JOUR DE FETE POUR LES GENOUILLES

Offert par Erotica51



Ce matin là, les petites grenouilles étaient nombreuses à relever la tête, émergeant de leur sommeil. Il y avait quelque chose dans l’air qui les avait réveillées. Non, ce n’était pas ce maudit soleil qui passait son temps à les dessécher mais bien cette merveilleuse humidité qu’elles recherchaient avec avidité.

- Vite, debout ! Mesdemoiselles ! Je crois qu’il commence à pleuvoir, aujourd’hui, lui lança leur chef, d’un ton tout joyeux.

Ce fut dans un sacré bouquant que nos grenouilles s’élancèrent hors de leur abri pour mettre le nez dehors. Le ciel était devenu tout gris. A l’horizon, d’énormes nuages arrivaient, à toute vitesse, poussés par un vent rageur venu de l’est. Assurément, nos grenouilles allaient pouvoir s’amuser durant quelques jours ! La pluie miraculeuse était enfin au rendez-vous.

C’est ainsi, qu’un beau matin, en ouvrant leurs volets, les citadins d’une grande ville virent une longue file de grenouilles traverser à la queue leu leu, la chaussée, empruntant ces passages protégés,que les humains souvent négligeaient !

Leurs coassements de joie vivraient joyeusement dans l’air. Il y en avait de toutes les tailles, et de toutes les couleurs. Elles étaient si nombreuses que les humains les regardaient stupéfaits se demandant brusquement d’ou elles sortaient. Elles arrivaient, des quatre coins de France, bien déterminées à s’amuser et à disputer le concours organisé par Maxou le crapaud, du plus haut saut de grenouilles en France.

C’est dans la cours d’un grand collège qu’elles décidèrent de s’installer. Celui-ci était laissé à l’abandon, attendant d’être détruit. L’une d’entre elles l’avait un beau jour repéré et avait communiqué l’adresse à Maxou leur grand chef.

A neuf heures précises, nos grenouilles portaient fièrement leur dossard numéroté, piétinant avec impatience le sol trempé de leurs pattes toutes mouillées. Elles s’étaient alignées à la file, l’une derrière l’autre, guettant le moment ou elles allaient enfin pouvoir commencer à sauter.

Maxou claqua sa longue langue, qui résonna comme un coup de fouet. Nos joyeuses grenouilles s’élancèrent dans une cacophonie extraordinaire. Cela sautillait de partout. Elles bondissaient dans un effort extraordinaire dans l’air puis retombaient lourdement au sol, avant de recommencer !

Ce fut la plus jeune, Julie la grenouille vert printemps, qui arriva la première à toucher la branche du tilleul, posé en plein centre de la cours trempée. Elle fut récompensée au-delà de ses espérances car ses compagnes allaient devoir lui offrir toute une année, chacune, un insecte par jour, qu’elles devraient lui apporter.

C’est ainsi que Julie finit par devenir la plus grosse grenouille de l’assemblée mais en secret continua de s’entraîner. Elle savait que l’année prochaine, si elle se laissait aller, elle ne pourrait plus arriver à sauter et participer au fameux concours.

La journée s’écoula rapidement, les grenouilles plongeant dans chaque trou d’eau du macadam défoncé, s'en donnant à coeur joie. Si leur vie ne dure pas très longtemps, au moins ai-je appris en les observant combien les grenouilles savent encore s’amuser.

OOOOO



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