LES YEUX DE L'AME

par Erotica51



I.

Salomé n'a jamais vu la lumière du jour ni la beauté du monde qui pouvait l'entourer. Sous ses paupières fermées, le monde parait s’être arrêté. Malgré ce handicap visuel qui aurait pu la plonger dans une dépression profonde, elle sourit d'un sourire si doux, qui vous laisse ébloui et songeur quand vous croisez son chemin.

Salomé a perdu ses parents au cours de ces nombreuses guerres inutiles qui ont appauvri tant le pays. Le Lieutenant de son père, Marcus, l’a recueillie alors qu’elle était encore un jeune bébé, jurant à son meilleur ami en train d’agoniser, de la protéger et veiller sur elle, au mépris de sa propre vie. Salomé a vécu heureuse chez son bienfaiteur jusqu’à ce qu’elle devienne une magnifique jeune fille, en dépit de son handicap visuel.

Salomé vient d'avoir vingt ans aujourd'hui et a décidé de savourer les secrets du Plaisir. Son choix est fait. A cet age, les jeunes filles ont le droit de faire ce vœu et de le réaliser. Elle veut que sa chair connaisse les Plaisirs de l'Amour. Depuis quelques temps son corps semble torturé, agité, brûlant de mille désirs inconnus, qui la laissent pantelante, moite de frissons, en la réveillant chaque nuit.

Un homme veille sur elle depuis de longues années, la dévorant des yeux, à chacun de ses pas. Marcus a toujours remplacé son père, disparu, depuis. A-t-elle seulement conscience combien elle devient belle en grandissant ? Probablement pas. Ce désir qu'elle a manifesté le met en rage, serrant son cœur de jalousie brusquement. Pourquoi ne l'a-t-elle pas choisi ? Non, a-t-elle dit, d'une voix inflexible, sans plus d’explication. Marcus a ravalé son amertume et sa colère, refusant de lui avouer les sentiments qui l'assaillent, en la voyant devenir femme.

- Soit ! Je t'emmènerai au Temple des Plaisirs mais si tu n'es pas satisfaite, tant pis pour toi.

A-t-il conscience de combien il lui en veut ? Combien sa jalousie qui le tenaille ? Qu'importe, il l’emmènera ce soir puisqu'il lui a promis.

La journée de Salomé a été longue, baignant son corps dans des eaux parfumées, enduisant sa peau de crèmes aromatisées, dévoilant sa chevelure en pleine beauté. Tout ses sens semblent exacerbés. Oui, nerveuse, elle l'est. Derrière ses paupières closes, personne ne devine que ses yeux sont fermés à jamais sur ce qui l’entoure. Ses gestes sont si sûrs, sa démarche aérienne, comme si elle frôlait le sol en dansant d'un pas léger. Son ouie est devenue, si développée, que Marcus en reste tout surpris en l'entendant l'interpeller, à peine entré, dans la pièce, quand il vient la retrouver.

Elle a vêtu son corps d'une longue tunique aux plis fluides, entourant sa taille fine d'une ceinture tressée de cuir souple. Ses cheveux ramassés en un chignon épais, la font ressembler à ces déesses grecques des temps jadis. Elle est belle et le devine, enregistrant malgré elle, le pas des hommes qui, en la croisant, ralentissent…

II.

Qu'importe, aujourd'hui. Elle veut faire un pas de plus dans la Vie, ne plus être considérée comme une enfant à protéger. L’homme qui a toujours veillé sur elle, est là, devant la porte. Elle perçoit le souffle de Marcus qui gronde comme un taureau furieux. Elle le sent fâché, énervé et en comprend la raison. Elle a refusé d'être initiée par Lui. Ils se connaissent depuis si longtemps qu'il est un peu un père pour elle et ne peut être l’homme qui devra la déflorer.

Ils ont marché, longtemps, gravissant un chemin sinueux. Salomé commence à avoir chaud et sent la soif la dévorer. Marcus la guide de la voix par instant, puis redevient silencieux, en cheminant près d'elle, attristé, lui cachant ses pensées tumultueuses. Elle perçoit sa déception, aujourd'hui mais ne sait que lui dire, pour soulager son désarroi. Ils sont enfin arrivés devant le Temple Sacré des Plaisirs…

Ses sandales sont retirées puis déposées dans l'entrée. Ses pieds frôlent le sol frais avec délice. Une femme se dresse ordonnant à Marcus de s'arrêter, ici.

- Bonjour à toi Marcus. Je t'attendais. Tu reviendras la chercher quand le soleil se couchera! Mais pas avant ! Va !

Il est reparti, serrant, toutefois, d'une légère pression, la main de Salomé, pour lui donner un peu de courage. Il a perçu son inquiétude d'être laissée seule dans un milieu où elle ne connaît personne. La Gardienne du Temple l'entraîne, la guidant par le bras, fermement.

- Comment t'appelles-tu ?
- Salomé !
- Hum ! Très beau prénom. Tu es belle et racée ! Ils devraient t'apprécier !

Salomé a simplement baissé la tête, modestement, le cœur battant à tout rompre. Combien seront-ils à la toucher, à la caresser ? Vont-ils être doux ou violents avec elle ? Elle ne le sait pas et soudain, Salomé se met à trembler. Ces hommes qui l'attendent commencent déjà à l'effrayer.

- N'aie pas peur Salomé ! Cela ne sera ni pénible ni désagréable. Tu vas découvrir le Plaisir simplement, sous toutes ses formes. On appelle ce passage pour une jeune fille, l'Initiation. Tu auras cinq portes à franchir puis tu pourras repartir ! Tu sauras alors tout sur l'art de donner et recevoir du plaisir pour conquérir le cœur des hommes.

- Mais...
- Oui ?
- Je n'ai jamais goûté au Plaisir
- Essaies-tu de me dire que tu es encore vierge ?
- Je le suis encore, aujourd'hui, a murmuré Salomé toute honteuse…
- Pour eux, c'est encore mieux ! C'est un merveilleux cadeau que tu vas leur offrir, a répondu son hôtesse, d'une voix légèrement adoucie. Il est vrai que les jeunes filles vierges sont devenues une denrée rare.

La Gardienne du Temple des Plaisirs fait avancer Salomé dans de longs couloirs frais et sombres. Des gémissements s'élèvent, par instant. Des voix d'hommes se font entendre, impérieuses. Elle frémit d’appréhension en les entendant. Que font-ils subir à ces jeunes filles venues, comme elle, ici ? Un long frisson lui parcourt l'échine. Enfin, leurs pas s'arrêtent devant une porte de chêne qui s'ouvre sans bruit : la Première Porte, chargée de ses mystères.

- Entre, Salomé ! Cette porte se nomme « Initiation » ! dit la voix masculine provenant de l’intérieur de la pièce assombrie.

Son corps est saisi d'un brusque tremblement, d'appréhension, d'excitation aussi. Une main ferme, la pousse, celle de son accompagnatrice. La première porte s'est refermée, lentement, derrière elle, sans bruit. « Mon Initiation » enregistre Salomé, inconsciemment, dans sa tête…

III.

La pièce est parfumée. On y perçoit des senteurs odorantes de fleurs richement aromatisées. Quelqu'un s’avance vers elle. Un homme imposant ; son pas est ferme, sur de lui. Il parle, d'une voix ferme, qui ne lui laisse aucune possibilité de contester son autorité. Impossible pour elle de changer d’avis ni d’envisager de chercher à s’enfuir.

- N’aie pas peur, Salomé. Je vais te demander de te déshabiller, même si cette idée peut te choquer.

Elle hésite un instant puis, pudiquement, soulève sa tunique, dévoilant ses cuisses, son pubis, ses hanches, sa taille fine qui apparaît et enfin, sa poitrine qui se soulève, d'un rythme trop rapide, ferme et palpitante. Plus moyen de repartir en arrière. Un clapotis léger se fait entendre.

- Nous allons commencer par ton bain ! Lui dit l’homme de cérémonie
- Mais, je suis propre. Je me suis encore baignée juste avant de venir ! Proteste Salomé
- Peut-être, mais tu as marché, transpiré et ton corps a besoin de se détendre, après ce long chemin !

L’homme l'attrape par la main, la guide de la voix…

- Doucement, tu n’as que trois marches à descendre, puis tu n'auras plus qu'à te laisser détendre, dans ce bain parfumé qui t'attend.

Salomé sent l'eau fraîche, sur ses pieds échauffés, l'apprécie ; avance encore puis, doucement, laisse l'eau, l'envelopper. Elle nage, rigoureusement, laissant l'eau la masser ; enfin, à bout de force, elle se laisse flotter sur le dos, appréciant de ne plus bouger. Soudain, sa tête heurte quelque chose de ferme. Un cri lui échappe.

- N'aie pas peur, Salomé. Je te contemplais ! Viens sur le bord et laisse ma main te soutenir pendant que je te laverai !

Elle a rougi, violemment gênée à cette idée qu'un homme puisse la toucher. Salomé le suit, pourtant, se demandant ce qu'elle va ressentir, assez inquiète. Seul Marcus, jusqu’ici, a vu son corps changer en grandissant, prendre ces formes émouvantes, inspirant la féminité. Il la regardait, attentif et émerveillé devant ces transformations.

IV.

L'eau est agréable. L’homme l'a fait s'allonger, l'aide à s'installer confortablement sur un matelas de mousse légère et odorante. Elle se détend, écoutant l'homme s'approcher, la mouiller lentement, inondant son corps de gouttes légères et fraîches. Puis il dépose sur sa peau une huile parfumée. Salomé ne dit plus rien, la gorge serrée, guettant l'instant où les mains de cet homme vont se poser sur sa chair fiévreuse. Elle est aussi tendue qu'un arc peut l'être. Quand les mains fermes de l’homme commencent leur lent massage, elle déglutit avec peine, rougissant violemment, incapable de maîtriser ses impressions. Les doigts glissent, agiles, dénouant ses tensions, lentement, puis il emprisonne chaque sein au creux de ses paumes, comme pour les soupeser, les caressent doucement, les frotte, les malaxe avec onctuosité. Une étrange langueur l'emporte, peu à peu, la laissant savourer cet étrange bien-être qui l’envahit.

Les doigts suivent ses épaules, en caressent la douce courbe, reviennent sur sa poitrine, qui frémit à chaque fois, la laissant le souffle court. Les mains de l'homme frictionnent ensuite ses jambes, ses pieds, la chatouillent malgré elle, laissant fuser son rire léger comme des bulles légères. Puis il caresse lentement ses cuisses fermes, les frictionnent, faisant rouler sur ses doigts le grain fin de sa chair douce et fraîche. Les mains remontent, l'obligent à desserrer ses cuisses. Elle tente de résister, le visage empourpré de confusion, cette fois-ci, vraiment rétive comme un petit animal affolé.

L’homme laisse échapper son rire et lui dit :

- Ne fais pas l'enfant ! Je dois seulement vérifier si tu es vierge, réellement !

La gêne, la honte semblent fondre sur Salomé. D'une main ferme, il a ouvert ses jambes, les écarte, dévoilant son sexe gracile au regard d'un homme, pour la première fois. La main se pose sur son pubis, en apprécie doucement le léger bombé de sa toison sombre, la frictionne, la savonne puis, lentement, passe sur ses lèvres rosées, glissant entre elles, doucement, en un va et vient qui lui fait cambrer les reins, provocant un plaisir vertigineux.

Quand l'homme la sent prête, il place, malicieux, son index à l'entrée de ses lèvres, devenues humides d'envie. Puis il s’amuse à jouer avec son clitoris rendu électrique qui se gonfle par tant d'impudence, laissant ses lèvres entrouvertes, avides d'un plaisir inconnu jusqu'ici, dévoilant au regard de l'homme la beauté de son coquillage nacré et l’effet que les caresses de celui-ci provoquent en elle. Son bassin s'est soulevé, impatient, souhaitant qu'il continue. Le doigt joue, l'énerve, la titille puis glisse, en elle, lentement, doucement, soulevant ses cuisses, la laissant stupéfaite, le souffle oppressé, puis il la pénètre, d'un geste bref. Elle connaît d’avance son verdict :

- Oui, tu es bien vierge ! C’est parfait ! Viens !

Le doigt du Maître de cérémonie s'est retiré, comme à regret, la laissant titubante, ivre de sensations inédites. Il l'entraîne, vers la seconde porte, les cuisses encore toutes humides mais est-ce par le bain, réellement ?

V.

La Seconde Porte s’est dressée devant elle. La Porte des Sens. Elle a frissonné, en franchissant la porte. La pièce est plus fraîche. Des effluves parfumés lui parviennent, la laissant toute étonnée. Elle perçoit certaines odeurs citronnées, d'autres plus fruitées, en particulier…

Quelqu'un lui prend la main. Salomé devine qu’il s’agit d’une femme. La main est ferme, fine et délicate. Elle se laisse emmener sans protester. La présence mystérieuse ne dit mot, semble s'affairer autour d'elle. Salomé, patiente, se détend, peu à peu, attendant la suite du programme qu’on lui a réservé. La personne s'approche et lui ordonne :

- Tu vas devoir deviner ce que je vais te faire goûter
- Oui, murmure, Salomé, un peu plus rassurée

Commence alors un étrange ballet d'odeurs, de saveurs connues et inconnues, surprenant son palais. Elle doit garder la bouche ouverte, jusqu'à ce que la femme mystérieuse lui glisse quelque chose, dans la bouche, la laissant goûter, savourer, déguster, deviner… Là, le goût est sucré, légèrement riche, fibreux, juteux. Si Salomé est née aveugle, elle connaît tous les goûts que la nature a pu créer. Elle avale puis dit, d’une voix claire, sûre d'elle :

- C’est une pêche !
- Continuons ! Et là ?
- Du raisin ! Du citron ! Une fraise ! Bien d'autres fruits suivront encore : melon, ananas, cerises, myrtilles, lui donnant, brusquement, l'impression de ne plus pouvoir réussir à en avaler tant elle doit deviner ce qu'elle goûte. Jamais elle n’a mangé autant de fruits sur une journée et son estomac, rebelle, lui dicte prudemment de ne plus rien accepter.

Enfin, La Femme la laisse se reposer, la frictionnant, énergiquement.

- Tu as accompli la deuxième épreuve de ton initiation. Tu possèdes un goût exceptionnel.

Dans quelques instants, je t'emmènerai à la troisième porte où tu es attendue, avec impatience, a-t-elle dit, en souriant. Salomé frémit, se demandant ce qui l'attend. Mais cette deuxième épreuve a été plutôt agréable, lui rendant un peu de cette assurance qu'elle avait perdue.

Au bout d'un moment, la Femme est venue la chercher, l'emmenant vers une autre porte, qui lui donne envie de se sauver, immédiatement. Des gémissements lui parviennent de l’intérieur et la peur commence, perfide, à s'insinuer au fond d’elle. Qu’y a-t-il derrière ? Soudain, ses jambes semblent ne plus la porter et Salomé se met à trembler d'appréhension.

Elle s'apprête à rebrousser chemin quand elle sent la femme la pousser dans le dos, d'un geste ferme, l'obligeant à s’avancer dans cette nouvelle pièce. Salomé continue de trembler, marchant à petits pas raidis par l'appréhension.

VI.

La Troisième Porte semble les attendre, entrouverte. Des gémissements lui parviennent aux oreilles. Pourquoi ces gémissements ? Qui sont ces femmes que l'on fait souffrir ? Pourtant, on dirait plus des gémissements de plaisir que de souffrance, se dit-elle, à demi rassurée. Quand Salomé est arrivée, ne lui a-t-on pas dit qu'elle n'avait rien à craindre ici ? Mais elle demeure inquiète, malgré tout. D'autres pas arrivent dans leur direction puis s'arrêtent :

- Merci, Marsha, je vais m'occuper de Salomé, maintenant. La voix est masculine, grave, avec des intonations veloutées. Salomé se sent rassurée immédiatement et suit cet homme sans lui parler, lui faisant confiance, se laissant guider par le son de ses pas.

- Tu vas découvrir l’essence même du plaisir. Tu devras suivre tout ce que je vais te conseiller. As-tu bien compris, Salomé, ce que cela veut dire ?
- Oui, je vous le promets, dit-elle, en inclinant respectueusement la tête vers cette voix rassurante.

Elle perçoit le glissement d'une tenture que l’on écarte sur son passage puis l'air qui l'agite, quand celle-ci se rabaisse. L'homme la conduit dans la pièce, prenant doucement sa main pour la guider.

- As-tu déjà touché le corps d'un homme, Salomé ?
- On non, jamais ! répond Salomé comme si elle venait d’être piquée par une mouche
- Parfait ! Dans ce cas, aujourd’hui, tu vas commencer par apprendre les mystères de l’homme

Une rougeur subite a brusquement envahi le visage de Salomé, la rendant encore plus ravissante. Elle déglutit avec émotion, trop surprise par ce qu'elle risque de découvrir, aujourd'hui. Elle bute contre un obstacle imprévu. Très vite, ses mains se sont projetées devant elle, comme pour la protéger, essayant de deviner de quoi il s‘agit.

C’est un lit ! Ses mains tâtonnent sur les draps. Un homme est allongé dessus, immobile. Dort-il ? Non, sa respiration est bien trop rapide. Elle pressent qu'il a attendu sa venue avec impatience…

- Tu dois commencer par lui toucher la tête, lui dit la voix de l'homme qui l'initie.

Salomé a incliné la tête, en signe d'assentiment puis ses mains ont commencé à remonter vers le visage de l'inconnu étendu. Elle commence par découvrir la forme de sa tête, assez ronde, aux contours agréables. Puis ses doigts légers descendant sur l'arrête fine du nez, découvrant les ailes de son nez bien développées, signe d'un certain appétit pour les plaisirs de la chair, se souvient-elle, suite aux conversations discrètes qu'elle avait eu avec quelques amies venues lui rendre visite.

Les joues sont douces, les pommettes fermes. Les yeux paraissent grands, ombragés de cils drus. Le menton est légèrement effacé, signe d'un caractère affable et doux. Les lèvres assez charnues lui dévoilent un coté gourmand. Les cheveux sont coupés courts à la mode romaine et bouclent légèrement sur le bord du front.

Salomé, poussant un léger cri de surprise, perçoit une langue mutine qui lui lèche le bout des doigts. Sous le coup, elle a un bref geste de recul. Comprenant ce qui lui arrive, elle se met à rire, chassant ses craintes.

Puis ses doigts descendent sur le cou de l’inconnu toujours allongé qui semble se prêter de bonne grâce à sa curiosité. Le cou semble important et solide. Quand ses mains arrivent sur les épaules musclées de l'homme, Salomé marque un temps d'arrêt, légèrement inquiète. L'Initiateur est resté auprès d'elle et continue de lui dicter ses gestes :

- Maintenant, tu vas devoir continuer à découvrir son torse, puis ses épaules, ses avant-bras et les mains ensuite. Il te faudra me dire comment tu imagines ensuite cet homme, lui dit son guide. Vas-y ! Tu peux commencer à le toucher ! Il est tout à toi le temps qu’il te faudra.

Ses mains se posent sur le torse de l'homme, abondamment recouvert d'une toison douce. Elle plonge avec délice ses doigts dedans. Quelle agréable sensation, pense Salomé, à nouveau troublée. Chaque poil semble électriser l’intérieur de ses paumes. Le torse de l’inconnu est largement bombé et son ventre est plat et ferme, sous ses doigts. Elle perçoit le cœur de l'homme qui bat, sourdement, laissant, ses mains douces et aventureuses le découvrir…

Puis elle remonte ses mains, sur les épaules de l’homme, bien dessinées. Les bras sont fermes, musclés, velus, chauds. Les avant-bras nerveux, solides. Les mains épaisses ; Les paumes sont larges et bombées. Il possède des doigts longs et nerveux. Elle sait qu'elle a déjà découvert la moitié de cet inconnu qu'on l'a autorisé à toucher. Va-t-elle oser continuer ?

VI.

L'Initiateur l'interroge brièvement :

- Cet homme te plait-il, Salomé ?
- Oh oui ! ! A-t-elle répondu, vivement
- Alors, tu peux continuer à le découvrir. Je te dirai juste à quel moment, tu devras t’arrêter.

Emue, elle laisse glisser ses mains sur les hanches de l'homme immobile. Est-il aussi ému qu'elle ? La voit-il ? Elle ne saurait le dire. Que ressent-il ? Impossible de le savoir. Mais elle sent son cœur qui tambourine, si vite, trop vite ! Un peu comme elle.

Bien que troublée par cet inconnu qui se laisse passivement faire, elle n'en poursuit pas moins, sa découverte. Elle longe les hanches de l'homme, étonnée par sa pilosité devenue plus exubérante, sur les cuisses et les jambes. Celles-ci sont bien dessinées, sans doute, grâce aux différents sports qu’il pratique régulièrement. Les cuisses sont légèrement renflées, musclées et merveilleusement dessinées comme ces statues grecques qu'elle aime caresser du bout des doigts quand elle se promène au parc derrière chez elle.

Les mollets sont fermes, bien dessinés eux aussi, tendus, habitués apparemment à courir dans une vie au grand air. Les pieds sont nerveux, légèrement chatouilleux, ce qui la fait rire joyeusement, sentant le frémissement qui parcourt l’inconnu qui se tortille.

Salomé marque un temps d'arrêt soudain hésitante. L'Initiateur l'observe du coin de l'oeil. Va-t-elle vouloir arrêter là son initiation du Plaisir ? Il s'approche, saisit sa main puis la pose sur le pubis de l'homme. Salomé s'est raidie, imperceptiblement, surprise par la découverte qu'elle vient de ressentir.

Quelque chose de terriblement doux et vivant se trouve sous sa paume ouverte. Ses doigts dessus se referment. C'est chaud, agréable au toucher et semble grossir en le touchant. Etonnant ! Elle essaie mystérieusement de dessiner dans son esprit à quoi cela ressemble. La chose est douce et émouvante. Mais elle se transforme, rapidement, prenant une consistance plus dure, en grossissant.

L'Initiateur lui saisit à nouveau la main, lui imprimant un geste de haut en bas, en tenant la chose, fermement. C'est stupéfiant ! La chose grandit et grossit, à une vitesse étonnante et pourtant, Salomé sent qu'elle n'a rien à craindre d'elle. Elle joue, doucement avec elle, montant et descendant, de plus en plus rapidement, découvrant que cette chose aime son geste ! Elle perçoit le souffle de l'homme allongé qui halète rapidement. Ses cuisses se contractent, nerveusement. L'homme aime ce geste. Puis il s'agite, bouge, se cambre. Son poignet se fait plus vif ; elle lui procure des vas et viens, plus rapides maintenant. Le souffle de l'homme continue de s'accélérer puis elle perçoit, surprise, ses gémissements. L'a-t-elle blessé ? se demande Salomé, inquiète subitement. La voix de l'Initiateur la fait sursauter :

- Ne t'arrête surtout pas ! Cet homme est au bord de ce que l'on nomme la Jouissance ! Agite ta main, de plus en plus vite maintenant, en tenant son sexe fermement jusqu'à ce qu'il répande sa semence !

Salomé a repris son geste, allant et venant nerveusement, se demandant combien de temps l'homme soumis à son plaisir allait tenir la cadence ? Elle n'a pas le temps de s'interroger plus longtemps que quelque chose de chaud et légèrement visqueux se répand sur sa main et son poignet, en l'éclaboussant. Au même moment, l'inconnu a laissé échapper des gémissements de plaisir, en soufflant nerveusement comme s'il manquait soudain d'air. Salomé reste étonnée, les lèvres à demi entrouvertes… Ainsi voilà ce qu'on appelle la Jouissance masculine ? C'est stupéfiant finalement les réactions d'un sexe d'homme !

VII.

La quatrième Porte les attend, entrouverte. L'Initiateur frappe dans ses mains brièvement. Salomé perçoit des pas légers ; quelqu'un vient lui laver les mains et poignets, en versant dessus, de l'eau fraîche. Ses jambes sont un peu éclaboussées. Elle en avait oublié qu'elle était nue tant l'homme qu'elle caressait l'avait troublée.

- Tu vois, comme il est facile de donner du plaisir à un homme !? Ta main doit être son amie, être douce, tendre, coquine aussi. Mais il reste aussi d'autres façons de lui donner du plaisir que tu vas, maintenant, découvrir, en franchissant la 4ème Porte. Tu vas devoir t'ouvrir au Plaisir avant, si tu veux apprécier ce qui va suivre…

L'Initiateur la guide par le coude, la faisant avancer à nouveau. Une porte grince, sinistrement, la faisant se raidir d'appréhension. Elle a peur tout à coup de ce qui l'attend. Salomé souhaiterait avoir auprès d'elle la présence rassurante de Marcus, qui l'a toujours protégée. Comme la chaleur de ses bras protecteurs lui manque aujourd’hui !

Des bruits de voix d'hommes lui parviennent en franchissant le seuil de cette quatrième porte. La voix de l'Initiateur s'élève, s'adressant à ces hommes qui attendent.

- Je vous invite à vous occuper de Salomé, qui est aveugle de naissance et vierge, encore. Je compte sur vous pour lui faire découvrir les plaisirs que les hommes attendent d'elle et non vous conduire avec elle comme des bêtes immondes ! Le premier qui la blessera sera puni de cinquante coups de fouet immédiatement ! N’oubliez jamais qu’une femme qui vous offre sa virginité est le plus beau cadeau qu’elle puisse vous faire ! Soyez-en dignes Messieurs !

Attentive, Salomé perçoit, immédiatement, la présence de ces hommes qui avancent vers elle, la prennent par les poignés fermement puis l'entraînent, la faisant s'allonger, sur d'épaisses peaux de mouton. Immédiatement, quelque chose coule sur elle. Fluide, chaude, une huile parfumée se répand. Des mains aussitôt se posent sur elle, la frictionnent, la caressent, la laissant frémissante. Tout son corps est assailli de mille sensations troublantes et sensuelles.

Des mains se posent, légères, frôlent ses seins, avec adresse, s'en éloignent puis reviennent, en épousant de la paume la fermeté et la douceur de sa chair innocente. Les mains se font légères bien que certaines soient plus puissantes. Les doigts se font curieux, fureteurs, caressants, la laissant avide de sensations. Une bouche se pose sur ses lèvres. Une autre aspire la pointe de son téton. D'autres lèvres se saisissent, immédiatement, de l'autre sein lui aussi frémissant.

Une bouche se pose sur son ventre, en le butinant, puis descend avidement, entre ses cuisses serrées, pudiquement. Deux mains ferment s'emparent de ses chevilles, lui écartent les jambes, dévoilant à ces inconnus la douceur troublante de ses lèvres humides de cyprine.

Un homme s'avance, plus imposant que les autres qui, surprit arrêtent leurs caresses. D’un geste, cet homme leur indique de continuer. Il s'accroupit entre ses jambes, glisse son visage entre ses cuisses, jusqu'à son intimité. Il sourit en découvrant quelques gouttes de son miel qui perlent. Salomé apprécie les caresses que ces hommes lui prodiguent. Son corps réagit vite. Elle sera plus tard, une femme très sensuelle…

Fasciné, il observe ce triangle de poils sombre, n'arrivant à croire qu'elle est restée vierge. Salomé garde les yeux fermés mais il observe les ailes de son nez qui se soulèvent, le hument, discrètement. Du bout des doigts, délicatement, il écarte les lèvres de son abricot, découvrant un joyau de nacre rosé au clitoris tout palpitant. Il approche doucement son visage, ouvre sa bouche gourmande et sa langue commence une délicieuse sarabande, glisse entre ses lèvres ravies par ces savoureuses sensations. Sa langue revient imperceptiblement, puis tourne, malicieusement, autour de son bouton qui se gorge d’impatience. Salomé tremble sous les caresses délicates, fabuleusement excitantes. Puis, la langue redescend, explore son antre, tente d’y pénétrer en s’infiltrant. Elle frémit, raidit ses cuisses, se tortille, apprécie, impatiente qu'il revienne à nouveau. Son ventre s'arque. Ses reins se soulèvent. Elle quémande, impatiente, cette langue, oubliant tous ces hommes agglutinés, fascinés, qui l’observent, en silence.

Salomé gémit doucement, dodelinant de la tête en cadence, suivant le mouvement de cette délicieuse langue. Son clitoris se dresse, gorgé de plaisir, impatient de connaître cette fabuleuse jouissance que ses amies lui ont tant vantée. Son corps s'affole, se tord, dévoré par une fièvre étrange qu'elle ignorait encore, quelques heures avant, à peine.

L'homme passe ses épaules, sous ses cuisses, appuie sa bouche, sur son sexe, qui palpite, comme pris de folie. Puis la bouche se fait gourmande ; dévorante, la fouille, la lèche, aspire son bouton de rose d'où jaillit des gouttes de liqueur, nommées, il y a longtemps, dans les temples sacrés, le nectar des vierges. L’homme sait y faire. Il l'aspire, encore et encore, la faisant crier de plaisir, laissant le jeune corps, arqué de plaisir, se secouer des spasmes de la jouissance, puis doucement, elle retombe, toute pantelante, ivre de plaisir… L'homme la recouvre, doucement, la laissant récupérer puis part s'asseoir, un peu plus loin, parmi les autres hommes, impatients, qui attendent la suite des évènements.

VIII.

Une demi heure plus tard, l'homme fait se lever Salomé, les jambes encore flageolantes puis lui appuie fermement sur la tête, la faisant s'agenouiller devant lui. Les hommes forment rapidement un cercle silencieux tout autour. Tous écartent leur tunique et découvrent leurs queues dressées, orgueilleuses, impatientes. Salomé ne pose aucune question, trop surprise et curieuse de ces jeux étranges que les hommes aiment.

D'un même mouvement, les hommes s'approchent de Salomé, la pressent de leur torse, leur pubis en avant, frôlent sur sa peau douce leurs sexes contre ses cuisses, ses fesses, son sexe, où ils s'arrêtent, heureusement. Une étrange musique résonne dans la pièce, rythmant le pas des hommes qui dansent autour d'elle, sensuellement. Salomé se sent émue par tous ces corps, ces verges dressées qui se pressent, sur elle et la caressent silencieusement.

Parfois, elle en saisit une, en riant, la presse puis la caresse. Elle écoute l'homme glousser de plaisir, nerveusement. Ils tournent, pas à pas, autour d'elle. Elle perçoit leurs odeurs puissantes, sensuelles, si troublantes. Leurs queues n'ont pas toutes la même consistance. Elle devine et ressent pourtant leur puissance. Elles l'appellent, quémandent ses mains autour d'elles, avides qu'elle les branle. Quelquefois, une queue tente de se glisser, entre ses fesses, la faisant sursauter, comme une pouliche nerveuse, mais repart aussitôt comme honteuse de profiter de tant d’innocence.

Un bref claquement de mains vient de résonner. La voix de l'Initiateur s'élève :

- Salomé, tu vas devoir tous les caresser, comme je te l'ai appris. A tous, tu devras leur offrir, à ton tour, du plaisir !

La musique repart de plus belle ; les hommes dansent, rient, autour d'elle, la frôlent de leurs mains avides. C'est un vertige de caresses, de sensations, de mots doux et troublants murmurés à son oreille. Le plaisir reprend vite possession de son corps. Les caresses réveillent, à nouveau, sa sexualité émoustillée. Le plaisir gronde dans son ventre en feu, sans pouvoir s'apaiser.

Elle n'est plus qu'un souffle de désir ; tout son corps brûle, espère leurs caresses. De son sexe épilé, son miel s'écoule avec abondance. Elle a envie d'aller plus loin, d'être prise, à force de goûter à toutes ces peaux, ces queues qui la cherchent, ces bouchent qui aspirent ses tétons devenus douloureux ; ces bouches qui appelle les baisers. Pour la première fois, elle est confrontée au sexe et Salomé comprend qu’elle aime follement ce qu’elle découvre.

Une à une, elle se saisit de leurs sexes dressés fièrement puis les caresse, allant et venant, faisant glisser la peau, suavement, sur le gland ; puis redescend, tournant le poignet, légèrement, au dernier moment, leur arrachant, peu à peu, des grognements de plaisir. C'est une débauche de halètements, puis de râles de jouissance qui s'élèvent dans l’air.

Les hommes, ne regardent plus que Salomé; elle le sent. Leurs yeux brillent d'un éclat insoutenable. Elle y devine un désir puissant, affamé. Ses seins sont fièrement dressés et ils les butinent avidement de leurs lèvres, trop excités par cette attente. Une fois branlés, les hommes jouissent tour à tour, n'en pouvant plus, éclaboussant son jeune corps de vierge. Chacun se recule, en l'observant avidement. Qui possédera cette vierge magnifique, ce soir, sur sa couche ? Quel est l'heureux élu qui aura le bonheur de la déflorer ?

IX.

Ils échangent entre eux des regards peu amènes. Adieu l'amitié qui les unissait. Les voici, pour une femme, devenus des hommes prêts à se battre, avec rage. Une rivalité sauvage les dresse, un à un, face à face. Ils connaissent l'enjeu pour obtenir les faveurs de cette femme. Ils devront se battre, faire preuve de courage, de ténacité, d'astuces, de vigueur, jusqu'à ce que l'Initiateur désigne le gagnant qui aura le privilège de la déflorer.

Salomé se sent entraînée à l'écart puis assise, confortablement. L'Initiateur demeure auprès d'elle.

- Même si tu ne vois rien Salomé, je te raconterai leurs prouesses. Ce sont des hommes à la bravoure exceptionnelle ! Pour obtenir ton corps, ceux-ci sont capables de s'entretuer. Sache que l'homme qui te gagnera méritera ton amour. Tu pourras t'appuyer sur lui en toutes circonstances.

Salomé hoche la tête indiquant qu'elle a parfaitement compris. L'Initiateur s'est levé. Le bruit d'un tambour qu'on martèle, résonne en cadence. Elle sent sur sa chair un peu d'air frais la caresser. Un voile léger la recouvre. Une jeune esclave, à l'aide d'une large feuille de palmier, l'évente régulièrement. Dans quelques heures, l'ambiance deviendra vite étouffante…

L'Initiateur a désigné du doigt les hommes devant se battre entre eux, tenant compte de leur taille et de leur poids, pour les départager, afin que tous aient la même chance à se battre. Un homme à la stature impressionnante s'est avancé, le visage caché par un casque grillagé.

- Je souhaite participer à la compétition. Cette vierge m'intéresse !
- Soit ! Vu ta carrure, va affronter cet homme, là bas, qu'on appelle le Minotaure, à cause de sa force colossale ! Mais je te préviens, Etranger, que jusqu'à ce jour, personne n’a réussi à le vaincre ! Que les Dieux soient avec toi et te préservent…

Assise, Salomé soudain sursaute en entendant cette voix. Se pourrait-il que ce soit celle de l'homme qui l’a protégée durant toutes ces années ? C'est impossible, voyons ! L'Initiateur a toute son attention fixée sur les combattants. Les corps se jettent les uns sur les autres avec une violence terrible. Les hommes halètent, retiennent leurs cris de douleur en tombant sur la terre. Ils s'observent, guettent chaque geste de leur adversaire, cherchant la faille pour le renverser et le soumettre. Du sang parfois, macule le sable de larges taches sombres, témoin discret des combats sans pitié qui se livrent sous les yeux des spectateurs déchaînés.

Le soleil s'est levé, dardant sur eux ses rayons brûlants. La soif a pris possession de leurs corps. Leurs torses musclés, nerveux se soulèvent, pressés d'en finir une fois pour toutes avec celui qui leur fait face. Quand un corps tombe, une immense exclamation s'élève parmi la foule qui se lève d’un même élan pour acclamer le vainqueur. Les hommes commencent à être épuisés ; leurs gestes sont moins précis mais plus hargneux, pressés d’en finir. Peu à peu, il ne reste plus grand monde dans l'arène.

Seul le Minotaure tient tête à l'homme casqué. Leurs corps s'entrechoquent. C'est un enchevêtrement puissant de bras et de jambes qui se démènent. Soudain, la foule applaudit bruyamment, voyant l'homme casqué porter à bout de bras, le Minotaure, totalement déséquilibré. Il le fait tournoyer en l’air puis le projette violemment au sol, le laissant complètement sonné ! La foule hurle d’une joie sanguinaire en découvrant le Minotaure vaincu pour la première fois.

L'Initiateur s'est levé et tente d'un geste apaisant de calmer la foule en liesse. Il invite Salomé à se lever et à descendre les marches, la main posée sur son bras ferme.

- Cet homme t'a méritée amplement, Salomé ! Nul n'oubliera ce combat glorieux qu'il vient de mener pour toi. Il sera dorénavant ton époux ! Ainsi en ont décidé les Dieux de l'arène!

Il se tourne alors vers l’étranger :

- Quel est ton nom, noble étranger, toi qui t'es battu avec tant de courage pour le cœur de Salomé ?

X.

L'étranger s'est redressé, bombant son torse fièrement :

- Je me nomme Marcus ! Depuis toujours, j'aime Salomé! Je l'ai vu grandir, se transformer en chrysalide pour devenir cette magnifique jeune femme. La Vie ne l'a pas épargnée, la privant de la vue mais cela me la rendue encore plus chère ! Aujourd'hui, je fais vœu de la chérir et la protéger jusqu'à ce que mes yeux se ferment à mon tour ! Elle est aussi l’enfant de mon meilleur ami, mort au champ d’honneur et qui me l’a confiée, avant de s’éteindre.

- Qu'il en soit ainsi ! Salomé, tu appartiendras pour toute la vie à cet homme. S’il n'a plus la Jeunesse, il possède trois qualités importantes : la Loyauté, la Bravoure et le Courage. Il vient de risquer sa vie pour toi… Ne l'oublie jamais ! Je sais que tu es en de bonnes mains. Soyez heureux !

L'Initiateur a tourné les talons, laissant Salomé et Marcus, face à face.

- Oh Marcus ! Si tu savais comme j'ai eu peur de te perdre ! Et si cet homme t'avait tué ?
- Chuttt ! Tout est fini ! Ne pleure plus, ma colombe ! Viens plutôt dans mes bras, Salomé. Jamais je n'aurai laissé personne te posséder. Je sais depuis toujours que tu es celle que j'aime. Rentrons à la maison, maintenant. Acceptes-tu de m’aider à soigner mes blessures avant que celles-ci ne s’infectent ?
- Oh oui. Je vais bien te soigner.

Un esclave a avancé leur char. Marcus a pris les rênes en main, claqué un bref mot en fouettant les chevaux puis pressa le corps si doux de Salomé contre sa hanche. Sur le trajet, il sourit, heureux tout à coup. Il en oublie les blessures que porte son corps endolori par son combat sans pitié. Après tous ces mois où il s'est torturé le cœur, tant il a craint de perdre la femme qu’il aime, Marcus sait aujourd'hui, qu’une nouvelle vie va commencer.

Marcus est allé se laver, plongeant son corps dans une immense vasque aux fleurs parfumées. Les serviteurs sont déjà au courant. La nouvelle est parvenue jusqu’à eux. Leur Maître est sorti vainqueur de cette épreuve et sont soulagés de savoir Salomé protégée à jamais. Celle-ci s'est assise à même le sol l'esprit encore en tumulte, face à lui. Amusé, Marcus lui a lancé un peu d'eau en l'éclaboussant, la sortant de sa rêverie.

- Dis aux esclaves de sortir, Salomé et viens vite me retrouver. Je ne te veux aucun mal, tu le sais. Juste t'offrir dorénavant le rempart de mes bras pour que tu t’y sentes à l'abri et devienne enfin ma femme.

Intimidée, brusquement, Salomé retire le voile léger qui camoufle ses formes savoureuses dévoilant deux beaux fruits prêts à être cueillis. Elle s'avance doucement dans l'eau, tendant les mains dans la direction de l’homme qu’elle aime. Marcus la rattrape avec tendresse, la serrant contre lui tendrement puis pose ses lèvres sur elle doucement, pour ne point l'effrayer…

Emue, Salomé se laisse faire, goûtant pour la première fois, la tendresse de ses baisers. Elle frissonne entre ses bras, si puissants, qui l'étreignent comme si Marcus craignait de la voir une nouvelle fois, lui échapper. Salomé a compris la leçon et sait dorénavant qu’elle ne quittera plus jamais cet homme qu’elle aime depuis toujours.

XI.

Les vapeurs parfumées la grisent. Elle perçoit le chant des oiseaux dans le jardin fleuri. Le souffle du vent vient effleurer ses épaules dénudées. Elle a chaud et froid à la fois. Elle fond, peu à peu, sous l'âpreté des baisers de Marcus. Les bras noués autour de son cou, elle sent son torse puissant posé contre sa poitrine. Cette proximité la trouble. Elle déglutit, rougit, intimidée tout à coup.

Les mains de Marcus se font douces, câlines, sensuelles. Elle frémit, gémit sous la douceur de ses lèvres, sous l’emprise du plaisir qu'il lui dévoile, tendrement. Ses lèvres s'entrouvrent, appelant sa langue à se mêler à la sienne.

Marcus se penche, embrasse les seins de la femme qu’il aime, les caresse avec sensualité. C'est un déferlement de sensations troublantes qui embrasent le ventre de Salomé. Brusquement, ses jambes ont du mal à la porter. Elle faiblit en se sentant dévorer de baisers. Sa bouche devient plus gourmande, descend sur son ventre et un feu brûlant se réveille au fond d'elle. La bouche de Marcus reste suspendue un bref instant, l’observant frémissante de désir, toute rayonnante de beauté. Il sourit.

Tendrement, il la soulève de l'eau, la recouvre, la frictionne pour la réchauffer puis la dépose sur sa couche. Un soupir lui échappe. Tout le corps de Salomé se cambre, se tend, impatient de goûter aux caresses. Peu à peu, elle aussi ose le toucher. Elle tend la main, se saisit de son sexe, lui caresse avec application. Elle perçoit son souffle, plus puissant. Marcus change de place, lui échappe puis se rapproche d'elle, fait courir sur ses jambes puis ses cuisses, sa langue aventureuse.

- Ohhhh Hummmmmm… Salomé frémit, surprise puis le laisse lui écarter les jambes, en rougissant, à nouveau. La langue de Marcus se fait soyeuse, connaisseuse, dévorante. Elle gémit sous ses coups de langue, se tord de plaisir, brusquement impatiente. Il déclenche en elle un feu dévorant, qui la rend fébrile, avide de lui offrir tout autant de plaisir.

A son tour, il se laisse faire, sourit devant sa bouche timide qui l'embrasse avec douceur puis qui s'enhardit, peu à peu. Son sexe s'est dressé, paraît en feu, orgueilleux et fier. Elle lui lèche le gland, tourbillonne malicieusement puis redescend sur ses bourses qu'elle aspire ou caresse de la pointe de sa langue ensorcelante. Elle appuie sur son frein sensuellement. Il s'arque sous ses caresses, sentant monter en lui sa jouissance. Il l'appelle son aimée, sa colombe, sa princesse. Une faim dévorante mord le ventre de Marcus.

Il la repousse doucement, la caresse à nouveau, heureux de voir son sexe trempé de son miel. Il s'allonge avec douceur sur elle, lui écarte les cuisses, n'en pouvant plus de la faire sienne puis observant son sourire heureux sur ses traits, la pénètre avec douceur, refreinant son impatience.

Son sexe glisse doucement, s'arrête sous ses gémissements, puis reprend possession d'elle, en allant et venant, avec précaution. Elle émet un faible gémissement quand il force son hymen, laissant échapper quelques gouttes de sang. Il sait qu'il a eu raison d'être patient. Son ventre se cambre, ses reins se creusent, elle va et vient à sa rencontre, amoureuse, éperdue de désir, impatiente. Sur leur couche tombent quelques gouttes de sang, témoins discrets de sa virginité.

Ils ne font plus qu'un, unis dans un désir total, leurs corps emportés dans une extase fulgurante qui les laissent épuisés, en retombant sur leur lit. Marcus, comblé de bonheur, se penche à son oreille et lui murmure tendrement :

- Tu fais de moi le plus heureux des hommes, Salomé
- Je t'aime si fort, Marcus. Aujourd'hui, je sais que tu es l'homme que j'attendais et espérais.



OOOOOOO



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