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LES YEUX DANS LES NUAGES

par Auguste et Erotica51



Allongée, nue sur le sable blanc, je t’attends. Les vagues une à une viennent lécher mon corps au passage. Je regarde les yeux ouverts, détendue et observe les nuages. Ils sont blancs, floconneux en pleine cavalcade. Ils s’enfuient doucement loin des orages…

Je suis bien, heureuse…Quelque part, tout près ou très loin, un homme rêve, lui aussi, patient, qui attend cette femme comme l’aboutissement de ses rêves.

Un léger bruissement me fait lever les yeux. Je cherche puis souris : un papillon aux couleurs éclatantes qui s’élève, volette, s’envole lentement, libre lui aussi, sans chaînes.

Un parfum de tiaré flotte dans l’air et vient réveiller mes sens…L’eau me caresse comme le soleil. Le chaud et froid…troublant. Un peu comme une plume et une goutte d’eau qui s’écoule sur ma peau, tendrement, me laissant frémissante…

J'entends le chant joyeux des oiseaux et le pépiement des petits qui appellent plaintivement leurs parents…

A travers les rayons du soleil, je perçois le frémissement des feuilles qui s’agitent sous le vent…le monde est beau quand je m’éveille, dans la lumière d'un soleil éclaboussant ma peau si tendre ...

2. Auguste

De ma paillote, je venais de m'éveiller. Le lit était vide. Sur une chaise, tes vêtements étaient pourtant là. Le soleil faisait des rais de lumière à travers les stores. J'entendais le clapotis des vagues. Des oiseaux piaillaient.

J'avais envie de me lever pour aller te chercher. Une inquiétude m'étreignait. Où aller? De quel côté? Je savais l'île petite. Je savais que tu aimais les moments de solitude. Je savais que de ces instants, sereine, un doux sourire flottait sur tes lèvres, les yeux pleins d'amour.

J'étais bien dans ce lit. Je sentais les effluves de nos étreintes, les fragrances de ton parfum. D'aise, je m'étirais, remontais le drap sur moi. Nul besoin de le remonter, c'était juste pour enfermer le sentiment de ta présence. Je fermais les yeux. Je te revoyais, hier quand nous étions entrés dans cette chambre. Tu étais belle. Tu resplendissais de bonheur.

Je restais ainsi sans bouger. Un besoin physique me poussa à me lever. J'écartais deux lamelles du store. Je vis une silhouette sur la plage de sable blanc. J'en étais sûr! C'était toi! Une belle naïade étendue sur le sable, l'eau venant lécher ses pieds. Mon Dieu, que tu étais belle!

3. Erotica51

Quelque chose me fit ouvrir les yeux, m’étirait. Le soleil de sa chaleur me caressait comme tu l’avais fait cette nuit là. Mon corps encore l’odeur, de ta peau. Je m’étirais, heureuse, comme depuis longtemps je ne l’avais plus été. Je me relevais, mettant la main devant mes yeux, éblouie par la lumière. Le store restait fermé. Je souris. Tu dormais, pensais-je.

Je relevais mes cheveux longs en un chignon, offrant ma nuque à la chaleur du soleil. Comme nous nous sommes aimés cette nuit, libérant enfin nos sens affamés de désir, entre les murs complices de la chambre. Je n’en pouvais plus de cette abstinence forcée. Je revoyais ton beau regard émerveillé en me découvrant, telle une apparition radieuse, derrière la porte de ton bureau alors que tu t’apprêtais à partir manger. Je t’avais promis une surprise, au bout du fil mais c’était loin de tout ce que tu avais imaginé.

D’un regard provocant, je t’avais agité sous le nez, deux billets d’avion que j’avais fait réserver. Huit jours dans une île, tous les deux, à pouvoir enfin nous aimer. Une fois le choc passé, tu avais réagir rapidement, donné quelques coups de fils rapides, puis tu étais rentré chez toi, prendre une valise et quelques vêtements. Le taxi nous avait déposé à Orly. Le voyage avait duré quelques heures mais nous nous en moquions. En descendant de l’avion, un paysage paradisiaque nous attendait tranquillement. Fini le stress de la ville. Huit jours pour s’aimer tendrement.

Est-ce que je sentis ton regard ? Juste avant de plonger dans l’eau turquoise du lagon, je t’aperçus, te dirigeant dans ma direction. Trop tard ! L’eau glissa sur mon corps comme tes mains l’avaient fait avec passion.

IV. Auguste

Tu avais plongé dans l'eau claire. Après que la gerbe d'eau fut retombée, je te vis nager tranquillement vers le large. Ma sirène me fuyait-elle? Mais non! Bientôt tu t'arrêtas. Tu avais de l'eau jusqu'aux seins. Ils ballottaient gentiment. Le clapotis qui les caressait faisait dresser tes tétons.

Ha! Ces tétons dont j'avais découvert le goût cette nuit, notre première nuit... J'étais encore dans mon rêve. Depuis deux jours je ne savais qu'une chose, j'étais avec toi. Longtemps nous avions parlé tous deux, de tout, de rien. De l'amitié. De l'amour. De la sexualité. De la sensualité. Oui, mais des autres. Jamais de la nôtre. Tu étais pudique, réservée, presque sauvage. Les hommes te regardaient. Souvent je les voyais subjugués par ton élégance d'esprit et de corps. Les regards que nous échangions étaient différents. J'avais toujours l'impression d'être nu devant toi. J'avais le sentiment de voir une belle femme fragile.

Maintenant, tu étais là, devant moi, dans l'eau, au soleil. Tu étais nue. Depuis hier soir, depuis que j'avais ôté un à un ces atours qui enjolivaient ton corps. Nous avions communié de corps et de coeur. Notre étreinte, que dis-je, nos étreintes, avaient duré une partie de la nuit. Jusqu'à ce que le sommeil me terrasse. Les mots que, pendant des mois, nous avions retenus, s'étaient échappés de nos lèvres, venus des profondeurs de notre coeur.

Je te voyais là, dans l'eau à quelques mètres de moi. J'entrai doucement. Elle était chaude. Je sentais des poissons frôler mes jambes. L'eau monta jusqu'à mes genoux, puis affleura mon pénis. Il était toujours-là. Le contact le fit frémir. Bientôt, il se retrouva flottant. Agréable sensation. Je m'approchais doucement. Je tendais les mains vers toi. Tu me regardais en souriant. Quel sourire! Je n'avais jamais vu un tel visage radieux, rayonnant. Il irradiait la joie et le bonheur...

V. Erotica51

Nous étions seuls, nus et d’entendre le bruit de l’eau avait quelque chose de berçant. Mon esprit était encore plein de savoureuses sensations. Cette première rencontre avait été fabuleuse. Comme si nous n’osions croire à notre bonheur. Le soleil éclaboussait nos corps de chaleur alors que l’eau fraîche provoquait, en nous, des délicieux frissons...

Bientôt tu fus tout prêt, si prêt que mes bras te firent un collier de tendresse. Que c’était bon d’être enfin ensemble. Soudain, nous relevâmes la tête en sentant piquer, droit sur nous, une ombre. Depuis quand les mouettes attaquaient-elles les hommes ? Tu réagis avec la rapidité de l’éclair, ramassant un fond de sable puis le projetait sur elle, violemment. Furieuse, celle-ci s’enfuit en piaillant ! Un immense éclat de rire la poursuivit longtemps.

Dans l’eau, tu agitas tes mains puis t’approchant, entrepris de laisser tes doigts me parcourir. C’était si doux que je fermais à demi les yeux pour te savourer. Quelque chose me fit les rouvrir. Ta langue léchait les gouttes une à une. Mon corps commençait à nouveau à réagir. Ta bouche me faisait frémir. Tu t’agenouillas doucement, glissant dans l’eau, faisant juste quelques ronds imperceptibles, autour de nous.

Ta bouche descendait avec une lenteur exaspérante. Tu avais maintenant de l’eau jusqu’au menton. Mon bas ventre affamé réclamait ta langue. Tu hésitais, inquiet, te demandant combien de temps tu tiendrais sous l’eau. Je ne te laissais pas le temps d’y réfléchir. D’une poussée soudaine, je te mis la tête sous l’eau, m’accrochant à toi, dans un éclat de rire. Tes bras m’agrippèrent, m’entraînant au fond…Devant mes yeux montèrent des bulles d’air scintillantes d’éclats de lumière. Enlacés, blottis l’un à l’autre, nous descendions doucement, nos bouches unies dans un nouveau désir devenu silencieux….

VI. Auguste . Un bouche à bouche

J'étais comme dans un rêve. Je sentais une bouche sur la mienne. Une bouche de méduse. Sur ma poitrine je sentais une pression alternative. J'avais envie de crier. Je ne le pouvais pas, cette bouche soufflait dans la mienne quand je voulais parler.

Soudain, j'entendis une voix.

"Regardez! Il ouvre les yeux".

Il me semblait connaître cette voix. Le soleil me faisait mal aux yeux. Ceux-ci me piquaient. Dans le brouillard des pleurs qui montaient, je t'aperçus, toi ma blonde amie, celle dont j'avais rêvé pendant des jours et des semaines, celle qui, un jour, avait brandi deux billets d'avion, sous mon nez.

Je clignais fortement des yeux. Je sentais un poids sur ma poitrine, un goût amer dans la bouche, des picotements partout, des mains qui me soulevaient, et ton visage qui prenait une expression de joie...

Tes cheveux étaient collés par le sel. Soudain, j'eus envie de rire. De la fiente d'oiseau dans tes cheveux!

Bien plus tard, je me retrouvais dans notre chambre, celle qui avait connu notre première rencontre. Une dame en blanc m'examinait sous toutes les coutures. Tu étais assise près du lit.

"J’ai eu si peur".

"Ce n'est rien... j'aurais dû te prévenir... je ne sais pas nager..."

A SUIVRE






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