PLONGEE EN EAU TROUBLE

par Erotica51



Le mariage d'Hélène avait été l'occasion de revoir de nombreux amis et amies que j'avais laissés sans nouvelle. La tête me tournait en voyant soudain tant de monde, autour de moi, tant de noms à me souvenir. Du coin de l'oeil, j'observais mon amie. Radieuse, elle passait de bras en bras, distribuant à tous ses sourires de jeune épousée.

Perdue dans cette foule, pourquoi est-ce que je me sentais si triste ? Les souvenirs affluaient en moi, pareilles à des vagues dévastatrices. Mon mariage avait été un véritable gâchis, ou les années s'étaient succédées, remplies de mes larmes. Folle jeunesse, où je n'avais pas voulu écouter certains conseils, des plus avertis.

J'étais prise dans un véritable tourbillon, de responsabilités étouffantes, ou les faux amis s'étaient succédés dans ma vie. A vingt ans, je m'étais retrouvée nommée "La plus Jeune Chef d'entreprise de France". Je ne connaissais rien aux faux semblants, n'imaginant pas combien ce monde était aussi rempli d'hypocrisie. Un agneau perdu dans un monde de loups, m'avait-il un ami, en souriant, d'un regard brillant, en découvrant ses canines inquiétantes....

Au milieu de ces gens, perdue, je cherchais soudain un prétexte pour m'enfuir, sans plonger mon amie dans l'affliction. Je n'avais pas le droit de lui faire perdre son sourire. Je décidais d'aller me réfugier dans le parc, agrémenté de saules pleureurs immenses. Adossée, contre un tronc d'arbre, cachée par les branches recouvertes de feuilles vert tendre, je me mis, sans raison, à pleurer.

J'étais en train de renifler bêtement quand j'entendis quelqu'un se racler la gorge, discrètement, à quelques pas. Relevant un regard larmoyant sur l'intrus, je vis s'agiter sous mon nez un petit mouchoir blanc....

- "Merci" ai-je murmuré, n'osant le regarder en face, me demandant, soudain, pourquoi cet homme m'avait suivie

Je m'essayais les yeux, me mouchais puis respirant un bon coup, je mis mes larmes sur le compte de l'émotion déclenchée par le mariage de mon amie. Maudite sensibilité féminine ! L'inconnu s'accroupit devant moi, me demandant :

-"Ca va un peu mieux ? "
-" Oui, merci"
-"Si ma compagnie ne vous dérange pas, voulez-vous marcher un peu ?" Je me sens seul, moi aussi"
-" Avec plaisir" ai-je murmuré, troublée par ce regard sombre qui semblait me sonder...

Nous marchâmes un bon quart d'heure en silence. Les rires des invités nous parvenaient, légèrement assourdis par la distance. L'homme se prénommait Alain DEMEZ. Il s'arrêta de marcher et me demanda :

- Je dois vous confier quelque chose que vous ignorez....Brigitte

- Mais, comment connaissez-vous mon prénom ? Je ne vous l'ai pas dit !

- C'est une longue histoire. Vous avez été victime d'un grave accident en 1998. Je travaillais à cette époque à Paris et vous avez été transférée d'urgence, dans mon service. Vous étiez gravement blessé à la tête.

- En effet. L'homme qui m'a renversée s'était enfoui et n'a jamais été retrouvé par la police. Je suis restée amnésique suite à cet accident de la circulation. J'ai du tout réapprendre et me reconstruire. Aujourd'hui, encore, il me manque des pans entiers de mon ancienne vie.

- Je me rappelle. Durant huit jours, j'ai craint pour votre vie. Vous êtes restée dans un coma profond durant plusieurs mois. Vous aviez un énorme hématome de sang qui comprimait votre cerveau. En dépit des risques, je me suis décidé à vous opérer. Ce fut une opération extrêmement longue et délicate. Je peux vous le dire aujourd'hui. Vous risquiez la paralysie complète de vos jambes. Votre jeunesse a été déterminante. Jamais je n'ai eu une décision aussi grave à prendre.

- C'est donc grâce à vous que je suis en vie ? Je n'ai jamais su qui je devais remercier. Durant deux ans, j'ai du réapprendre à marcher, à manger, à me remettre de cet accident.

- Puis un jour, un homme est venu vous chercher. Il s'est déclaré être votre mari. Ses papiers étaient en règle. J'ai du accepter de vous voir repartir...

- Pourquoi dites-vous : "j'ai du accepter" ? Mon état n'était pas stabilisé ?

- Je ne savais rien de vous et ignorais que vous étiez mariée. J'étais tombé amoureux de vous. Chaque jour, après mes heures de travail, je venais passer un moment auprès de vous et vous tenais par ....

- Par la main ? Ainsi c'était donc vous ? Longtemps j'ai cru l'avoir rêvé. Vous parliez d'une voix très douce...

- Puis-je vous poser une question ? Pourquoi votre époux n'est-il pas aujourd'hui avec vous ?

- Mon époux est mort, il y a six mois, assassiné par son complice qui a tout avoué depuis à la police...Un prêtre corrompu avait fait un faux certificat de mariage. J'ignorais que ma tante m'avait légué toute sa fortune. Mon mari a monté un plan machiavélique avec cet homme, lui promettant en échange, la moitié de ma fortune. Quand il fut nommé mon curateur, je me retrouvais enfermée dans une vieille maison, au fin fond de la Bretagne. Ce fut très dur ...Un jour qu'il était énervé, il est allé retrouver le prêtre, déterminé à le tuer. Il en avait marre que l'autre le fasse chanter. Mais le prêtre l'attendait et ce fut mon mari qui fut tué d'un coup de barre en fer sur le crâne !

- Vous étiez donc prisonnière de cet homme qui s'était déclaré votre époux ! Quel idiot j'ai été ! Comment ai-je pu renoncer à vous ! ? Mon dieu, quand je pense à tout que vous avez enduré ...

- Alain, ce n'était pas votre faute. Je dois d'être en vie depuis grâce à Hélène qui a entendu mes gémissements, enfermée depuis trois jours, dans la cave de la maison. Son chien n'a pas arrêté d'aboyer contre la porte, essayant de creuser le sol désespérément. Follement inquiète, Hélène a décidé d'alerter la Police...Quand ceux-ci sont arrivés, j'étais très affaiblie... Depuis, Hélène est devenue ma meilleure amie et a tout fait pour me faire oublier ce maudit cauchemar.

Alain me regardait, brusquement soulagé de me savoir, à nouveau, libre. Sans réfléchir, je me réfugiais dans ses bras, comprenant que je n'attendais que lui. Sa bouche cueillit mes lèvres. Ses mains prirent possession de ma taille, remontant à mes seins qu'il dénuda, doucement. Je frémissais sous ses caresses. Lentement, mon corps glissa au sol, sur l'herbe tendre, prête à nous accueillir. J'avais si faim de caresses et d'amour après toutes ces années d'enfer et de privation.

Quand Alain me pénétra, je compris que j'étais la femme de sa vie et lui, l'homme de mon coeur. Ce fut une apothéose de gémissements de plaisir qui jaillit quand nous nous mîmes à jouir...

Un peu plus tard, Hélène me vit arriver, tenant amoureusement Alain par la main. A mon sourire, elle comprit que j'avais enfin découvert celui que j'attendais en silence....Un an plus tard, Alain est devenu officiellement mon mari et dans quelques mois, un merveilleux cadeau viendra combler notre couple...ai-je pensé en me caressant mon ventre, doucement arrondi par une nouvelle petite vie....


19/5/07

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