LE PETIT LOUIS D'OR

Offert par Erotica51



Il arrive, qu'un beau matin, on découvre un petit sou d'or, immobile, perdu tout seul, sur le trottoir. Il brille, au milieu de la grisaille d'une ville endormie. Comme un petit soleil, il irradie, embellit le trottoir. Et c'est vers lui que se tournent, tout à coup, tous les regards qui cherchent à l'avoir mais n'osent pas se salir les mains, pour cela.

Mais le petit sou d'or est triste. Il n' a pas d'amis dans cette grande ville où il traîne sa peine et sa solitude, sur le sol. Parfois, il pousse un léger cri quand il reçoit un coup de pied, par hasard.

- Regardez moi! crie-il du sol! J'existe!! Je suis un véritable petit louis d'or! Baissez donc votre regard, vers le sol!bon sang! arrêtez de courir le nez en l'air, sans rien regarder, autour de vous! Mais personne ne faisait attention à lui; les gens lui marchaient dessus, sans s'en préoccuper! et lui se retenait de leur crier : aie! aie! ouille! tant ils lui faisaient mal. Il se remit à sautiller, tentant de se faire remarquer, espérant qu'une âme charitable allait se pencher et le ramasser. Grrrrr! les mécréants! les vilains! les méchants!

Il en était à ce triste constat quand il se sentit, brusquement, enlevé dans les airs. Intrigué, malgré son vertige, il ouvrit les yeux et regarda autour de lui. Ce fut une masse de boucles noires qui le chatouilla puis deux grands yeux curieux qui le regardèrent avec curiosité. Oh! un petit sou qui parle! ha! J'ai du rester trop longtemps sans manger pour voir ça! murmura la voix d'un petit garçon, aux vêtements tout déchirés. Il avait la figure salie de poussière et pensa, le petit sourire magique, ne sentant pas vraiment très bon, ce garçon!

- Bonjour, petit gars! je suis un sou magique et tu as le droit de faire un seul vœu que je te promets de réaliser.

- Humm tu me demandes quelque chose de difficile! il y a tant de choses que j'aimerais avoir, aujourd'hui! - Tu parais avoir faim. Je peux t'offrir à manger si tu le souhaites? m - Ah!? humm ça ne m'arrange pas. Après j'aurai encore plus faim, et plus je mangerai, moins je serai rassasié...non, cherchons autre chose... - Que dirais tu de faire un beau voyage autour du monde? - Sans doute, mais je ne connais pas, la, ou j'irai. Cela ne sera pas amusant, tu sais! - Alors, que dirais tu d'une soirée pour t'amuser? - non, je n'ai pas d'amis et j'aurai trop peur de m'ennuyer! - Et bien, il va te falloir réfléchir car je ne peux m'éterniser ici... - Alors, fais de moi un homme riche et je te promets que tu ne le regretteras pas! Je vais ainsi réaliser des tas de belles choses sur terre! - Soit! je reviendrai te voir dans quelques années et découvrir ce que tu as du don que je t'offre aujourd'hui. Abracadabra Scrogneugneu Plouf et Pratatras! Que ton vœu se réalise! et notre petit sou disparut, mystérieusement, au milieu d'étoiles minuscules...

De surprise, le petit garçon s'endormit immédiatement. Quand il reprit connaissance, il découvrit, stupéfait, qu'il était dans un merveilleux palais des mille et une nuit. Il flottait dans l'air de douces odeurs d'encens et de patchouli. Il était allongé sur d'agréables coussins de soie bleue marine brodés, finement. De jolies filles tournaient, en dansant, autour de lui, bougeant leurs hanches d'une manière sensuelle et suggestive. Il ressentit un élan dans son bas ventre! Il est vrai qu'il avait aussi grandi et était devenu un bel homme au regard incandescent. Chaque soir, il choisissait, laquelle, il entraînerait dans sa merveilleuse chambre, la regardant danser toute la nuit, d'un sourire rêveur. Il était affamé d'elles, de leur douceur, de les entendre babiller, joyeusement. Puis, peu à peu, il commença à se détacher d'elles. Leurs éternels bavardages l'épuisaient. Elles ne cessaient jamais ! La jalousie qu'elles manifestaient, souvent, entre elles, comparant leur beauté éphémère, l'exaspérait. Il découvrait qu'il s'ennuyait dans son merveilleux palais.

Il décida de voyager, laissant tout derrière lui, sans regret. Il fit le tour du monde, découvrant que la terre n'avait jamais été ronde. Que chaque peuple pouvait être dirigé par des sages comme par des êtres assoiffés de pouvoir. Il découvrit que la richesse pouvait rendre cupide et méchant. Quelques rares personnes avaient su investir dans des entreprises, donnant aux plus pauvres, du travail. Ceux ci retrouvaient leur dignité et le remerciait d'un regard reconnaissant. Son pays s'était mis à prospérer. La pauvreté enfin diminuait. Le peuple s'était mis à l'aimer, reconnaissant sa sagesse de gouverner.

Mais quand un pays commence à devenir important, il provoque aussi des jalousies. Un jour, le pays d'en face commença à l'envahir. Il appela sa garde mais sa garde, appâtée par l'argent qu'on leur avait offert, s'était enfuie, le laissant seul pour se défendre.

Tous ceux qui avaient profité de ses largesses s'étaient enfuis, le laissant face à son adversaire. Affolé il entendit les soldats de l'ennemi monter les marches de marbre de son palais. Ou allait? Il savait que très vite, il serait recherché. Soudain, une tenture remua et il entendit :

- Pitch! - Qui es-tu? demanda-t-il en découvrant une jeune fille au regard en forme de croissant de lune. - Je suis Alïa, la fille de Mohamed et de Karima, vos serviteurs, Maître. Vite, suivez moi!

Ce qu'il fit bien sur! Elle le fit passer par des escaliers secrets, des portes qui s'ouvraient en posant la main sur la pierre, légèrement. De couloirs en couloirs, ils s'éloignaient en courant du palais, ne cherchant plus qu'à sauver leur tête!

Enfin, ils s'arrêtèrent, le souffle court, sortant, enfin, à l'air libre, ou il eut la surprise de voir les parents de Alïa qui l'attendaient. Des chameaux étaient prêts, chargés de victuailles, pour traverser le désert.

Le père d'Alïa s'approcha de lui et lui dit: Je t'offre mon plus beau joyau, en désignant sa fille, d'un regard humide. Prends en soin, ne la maltraite pas et tu connaîtras le bonheur auprès d'elle. Les plus grands de ce monde ne possèderont jamais cela! La mère d'Alïa s'inclina devant lui, en touchant ses lèvres du bout des doigts et lui murmura, en lui tendant un paquet de figues sèches: mange les quand tu as faim mais ne les gaspille pas! Tu as toujours été un homme sage. Je sais que Alïa sera heureuse avec toi. Que l'étoile du bonheur soit toujours dans ton cœur et dans ta vie. C'est la seule chose d'importante !

Emu, il les remercia ; les serrant contre lui, pour la première fois. Il avait tout perdu en un instant et pourtant ses braves serviteurs lui faisaient encore confiance.

Il aida Alïa à monter sur le chameau, puis grimpa, à son tour sur le sien.

D'un geste joyeux, il fouilla dans son manteau, en sortit le petit sou d'or et le faisant voler très haut, dans l'air, murmura : pile ou face? Quand celui-ci retomba, il découvrit la face pile. Alors, j'irai par delà le désert...et te ferai découvrir le monde avec moi, Aïla!

C'est ainsi qu'il comprit que le petit sou d'or ne l'abandonnerait jamais, lui qui avait eu la présence d'esprit de toujours le garder, près de lui, qu'il soit riche ou pauvre. N'était-il pas resté son meilleur ami? Son plus beau trésor n'était-il pas l'amitié fidèle de ses serviteurs et Alïa qu'il allait épouser, dans quelques mois ?

OOOOO



Retour




www.erotica51.com © 11.03.2003 - 12.07.2017 - Tous Droits Réservés