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TE SOUVIENS-TU ?

par NINOU et Erotica51



1. Erotica51


Depuis combien de temps n’avais-je pas revu mon amie Sophie ? Il me fallait bien admettre que cela faisait une paire d’années ! En y réfléchissant bien, cela devait d’ailleurs remonter au lycée et même avant ! Que de souvenirs nous avions accumulés et partagés, ensemble.

La route était longue et je ne me sentais pas le courage de traverser la France en voiture, toute seule. Je me renseignais rapidement sur les horaires de trains. Le guichetier, prit le temps de me donner divers horaires et une plaquette puis me donna mon billet, me faisant un clin d’œil.

Avais-je fait une touche ? Cette pensée me fit sourire. Cela faisait quelques années que les fonctionnaires avaient perdu leur sourire. Il est vrai que ceux-ci étaient soumis à des grèves continuelles de la part des syndicats et aux remarques acides d'un public bien trop éloigné par leurs problèmes. Tout était devenu une affaire de rentabilité pour leur Direction avec une pression de plus en plus forte, pour travailler, qui finissait par les dégouter. Il est vrai que les salaires avaient du mal à suivre, évidemment.

J’avais préparé une petite valise. Je détestais être chargée comme un baudet surtout quand je voyageais, pour aller dans le midi de la France. D’un sourire, je me rappelais comment nous nous étions retrouvées. Je dialoguais sur le Net et m’étais inscrite sur un site spécialisé, désirant faire une plongée dans mes anciennes relations, comme si j’éprouvais une bouffée de nostalgie.

J’avais rencontré la première fois Sophie à l’école primaire puis les années suivantes, nous ne nous étions plus quittées, devenant des « inséparables » comme nous appelaient les garçons, ironiquement. Il est vrai que les regarder jouer aux billes nous intéressait moyennement.

Au lycée, j’avais révélé à Sophie un véritable secret qui faisait briller mes yeux d’excitation. Bertrand, le premier de la classe m’avait envoyée un billet doux, que je dépliais nerveusement. Sophie pouffa de rire en le lisant :

« Lydie, je te trouve très jolie et j’aimerai que tu sortes avec moi. J’attends avec impatience ta réponse à la sortie. Bertrand »


- Que comptes-tu lui dire ? M’avais-tu demandé en riant
- Je ne sais pas encore. Que veut-il dire : sortir avec lui ?
- Et bien, tu mets ta langue dans la bouche du garçon et lui te tripote la poitrine
- Quoi ! Mais ça ne va pas la tête !

Il faut dire que j’étais encore ce qu’on nomme « une oie blanche », la tête toujours penchée dans mes livres d’étudiante, sans accorder un regard aux garçons.

- Lydie, tu dois penser à lui donner une réponse, n’oublie pas !
- Je vais lui dire ce que j’en pense. Tu verras !

A la sortie, mon Bertrand avait reçu comme cadeau une superbe gifle bien retentissante, sans rien comprendre ! Mais mon geste n’était pas passé inaperçu, malheureusement, bien que Sophie m’ait tirée sur la manche pour me prévenir. Le Proviseur arrivait au pas de course dans ma direction...

N°2 - NINOU

Le Proviseur était maintenant auprès de moi :

- Allons, mesdemoiselles ! Que se passe-t-il ? Et vous Bertrand, ce n’est pas dans vos habitudes de vous faire remarquer, ou alors pas comme cela ! Vous brillez habituellement plus par vos bons résultats ! Soit, je serai clément : une heure de retenue pour tous les trois ! Je vous attends ce soir à l’étude.

- Mais ce n’est… commençait Bertrand

-Je ne veux pas savoir qui a commencé !

Bertrand nous regardait, l’ai perdu ! Il ne comprenait rien, il ne savait plus s’il devait rire ou se fâcher…après tout, une heure presque en tête à tête avec Lydie… oui, il y aurait Sophie, mais bon….

Je regardais Bertrand les joues rouges de honte. Sans oser le regarder droit dans les yeux, je lui dis d’une voix à peine audible :

-Excuses-moi, je suis vraiment désolée.

Sophie me tenait la main pour me réconforter alors que j’étais la seule fautive.

- Allez, venez tous les deux. Le cours suivant va commencer.

Je l’admirais. Elle était belle et toujours aussi sure d’elle. Elle avait une grande confiance en elle, elle savait où elle allait et ce qu’elle voulait. J’avais beau me le cacher, elle m’attirait. J’aimais être avec elle, rien de plus normal puisque qu'elle ma meilleure amie !

Comme c’était loin tout cela. Pourtant les souvenirs me revenaient facilement, comme si c’était hier. Je revoyais clairement les visages de Bertrand et de Sophie.Le bruit du train arrivant en gare me ramena au moment présent… J’allais avoir beaucoup de temps pour penser à tout cela pendant le voyage, me remémorer tous les bons moments passés ensembles ; avec Sophie et aussi Bertrand… mon premier baiser, mais aussi mes premières caresses…

Je montais dans le dernier wagon et commençais à chercher ma place. Voilà, elle était là près de la fenêtre. Sur le siège d’à côté, un homme était déjà installé. Je le saluais poliment ; Il releva, à peine, la tête de son journal et murmura un bonjour bref du bout des lèvres.

« Oh, pas très aimable ! Le voyage va être long » pensais-je.

Après plusieurs minutes d’attente qui me semblèrent des heures, le wagon s’ébranla. Ca y est, j’étais partie ! Le bruit régulier des roues me berçait, et je replongeais dans mes pensées, mes souvenirs, mes premiers émois…

III. Erotica51

Pourquoi cette rencontre entre nous m’avait-elle tant marquée ? Sans doute à cause de notre jeunesse. Nous étions si curieuses déjà et tout ce qui touchait au plaisir nous attirait. Bertrand se prêtait avec un plaisir évident à nos petits jeux innocents. Tout avait commencé en fait par cette injuste punition.

Nous nous étions dirigés dans la salle prévue, à cet effet. Après tout, qu’est-ce qu’une heure de retenue puisque nous serions tous les trois, réunis. J’avais esquissé un sourire avec mes deux amis. Sophie m’avait prise dans ses bras, essayant mes dernières larmes, d’un geste si doux que je m’étais sentie troublée.

Pendant que Bertrand s’installait à une table dans la salle vide, pour une fois, Sophie m’accompagna aux toilettes, déclarant :

- Viens aux lavabos te passer un coup sur le visage ! Tu as l’air d’un agneau tout tremblant !

- Tu as raison, un peu d’eau fraîche ne peut que me faire du bien, rétorqu’ai-je en souriant à nouveau

Je frictionnais longuement mon visage d’eau froide, retrouvant peu à peu mon calme. Sophie prit son mouchoir puis entreprit de me sécher doucement le visage. El sentant sa sollicitude, j’eus grand peine à retenir mes larmes. Je détestais voir puni mes amis par ma faute et m’en voulais atrocement.

- Ohhhhh c’est pas fini tout ce torrent de larmes ? Puisque je te dis que l’on ne t’en veut pas ! Tiens, ferme les yeux une seconde ! Je vais te le prouver !

- D’accord ! mais pas longtemps sinon nous serons encore punies d’avoir tarder ! murmurai-je prudemment

- Hummmm

- Ohhhhhh !

Sophie venait de m’embrasser sur les lèvres, sans prévenir ! Et le « Oh » provenait de Bertrand venu nous chercher, le pion trouvant que nous étions trop longues ! Je rougis violemment, troublée par le regard accusateur et blessé de Bertrand.


- Hé, ce n’est qu’un petit baiser ! Tu ne vas pas en faire tout un drame, s’exclama Sophie, amusée par sa réaction.
- Ca ne se fait pas de s’embrasser entre filles, ronchonna-t-il, l’air mécontent
- Et voila ! Le voila jaloux maintenant !
- C’est même pas vrai !
- Bon, attend, tu vas retrouver ton sourire…Pas vrai Lydie ? me dit-elle en cliquant de l’œil malicieusement puis sans prévenir elle lui plaqua un baiser sonore sur sa bouche boudeuse qui résonna longuement dans la pièce. - Heuuuuu et toi, Lydie, tu ne m’embrasses pas ? demanda Bertrand, en rougissant jusqu’à la racine des cheveux, étonné lui-même par sa témérité

J’éclatais de rire. Bertrand restait incorrigible sous ses airs d’adolescent innocent et bien élevé. Il promettait quand il serait plus grand. Je m’approchais de lui, sous le regard attentif de notre amie, amusée.

- Heuu ferme les yeux, ça me gêne que tu me regardes, déclarai-je, vaguement mal à l’aise mais troublée de l’embrasser
- C’est bon ! un vrai baiser ! ok ?
- Hum heuu Smack !

J’appliquais mes lèvres rapidement sur les siennes, étonnée par la douceur et la chaleur qui s’en dégageaient. Il flottait de son cou un parfum léger et suave qui me grisait. Il me regarda, les yeux tout brillants, laissant éclater sa joie devant nous.


- Wahouhhhhhh ! c’est super !!!! Je vais en faire des jaloux !
- Quoi !? Nous sommes-nous exclamées, d’une même voix, pétrifiées de surprise

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