.

LA COMTESSE AUX PIEDS NUS

par Mysstic et Runner



N°1 – Mysstic

Elle courait, affolée, dans la nuit, pieds nus, ses longs cheveux blonds lâchés lui gênaient le visage, vêtue d’une longue chemise de nuit blanche et d’un châle qui lui drapait ses épaules. Elle fuyait l’homme qu’elle venait d’épouser…Mais comment en était-elle arrivée là ? Elle, la fille unique d’un riche marchand de laine qui l’avait toujours choyée, depuis le décès de sa mère.

C’était une très jolie femme, qui avait de grands yeux bleus, un visage fin, de longues jambes fines, un corps svelte avec une opulente poitrine qu’elle essayait toujours de cacher sous ses longues robes. Les hommes l’admiraient, la désiraient, mais elle ne leur avait jamais donné sa virginité, se promettant de l’offrir à son prince charmant.

Son père avait eu la folle idée de la voir marier à un noble et justement le Comte de Kruth un odieux personnage, dépourvu de tout ce qui lui aurait permis d’être une femme heureuse en mariage, l’avait épousée la veille !!!! Elle était devenue Comtesse malgré elle ! Un fastueux mariage s’était déroulé au château, la fête qui s’en suivit avait été très réussie seule Gabrielle les yeux dans le vague observait cette agitation comme le signe d’une vie qu’elle savait à jamais ternie.

Son mari le Comte était un homme de forte corpulence, ses lèvres étaient épaisses, un seul baiser de sa bouche la répugnait déjà. Il portait de lourdes bagues à ses doigts boudinés, il mangeait et buvait en salivant ; ses cheveux gras, plaqués sur son visage rond le faisait ressembler à un porcelet. En le regardant une sensation de dégoût lui fit monter les larmes aux yeux. Dans quelques heures, elle se retrouverait seul avec lui ne sachant ce qu’il allait lui faire.

Le moment qu’elle redoutait tant, arriva ; Il lui prit la main et l’entraîna vers leur chambre sous le regard des invités mais surtout de son père qui jubilait de la savoir enfin châtelaine ! . Il l’amena rapidement dans leur chambre, en pressant sa petite main à travers les longs couloirs noirs et froids du château, ouvrit la lourde porte et la jeta sans ménagement sur le lit. Gabrielle prit peur mais le Comte entendait bien se faire dédommager. Il avait épousé une roturière ; il comptait bien grassement se faire payer !

Il se rua vers elle, l’écrasa de tout son poids, plaqua ses grosses lèvres sur les siennes et d’une main lui arracha le haut de sa robe qui fit jaillir ses beaux seins laiteux. Les saisissant à pleines mains, il les serra très fort, l’un contre l’autre puis lui pinça les tétons et les mordilla avec brutalité. Terrifiée, elle poussa un cri de douleur, ce qui eut pour effet de l’exciter encore plus.

Avec violence, il finit d’arracher le reste de sa robe. Gabrielle se retrouva nue, rougissant sous son regard avide. Il contempla son corps, un bref instant, puis lui écarta les cuisses. Il voulait la posséder de force, Gabrielle se débattit, se sentant terriblement humiliée. Lui commençait à sortir son membre pour la pénétrer ; il soufflait bruyamment. Elle pleurait et se débattait avec la rage du désespoir quand soudain, au moment fatidique, il s’écroula soudain sur elle. Il s’était endormi sous l’effet du vin qu’il avait abusé au cours du repas gargantuesque de leur mariage.

Incrédule, apeurée, elle le repoussa doucement, se leva et enfila juste sa chemise de nuit, jeta un châle sur ses épaules, sortie prudemment de la chambre et courut, aveuglée par les larmes dans ce dédale de couloir. Enfin elle finit par trouver la sortie. Une petite porte donnait sur la forêt. Elle préférait encore cet endroit hostile, froid et noir, à l’abominable scène vécue auparavant. Elle s’enfonça de plus en plus loin. Des bruits étranges résonnaient et de petites créatures se faufilaient, comme des ombres inquiétantes, dans les fourrés. Les ombres des branches s'allongeaient, s'étiraient tels des bras qui tentaient de la retenir, puis le cri d’une chouette retentit brusquement. Soudain, elle entendit un léger bruissement derrière elle. In quiète, elle se retourna brusquement et le vit.


N°2 - Mysstic

Ou du moins, elle sentit intensément sa présence dans le noir de la forêt. Puis doucement, elle distingua une masse sombre surgir de derrière un épais tronc d’arbre. Cette ombre lui semblait gigantesque et inquiétante, tout en se dirigeant vers elle. En distinguant les deux lueurs rouges, Gabrielle comprit alors qu’il ne pouvait s’agir que des yeux de l’effrayante silhouette. Ceux-ci ne pouvaient qu’appartenir à la créature de la forêt dont elle avait entendu parler et dont les intentions lui apparurent soudain très menaçantes.

La masse obscure s’approchait d’elle, inexorablement, d’un pas feutré malgré sa masse imposante, en soufflant profondément. Gabrielle était si pétrifiée par la peur qu’aucun son ne pouvait s’échapper de sa bouche. Elle tournait désespérément la tête à droite, puis à gauche dans l’espoir de trouver un moyen de s’enfuir maintenant, tout de suite et très loin. Tous les arbres, les fourrés, les bosquets, les branches lui semblaient faire un cercle qui se resserrait autour d’elle à mesure qu’elle tentait d’échapper à son face à face, avec la Créature. Elle comprit qu’aucune issue ne viendrait à son secours, qu’elle était infiniment seule, perdue dans l’obscurité de la forêt et à la merci de cette chose.

La Créature se tenait maintenant tout près de la jeune mariée qui pouvait sentir son long souffle rauque lui caresser les cheveux. Devant sa taille immense, elle se sentit comme une enfant. Elle ne lui arrivait qu’à la taille. Cette chose à l’odeur répugnante était vêtue d’étoffes grossières en cuir, en guise de veste qui tombait à mi-cuisse et était serrée à la taille par un large ceinturon. Ses bras énormes étaient recouverts d’épais long poils noirs au bout desquels elle vit des mains aux griffes acérées qui dégageaient une force effroyable. Ses jambes lui semblaient chacune aussi large qu’un tronc d’arbre et lui donnaient la sensation d’une puissance indestructible. En découvrant la dague dans son fourreau que la chose portait à sa ceinture, Gabrielle finit par comprendre le danger imminent qu’elle courait.

Cette chose n’était pas un animal, ni un être humain. Elle se tenait immobile devant elle, ne disant pas un mot et la fixait profondément dans les yeux. Gabrielle était transie de peur. Son corps se glaçait d’effroi. Elle se sentait sur le point de perdre connaissance. Elle implorait les cieux pour qu’on vienne à son secours. Tout doucement, presque imperceptiblement elle leva ses yeux écarquillés pour tenter de dévisager cette chose.

Malgré l’obscurité, elle put apercevoir les traits qui dessinaient son visage. Ce visage qui ressemblait davantage à la gueule d’un fauve qu’à celui d’un être humain. Une épaisse crinière hirsute ornait sa tête et des poils, tout aussi denses que ses bras, recouvraient tout son visage au milieu duquel ses yeux rouges scintillaient comme des flammes.

Gabrielle était comme hypnotisée par son regard dans lequel elle crut un instant déceler comme une expression de tendresse. Mais c’est quand la Créature posa sa main velue sur la joue de la comtesse, en lui murmurant

« Comme vous êtes belle… » que Gabrielle perdit soudain connaissance.

Quand la Belle reprit ses esprits, elle se découvrit seule allongée sur un immense lit en baldaquin qui trônait lui-même au milieu d’une immense pièce. Elle était toujours vêtue de sa chemise de nuit et son châle lui recouvrait le haut du corps. Elle ne se souvenait plus du tout de ce qu’il lui était arrivé et comprenait, encore moins, la raison de sa présence en ces lieux pour le moins intrigant. La pièce était magnifiquement décorée…


N°3 - Mysstic


Un énorme lustre chandelier de style Baroque éclairait, faiblement, la chambre mais Gabrielle s’habitua vite à la lumière des bougies. Le mobilier en marqueterie avec des poignées de couleur or, de lourds rideaux en taffetas, un immense miroir dont les moulures étaient ornées de petits angelots, deux fauteuils dont l’assise en velours pourpres trouvaient, naturellement, leur place de chaque coté d’une console, garnie d’adorables accessoires et une paire de chandeliers en cristal, offraient à cette pièce un décor somptueux. Jamais, Elle n’avait vu pareille richesse mais où se trouvait-elle ?

Elle se leva doucement et, sur la pointe des pieds, s’avança vers la porte. Elle l'ouvrit prudemment et, discrètement, observa les lieux. Un long corridor menait à une pièce où elle percevait d’étranges bruits. La lumière des bougies renvoyait d’étranges ombres qui l’effrayaient mais elle se dirigea vers cette pièce qui l’appelait irrésistiblement...

Plus elle s’en approchait, plus des cris et des plaintes s’en échappaient ce qui l’effrayait, de plus en plus. Gabrielle, sur le seuil de la porte, voulut rebrousser chemin mais sa curiosité l’emporta. Elle fit irruption dans la pièce et découvrit une scène qui la pétrifia d’horreur !!!

Il vit une grande cheminée dont le feu accentuait la forme gigantesque de son hôte qui se tenait près d’une grande table où une pauvre biche se débattait péniblement sous les griffes et les morsures que lui assenait la bête. Cette vision la bouleversa et dans un élan de courage, elle se rua sur lui !!!

Sous l’effet de la surprise, la Bête la bouscula avec violence, sa tête heurta le sol. La jeune femme tenta de reprendre ses esprits, tant la scène avait été rapide ; son cœur battait à n'en plus finir, surprise par sa réaction. En relevant sa tête, elle vit son visage, hideux. Du sang coulait le long de sa bouche et de son cou, pourtant elle croisa son regard, un regard profond, pénétrant, envoûtant, qui semblait presque désolé par cet incident.

Gabrielle se releva en chancelant et s’enfuit rapidement mais la Bête la pourchassa aussitôt. Elle finit par atteindre la porte de sa chambre mais il lui emboîta aussitôt le pas, se ruant sur elle, d'un air menaçant puis d’un coup féroce de ses griffes, lui arracha un morceau de sa chemise de nuit.

Gabrielle pudiquement tenta de se couvrir avec le peu d’étoffe qui lui restait mais à sa grande surprise, il s’approcha d’elle, d’une seule main, lui enlaça la taille et finit par lui déchirer doucement, morceau par morceau, sa légère chemise de nuit. La jeune femme se retrouva nue, honteuse et troublée par ce geste surprenant. Elle essaya de ses mains de cacher sa nudité, mais il l’en empêcha, contemplant longuement son corps, chose qu’il n’avait vu de sa vie.

Il s’attarda tout d’abord sur son visage, son cou, ses seins blanc laiteux, puis sur son ventre, ses longues jambes et enfin son sexe. Confuse, elle le supplia de la laisser se vêtir de son châle, mais il refusa. Il la souleva, délicatement, puis la porta jusqu’au lit, où il la déposa doucement et laissa son regard s’attarder, à nouveau, sur ce beau corps de femme qui le fascinait !!!

Soudain, il lui tourna le dos, se dirigea à grands pas, vers la porte et d’une voix ferme, lui dit :

- « dormez maintenant ! Je ne vous ferai aucun mal mais surtout ne vous enfuyez pas! Vous ne pourrez jamais m’échapper !!!

Il sortit de la chambre en claquant brutalement la porte et courut à l’extérieur du château... Un terrible rugissement se fit entendre. Gabrielle porta ses mains à ses oreilles pour se protéger de ce cri effroyable. Trop secouée, elle pleura longuement cette nuit-là et finit enfin par s’endormir aux aurores...


N°4 - Mysstic


Toute la forêt avait été comme pétrifiée par le hurlement de la créature. Celle-ci se tenait en haut d’une falaise, tendant les bras au ciel, implorant les esprits de la nuit. Dans sa fureur, elle arracha un arbre et le jeta au fond du gouffre. Debout, au bord du précipice, elle s’apprêtait à commettre l’irréparable quand il entendit les doux hululements d’une chouette dont la mélodie semblait vouloir consoler la Bête dans sa détresse. La créature se laissa alors tomber à terre en se prosternant à genoux tandis qu’elle soufflait et grognait profondément son immense peine. Un silence envahit toute la forêt.

Durant plusieurs heures elle resta immobile jusqu’à ce qu’elle se relève lourdement. Le monstre se retourna et s’engouffra parmi les arbres en suivant un sentier qui disparaissait dans l’obscurité de la forêt. Au bout de quelques minutes, elle s’arrêta devant un ruisseau dont les rivages étaient tapissés de magnifiques roses. Il s’approcha vers l’une d’elle en lui murmurant des mots imperceptibles. Puis se redressa et s’en retourna à son château, à grand pas, car le l’aube n’allait pas tarder à pointer.

Quand il entra chez lui, le désir irrépressible le poussa vers la porte fermée de sa belle captive. Il hésita un instant à poser sa main sur la poignée mais ne put s’empêcher de l’ouvrir. Il entra dans la pièce. Il se sentit alors comme enveloppé par un parfum évanescent de douceur et de tendresse. La belle était là au milieu du lit, nue, magnifique, telle une nymphe sortie des limbes de la beauté absolue. Elle venait juste de s’endormir. La Bête s’approcha encore jusqu’au chevet du lit.

La créature était tout proche de la Belle. Elle pouvait maintenant humer le parfum de ce corps si parfait aux reflets satinés. Elle contemplait émerveillée ses jambes infinies, ses hanches si accueillantes, son mont de Venus si lisse, son ventre si tendre d’amour, ses seins si chatoyants en partie recouverte par sa chevelure, son cou finement dessiné, son visage doux, sa bouche voluptueuse, et ses paupières endormies. Elle n’osait la toucher et luttait contre son désir d’aimer cette femme, éperdument.

Son envie de lui faire l’amour était de plus en plus insoutenable. Car elle savait que seul l’amour de la Belle pouvait rompre le sort dont elle était prisonnière. Alors, en dépit de ses retenues, d’un geste délicat, la créature velue approcha sa main pour caresser les cheveux de sa dulcinée qu’elle souleva pour découvrir ses tétons. La belle fît un mouvement de la tête mais resta toujours plongée dans ses rêves. La Bête sentit des pulsions de désir, de plus en plus puissantes, l’envahir. C’est alors qu’elle prit peur de ce qu’elle ressentait au fond d’elle-même et s’écarta brusquement du lit, tout en contenant le cri de fureur qui grondait en elle. En apercevant les premiers rayons de soleil lécher les carreaux des vitraux et tenter de se faufiler entre les rideaux, la Bête fut désolée en réalisant qu’elle devait s’arracher à cette vision enchanteresse et que rien au monde ne pourrait plus jamais lui faire goûter les délices de l’amour. Tout en gardant ses yeux fixés sur ce corps qu’elle désirait tant, la créature quitta la pièce pour s’enfermer dans sa chambre...


N°5 - Mysstic


Les rayons du soleil tapissaient lentement les murs de sa chambre, et comme à chaque nouvelle journée la magie allait opérer. Depuis près d’un siècle la Bête vivait sous l’emprise d’un sort, humain le jour et bête la nuit. Il tomba lourdement au sol et se mit à pousser des hurlements, comme à chaque fois que son changement s’opérait. Une affreuse douleur lui transperçait le cœur, il aurait préféré mourir que de subir un tel châtiment …

Au bout d’une heure qui lui paraissait une éternité il retrouva ce corps humain qui lui manquait tant, les larmes vint couler sur ses joues et dans un dernier effort il s’allongea dans son lit et s’endormi profondément …

Gabrielle se réveilla en sursaut, un cri horrible venait de se faire entendre, le même qu’elle avait entendu dans la forêt la nuit, mais là, il venait du château et non loin d’elle. Il faisait grand jour maintenant, elle se leva doucement enfila une robe de chambre et à pas de loup se dirigea vers les cris qui la pétrifiaient d’effroi mais sa curiosité l’emporta une fois de plus !
Elle franchit l’aile est du château, sombre et froid puis monta les escaliers et enfin atteignit l’endroit où elle entendait ces étranges cris…

Gabrielle resta paralysée devant la porte, puis y colla son oreille pour écouter, un long moment s’écoula et enfin le silence se fit enfin entendre. Elle frappa à la porte doucement, attendit qu’on lui permette d’entrer, mais rien, alors elle se décida d’y pénétrer. Elle ouvrit prudemment la grande porte et s’engouffra timidement.

Il faisait sombre dans cette pièce et elle dût s’habituer à la pénombre. Elle regarda autour d’elle et découvrit qu’elle était dans une chambre. Elle resta surprise de découvrir qu’elle était très vaste, au milieu trônait un lit à baldaquin dont les courtines gisaient aux sols déchirées, les rideaux aux fenêtres étaient en lambeaux, le mobilier était abîmé et renversé et une désagréable odeur s’en dégageait.

Elle s’avança doucement vers le lit, une silhouette était étendue à même la couche, prudemment elle se pencha vers ce corps inerte et découvrit avec stupéfaction que c’était un jeune homme. Il était nu, son corps grand et musclé était maculé de sang, ses cheveux mi-longs étaient sales. Il respirait doucement ce qui rassura Gabrielle. Elle courut chercher un broc d’eau chaude et des serviettes, s’assit près de lui et commença à le laver. Elle parcourut chaque partie de son corps délicatement.

Lorsqu’il fût parfaitement nettoyé, elle constata qu’il n’était pas blessé et en fut soulagée. Elle se mit alors à le contempler. Tout d’abord, elle distingua son visage carré qu’elle trouva très beau, ses yeux endormis aux épais sourcils lui paraissaient immenses. Il avait une bouche charnue, des épaules larges, des mains douces et massives, un torse musclé et de longues jambes, puis elle s’attarda malgré elle sur son sexe ce qui la fît rougir…
De sa main elle parcourut ce corps d’homme qu’elle voyait pour la première fois. Elle en fut troublée et dans un geste qui la surprit elle-même, elle se pencha vers lui et déposa un baiser furtif sur sa bouche.

Gabrielle se sentit confuse tant elle désirait ce corps qui ne l’avait pas laissée insensible. Elle l’embrassa, à nouveau, doucement les lèvres puis les joues le cou et chaque partie de son corps. Elle le voulait pour elle, tout l’attirait chez lui et dans un dernier élan, écrasa sa bouche contre la sienne cherchant à lui entrouvrir et là il ouvrit les yeux…


N°6 - Runner

En découvrant le visage de Gabrielle juste devant ses yeux, il eut d’abord comme une réaction de défense. Sa surprise fût telle qu’il recula même sur son lit. Gabrielle fût toute aussi surprise que lui en le voyant s’éveiller et recula son visage, en même temps. Elle ne réalisait pas que son charme venait d’agir.

Son baiser si profond, si sincère, si tendre, si généreux venait de rompre le maléfice qui emprisonnait l’homme de la bête depuis si longtemps. Son désir irrépressible pour cet homme l’avait arraché de son sommeil. Mais tout à coup, il eut soudain très peur, non pas de Gabrielle, mais plutôt par le fait de savoir que la créature qui l’habitait risquait de reprendre son apparence. Il voulait presque fuir.

Mais la beauté de Gabrielle assise sur le bord du lit à côté de lui le fascinait et le retenait à la fois. Il contemplait son visage si doux, si calme, si serein, si accueillant. Il ne réalisait pas encore le bonheur qui lui faisait face. Avec un tendre sourire et son regard de biche Gabrielle se redressa pour se tenir debout devant lui. Elle laissa alors tomber sa robe de chambre à terre pour se révéler à lui, nue, dans sa plus belle féminité sans aucune pudeur. Puis d’un geste gracieux, elle posa une main sur son torse et revint l’embrasser avec avidité.

L’homme était comme hypnotisé par cette femme et ne pouvait plus bouger. Son corps frissonnait par la douceur de sa bouche. Il lui semblait qu’il n’avait vécu pareil sensations depuis la nuit des temps. Le baiser de Gabrielle était langoureux et profond. Sa langue s’enroulait autour de celle de l’homme qui lui répondit avec tendresse. Leurs langues s’enlaçaient et s’emmêlaient avec fougue. Tellement abasourdi de se découvrir dans la peau d’un homme et de surcroit nu devant elle, il n’osait pas encore lui caresser le visage et les cheveux. Il restait toujours immobile avec les bras étendus comme s’il était prisonnier de l’emprise si sensuelle de cette créature de rêve.

Elle commença alors à parcourir du bout des lèvres le visage émacié de son prince. Elle glissait ensuite ses lèvres sur son cou, son torse et son ventre. Elle remarqua alors que ses baisers tendres commençaient à produire l’effet qu’elle désirait tant. Il était évident que cet homme ne pouvait contenir son désir tandis que tout son corps était envahit par le plaisir.
Gabrielle contemplait maintenant avec plaisir l’ardeur de son amant qui doucement gonflait et se dressait. Elle s’en approcha par de voluptueux baisers qui semblaient survoler sa peau.

Délicatement, elle saisit les testicules pour les masser tandis qu’elle posait sa bouche sur le gland de cette verge de plus en plus majestueuse. Sa peau est douce comme de la soie. L’homme poussait de profonds gémissements de bien être en penchant sa tête en arrière. Gabrielle continuait avec de plus en plus d’âpreté. Elle faisait glisser ses lèvres le long de sa verge jusqu’à ses testicules puis remontait jusqu’à la pointe de son gland qu’elle s’amusa à titiller du bout de la langue.

C’est alors qu’elle posa sa bouche au sommet de son objet de désir avant de le faire disparaître centimètre par centimètre tout au fond de sa gorge chaude et humide. Ce qui arracha à son amant un long et profond soupir guttural. Elle conserva ainsi sa verge dans sa gorge de longues secondes avant de commencer à monter et descendre sa bouche sur toute la longueur du pénis avec une dextérité étonnante. Ce pénis se dressait maintenant magnifiquement et Gabrielle étaient heureuse de le posséder en le saisissant fermement d’une main tandis que de l’autre elle continuait de malaxer ses couilles. Pendant de longues minutes, elle prodigua ainsi une fellation dont elle-même ne se serais pas jamais cru capable. L’homme haletait sous les caresses buccales de sa belle. Les sensations le submergeaient tant et si bien qu’il lui pria de ralentir de peur de s’abandonner trop tôt.

Gabrielle releva son visage en lui adressant un sourire malicieux. Son regard révélait sa malice de ne pas en rester là. Elle entreprit de se positionner à califourchon face à lui au dessus de son visage, son bas ventre bien au dessus de son visage. Elle avait une envie terrible de sentir la bouche de cet homme embrasser son intimité. Tout en le contemplant, elle ondulait lascivement son bassin en approchant sa vulve vers sa bouche jusqu’à la poser enfin sur ses lèvres charnues.

Gabrielle tressaillie de bonheur quand elle sentie la bouche de son amant se poser sur son bouton rouge. En se tenant aux cuisses de Gabrielle, il commença par lui embrasser le clitoris en s’amusant à le pincer entre ses lèvres avant de glisser la pointe de sa langue entre les pétales de sa rose. Il se délectait de son nectar en la léchant goulûment. Tout en massant les seins de sa belle, il plongeait sa langue dans les braises de son ventre et tournait de longs instants dans ses abysses brûlants de désir. Gabrielle se laissait emporter par un vertige de plaisir qui l’emmenait au bord de l’extase. Elle gémissait, soupirait de plus en plus en fort. Elle implorait son bel amant de continuer, de continuer encore. Elle sentait sa langue aller et venir dans son vagin avec une douceur extraordinaire. Et c’est alors qu’elle succomba dans un orgasme violent qui la fît tressaillir de tout son être. Elle cria si fort sa jouissance que tout le château en fit l’écho puis s’écroula, exténuée, sur le lit aux côtés de son tendre et cher amant.

L’homme contemplait Gabrielle avec une profonde tendresse avant de l’embrasser d’un langoureux baiser, heureux qu’il fût d’avoir pu offrir un tel bonheur à sa princesse. Gabrielle avait remarqué que le désir de son amant n’avait pas pour autant baisser d’intensité. Après avoir reprit ses esprits, elle décida de se placer en levrette car elle aimait beaucoup cette position qui lui procurait des sensations très fortes.

L’homme comprit aussitôt son désir et se plaçait donc à genoux derrière sa croupe. Gabrielle posa sa tête sur les draps de soie et ses mains sur ses fesses pour mieux les écarter et offrir ainsi pleinement sa chatte à son homme. Elle pouvait le deviner juste derrière elle, son pénis gonflé, raide et tendu tout proche de sa fente chaude et humide. Doucement, il approcha sa queue à l’entrée de sa chatte ruisselante. Délicatement, il introduisit son gland puis doucement encore, il enfonça sa queue dans le ventre de Gabrielle, profondément et irrésistiblement jusqu’à la garde.

- Dieu que c’est bon ! cria Gabrielle.
- Oh oui que c’est bon….répondit l’homme qui la tenait fermement par les hanches, alors qu’il commençait déjà un va et vient vigoureux au fond de ses entrailles.

Gabrielle pouvait sentir ses bourses heurter son clitoris à chacun de ses coups de reins et elle adorait ça. Il pilonnait sa chatte de plus en plus vigoureusement. Il s’arrêtait quelques secondes puis reprenait ses coups de boutoir. A chacune de ses accélérations, il pouvait pressentir que sa dulcinée allait jouir à nouveau. Il se mit à continuer de plus belle à un rythme de plus en plus effréné. Ses mouvements s’accélèrent encore et encore.

Le corps de Gabrielle était secoué et chahuté énergiquement. Elle gémissait tout son plaisir d’être ainsi possédée enfin par l’homme à qui elle avait toujours rêvé de s’offrir. Elle le sentait palpiter dans son ventre et cela l’excitait éperdument de le sentir ainsi reprendre goût à la vie. Tout en cognant ses fesses contre les hanches de son amoureux afin de sentir sa verge encore plus profondément dans son ventre, elle sentit qu’elle allait une nouvelle fois succomber. Elle conjura alors son prince de la rejoindre dans sa jouissance.

- Venez avec moi… Oui… Jouissez avec moi mon amour, je vous en prie…
- Oui oui…. Je vous rejoins ma princesse… » lui répondit-il.

Il accéléra la cadence, la serra contre lui, s’agrippa à ses épaules. Leur union était totale. Et soudain… ensemble, ils hurlèrent, en même temps, leur orgasme. Leurs jouissances communes étaient inouïes, somptueuses, magnifiques. A coups de spasmes, il inonda de sa semence chaude les entrailles de Gabrielle qui criait son plaisir d’être ainsi comblée. Leur étreinte était d’une beauté rare. Ils restèrent un long moment immobiles. Lui couvrant Gabrielle en levrette la remplissant de toute son effervescence.

Epuisés, il s’allongèrent enfin encore unis avant de se libérer, l’un de l’autre, avec une infinie délicatesse et tendresse. Les yeux dans les yeux ils se souriaient puis s’embrassèrent encore en laissant s’apaiser leurs corps encore chauds d’émotions et de sensations inoubliables. Quand les premières lueurs du jour apparurent dans la pièce et caressèrent leurs deux corps endormis, ils s’éveillèrent enchantés que le maléfice ait disparu et s’enlacèrent, à nouveau, emportés de passion dans une étreinte torride.


N°7

Ils restèrent longuement endormis. Lorsque Gabrielle se réveilla, elle éprouva une sensation désagréable. Il faisait nuit noire et pourtant elle ne reconnut pas l’endroit où elle était. D’abord, elle crut rêver puis son cœur s’accéléra, et enfin ce lieu qui lui paraissait familier lui revient à l’esprit comme s’il voulait la hanter à nouveau. Elle était à nouveau dans le château du Comte de Kruth !

Dans son lit, elle était habillée avec la chemise de nuit blanche que la Bête lui avait déchirée !!! Elle ne put y croire et se pinça la joue, pour se réveiller. La peur commençait à l’envahir et la sueur coulait le long de son dos. Comment était-elle revenue ici ? Avait-elle tout rêvé ?

Elle n’osait bouger de peur de réveiller l’homme qui dormait profondément à ses côtés, mais un cri sortit du plus profond d’elle. L’homme couché auprès d’elle se réveilla brusquement et examina ses mains, d’un air effrayé. Soulagé de constater qu’elles n’avaient pas changé, il se tourna vers Gabrielle qui criait et pleurait de plus belle.

- Ne pleure pas Gabrielle, c’est bien moi, ton bien-aimé. N’ai pas peur, je suis toujours là…

Il la serra alors très fort contre lui et l’embrassa sur les yeux, les joues, en la berçant doucement. Gabrielle se détendit, retrouvant ses esprits et reconnut enfin l’homme qu’elle aimait. Il lui expliqua que le maléfice était rompu, pas simplement pour lui, mais pour elle aussi. En aimant enfin une personne, la Bête était redevenue un Etre humain quant à elle, elle avait droit à ce qu’elle avait toujours désiré, faire plaisir à son père en épousant un noble et trouvé son prince charmant. La magie avait tout simplement opéré entre eux.

Le Comte de Kruth n’existait plus sous la forme de cet odieux personnage mais bien sous les traits de ce beau jeune homme, à tout jamais. Désormais, ils pourraient s’aimer au grand jour, avec la bénédiction de son père et de toutes les personnes du château. Ils vivraient enfin au grand jour leur belle histoire d’amour et rien n’y personne ne les séparerait plus jamais.

Rassurée, Gabrielle ne songeait plus qu’à une chose, en se blottissant dans les bras de son mari : avoir des enfants avec l’homme qu’elle chérissait, mais ça, c’est une autre HISTOIRE !


FIN



Retour


http://www.erotica51.com © 14.03.2003 - 14.03.2017 - Tous Droits Réservés