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COMME DES PERLES DE LUMIERE

par Auguste et Erotica51



N°1. Erotica51

Sous la pluie, une femme allait sans but, ses pensées perdues ailleurs. Ses pas froissaient les herbes sauvages. Seul le vent semblait étouffer ses pas, crissant sur les herbes mouillées.

Tu roulais, récapitulant chaque erreur ou moments de joie que tu venais de traverser. Qu'en restait-il, aujourd'hui? Ton regard s'était perdu si loin, auprès d'Elle qui s'était à tout jamais éloignée.

Tu étais descendu de voiture, avais marché longtemps, sans voir les heures s'écouler. Les vagues n'avaient pas cessé de danser, t'empêchant de fixer ton attention sur tes pensées. Où est-il ce temps ou tu l'avais rencontrée ?

Elle avançait sous la pluie joyeusement, sans se soucier des gouttes d'eau qui la transperçaient. Tout son visage était inondé et tu l'avais croisée en voiture, l'observant, soudain, intrigué.

Elle ne t'avait même pas regardé, le visage trempé mais paraissait concentrée dans ses pensées. Tu l'avais dépassée puis comme à regret, tu avais continué ta route. Cinq minutes plus tard, le temps s'était gâté, laissant le ciel exploser dans un fracas épouvantable.

Tes pensées étaient restées tournées vers elle, trempée qui devait continuer son chemin, sous la pluie. Face à l'orage qui s'était déchaîné, cette jeune femme devait être terrifiée. Mu par ton instinct, tu avais rebroussé chemin, la cherchant au travers du balayage incessant des essuies glaces, en dépit de la pluie incessante...

Tes yeux la recherchaient désespérément, au milieu des éléments déchaînés puis soudain deux petites taches blanches étaient apparues dans l'obscurité. Tu venais d’apercevoir ses petits pieds qui semblaient danser au milieu des mares d'eau disséminées.

Tu l'avais klaxonnée mais elle avait continué son chemin, sans même te regarder et tu n'avais pu t'empêcher de sourire en la regardant, joyeusement, bondissant tel un elfe léger, au milieu des éléments déchaînés qui semblaient ne plus vouloir s'arrêter de tomber.

Tu l'avais rattrapée, ouvrant grand ta portière, l'interpellant :

- Montez !

C'est alors que tu n'y croyais plus qu'elle t'avait regardé puis s'était immobilisée, t’observant d'un air étonné. Tu avais allumé ton plafonnier pour qu'elle soit rassurée. Elle s'était penchée, intriguée se demandant ce que tu lui voulais.

- Montez ! Sinon vous allez être complètement trempée !

Elle s'était mise à rire. Trempée, oh oui, elle l'était déjà bien trempée ! Tu la dévorais des yeux, découvrant sur son visage inondé par la pluie des perles de lumière qui luisaient en s’écoulant.

Mille et une perles de lumière glissaient sur ce charmant petit elfe blond, surgissant brusquement dans la nuit. Tu l'avais observée avidement guettant sa réponse. Elle t'avait souri, délicieusement mouillée...

2. Auguste

Elle était trempée mais elle n'en avait cure! Elle me regardait, curieuse, rieuse. Je luis avais demandé où elle demeurait. Elle m'avait répondu qu'elle ne savait plus. Qu'elle s'en foutait. Qu'elle était un passager de la pluie.

J'étais vraiment intrigué. Comment faire pour donner l'impression de prendre du plaisir sous l'orage? Et dans le même temps la faire entrer dans la voiture d'un inconnu. Que voulait-elle chasser de son esprit?

Je lui proposais de prendre quelque chose de chaud dans la rhumerie du front de mer. Elle me donna son accord. Je me garais devant la porte de l'établissement. Elle sortit, pataugea dans une flaque et nous entrâmes. Notre entrée fut très remarquée. Une femme en jupe longue, tee-shirt blanc, tout cela rendu transparent par la pluie. Le corps était bien suggéré...

Le garçon nous installa dans le fond de la salle, un peu à l'abri des regards. Sans doute avait-il peur d'une émeute.

Maintenant, je la regardais mieux. Ses cheveux blonds étaient collés par la pluie. Ses seins se tenaient fiers, tous seuls comme des grands. Déjà, le garçon amenait un chocolat chaud mêlé de rhum ambré. Elle porta la coupe à ses lèvres. Du chocolat resta accroché. Elle me regarda:

- Ca fait du bien! Mais pourquoi m'avez-vous amenée ici?

3. Erotica51

Il sourit, d’un air mystérieux…évitant de répondre immédiatement, la laissant méditer dessus…Elle ne paraissait pas sauvage, juste un peu sur ses gardes face à un étranger qui l’avait abordée. Elle tourna longuement sa cuillère dans sa tasse de chocolat puis la reporta à ses lèvres.

Fasciné, il regardait sa bouche s’avancer sur le rebord ; ses lèvres s’entrouvrir ; aspirer le chocolat chaud et fumant délicatement. D’un coup de langue gourmand, elle se relêcha les lèvres. Une fois encore, un peu de mousse resta collée au coin de sa bouche, lui donnant l’apparence d’une enfant prise sur le fait.

Songeuse, elle demeura quelques minutes silencieuse puis leva sur lui ses grands yeux clairs ou des paillettes dorées dansaient mystérieusement.


- Où alliez-vous en voiture ? demanda-t-elle en le sondant profondément du regard
- Je rentrais du travail et m’apprêtais à partir en vacances. Pourquoi cette question ?
- Vous partez combien de temps et où comptiez-vous aller ? J’aimerai partir avec vous afin de mieux vous connaître…

Cette fois-ci, ce fut Lui qui tarda à répondre. Elle se mit à chantonner doucement :

« deux étrangers qui se rencontrent et déjà le désir monte »….

N°4. Auguste

Il resta quelques instants complètement abasourdi mais son cerveau bouillonnait. Il n'avait pas prévu tout cela. Il hésitait entre accepter et refuser. Accepter, c'était partir dans une aventure qu'il ne maîtrisait pas du tout, c'était être une proie, c'était ne pas avoir de temps pour analyser le dernier bouquin de Jeremy Rifking, "la fin du travail" et il devait animer une conférence sur le travail à l'horizon des deux décennies à venir. Refuser, c'était passer à côté d'un plaisir qu'il sentait naître en lui. Il aimait les femmes. Trop, aux dires de la sienne. Il ne savait pas leur dire non. Ce n'était pas comme en politique!

Il releva les yeux et les planta dans les seins. Il voyait beaucoup de choses. En premier, une convoitise. En deuxième, une sensualité, en troisième, une fragilité. Ce fut cette dernière impression qui l'emporta.


"- D'accord avec toi. Je passe à la maison prendre ma valise. Tu pourras te sécher un peu aussi. A moins que tu ne préfères qu'on passe chez toi d'abord...
- Il n'y a pas de chez moi!"

Il sentit dans sa voix comme une cassure. Une lueur de détresse était passée comme un éclair dans son regard. Il prit la minuscule serviette en papier qui leur avait été apportée par le garçon. Il tendit la main et lui essuya la commissure des lèvres. Elle appuya sa tête contre sa main. Il se leva lentement et s'assit près d'elle sur la banquette.

Elle se blottit contre lui. Il sentait un mélange d'odeurs indéfinissables. Les cheveux mouillés. Les vêtements mouillés. Quelques relents de sueur. Un vestige de parfum qu'il cherchait à déterminer. Peut être un Kenzo. Mais lequel? Il la sentit frissonner un peu, se serrer contre lui.

Il la prit par le menton et posa un baiser sur ses lèvres encore un peu enchocolatées. Elle ne lui avait pas laissé le temps de tout essuyer. Sa bouche répondit au baiser. Comme aimantée. Du baiser qu'il voulait chaste, il en devint profond. Il ferma les yeux.

Il sentait dans son corps une chaleur qui, si cela continuait, lui ferait regretter d'avoir un pantalon aussi serré. C'est ce qu'il advint d'ailleurs. Car la belle sirène, en plus, passait la main dans ses cheveux. Ils reprirent un peu de souffle. Pour repartir de plus belle dans un nouveau baiser encore plus chaud.


"- Je crois que nous devrions y aller! Nous perdons du temps
- Oui mon cher Bernard"

Diable! Comment savait-elle son nom?

N°5. Erotica51

Il leva sur elle un tel regard stupéfait qu’elle éclata de rire, pour la première fois. Elle devinait ses pensées contradictoires. Son inquiétude aussi. Allait-elle lui révélait comment elle savait son prénom véritable ? Non, il était encore trop tôt. Et de se dévoiler trop vite risquait de faire capoter son plan…Elle se contenta d’un sourire énigmatique puis se leva, prête à sortir à nouveau et affronter la pluie...


- Bien, je vois que je n’aurai pas de réponse. Mais peut être pourrai-je connaître votre prénom ? lui demanda Bernard, se demandant si elle allait véritablement lui répondre.
- Perle…Appelez-moi ainsi…
- Mais ce n’est pas un prénom français !
- C’est mon second prénom, qui me vient de ma grand-mère maternelle d’origine chinoise…

Bernard se contenta d’acquiescer, d’un mouvement bref de la tête. Il n’avait nullement envie de la contrarier. D’autres plaisirs plus savoureux l’attendaient qu’il avait nullement envie de voir disparaître en se montrant trop curieux…

Il passa sa main dans les longs cheveux de perle qui commençaient à sécher, dévoilant une nuque délicate et ferme. Il admira son pas cadencé comme si elle dansait et non marchait. Ses gestes étaient déliés, souples et harmonieux. Sentit-elle son regard observateur ?

Elle tourna brièvement la tête, retenant un sourire moqueur puis lui lança, mutine :


- On dirait que vous n’avez jamais vu de femme ?! Ai-je l’air d’une martienne ?
- Ohhhh Quel esprit ! J’avoue être agréablement surpris par cette rencontre impromptue et que mes vacances vont être savoureuses, je le sens…
- Ne vendez pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué ! Je ne suis pas aussi facile que vous vous l’imaginez.

Galamment, il poussa la porte devant elle puis s’effaça, la laissant sortir la première. Dans quelle aventure allait-il se jeter, la tête la première ? Elle s’avança sur le trottoir, levant son visage vers le ciel, laissant celui-ci projeter ses gouttes de pluie. Une voiture s’avança, les phrases allumés et fit miroiter celles-ci…Il sentit une bouffée de désir l’envahir :


- Allons-y Perle. Ma valise est prête. Il me reste à donner deux coups de fil avant de partir et laisser les clés à ma voisine qui s’occupera de mes plantes en mon absence.
- Et que comptez-vous dire à votre épouse pour expliquer cette absence ?
- Mais voyons, je ne suis pas marié !
- Premier mensonge Bernard ! Ne vous abaissez pas à me mentir…J’en sais plus sur vous que vous ne l’imaginez…Où se trouve garée votre voiture ? Rétorqua-t-elle en changeant habilement le cours de leur conversation.

A Suivre...



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