LE PETIT LUNTIN DES MARAIS

Offert par Erotica51



Chaque jour, François découvrait d'étranges traces sur le sol, autour de sa cabane. Il avait décidé de passer ses vacances, dans cette petite cabane de chasseur, sans voir personne, durant un mois complet.

Ce premier matin, il fronça les sourcils, en découvrant de minuscules traces de pas, sur le sable humide. En les suivant, il se rendit compte que l'étrange propriétaire de ces pas avait fait le tour de la cabane, n'hésitant pas à monter sur les pierres pour regarder à l'intérieur. Les traces étaient si petites qu'il pensa à celles d'un enfant mais comment aurait-il pu se promener ainsi, sans se sentir, effrayé, par les cris des animaux la nuit?

Ce jour là, François décida d'appâter les canards qui venaient se poser, le soir, sur l'étang. De grains de maïs furent déposés, ici et là, ainsi que des morceaux de pain. Puis il rentra, dans sa cabane, préparant son fusil, qu'il glissa, dans de légers espaces, prévus, à cet effet.

Vers 22 heures, ceux-ci arrivèrent, se jetant sur l'étang comme une nuée de sauterelles affamées. François décida que deux oiseaux seraient suffisants pour son menu de ce soir. Il épaula son fusil, visa puis tira, deux coups à quelques secondes, l'une de l'autre. Deux canards tombèrent comme deux pierres, vers le sol. Tous les autres s'enfuirent, en cancanant, bruyamment.

François sortit, de la cabane, allant vite chercher les deux volatiles mais il n'en retrouva qu'un seul! Il eut beau chercher tout autour de la cabane, le long des roseaux, dans les herbes, sur l'étang, rien! Peut-être n'avait-il fait que le blesser, légèrement et qu'il avait réussi à s'enfuir ? Bizarre...Qu'importe. François était content d'avoir un repas chaud à déguster, pour ce soir.

Il mangea de bon appétit, faisant braiser des pommes de terre dans du papier d'aluminium, avec. Epuisé, par sa longue ballade en forêt, saoulé de bon air pur, François décida d'aller se coucher. En pleine nuit, un bruit bizarre le réveilla comme si quelqu'un jouait de la flûte! Intrigué, il se leva, s'habilla, chaudement, puis sortit de la cabane sans faire de bruit. Puis il se mit à ramper vers l'étang sans faire de bruit. Ce qu'il découvrit le laissa stupéfait!

Sur un rocher, un petit lutin était assis. Il portait d'étranges chausses au bout pointu. Une petite tunique rouge recouvrait son corps maigrelet. Il avait deux longues oreilles dont les pointes ne cessaient de remuer comme pour deviner le sens du vent. Il portait un petit bonnet de laine épaisse assorti de deux pompons qui dansaient en cadence. Comment était-ce possible?

François se calla, contre la tête, déterminé à l'observer plus attentivement. Le lutin venait de se relever du rocher sur lequel il était installé. Puis il se remit à jouer de la flûte, sur un air plus guilleret, tout en marquant le rythme du pied droit. Les feuilles des arbres se mirent elles aussi à chantonner. Les joncs semblaient, quant à eux, se mettre à danser. Des grenouilles se mirent à croasser, joyeusement. Et de l'étang, les poissons commencèrent à sauter, hors de l'eau, par petits groupes, comme s'ils s'étaient entraînés, depuis plusieurs années! C'était incroyable! On aurait dit que tout l'étang venait de se réveiller et faisait la fête!

Enfin, la musique se fit plus douce comme pour une mélodie. Parfois la main du lutin semblait les guider, comme la main d'un orchestre, s'élevant puis se rabaissant, guidant tour à tour, les arbres, ou les vaguelettes qui paraissaient emplies d'étoiles, en clapottant.

Jamais François n'aurait imaginé, assister, à un tel spectacle, dans sa vie! Au bout d'une bonne heure, le lutin s'arrêta de jouer, rangeant sa flûte, dans sa besace, qu'il portait sur le côté. La forêt retrouva, peu à peu, tout son calme. Le lutin farfouilla dans son sac, puis commença à sortir de quo se restaurer. Quelle ne fut pas la surprise de François en découvrant qu'il dévorait, goulûment, le canard qu'il avait tué et qu'il avait vainement recherché! Oh le voleur!

François se leva, brusquement, pour le disputer mais trop tard, le lutin, effrayé, le regarda, puis en trois bonds, disparut de sa vue, en un instant. Durant plusieurs nuits, François refit le guet mais jamais plus, il n'eut l'occasion de le revoir...Ce fut la seule fois ou François découvrit un lutin musicien faisant chanter le marais, la nuit.

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