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AU NOM DE LA ROSE

par Bruno et Erotica51



Il sentait ses mains autour de son corps, comme pris dans un doux étau. Il ne résista pas. Ce visage l'attirait, c'était plus fort que lui. Il posa ses lèvres sur les siennes, et les sentit offertes. Alors il la pressa contre lui, ce baiser dura une éternité, une seconde pour lui. Ils étaient rivés l'un à l'autre. Il sentit de petites mains s'accrocher à ses épaules et se rendit compte qu'elle ne touchait plus le sol. Accrochée à lui, elle le buvait, l'aspirait. Quelle force avaient ces petits bras pour l'emprisonner ainsi!!

Elle l'avait pris presque par surprise. Toujours en silence. Elle l'ensorcelait. Corps contre corps, ils ne faisaient plus qu'un, à la limite de l'asphyxie. Elle le laissa respirer, mais tout de suite, se recolla à lui. Et il vit des larmes dans ses yeux. Pourquoi, dans ce moment si délicieux, pleurait-elle? Il constatait, n'était plus en état de penser. Ses mains, sur ses reins, se firent douces. de l'une d'entre elles, avec son doigt, il essuya une larme.

Elle le regardait comme désespérée. Et tout à coup, réalisant qu'elle pleurait, elle se laissa aller, enfouissant sa tête contre sa poitrine. Lui ne comprenait toujours pas. Il attendait, savait qu'elle se délivrerait. Les mots étaient de trop. Il la laissa faire et sentit comme une secousse. Celle de son corps en sanglots.

Un trop plein se vidait. de quoi? Il ne le savait pas, et attendait, patiemment. Il s'attendait à tout, venant de cette fée... Il lui caressa doucement les cheveux et se mit à genoux. C'est lui qui levait la tête à présent et la fixait du regard. Elle posa ses petites mains sur ses épaules et fit un geste curieux : elle tendit le cou et le présenta à ses lèvres. Il avait sa gorge sur ses lèvres, offerte... Il ne voyait plus de larmes. Il les sentait couler sur son propre visage....

Ce soir, elle restait plongée dans le silence, loin de tout bruit. Un peu comme une fuite. Troublée, par certaines images qui lui venaient à l'esprit. Ces larmes qui coulaient sur son visage puis le sien...un désespoir mis en commun...leurs mains unies en silence...leurs lèvres qui se frôlent, se cherchent, se caressent et ces baisers soudain au goût de sel.

Doucement, la tempête, qui la secouait, s'était calmée. Elle demeurait les yeux fermés, laissant ses lèvres, à nouveau, l'effleurer, humant l'odeur de son corps . Il voyait sa veine palpitait, doucement, effleurant chaque parcelle de sa peau si douce, délicatement.

Il ne savait plus où il était. Et pourtant il savait qu'elle était là. Qu'il ne pouvait que s'abandonner entre ses doux doigts... Il ne la voyait pas, mais la sentait de tout son corps. Qu'elle audace l'avait prise, elle si timide en apparence? Elle lui donnait tout. tout d'elle. Ou plutôt elle l'avait surpris... Une douceur sans pareille l'entourait, le caressait...Il se sentait presque gêné, n'osait pas...

Elle sentit deux mains la prendre par les hanches, la caresser... Elle était venue là presque instinctivement. Ses gestes étaient naturels. Mais elle sentait que son initiative, tout en offrant une douceur ineffable, provoquait, elle ne savait quelle résistance. Elle le désirait. Elle l'aimait. Et elle sentait que c'était réciproque. Elle lui caressa tout le corps avec ses cheveux, et fit mine de se retirer. Elle était à quelques centimètres de lui. Mais il sentait son odeur et sa réaction ne se fit pas attendre... Elle fut serrée dans un étau et embrassée sur tout le corps, par petites touches, comme on peint une toile. Cela dura bien une heure. Mais il ne comptait pas le temps, avait tout le sien. Elle commençait à haleter, elle se renversa la tête en arrière...

Elle sentait ses lèvres qui la frôlaient, descendaient avec une patience infinie, sur sa gorge. La laissant frémissante, tous les sens en éveil. Elle s'offrait à lui, les yeux clos, les lèvres offertes, tremblante de désir...

Elle n'était plus qu'un tourbillon de sens emportée dans un bouillonnement d'émotions. Son cour résonnait à coups sourds.. Sa respiration s'était accélérée...il était si prés d'elle, si doux, si tendre qu'elle ne sut jamais à quel moment, son esprit vacilla, fermant la porte à sa raison qui tentait de la réprimander. Ses bras l'entourèrent...sa bouche s'approcha, gorgée de désir, avide... elle bascula au creux de ses bras, le corps éperdu de désir...Elle percevait sa bouche, chaude, tendre, affamée la goûter...de l'aimer... de la déguster, avec une passion exacerbée...

La Rose, c'était elle!! Cette peau-pétale, cette douceur, ce parfum, qui le caressait, le couvrait... Il revint vers son visage et se laissa à nouveau happer par des lèvres sucrées. Les langues se liaient, se déliaient, le souffle chaud caressait le visage d'elle et de lui, leur faisant fermer les yeux. Elle lui griffait légèrement le dos, pour le maintenir. Et toujours ce parfum mystérieux... On aurait dit un combat... Doux, mais un combat de caresses, de baisers... Qui n'en pouvait plus de désir...

Il sentait ce sexe contracté par le désir... Lui-même n'en pouvait plus et désirait tant d'elle. Il ne se reconnaissait plus. Ses jambes fines mais musclées étaient comme abandonnées. Il les embrassa doucement, sentant la tension monter en lui, au risque de l'explosion. Et il goûta enfin sa chaleur. Elle sentit la pénétration douce. elle s'ouvrait comme une fleur. Il sentit presque une brûlure tant elle était chaude. "Vas-y" Elle l'invitait. Et il se déchargea d'un coup de reins qui la fit hurler; Il n'en pouvait plus, elle non plus... Etaient-ils conscients?

Elle était comme une biche... Elle tendait le cou, l'offrait à la morsure, et c'est le baiser qui le reçut. Mais ce baiser, elle ne savait pas ce qu'il était. Il avait faim. Faim d'elle. Elle s'écroula et resta inconsciente un moment. Il la contemplait. "Il est dommage que je ne puisse vivre sans toi..." Elle ouvrit les yeux et il vit qu'elle n'était plus la même; Elle le fixait comme attendant quelque chose.

Elle aussi avait faim à présent. Tout son corps le disait. Elle avait faim de lui, et une étrange force lui avait été communiquée par ce baiser. Ses bras l'amenèrent à elle, et telle une louve, se jeta sur lui... Ses cheveux blonds les recouvrirent...Elle percevait son odeur masculine...qui la troublait infiniment...la douceur de ses gestes en l'emprisonnant...leurs corps se mêlaient, âprement, n'arrivant à se séparer, même du plus petit instant...il percevait tantôt la longueur de sa jambe glissant nerveusement sur ses hanches, ses mains qui le frôlaient en tous sens, lui faisait perdre la tête, maintenant...

Ils basculèrent mêlant leurs chairs, dans un doux halètement...il n'y eut plus que tempêtes et gémissements...frôlements et glissements de leurs mains et jambes, leurs corps unis dans un corps à corps empli de volupté..

Combien de temps s'était passé quand il l'entendit haleter...quand il sentit son corps impudique se cambrer...quand il s'enfonça en elle avec ivresse, dans son antre en fusion, prenant enfin possession d'elle...Il la sentit longuement frissonner, à demi inconsciente puis retomber entre ses bras. Il avait aimé la posséder et sentait son plaisir à son tour exploser...Il retomba sur elle, épuisé...

Il fut réveillé par un rayon de lumière... Drôle de nuit! Drôles de rêves!! Et posant sa main à coté de lui, il la ramena... Avec un pétale de rose... Pourtant, il était seul... Et puis cette odeur de rose qui planait... Non Il avait mal regardé, dans la semi-obscurité... Une tenture de cheveux blonds gisait à coté de lui. Elle était là, il se souvenait à présent... Et ce n'était pas un rêve.. Il se leva doucement, prit un peignoir, ne se sachant pas observé, et alla faire couler la douche. Puis prépara un bon petit déjeuner, le mit sur un plateau.. Il se sentait toujours aussi malhabile, même quand il voulait être maître d'hôtel quatre étoiles!!! Et il lui apporta, fier de lui... Le lit était vide, seules restaient les roses, car parmi les pétales, il trouva trois fleurs toutes fraîches.

On eut même dit qu'elles respiraient. Son coeur se serra. Il posa son plateau fait avec amour sur une table et s'assit sur le lit... Elle avait disparu en quelques secondes, comme la première fois. Mais là elle s'était donnée toute donnée. Et le désir de la retrouver le prit, un désir insatiable. Il prit une douche, pour se rafraîchir les idées, tenter de chasser ce qui devenait un mauvais rêve... Et quand il revint pour s'habiller, le lit était fait, couvert de pétales de roses, des vêtements l'attendaient. Il sentit un papier dans la poche de la chemise, l'en retira, l'ouvrit " Dans une heure à la gare"; Il était 9h30. Imprévisible, elle l'était! Son coeur se remit à battre..., ses gestes devinrent plus rapides.. Et il constata que les vêtements qu'il avait trouvés sentaient la rose...

Il s'habilla rapidement, après avoir jeté un coup d'oeil à sa montre. Pas question de la laisser s'enfuir après la nuit qu'ils venaient de vivre ! Toute la pièce imprégnée de cette étrange odeur de roses. Parfum doux et pénétrant qui lui faisait presque tourner la tête, tant il se rappelait d'Elle.

Où allait-elle ? Pourquoi s'était-elle enfuie ? Leur entente avait été si belle qu'il n'avait même pas pris le temps de lui parler. La nuit avait été si fugitive et leur complicité si belle. Il pestait contre ses lacets qu'il tentait de nouer, d'un geste nerveux. Il dut s'y reprendre à deux fois avant d'être satisfait. Un bref coup de brosse dans ses cheveux mouillés, puis il prit son manteau et s'élança. Il avait 30 minutes devant lui pour la retrouver. Arriverait-il à temps ? Pourvu qu'aucun imprévu ne me tombe dessus, pensa-t-il le cour étreint d'une angoisse profonde...

Impatient, il se prépara... "Mais où? c'est si grand... "se disait-il dans son inquiétude et son amertume de ce matin seul.. Une amertume non justifiée, puisque c'est Elle qui était venue, c'est elle qui lui donnait encore rendez-vous... Ce qui l'inquiéta, c'est le lieu.. Pourquoi la gare? Une angoisse intolérable le prit. Tant pis. Il avait promis de la respecter, elle s'était offerte, lui avait donné plus que ce à quoi il pouvait s'attendre... Voulait-elle lui dire adieu? Son coeur saignait, après cette nuit comblée. "Allez, vis au présent et arrête de faire jouer ton imagination..." Mais il avait beau tenter de s'admonester, cette pensée devint lancinante. Il réalisa que ces vêtements étaient exactement à sa taille, neufs, et verts, sa couleur préférée. Quand il fut vêtu, il eut l'impression de transpirer, mais non : une goutte de rosée glissait sur son front, fraîche. Elle avait un curieux éclat quand il voulu l'essuyer de sa main : des reflets verts pailletés d'or. Cela lui rappelait quelque chose. et fit bondir son coeur. Et il réalisa une chose : il se projetait d'acheter un stylo, car il n'en avait plus : alors avec quoi ce message avait-il été écrit? Quel mystère... Et pourtant, il l'avait bien reconnue. "Allez, vas-y, et vaille que vaille, sois digne d'elle... si elle est là...

Il sauta dans le bus, juste à temps. Il serait en l'heure en quelques minutes. Les transports en commun avaient au moins cet avantage, de lui éviter de tourner en rond pour se garer et d'être rapides pour traverser la ville...Assis, il demeurait perdu dans ses pensées. Comment connaissait-elle sa taille ? sa couleur préférée ? La paume de sa main continuait mystérieusement à briller, comme si elle l'accompagnait, par ses pensées.

Il avait eu peur soudain de la perdre, en la voyant disparue. Mais ce mot glissé dans sa poche lui prouvait qu'elle désirait le revoir, encore. Rassuré par ce constat, il poussa un soupir de soulagement. Le bus serait il assez rapide. Il jeta un regard impatient à sa montre. L'heure semblait tourner avec une vitesse affolante.

Quand il s'approcha de la gare, son cour se mit à battre la chamade. Ou était-elle ? et s'il l'a manquait dans cette foule ? Non, il devait absolument la retrouver ! Il avait beau regarder, affolé, en tous sens, elle semblait s'être volatilisée ! Tétanisé par la souffrance, il faillit faire un malaise, tant l'angoisse de l'avoir, soudain, perdue, l'effrayait. Il dut s'appuyer, le visage pale, contre un mur, laissant son cour retrouver un rythme plus calme.

Essoufflé, il arriva à la gare; Là, un préposé s 'approcha de lui :"Monsieur, je crois que ce billet est pour vous..." Atterré, il prit machinalement le morceau de papier. Dessus était écrit "réservation 2 places wagon-lit n°5..." Elle ne s'était pas montrée. Mais il recevait par quelqu'un qui connaissait sa description un billet pour deux personnes... Pour où? La destination n'était pas précise. Seul un numéro : 1959 (tient, c'est l'année de ma naissance...) "Qu'est-ce que le train n°1959?" "Il n'y a pas de train à ce numéro, Monsieur..."

Interdit, il regardait son billet. Ou était-elle? Il visualisait,d'un regard rapide, toutes les fenêtres des wagons, espérant désespérément, la voir apparaître. Il regarda le préposé, affolé:


- Je vous en supplie! aidez moi à trouver le wagon-lit N°5. C'est mon unique chance pour rejoindre la femme que j'aime!!!!

L'homme le fixa, étonné, ébranlé par cet accent de désespoir, qu'il percevait. Il regarda l'horloge sur le quai puis se dirigea rapidement dans son bureau, lui faisant signe de le suivre. Indécis, Bruno le suivit, craignant que le train ou elle ne se trouve, s'en aille. Plus vite il saurait ou elle se trouvait, plus vite il la rejoindrait! Il alla rejoindre le préposé, dans son bureau. Très vite, celui ci, localisa les réservations des wagons lits. Il releva la tête, victorieux, lui tapotant le bras :


- Du calme, mon garçon! Votre train ne part que dans 20 minutes. Avec 10 minutes de retard, suite à un problème sur la ligne, en pleine campagne, provoquée par des vandales! Quai N°2 Voie 1! Vous savez au moins où vous allez la rejoindre???


- Non, pas vraiment. Pouvez vous me le dire? demanda Bruno, sentant ses jambes vaciller de soulagement.

- Vous allez à Avignon!? jolie ville, vous verrez!

- Je vous remercie, sincèrement! Vous ne pouvez imaginer le bonheur que vous me donnez, en m'ayant permis de la retrouver!

Ils se donnèrent une solide poignée de mains puis Bruno se dirigea, soulagé, dans l'entrée de la gare, mu par une inspiration. Il se dirigea vers le kiosque et désignant une gerbe de roses, il en commanda 20! Pour les 20 minutes d'attente à la rejoindre....Les bras chargés de son précieux bouquet, il se dirigea en souriant vers le wagon, où il savait, cette fois, que Marie l'attendait.Le train 1959 était là. Mais le quai était désert... Tout à coup, une pensée lui vint : pourquoi un wagon-lit à 11h? En pleine journée. "Vous me semblez pensif, et on dirait que vous cherchez quelque chose..." "Oui, le Wagon n°5..." "Ah! c'est celui qui nous a été commandé cette nuit, il n'était pas prévu. Il ne contient qu'une réservation, et pour cause..." Cette nuit... Alors qu'ils étaient ensemble... Comment donc?... Il vit pourtant un wagon s'approcher, s'atteler au train. Il monta, chercha la cabine... Vide!

Tant pis. Il commençait à la connaître, à deviner tout d'elle. Heureusement qu'il n'était pas cardiaque! 20mn plus tard, le train s'ébranla. Pas un bruit dans le wagon, il était seul. Non il entendit un chariot, comme ceux des services SNCF. Il était poussé par une femme blonde... Et tout le wagon fut empli de cette odeur de rose... Intrigué il releva la tête. C'était Elle!!! Son coeur bondit, il attendit néanmoins.


-"Bonjour, Monsieur, vous avez réservé ce wagon, et le contrôleur m'a chargée de vous demander votre billet... Voulez-vous quelque-chose? Avez-vous tout ce qu'il vous faut?"
-"Non il me manque quelque chose..." "Quoi?" "Toi..." Il savait qu'il ne se trompait pas. Ces yeux verts, cette attirance mystérieuse attirance et cette petite main qui s'était posée sur son genou... Une employée ordinaire aurai-t-elle agi ainsi?

Elle avait souri, les joues rosies de le revoir et s'était précipitée dans ses bras. Des étoiles mystérieuses semblaient éclairer son regard. Il l'avait étreint à l'étouffer tant il avait eu peur de ne plus la revoir. Ce parfum de roses qu'elle aimait tant semblait les envelopper. Il la gardait serrée, dans ses bras, humant ses cheveux, cette chair comme pour s'en imprégner. Doucement, elle s'était dégagée, posant sa main si douce, sur son visage comme pour en effacer les inquiétudes passées.

- Je n'étais pas loin de toi mais il me fallait m'organiser, murmura-t-elle, comme pour se faire pardonner.

- Que de mystères, tu as su t'entourer ! j'étais fou d'inquiétude à l'idée de te perdre !

Elle s'était lovée, dans ses bras, l'embrassant avec volupté. Il avait fermé les yeux, heureux à un tel point qu'il avait l'impression que son coeur allait exploser. Comment avait-elle fait pour tout organiser ? Cette femme était un vrai mystère !


- Où vas-tu m'entraîner ? avait-il demandé, en riant
- Qu'importe l'endroit. Le plus important, n'est-il pas de poursuivre ce rêve ?

Le train s'était ébranlé, doucement. Ils s'étaient levés, puis avaient regardé ces gens encore sur le quai...Des gens qui, dans quelques instants, ne feraient plus partie de leur univers. Il la gardait blottie, contre lui, la main entourant sa hanche, la maintenant solidement contre son torse, comme pour la protéger. Que de surprises elle lui proposait ! Arriverait-il, un jour, vraiment à la connaître ?

Il la tenait contre lui, tandis que le train prenait de la vitesse; Et sa main, posée sur sa hanche, lui révéla tout à coup que ce chemisier rouge sombre, qui lui allait si bien, n'était pas fait de main d'homme. Il avait contre lui une rose. Il ne fit aucune remarque. Mais elle devinait tout et le regarda d'un oeil malicieux.


-"Quel tour vas-tu encore me jouer?"
-"Que veux-tu dire?"
-"S'il y a une bouche d'aération, tu es capable de te glisser dedans..."

Et c'est là qu'elle vit les roses posées sur le lit; Elle versa une larme d'émotion, avec un doux sourire. Il fit le lien avec ces mystérieux vêtements qu'il avait enfilés avec précipitation..; Il remarquait seulement leur texture... De la feuille!!! Elle était fleur, il était feuille! Son corsage était légèrement ouvert.


"Tu es la Rose nécessaire à ma vie, à ma respiration. " Et ses lèvres, coeur de rose, se collèrent doucement aux siennes...

Sous la douceur de ses lèvres, ses yeux se fermèrent. Son cour battait si fort...S'en apercevait-elle ? Elle releva légèrement la tête...lui sourit en murmurant :


- Oui, tu es nécessaire à ma vie, à cet air que je respire...Dans tes yeux, je peux voir la lumière...dans tes bras, je me sens si belle...Je te promets de ne plus m'enfuir, de demeurer à tes cotés...

Face à cet aveu qui venait du profond d'elle, ses joues avaient rosi ....Son regard semblait resplendir de lumière...Etrange petite rose, qu'un jour il avait découverte...Saurait-elle le bonheur qu'elle lui avait donné ?

Cette déclaration le suffoqua. Il ne dit rien. Bref, il était solidaire d'elle, elle venait simplement de lui dire qu'elle ne pouvait vivre sans lui... Drôle d'aventure dans laquelle il s'était laissé embarqué... Car il avait sa responsabilité. Qui avait insisté pour la retrouver? Même si elle avait tout fait pour qu'il en fut ainsi.... "C'est pour çà qu'elle ne m'a pas donné le billet, pour çà qu'elle s'est dissimulée... Elle savait... Il ne lui en voulait pas. Mais savait-elle qu'elle était en train de remettre sa vie en cause? Il préférait se taire. Et la suivre, suivre les événements. Il avait appris à ne pas juger trop vite. Sa patience lui avait rendu tant de services, à lui et à d'autres... Il se tenait à la barre de la fenêtre, et elle se tenait à lui... Oh, joli prétexte!!! Une rose aux yeux verts...

Elle demeurait, pensive, à ses cotés, sentant la chaleur de son corps l'embraser. Malgré les embûches dressées, il avait réussi à la retrouver. Enfin, il était près d'elle. Son parfum de rose, doucement, les enveloppait. Il plongea en elle ses yeux gris, couleur d'acier, tentant de la sonder. Elle n'esquiva pas son regard mais au contraire le laissa doucement dériver dans ses beaux yeux verts. Il la serra contre lui à l'étouffer. Il y avait en elle tant de force et de fragilité...tant de larmes à effacer...tant de sourires à faire réapparaître...

Il avait l'impression de marcher, sur un fil avec elle, craignant de trébucher. Où, cette rencontre allait elle les entraîner? Aujourd'hui, face à ce train, qui les emportait, il ne voulait plus s'interroger. L'un et l'autre savait que leur vie allait changer, que jamais plus rien ne serait pareil, qu'une force obscure les attirait..Ils restèrent longtemps à regarder le paysage défiler, chacun perdu dans leurs pensées...

Ce regard l'impressionnait. Il avait l'impression de se noyer dedans. Et ce mystère des vêtements... Que cachait en elle cette femme? Pourquoi était-il attiré de cette façon vers elle? Tout basculait, il le savait. Mais une crainte le saisit. Celle de la blesser. N'avait-il pas agi que pour son propre plaisir§? Et elle? Elle avait une vie, en avait seulement tenu compte une seconde? Peut-être y avait-il des raisons fondées à ces multiples embûches posées, bien féminines après tout, sur son chemin... Il la serra contre lui et, se disant que de toute façon, dans ce train où ils étaient dans la même galère, il ne pouvait pas plus lui nuire. Il la colla à lui, posa ses lèvres sur les siennes, la goûta, s'en enivra....

Au fur et mesure que le jour s'amenuisait, il n'avait pas remarqué que ses vêtements avaient changé. La teinte, doucement, semblait s'éclairer, devenant presque translucide. Son corps ne paraissait plus caché derrière ses vêtements...mais soudain, presque dévoilé...Les fibres en étaient si fines qu'elle percevait sa chaleur. Il devinait son odeur de mâle affamé d'elle...Elle savait qu'elle ne pourrait lui résister...malgré le danger qui l'entourait...ce danger qu'elle représentait...Elle tenta de réfléchir mais sentit sa raison vaciller quand ses lèvres emprisonnèrent les siennes...elle fondait entre ses bras...

Ses jambes se mirent à fléchir...son coeur s'emballer...sa tête partit, doucement en arrière, laissant ses lèvres s'entrouvrirent...les yeux clos, elle se laissait embrasser comme si c'était pour elle, son dernier baiser...un long frisson la parcourut, sentant glisser sur son épaule dénudée, sa main nue. Elle était un pistil si doux à butiner... Ils n'étaient qu'un, et il n'avait plus le droit de s'arrêter de respirer, pour elle. Quelle responsabilité....

Il tenta un instant de reprendre sur lui-même...rien n'y fit...il sentait son corps doucement s'abandonner. Une étrange chaleur s'en dégageait. Il avait l'impression de l'envelopper, de la protéger, tout en sentant son corps s'affaiblir sans raison, à ses cotés...Il mourrait d'envie de la dévorer de baisers...de sentir sa peau contre la sienne se frôler...de l'aimer avec passion dans ce wagon ou ils se seraient pas dérangés....

Ses doigts malhabiles défirent un nouveau bouton de son chemisier...il distinguait sa poitrine qui palpitait...Eperdu de désir, il distinguait le sillon de ses seins qui ne cessait de le troubler...Il avait dans ses bras un trésor, il en prenait seulement conscience... Le train allait de plus en plus vite, la vitre entr'ouverte faisait voler ses cheveux. Ils lui caressèrent doucement le visage, il prit bien garde de se dérober... Tant de pensées se bousculaient dans sa tête!!! A tel point qu'il oublia où ils étaient, lâcha la barre. L'effet ne se fit pas attendre, un mouvement du train, et heureusement que le lit était là pour les accueillir!! Il voulait respirer pour elle, mais pour l'instant, la position était en faveur de la rose... Et il comprit, lui qui se posait la question depuis un moment, pourquoi ce wagon vide, sans personne qu'eux... Elle le tenait, le plaquait, et tenait son visage à dix centimètres au-dessus de lui, le fixant droit dans les yeux. Ce duel dura quelques minutes scandées par les secousses. Elle semblait attendre quelque chose.

Lui aussi la fixait au fond d'elle-même. Quelle force en cette femme!! Ses réflexes d'homme en tombèrent. Il réalisa, mais trop tard, qu'elle l'hypnotisait. Il tomba dans ces yeux verts. Quand il se réveilla, il était vidé. épuisé. Que s'était-il passé? Elle était assise, à coté de lui, avec un doux sourire. Mais un air satisfait. "Tu es la feuille nécessaire à ma vie..." Il comprit brusquement le vrai sens de ces paroles. Cette femme avait un étrange pouvoir. Le lit était défait, comme suite à un combat. "Elle se nourrit de moi..." Et il savait qu'il était en son pouvoir, que rien n'y ferait, que tous ses désirs seraient comblés tant qu'ils seraient en présence l'un de l'autre, et seul. Et lui n'y pourrait rien, mais il n'arrivait pas à lui en vouloir. C'est pourtant de sa sève qu'elle se nourrissait…

Elle regardait à nouveau par la fenêtre...son sourire continuait de flotter...Que s'était-il passé ? Etait-ce l'émotion ? Il avait perdu connaissance, impressionné en plongeant dans ses yeux verts...Par un étrange tour de magie, leurs vêtements avaient soudain disparu...les laissant le corps offert...tel Adam et Eve...Impressionné par elle, ses yeux avaient basculé en arrière...Incapable de résister, elle s'était approché de lui, posant sa main douce sur sa chair....remontant sur ses cuisses qu'elle avait tant imaginé...Il était la, offert, si beau dans son abandon...

Elle l'avait repris contre elle, le corps brusquement chargé d'électricité... Elle posait sur lui ses lèvres, dévorant son corps de doux baisers...le wagon s'était soudain chargé d'une inquiétante atmosphère....leurs deux corps s'étaient mis soudain à briller...à chauffer....puis en mille bulles de couleurs différentes, s'étaient désagrégées, dans l'air dans un ballet inquiétant et voluptueux....puis elles s'étaient soudain séparées, comme pour se regarder...avant de s'élancer l'une vers l'autre, surchargeant la pièce d'une étrange électricité...créant un bruit bizarre comme de la lave en fusion...

Quand le calme fut revenu, ils avaient repris l'un et l'autre, leur apparence humaine...le laissant épuisé, vidé de toute énergie et elle, qui semblait resplendir....et pourtant ses beaux yeux verts étaient si tristes....elle savait qu'elle le tuait, un peu plus, à chaque fois qu'elle s'en approcherait. Elle n'osait le regarder terrifiée à l'idée qu'il puisse lui en vouloir....mais il y avait une telle force qui l'attirait....Elle tentait tellement de se retenir de pleurer qu'elle n'osait le fixer.....Avec quelle douce volupté, leurs corps avaient fusionné.....A ce souvenir, elle sentit son corps parcouru de frissons....

Mais voilà : il n'était plus conscient, ou presque. Ce doux sillon ne l'hypnotisait pas autant que ses yeux. Il ignorait cet état de fait : il était nu sans s'être déshabillé; La fleur avait bu toute la sève qui faisait sa couleur... Il était en quelque sorte pris au piège... Il lui fallait de la lumière, ma il l'ignorait. Et elle avait pris soin de baisser le store. Elle était là, désirable, incroyablement désirable, et pourtant restant hors de portée, le regardant la désirer. Elle aimait le voir la désirer. Impuissant. Elle approcha ses seins de son visage blême. Comment une femme si douce pouvait-elle être si cruelle? Elle savourait l'impuissance de cet homme à la toucher tout en la désirant au supplice.

Et pourtant, elle se retenait. Car elle-même le désirait, sentait comme un feu monter en elle; Et pourtant rien ne paraissait sur son visage. Elle finit par céder. Le pétale s'ouvrit, la dévoilant. Ce pétale qui se nourrit naturellement de sève, et elle le caressa, comme une infirmière son malade qui est incapable de se lever, ce qui était le cas. Elle ne pourrait rien obtenir de lui avant plusieurs heures et se demandait si elle n'avait pas été trop gourmande. L'idée lui vint de retirer complètement son pétale et de l'en recouvrir. Il sentit cette ineffable douceur, cette osmose aussi qui se produisait... Il reprenait des forces... Et il était devenu...rose... Elle s'allongea près de lui, commença à le masser, l'embrasser. Il goûtait son nectar succulent, enivrant. De nouveau, leurs yeux se rencontrèrent. Ses seins étaient toujours dressés, elle s'assit sur lui. Il n'en pouvait plus, elle non plus. Ils se désiraient, et pourtant s'évitaient..

Elle voyait son regard fiévreux qui la dévorait...Il l'avait laissé venir à lui, observant le moindre de ses gestes...Elle paraissait presque immobile et pourtant chacun de ses gestes étaient une douce caresse...qui le plongeait dans un trouble profond...Il avait tellement envie d'elle...envie de se glisser en elle...envie de dévorer ses lèvres...son corps soudain si près...

Il osa, le premier, poser ses mains sur elle, subjugué de la douceur de sa chair...elle avait le velouté d'une rose...ses seins l'attiraient....il distinguait leurs points dressées deux boutons de rose qu'il rêvait de goûter.... tout son corps embaumait la pièce où ils étaient confinés...Elle gardait ses cuisses repliées sur lui, n'osant bouger, pour ne pas l'effrayer....ce corps, sous elle la mettait au supplice, tant elle en avait envie...Elle devinait son sexe dressé, engorgé de désir. Son entre cuisses était aussi humide de désir...


- Ferme les yeux, murmura-t-elle, souhaitant qu'il soit conscient cette fois ...Il s'exécuta, ému par ce désir qui les enflammait....Elle bougea à peine et pourtant, il perçut la douceur de sa chair...sa chaleur...cette explosion de bonheur quand il la transperça....

Il ne savait en effet pas très bien où il en était. Elle non plus, d'ailleurs. Il était troublé par cette femme aux pouvoirs si étranges qui se livrait à lui. Arrivé à ce point de ses réflexions, il réalisa une chose : elle avait fait de lui cette feuille qui n'a plus le droit de s'arrêter de respirer, son poumon, sa sève. Mais alors, dans ce cas, il ne faisait plus qu'un avec elle. Et il fit une expérience de son nouvel état. Oh! Pas forcément très sympathique pour elle! Mais il voulait savoir, c'était plus fort que lui. Et il désira disparaître à ses yeux. Son seul désir suffit : il la vit chercher, se tourner partout, son visage se décomposer. Son coeur en fut si attristé que cela suffit à le refaire revenir à la réalité. Il avait percé son secret, ou plutôt elle le lui avait livré. Elle le regarda, et un lumineux sourire, des yeux verts pailletés d'or illuminèrent son visage. Ses cheveux d'or volèrent quand elle tourna la tête. Son coeur faillit exploser. Le sien aussi.


- "Quelle peur tu m'as faite!"

-" Pardonne-moi, je voulais seulement te connaître une peu plus..."Et elle comprit.

- Ne t'inquiète pas : nous sommes désormais un. Et le monde où nous irons, tu ne le connais pas encore..."

Elle oubliait une chose, que lui avait devinée avec plaisir : si elle pouvait disparaître à volonté, elle ne pouvait se séparer de cette odeur de rose. Bref, elle ne faisait qu'être voilée au regard, au toucher. Mais il la savait présente et goûterait toujours sa douceur....

Elle avait souri, sans rien dire. Malgré cette feuille qui le couvrait, elle percevait l'homme qu'il était. La vie n'avait pas été douce avec, elle le pressentait. Lui aussi avait de nombreux secrets...peut être, un jour, les lui livrerait il ? Il est si difficile de se retourner en arrière, de remonter dans ses souvenirs, de se rappeler ses blessures...Parfois cela est nécessaire même si l'on se freine...Elle avait observé, cet homme, perdu dans ses pensées, caressant du bout du doigt, ses lèvres, comme un geste de caresses...

Elle avait regardé, fascinée, ce doigt aller et venir, de haut en bas, sur ces lèvres...geste inconscient de cet homme perdu dans ses pensées...laissant la musique doucement, l'envelopper...Que pouvait-il ressentir par ce geste ? Elle avait fait le même. Fermant les yeux, comme pour s'imprégner des sensations...Elle avait ressenti un doux fourmillement qui l'avait fait sourire...

Etrange rencontre à laquelle elle repensait...Pouvait-elle lui décrire sa peur en le voyant soudain, disparaître ? Elle ne l'avait plus vu et ses yeux s'étaient soudain agrandis de tristesse...mais elle devinait qu'il ne s'était pas éloigné...Il n'y avait pas en lui de méchanceté...juste un besoin de mieux la connaître...En le voyant réapparaître, son sourire était revenu sur ses lèvres...Sa main était venue se blottir dans la sienne, les laissant émus et silencieux...Elle avait soupiré, comme soulagée, de le retrouver près d'elle.

Puis elle s'était, à nouveau, blottie contre lui, laissant la feuille se détendre et peu à peu, les envelopper...Elle se sentait merveilleusement bien....son parfum de rose à nouveau les enveloppait...Il regardait ses yeux verts, incapable de s'en détourner...Ou allait-elle l'entraîner ?


Ferme les yeux, avait-elle murmuré ...

Il s'était docilement exécuté et avait senti la douceur de ses lèvres venues l'effleurer, le faisant, soudain, délicieusement, frissonner .....Le train, doucement, comme pour ne pas les brusquer, s'était enfin ébranlé. Il les avait emmenés, les laissant plongés dans cet amour qu'ils venaient de rencontrer. Une rencontre comme tant de gens souhaitent et rêvent mais qui n'arrive jamais.

Il la tenait contre lui, comme par crainte de la voir s'échapper, regardant le paysage défiler. Il savait que plus jamais, ici, il ne reviendrait. Cette femme l'avait ensorcelé et il partait avec elle vers une destination mystérieuse, sans rien regretter. Il sentit un léger frôlement, sans qu'elle eut besoin de bouger. L'odeur devenait enivrante. Elle lui sourit comme pour le rassurer. Puis il vit ses pétales les entourer, comme pour les protéger, se refermant sur eux lentement, dans un frémissement délicieux…Elle était la Rose mystérieuse qu'il avait toujours recherchée…Qu'importe ce qui arriverait…Ou ils iraient….Aujourd'hui, ils étaient unis dans un présent où ils allaient s'aimer…Sur eux, les pétales immenses se refermèrent, les faisant disparaître aux regards des gens…Puis vint s'installer à nouveau le silence…

Quand le train s'arrêta en gare, le personnel chargé de nettoyer les wagons resta médusé. Le wagon était empli de pétales de roses qui vibraient dans l'air, en l'embaumant. Le compartiment était fermé de l'intérieur et pourtant, il n'y avait nulle présence humaine. Elle et Lui s'étaient dissous dans l'Espace Temps afin de poursuivre leur rêve demeuré trop longtemps inachevé...

OOOOO







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