses appartements, grâce à un léger trou fait dans le mur, caché sous le feuillage des plantes luxuriantes qui décoraient sa chambre.

Debout dans son bain, elle se laissait laver par les servantes qui oignaient son corps d'essences douces et parfumées. La gorge sèche, il regardait avec envie ce jeune corps qui s'épanouissait, ses jeunes seins fermes faits pour être caressés, et sa toison sombre, savamment épilée, formant un cœur qui le faisait, la nuit, délirer, l'empêchant de trouver le sommeil auquel il aspirait...

Il aimait son rire de gorge léger et primesautier. Jamais une femme ne l'avait autant attiré. S'il aimait la savoir à ses cotés, il la voulait plus que tout, dans sa couche, pétrir son corps, l'entendre gémir sous ses caresses, murmurer son nom, le regard ébloui.

Il avait mis quatre hommes autour des appartements de Jade, leur faisant jurer la même fidélité qu'ils avaient mis à veiller sur leur Maitre. Pourtant un sombre pressentiment le taraudait comme si un machiavélique danger rodait autour de Jade.

Ses espions surveillaient cette vipère de Maitresse Lia. Il était au courant qu'elle avait rencontré le Maitre des Encens et faisait dorénavant partie de cette Triade dangereuse. Le danger était donc bien réel en ce qui concernait sa sécurité voire celle de Jade !

Il avait été tenté de renvoyer cette femme dangereuse mais Joss, son ami et conseiller français, lui avait recommandé de la garder au palais pour mieux la surveiller. Une question l'obsédait : quand cette vipère allait-elle se décider à frapper ?

Jade se promenait dans le Jardin des Orchidées, sans se douter un instant combien sa vie était en danger. Elle continuait avec assiduité à suivre ses cours pour devenir une véritable geisha, alliant la grâce, la beauté et l'intelligence. Il lui restait à apprendre les derniers cours : ceux qui donnaient le plaisir.

Une pensée la faisait souffrir en secret. Quand son apprentissage serait terminé, à qui son Maitre l'offrirait-il ? Elle aurait tout donné pour ne pas quitter un jour le Palais et s'éloigner de ce Maitre qu'elle aimait dans le plus grand secret.

Son regard se fit triste à cette pensée. D'un signe délicat du bout des doigts, elle fit signe aux musiciens à son service de se rapprocher et se mit doucement à chanter. Sa voix avait la limpidité d'une rivière en mouvement ; les notes s'élevaient dans l'air comme des oiseaux en liberté. Elle chantait en y mettant toute son âme.

Subjugué, le Maitre l'écoutait, incapable de s'en aller, faisant attendre dans la salle des Conseils, des hommes importants avec qui il traitait de nombreuses affaires. Qu'ils attendent un peu ! Ce chant mélodieux était aussi beau que lorsqu'un ange chantait. Il poussa un long soupir quand Jade s'arrêta de chanter...Les affaires devaient être traitées maintenant. Place au travail !

N°15 - dans l'ombre de la triade"

Un beau matin, Maitresse sursauta en sentant quelque chose de léger passer prés de son oreille. Elle se pencha, le ramassa et l'ouvrit le cœur battant : elle ne devait pas bouger du palais. Dès cette nuit, son problème avec la jeune Jade serait réglé. Elle chiffonna le papier, le mit dans sa bouche et se força à l'avaler ! Pas question de laisser trainer une preuve l'accusant, derrière elle.

En fin de journée, le Maitre fit informer Jade qu'il serait heureux qu'elle vienne chanter durant un long repas d'affaires, afin de mettre ses invités dans de bonnes dispositions.

Jade aurait tout accepté pour être plus près du Maitre. C'est donc avec plaisir qu'elle partit dans ses appartements se préparer, et fut surprise de trouver un paquet soigneusement emballé, posé sur son lit.

En l'ouvrant, elle retint un cri de joie. C'était le plus beau kimono chinois qu'elle découvrait ! Un mot était joint avec. En le lisant, elle se retint de sauter à pieds joints de plaisir. Le Maitre du Palais lui offrait son premier kimono et la félicitait pour la beauté de sa voix ! Il espérait qu'elle accepterait son présent et viendrait ainsi parée, ce soir, pour lui faire honneur.

Surexcitée, Jade fit appeler ses servantes afin qu'elles viennent l'aider à se coiffer, son chignon exigeant plus d'une heure de préparation.

Sa peau fut lavée, frictionnée, apaisée par des huiles parfumées, puis séchée. Elle revêtit un petit soutien gorge de soie et sa culotte assortie, en souriant de plaisir. Ce soir, elle serait la plus belle des geishas !
Quand elle se contempla dans le miroir, elle sut que le Maitre serait fier d'elle.

Ses yeux légèrement bridés brillaient comme deux lacs clairs. Ses lèvres, recouvertes de carmin, étaient une invitation au baiser. Elle agrafa son collier de perles en nacre et poussa un soupir. Elle était prête à rejoindre le Maitre !

Elle remercia ses servantes d'un sourire, les invitant à aller se reposer ou s'amuser, qu'elle se déshabillerait elle-même en rentrant de la soirée donnée par le Maitre. La soirée s'annonçait exceptionnelle !

N°16 - Jade, reine de la soirée"

Quand Jade fut prête, elle alla dans la salle de réception réservée aux invités. Puis elle vérifia que la table était bien disposée, que les mets étaient présentés de façon artistique, que les alcools de riz étaient prêts.

Les hommes que le Maitre attendait étaient des gens très importants : Le patron des Usines Weng, le Ministre du Travail, le Banquier Wong, etc. Que de grosses pointures ! L'enjeu devait être colossal pour que le Maitre les ait invités, tous ensemble.

En entendant des voix arrivant de l'extérieur, Jade vérifia sa tenue une dernière fois. Elle était resplendissante dans son kimono de soie flamboyant. Seules ses sandales de bois étaient toujours aussi bruyantes, bien qu'elle effleure à peine le sol.

Puis elle se plaça près de l'entrée, souriante, ses beaux yeux délicatement baissés au passage de chaque hôte, les invitant à prendre place, autour de la table. Aucun de ces hommes ne devait croiser son regard étonnant. Seul le Maitre avait cette faveur.

Le Maitre arriva en dernier, s'inclinant devant elle, respectueusement, lui lançant un regard admiratif. Jade était ce soir là, vraiment en beauté. Puis il s'installa au milieu de ses hôtes, chacun buvant et mangeant, avant d'entamer leur conversation sur des affaires plus importantes, qui devaient être réglées. Jade servait le thé, silencieuse et discrète, veillant à ce que ces hommes soient servis copieusement. Elle savait qu'un ventre rempli permettait d'en apprendre d'avantage et mettait les hommes d'affaires dans de bonnes dispositions. L'alcool de riz commençait à faire son effet. Les hommes lançaient quelques blagues, parlaient aussi un peu plus fort.

Le Maitre lui lança un long regard complice, se retenant de rire. Jade ferait vraiment une compagne exceptionnelle pour l'aider à traiter ses affaires. Il avait de nombreux projets pour elle...Malgré sa jeunesse, il y avait en elle une maturité stupéfiante. Elle avait appris à devenir une geisha avec une facilité déconcertante.

A la fin du repas, le Maitre invita Jade à chanter pour ses invités. Elle prit place sur une petite estrade prévue à cet effet. Les musiciens cachés derrière un immense paravent l'accompagnait. Sa voix avait la légèreté du rossignol au printemps. Les invités, en l'écoutant, paraissaient subjugués...Cette soirée était une véritable réussite !

La soirée s'écoula doucement, ponctuée de mets succulents qui flattaient leur palais. En voyant fleurir un léger sourire sur les lèvres du Maitre, Jade comprit combien celui-ci était content d'elle.

Puis leurs hôtes prirent enfin congé, remerciant le Maitre et sa jeune hôtesse de cette soirée magnifique. Quand le Maitre se retrouva seul, il se tourna vers Jade. Son cœur se mit à battre un peu plus rapidement...

- Jade, grâce à toi, cette soirée s'est révélée excellente pour mes affaires. Accompagne-moi veux-tu dans mes appartements privés...

Jade s'inclinant, en silence, le cœur battant cette fois-ci, la chamade !

N°17 - la Déclaration"

Le Maitre marchait nerveusement dans les longs couloirs, pendant que Jade trottinait derrière lui à grand peine, essayant de garder le même rythme.

Puis il souleva la tenture de l'entrée de sa chambre. Celle-ci était immense, richement garnie de tissus soyeux, aux couleurs éclatantes. De nombreux tapis de grande valeur ornaient aussi le sol de sa chambre. Un lit immense semblait les attendre.

Jade ralentit le pas imperceptiblement. Le Maitre se tourna vers elle et lui demanda :

- Veux-tu rester auprès de moi cette nuit Jade ? Ne te sens pas forcée. Réponds-moi franchement. Sache qu'en acceptant, tu feras de moi l'homme le plus heureux sur terre...

- Comme vous le savez Maître, je suis encore vierge. Je connais peu les plaisirs de la chair et ceux du ciel. Ce que je connais est uniquement ce que Maitresse Lia m'a enseigné. Je serai donc une élève appliquée mais imparfaite.

Le Maître la prit par les bras, l'obligeant à lever les yeux vers lui :

- Non, Jade, je ne veux pas d'une élève à déflorer. Je te veux comme une femme dans mes bras. N'as tu donc aucun sentiment pour moi ?

- Oh que si, mon Maitre. Mon cœur vous appartient si longtemps, soupira Jade, les larmes aux yeux et les lèvres tremblantes d'émotion.

- Alors que cette nuit soit la nôtre Jade. Je serai pour toi un amant patient et doux. Tu n'as pas de crainte à avoir.

Le Maître prit Jade dans ses bras et ses baisers se firent entreprenants, étourdissant la jeune femme, submergée par cette passion soudaine.

Jade commença à retirer les minuscules boutons de son kimono, dévoilant son joli corps aux courbes émouvantes au Maitre qui ne la quittait pas des yeux, la gorge soudain sèche. Une pensée le taraudait soudain en secret : Saurait-il être un amant suffisant tendre et expérimenté pour combler cette jeune femme qui allait faire l'amour pour la première fois ?

N°18 - Une nuit d'amour inoubliable"

Le Maitre, à son tour, commença à retirer ses vêtements, un à un. Jade n'avait gardé sur elle qu'une fine combinaison de soie qui épousait toutes les courbes sensuelles de son corps.

Elle remarqua malgré son trouble combien le Maitre semblait avoir la gorge sèche et s'empressa de lui préparer un thé frais, détournant pudiquement son regard de son corps à demi dénudé.

Le lit semblait les attirer inexorablement. Le maitre la prit doucement dans ses bras, humant sa chevelure parfumée avec délice. La peau de Jade dégageait un léger parfum de jasmin et de fleurs rares qui lui montait à la tête, l'étourdissant lentement.

Quand les lèvres du Maitre se posèrent sur sa nuque, Jade eut un long frisson. Quand la bouche du Maitre s'unit à la sienne, elle ressentit une forme de fusion la transportant au ciel. Quand les lèvres du Maitre se refermèrent sur le petit bouton tendre de son sein, elle haleta soudain, prise d'un délicieux vertige.

Affamés l'un de l'autre, ils prirent appui sur le lit avant de sombrer dans les draps de soie du Maitre, qui n'avait plus qu'un désir : déflorer cette jolie et troublante vierge et se faire aimer, à jamais, d'elle.

Leurs corps tendus comme deux arcs, allaient à la rencontre de l'autre, s'effleurant lentement, tendrement, amoureusement. Leurs peaux frémissantes révélaient la force de leur passion languissante. Le sexe du Maitre restait érigé, frappant son entrecuisse en cadence, frémissant d'impatience de la pénétrer.

Jade sentait le désir dans son ventre la submerger. Elle avait une envie violente du Maitre, sans arriver à comprendre ce que son corps revendiquait. Le Maitre la chevaucha, relevant ses longues jambes sur ses épaules en lui souriant pour la rassurer puis qu'il lui caressa lentement le sexe soigneusement épilé
lui murmurant :

- Jade, me désires-tu suffisamment pour accepter d'être déflorée par moi ?

- Oh oui Maitre Luang, je vous en prie, prenez-moi. faites enfin de moi une femme accomplie, car je vous désire infiniment.

Le queue du Maitre tressauta de joie puis glissa avec un plaisir infini entre ses lèvres humides, cherchant lentement l'entrée secrète qui les mènerait enfin au plaisir.

Jade ferma les yeux, étouffant un léger cri quand le sexe de son maitre la traversa, tel un sabre, butant enfin contre son hymen avant de lui arracher des larmes de joie...

La déchirure de son hymen ne fut bientôt plus qu'un lointain souvenir pour Jade qui gémissait de plaisir et de bonheur dans les bras de son amant indomptable, qui lui donnait encore et encore mille et un plaisirs.

Ce n'est qu'au petit matin que nos tourtereaux s'endormir, dans les bras l'un de l'autre, heureux comme jamais, sans voir l'aube qui se levait sur la pointe des pieds de crainte de les réveiller.

N°19 - Quant la triade se manifeste"

Endormis dans les bras l'un de l'autre, Jade et le Maitre ne virent pas la tenture de la chambre se soulever avec précaution. Des ombres inquiétantes apparurent et se ruèrent sur eux à la vitesse de l'éclair.

Réveillé en sursaut, le Maitre tenta de se saisir de sa dague qu'il gardait à proximité du lit mais ne la trouva pas. Un homme se dressait devant lui, et soudain se fut le trou noir ! L'homme venait de l'assommer ! Tout ce qu'il se souvint en se réveillant fut de se retrouver ligoté et bâillonné, sur le sol dans la chambre devenue soudain silencieuse.

Il se contorsionna, afin de regarder sur son lit ce que ses hommes avaient fait à Jade. Elle avait disparu sans laisser de trace ! Ce fut comme s'il recevait soudain une épée en plein cœur. Ou était sa bien-aimée ? Pourquoi avait-elle été enlevée ?

En colère, le Maitre se mit à taper le sol à coups sourds afin d'alerter son personnel. Quelques minutes plus tard, les gardes éberlués le découvrir, fulminant de colère devant leur incapacité à le protéger lui et Jade du danger ! Le chef des gardes se prosterna au sol en tremblant :

- Pardon, mon noble Maitre. Nous n'avons rien entendu, rien vu...J'accepte votre sentence si vous désirez me renvoyer de votre service.

- Tais-toi, incapable que tu es! Pour le moment seul le sort de Jade me préoccupe au plus haut point ! Je te conseille de faire vite pour la retrouver en vie et me la ramener ! Si tu as du nouveau, je suis à la salle des Conseils pour réfléchir aux chiens qui ont osé s'attaquer à moi et à la femme que je chéris plus que tout !

Le chef des gardes se releva, appelant plusieurs gardiens et ils commencèrent leurs recherches rapidement. Quand le Maitre était en colère, cela pouvait avoir un effet dévastateur !

Assis sur son siège, le Maitre se tenait la tête de désespoir. Un de ses ministres lui murmura :

- Maitre ne laissez pas le désespoir envahir votre esprit. Essayez au contraire de voir qui avait intérêt à agir ainsi ?

- Tu as raison...mon ami. Tu as toujours été d'une sagesse et d'une fidélité exemplaire. Je vais suivre ton conseil...La question a se poser est : pourquoi avoir enlever Jade ??? En m'enlevant, ils auraient gagné bien plus d'argent! Cela ressemble à la vengeance d'une femme ! J'ai compris ! Emmenez-moi cette chienne de Lia et faites la parler !

N°20 - Maitresse Lia en fâcheuse position"

Maitresse Lia fut emmenée, toute tremblante, sur le champ devant les fenêtres du Maître. Quand elle leva son regard vers lui, elle vit combien ses yeux lançaient des éclairs.

- Fouettez-moi cette chienne jusqu'à ce qu'elle avoue ! dit-il au garde d'une voix ne souffrant aucune contradiction.

- Pitié Maitre ! Je ne sais rien ! Je vous ai toujours été fidèle, larmoya-t-elle, en lui lançant un regard faux cherchant à l'apitoyer.

Mais c'était sans compter sans l'inquiétude de Maitre Luang qui se faisait un sang d'encre pour sa petite protégée et qui savait combien le temps pouvait compter s'il voulait retrouver Jade, saine et sauve.

- Tu n'es qu'une sale menteuse ! Je sais que tu es responsable de son enlèvement ! Je te jure par mes ancêtres que tu vas parler ! Même si tu dois en mourir d'être fouettée à sang !

Maitresse Lia serra les dents quand les lanières de cuir commencèrent à zébrer son corps. Impossible d'échapper aux coups même en se contorsionnant. Les coups commencèrent à redoubler d'intensité, réactivant sa souffrance. Cette fois, elle ne put laisser échapper ses gémissements.

Impassible le garde gardait un œil sur la fenêtre du Maitre, guettant son assentiment ou l'arrêt de la sanction. Mais le Maitre était bien trop en colère.

- Parle Maitresse Lia avant que tu ne meures, lui chuchota le garde, la prenant en pitié.

- Jamais ! Et j'espère que la Triade va la tuer ! hurla Maitresse Lia, folle de rage et de douleur !

Le Maitre réapparut à la fenêtre faisant signe au garde de continuer à la frapper encore plus sévèrement, de son fouet. Cette vipère allait s'en rappeler ! Et dire qu'il avait réchauffé cette femme en lui accordant sa confiance !

- Tu parleras Maitresse Lia. Déjà ton corps commence à partir en lambeaux. Seuls les charognards voudront encore de toi ! Je les laisserai te manger les yeux, en te maintenant vivante malgré tes cris de peur ! Tu vas parler, chienne ?

- J'avoue ! J'avoue tout ! C'est moi seule qui suis responsable de l'enlèvement de Jade. J'étais folle de jalousie car vous lui accordiez tout ! Je suis allée voir la Triade pour qu'ils l'enlèvent et la tuent, rapidement.

- Gardes ! Hurla le Maitre, fou d'inquiétude! Sellez mon cheval immédiatement et suivez-moi ! Laissez cette chienne en plein soleil et qu'elle en crève !

Le Maitre sauta sur son cheval, suivi par sa garde personnelle et sortit du Palais, ventre à terre, son armée étant armée jusqu'aux dents !

Maitresse Lia s'évanouit sous la douleur des derniers coups de fouet. Elle savait qu'elle ne pourrait compter sur la pitié du Maitre cette fois... Elle avait été trop loin.

N°21 - les recherches s'intensifient"

Les gardes commencèrent à interroger les habitants dans leurs misérables cahutes. Le maitre savait que rien ne leur échappait. L'un d'eux finirait bien par parler, surtout avec la bourse d'or offerte à ce lui qui donnerait de plus amples informations sur Jade.

Le premier jour s'avéra décevant. Le second, quelques informations arrivèrent sur la venue de Maitresse Lia prés du maitre de la Triade. Le troisième jour, le Maitre ordonna à ses gardes d'attaquer le palais ou se refugiait les agents de la Triade. Venue en force, son armée était armée jusqu'aux dents !

Ce fut une sacrée émeute ou les agents de la triade sortait un à un du palais en hurlant sous les coups qu'ils recevaient. Le Maitre restait dehors, immobile sur son cheval, guettant le seul homme qui l'intéressait. C'est cet homme qu'il voulait. Lui seul savait ou se trouvait Jade qui devait être terrifiée, n'ayant jamais quitté la quiétude de son Palais.

Soudain, l’un de ses gardes arriva en courant, les yeux exorbités, essoufflé, dardant son regard inquiet sur son Maitre :

- Maitre, Maitre, venez vite ! J'ai retrouvé Jade ! La pauvre enfant ...dit le garde en n'osant affronter le regard de son Maitre...

Maitre Luang fonça aussitôt derrière l'homme, le cœur serré d'appréhension. Jade était-elle morte ?

N°22 - Jade entre la vie et la mort"

Jade baignait dans une mare de sang, un couteau planté sous le sein droit. Le Maitre ne put retenir un gémissement de douleur, en la découvrant, inanimée :

- Vite, appelez-moi mon médecin personnel ! Dites-lui que sa tête dépend de la vie de Jade ! hurla-t-il, le visage décomposé

Son médecin accourut quelques minutes à peine et se pencha attentivement sur le corps exsangue de la pauvre enfant puis il se redressa, un léger sourire aux lèvres :

- Que mon Maitre se réjouisse. Jade est en vie même si elle a perdu beaucoup de sang. Celui ou celle qui l'a poignardée est gaucher et n'a pas visé le cœur ! C'est un miracle ! Je vais commencer par arrêter l'hémorragie. Faites dresser une pièce pour que je l'opère, Maitre.

- Si tu sauves la femme que j'aime, tu auras droit à toute ma gratitude ! rétorqua Maitre Luang soulagé, malgré lui.

Très vite une tente fut dressée, les servantes apportèrent les instruments médicaux du vieux médecin qui se lava les mains soigneusement. Son front restait plissé de soucis. Si Jade restait en vie, quelles seraient les conséquences du coup de poignard qu'elle avait pris ? Pourquoi une telle violence sur cette jeune fille innocente ? Il fallait vraiment la haïr ! Qui pouvait vouloir ainsi sa mort ?

Le vieux médecin fit respirer des herbes spéciales dont la fumée plongea très vite la jeune femme dans un profond sommeil puis commença à l'opérer. Le médecin respira profondément quand il se rendit compte que l'hémorragie s'était arrêtée enfin. La jeune femme vivrait mais sa guérison serait longue...

Il était grand temps d'aller rassurer son Maitre qui devait tourner en rond comme un lion en cage ! En effet, celui-ci tournait en rond dans la salle et relevant la tête, lui demanda abruptement, le regard fou d'inquiétude :

- Jade vit-elle encore ? Comment va-t-elle ?

- Rassurez-vous Maitre. C'est une jeune femme bien plus résistante qu'on ne le pense. Elle est jeune et la vie ne demande qu'à rejaillir en elle. Mais je dois vous avertir que sa guérison sera lente, très lente. Il vous faudra vous armer de patience. Elle ne doit sa survie que parce que son meurtrier ou sa meurtrière est gauchère ! Son cœur l'a échappé belle !

Le Maitre poussa un long soupir de soulagement avant de se laisser choir dans son fauteuil...Puis il frappa dans ses mains énergiquement en appelant ses gardes :

- Que quatre gardes soient nuit et jour devant cette tente. S'il arrive quoique ce soit à Jade, vous en répondrez de votre vie ! dit-il aux gardes, d'un ton menaçant !

N°23 - Le retour à la vie"

Chaque matin, avant d'aller dans la salle des Conseils et chaque soir, avant d'aller dormir, Maitre Luang venait voir Jade, s'inquiétant de la voir si peu réagir.

C'était comme si toute envie de vivre l'avait quittée. Son regard restait clos comme s'il refusait de voir la laideur du monde. Mais le vieux médecin restait optimiste :

- Jade est encore sous le choc, mon Maitre mais je vous promets qu'elle va se rétablir bientôt !

- J'ai confiance en vous et je vais essayer de maitriser mon impatience, dit Maitre Luang, repartant diriger les affaires du royaume.

Mais sa colère était si grande contre celle qui avait tenté d'ôter la vie qu'il n'avait pas pu se montrer magnanime. Sa tête ornait un pieu comme pour rappeler que le maitre pouvait être capable d'une terrible colère à ceux qui comploterait contre lui et les siens. L'avertissement en avait fait trembler plus d'un !

C'est en traversant un marché ou se trouvait de nombreux marchands que Maitre Luang se décida à acheter un petit oiseau à un oiseleur.

- Chante-t-il cet oiseau ? demanda Maitre Luang en le voyant muet, un peu perdu dans sa cage.

- Il se remettra à chanter si vous lui offrez une compagne, dit l'oiseleur, d'un ton espiègle

- Très bien ! Alors mets lui de quoi lui tenir compagnie ! Mais je veux une cage plus grande en échange !

- Il en serait fait suivant votre bon plaisir Maitre Luang !

Quand Maitre Luang pénétra dans la chambre silencieuse de Jade, celle-ci eut un léger frémissement. Fou de joie, il posa la cage près d'elle et lui murmura :

- Réveillez-vous Jade. Sortez vite de votre cauchemar. Ces oiseaux sont, parait-il, des oiseaux qui portent bonheur...Ils ne chanteront que lorsque vous serez guérie !

Jade ne dit rien mais ses cils papillonnèrent comme si elle avait compris son message. Le printemps arrivant, Maitre Luang exigea que les tentures qui obscurcissaient la chambre de Jade soient repoussées et que le soleil pénètre dans sa chambre, chaque jour.

Le personnel allait et venait sur la pointe des pieds, craignant de la déranger. Seul, le pépiement des oiseaux faisant connaissance donnait un peu de vie à la pièce silencieuse.

Un beau matin, le mâle se posa sur sa branche et commença à chanter joyeusement, sortant Jade de son long sommeil. Elle entrouvrit les yeux, étonnée puis sourit en l'écoutant...Ce présent ne pouvait venir que de l'homme qu'elle aimait depuis si longtemps en secret. Aussitôt le Maitre fut averti de son réveil et quand il accourut dans sa chambre, ce fut pour recevoir dans ses bras Jade, encore faible et chancelante, qui avait tenu à se lever.

- Mon tendre amour ! J'ai eu si peur de vous perdre ! lui murmura-t-il fou de bonheur
- Je ne vous quitterai jamais tant que j'aurai un souffle de vie ! Lui chuchota Jade en rougissant

C'est ainsi que Jade devient la geisha la plus célèbre de Chine, devenant peu de temps après, son épouse, dans un mariage somptueux et important....

17/12/2010
Erotica51



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