LE PETIT INDIEN ET L'ARC EN CIEL

Offert par Erotica51



Assise aux pieds de mon père, je l'écoutais, silencieuse, les yeux remplis d'étoiles :


- Papa, raconte moi encore une histoire!

La journée était finie. Tous mes devoirs étaient faits, mes leçons apprises. Pour rien au monde, je n'aurai voulu louper cet instant là. Chaque soir, c'était le même cérémonial. Ensemble, nous débarrassions la table et pour me remercier, j'avais droit à une dragée aux amandes. C'étaient les bonbons que je préférais.

Tu t'installais alors dans ton fauteuil, t'éclaircissais la voix puis, baissant la lumière, tu commençais ainsi :

- Tu connais l'histoire du lapin qui volait les carottes ?

- Ouiiiii, tu me l'as déjà racontée !

- Et celle de la Fée Neige ?

- Oh celle-là, je la connais par coeur !

- Et celle du comte qui était sans coeur ?

- Il a fini par se marier ...

Inquiète soudain, je t'observais, craignant de devoir aller au lit, sans mon histoire qui m'aiderait à rêver. J'eus une idée :

- Je peux t'aider si tu veux à la raconter ?

- C'est une très bonne idée. Donc, je vais commencer l'histoire du petit indien qui voulait aller voir un arc en ciel. Quand il demanda à ses parents par où il devait commençer, ceux-ci se moquèrent de lui. Il alla poser la question à ses grands parents. Ce fut un éclat de rire général ! Alors le petit garçon sortit de la maison...à toi !

- Il commençait à pleurer. Pourquoi tout le monde se moquait de lui ? il se moucha puis commença à réfléchir. Soudain il eut un plan. il décida de faire semblant d'aller de dormir puis s'en irait de la maison, une fois tout le monde endormi....Il en profiterait pour remplir son petit sac de voyage de provisions et prit une bouteille d'eau pour se désaltérer. Il resta longtemps allongé dans le noir, écoutant les ronflements de sa famille...puis sans bruit, sortit du lit, attrapa ses chaussures à tâtons dans le noir et s'enfuit de chez lui...à toi papa !

- Pas très rassuré dans le noir, le petit garçon vit au dessus de sa tête une ombre qui volait en silence.

- Heuresement ce n'était que Dame la Chouette qui faisait son petit tour de ronde !

- En effet... le petit garçon était courageux et savait qu'il devrait marcher longtemps pour réaliser son rêve. Il commença à avoir des ampoules aux pieds et se décida à retirer ses chaussures. A toi !

- Il se mit à marcher dans l'herbe devenue humide. Le froid calma la brûlure de ses ampoules. Au bout de deux longues heures de marche, le petit garçon aperçut un arbre avec de longues branches jusqu'au sol. Un sol ??? Un saule qui pleurait ! Il s'endormit au pied de l'arbre rapidement...A toi ! Ppa !

- Oh il est bien tard ! Nous ferions bien d'aller nous coucher et réfléchir demain à la suite de cette histoire...Tu veux bien, ma puce ? Ton vieux père est un peu fatigué...

Jamais je n'ai rouspété, pour réaliser la fin d'une histoire, le même jour. Je savais que chaque jour qui passerait, notre histoire allait s'allonger, que le petit indien vivrait des aventures extraordinaires et qu'il finirait par réaliser son rêve...


II.

Le lendemain, j’étais à nouveau, immobile, à tes genoux, sur ce petit tabouret que tu m’avais fait de tes mains, avec amour. Tu y avais gravé mon prénom. J’avais toujours vécu de foyer en foyer, ne possédant jamais rien. Ce petit tabouret, j’y tenais comme à la prunelle de ton regard quand tu me racontais tes histoires.

Ce soir-là, tu repris le cours des aventures du petit indien :

- Voyons. Où nous étions-nous arrêtés hier soir, ma puce ?
- Le petit indien s’était endormi sous le saule qui pleurait.
- On dit un saule pleureur. Je te raconterai un autre jour son histoire aussi. Je continue maintenant la suite de cette histoire, si tu le veux bien ?
- Oh oui….Papa. Comme ce mot était devenu doux à mon oreille. Comme tous les enfants, j’avais enfin un papa qui m’aimait et m’apportait toute sa tendresse.
- Donc, l’enfant s’était endormi sans se rendre compte que les animaux de la forêt venaient le voir, sans faire de bruit. Ils s’interrogèrent, intrigué par ce petit garçon tout seul : Que fait donc un petit garçon endormi sous un saule pleureur en pleine nuit ?

L’ours se gratta la tête :

- Ce n’est pas normal. Peut-être n’a-t-il plus de maman ?
- En tout cas, quand il va se réveiller, il aura faim et froid ! Peut être devrions-nous aller lui chercher quelque chose à manger ? dit Dame Biche aux grands yeux si doux
- Je vais le mettre contre moi, dit l’ours. Avec ma fourrure, il pourra dormir sans avoir froid !
- Moi, je vais lui chercher des noisettes, dit l’écureuil, en bondissant aussitôt en direction des arbres, agitant sa belle queue comme un étendard
- Moi, je vais essayer de lui trouver des champignons, dit le sanglier. En cette période de l’année, les gens n’ont pas encore tout cueilli, heureusement.
- Et moi, dit la pie, je vais lui cueillir des cerises et des baies, dit-elle, en s’envolant….à Toi maintenant ?

Mes yeux souriaient d’impatience. Déjà, dans ma tête, une foule d'idées se bousculaient.

- Quand le petit indien se réveilla, il trouva autour de lui plein de bonnes choses à manger : des cerises, des baies, des champignons, des noisettes. Une grosse pierre ferait l’affaire pour les casser, se dit-il tout content. Une fois rassasié, il scruta le ciel. Où était son arc en ciel ?

Quelque chose l’intriguait. Il ne se rappelait pas avoir eu froid, durant la nuit. Pour un peu, il avait eu même si chaud qu’il pensait être dans son tipi. Bizarre, vraiment bizarre. Bon, il devait trouver aussi un peu d’eau pour se désaltérer avant de reprendre sa longue route. Il vit que le saule pleureur continuait de pleurer. Il prit donc une large feuille d’un autre arbre et s’en servit pour récolter les gouttes d’eau qui tombaient. Au bout d’une heure de patience, il n’avait plus soif !

Il repartit, en chantant, traversant des grandes plaines immenses…Cela faisait longtemps maintenant que le petit garçon marchait. Il commençait à avoir mal aux pieds. Ses petites jambes étaient devenues très lourdes. Il décida de chercher un endroit pour se reposer.

A l’horizon, les nuages paraissent se regrouper. Le ciel devenait de plus en plus sombre. Il découvrit dans un gros rocher, avec un creux suffisant dans la roche pour se pelotonner et se reposer.

- Wahhhh C'est que je suis fatiguée,ma puce… C’est moi qui vais aller me coucher, ce soir, le premier… Nous finirons la suite demain du petit indien qui rêvait d'aller voir l'arc en ciel. Tu veux bien ?

- Bien Papa, moi, je vais réfléchir aux nouvelles aventures du Petit Indien et commencerai demain la première, si tu veux bien.

Après un gros baiser affectueux, nous filâmes d'un pas décidé nous coucher...Cette histoire de Petit Indien commençait à me passionner...


III. Le lendemain soir arriva enfin et je repris ma place sur mon petit banc, les yeux brillants d'impatience. Je pris la parole la première :

- Quand le Petit Indien se réveilla, il fut surpris par tous les bruits qui jaillissaient dans la forêt. Il leva la tête et vit un gros corbeau perché sur une branche, qui lui lança une grosse noix. Mange ça petit indien. Il te faut reprendre des forces !

- Le Petit Indien le remercia puis trouva une pierre pour la casser. Elle était délicieuse ! J'en veux encore, dit-il au corbeau qui l'observait.

- Celui-ci ne se fit pas prier et aller, à tire d'ailes, lui en chercher à nouveau, lui lachant parfois sur la tête, quelques noix.

- Quand il fut rassasié, le Petit Indien s'épousseta, puis décida d'aler à la recherche de son arc en ciel. Le soleil commençait à poindre son nez à l'horizon. La journée serait belle ! C'est donc d'un bon pas que le petit indien reprit sa route. Les kilomètres s'allongeaient et il commençait à avoir soif. Que j'ai soif, murmura-t-il...

Un petit lapin qui le suivait se dressa sur ses pattes et lui dit :

- Viens, suis moi. Il y a un endroit ou tu pourras te désaltérer, sans danger.



Retour




www.erotica51.com © 11.03.2003 - 12.07.2017 - Tous Droits Réservés