J'AI VOYAGE EN LISANT

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Mamie s'installa doucement dans son grand fauteuil et commença à me raconter une nouvelle histoire :

- C'était, il y a très longtemps, un jour ou j'étais restée, seule, en pension. Personne n'était venu me chercher pour les vacances. Un peu indécis, le directeur m'avait regardé, un instant, sans rien dire puis était rentré, dans son bureau, les sourcils froncés. Il était rare que des enfants restent au pensionnat, durant les vacances. J'étais la seule, apparemment.

Je m'étais assise sur les marches, attendant, je ne sais quoi. Je me sentais triste, abandonnée, sans famille. C'est dur de se dire que personne ne vous aime pas assez, pour venir vous chercher. Poussant un gros soupir, je me dirigeais vers le réfectoire, pour alimenter mes perruches. Il y en avait plus de deux cent dans la cage immense, dont j'avais la responsabilité du haut de mes huit ans. J'aimais les regarder, se chamaillant constamment puis se faisant des bisous du bout du bec comme si de rien n'était. Je leur remis de l'eau fraiche et inspectais leur cage, du regard. Je commençais à leur donner de nouvelles graines, remplissant la mangeoire.

- Marie! Peux-tu venir un instant ? me cria le directeur, debout de la porte.
- J'arrive ! Je m'élançais en courant dans sa direction, avec un peu d'appréhension.
- Voila ce que je vais te proposer : mon épouse et moi sommes bien embarrassés de voir que personne n'est venu te chercher. Alors, comme nous sommes seuls, en ce soir de Noël, nous voudrions que tu partages notre repas, avec nous. Tu dormirais dans la chambre de notre fille, qui est vide depuis bien longtemps.
- Mais je peux dormir dans le dortoir, toute seule. Je n'aurai pas peur ...dis-je d'une petite voix tremblante, malgré moi
- Non, pas question de te laisser seule, le soir de Noël ! Je me sentirai plus tranquille en te sachant sous notre toit, bien à l'abri. En attendant, ma femme est partie en course et moi, je vais faire ma sieste. Va t'occuper de tes petites perruches, à qui tu manques.
- Oui, Monsieur le Directeur !

Le nettoyage de cette grande cage me prit une bonne heure. C'est important de bien tout nettoyer sinon, les perruches attrapent des microbes puis tombent malades et meurent! Depuis un an que je m'en occupais, pas une seule n'avait attrapé quoi que ce soit. Le temps passa vite pendant que je rêvassais, dans mon coin.

- Marie ! C'était la voix de la Directrice, cette fois-ci, qui m'appelait.
- J'arrive Madame! Je courus vers elle, à toutes jambes, ne voulant pas la faire attendre
- J'ai une proposition à te faire. Voudrais-tu me donner un coup de main, pour décorer ce grand sapin ? J'ai acheté des guirlandes, quelques santons et des boules avec.
- Oh oui, ce sera amusant ! Dis-je, spontanément

Durant une heure, nous nous occupâmes du sapin, le plantant solidement dans un seau avec des pierres, pour le caler et du sable dedans, afin de le stabiliser. Puis nous commençâmes à lui mettre ses belles guirlandes, pour le décorer. Ensuite, je pris les boules, dans leurs boites, délicatement et les tendis, une à une, à la directrice, prenant soin de ne pas en casser une seule.

Peu à peu, notre sapin avait fière allure ! Je reculais de quelques pas, pour admirer notre travail.

- Oh mais il manque une chose importante à ce sapin, s'exclama la Directrice, en le regardant
- C'est quoi ?
- Nous avons oublié son étoile ! Attends, je vais te porter et tu vas la déposer, tout en haut de ses branches.

Joignant le geste à la parole, elle m'éleva dans les airs, comme un oisillon, attendant que je fixe l'étoile, correctement. Puis elle me reposa, au sol, et souriant, les mains sur les hanches, elle me dit :

- J'en connais un qui va être bien surpris ! En parlant de son mari.
- Il croit toujours au Père Noel ? Demandais-je, innocemment
- Non, mais il y a cru longtemps, dit-elle en riant. Et toi, tu y crois ?
- Non, je n'y crois plus. Les plus grandes à l'école m'ont dit qu'il n'existait pas, que c'étaient les parents qui achetaient les jouets et qui les mettaient au pied du sapin, quand les enfants dormaient. Mais moi, je préférais croire qu'il existait !
- Pourquoi ?
- Parce que je lui préparais, à chaque Noël, sa tasse de café et qu'il la buvait pour se réchauffer. J'étais trop contente le matin, en me levant, de voir sa tasse de café vide !
- Ne te désole pas, Marie. Je suis sure qu'il ne t'a pas oubliée, lui non plus, me dit-elle mystérieusement, en m'embrassant, gentiment

Le repas fut un pur moment de magie. Il y avait plein de petites bougies qui brillaient dans la salle à manger. Durant une heure, nous chantâmes les chants de Noël aussi, à l'unisson. Puis vient le moment d'aller au lit. Toute ma tristesse était partie. J’avais passé un beau Noël, finalement. Je m'endormis, doucement, le sourire aux lèvres.

Le lendemain, je me réveillais, me demandant si j'avais rêvé. Je m'habillais rapidement, puis me passais de l'eau fraiche sur le visage pour bien me réveiller, et me brossais les cheveux, refaisant soigneusement ma queue de cheval, avant de descendre l'escalier. Il y avait du bruit en bas. Mr et Mme Lefèvre discutaient, à voix basse, tout en déjeunant.

- Bonjour Marie ! As-tu bien dormi ? me demanda Mr Lefèvre, en souriant
- Oh oui ! Je n'ai pas réussi à compter beaucoup d'étoiles que je me suis vite endormie !
- Et bien maintenant que tu es réveillée, si tu allais voir ton sapin ?

Je regardais, étonnée, tour à tour Mr et Mme Lefèvre, les trouvant bien mystérieux, tout d'un coup. Puis quittant la cuisine, je filais vers la salle à manger, cherchant des yeux, le sapin tout illuminé. Stupéfaite, je regardais au sol, ou se trouvaient des paquets, soigneusement emballés. J'entendis le Directeur rire derrière moi puis je sentis la main de son épouse qui me poussait en avant, tout en me chuchotant :

- Va voir ce que c'est ! A mon avis, cela ne peut être que pour toi !

Au milieu des paquets de bonbons et des chocolats, se trouvait un paquet, assez lourd et épais, que je n'osais pas déballer.

- Allez, ouvre le, Marie ! Moi aussi, j'ai hâte de voir ce que c'est, me dit le directeur, d'un air amusé

Je déchirais alors le papier, ne retenant plus mon impatience et ma curiosité. C'était un grand livre, avec un beau voilier en couleurs dessus, flottant sur la mer. Je me mis à lire le titre : les légendes des mers du sud...Je m'accroupis au sol, croisant les jambes, le posant dessus puis tournant, une à une les pages, je commençais ma lecture, plongeant dans mon premier et merveilleux voyage à travers les mers du Sud...

Ce cadeau fut le plus judicieux et le plus précieux, à mes yeux, car toute ma vie durant, les livres furent mes meilleurs amis...Grace à eux, j'ai réussi à oublier mes chagrins et mes peines, laissant mon esprit s'évader durant de longues heures, jusqu'à ce que je plonge dans un profond sommeil.

Combien de livres ai-je lu dans ma vie ? Je ne saurai vous le dire exactement mais surement des milliers. Grace à eux, j’ai découvert qu’on pouvait vivre différemment, à travers chaque pays. Et qu’un livre est une porte ouverte sur l’esprit des enfants, où les mots sont remplis de magie.

Marie-Ange
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le 18.12.2016

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