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L'INCONNU DU TRAIN N°9877

par Sergi0101 et Erotica51

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N°1 _ Erotica51

Un long crissement aigu se fait entendre. Le train arrive, en freinant longuement. Il est encore tôt et mon regard se porte sur le quai 5 où je me trouve. Il y a peu de monde. Tant mieux, j'en profiterai pour sommeiller un peu, le temps d'arriver à destination. Ma nuit a été courte une nouvelle fois.

Habituée à me déplacer, de long en large, pour me balader en train, en France, je me contente d'un simple sac de voyage. Inutile de me retrouver surchargée. Je garde un coté sens pratique, qui m'a bien souvent aidée, parfois.

Le train s'est arrêté. Je monte rapidement les quelques marches, la porte transparente s'entrouvre comme par magie à mon approche et je me retrouve dans le wagon. Un dernier regard sur mon billet par précaution pour vérifier mon emplacement. J'ai réservé la place N°1267.

Je perche mon bagage, en me dressant sur la pointe des pieds. Puis, poussant un long soupir de soulagement, je m'assois près de la vitre, dans le sens de la marche et ferme enfin les yeux. Le train n'a plus qu'à continuer sa route...

J'entends le chef du quai donner le signal du départ, par un long sifflement strident. Dans quelques secondes, les wagons vont s'ébranler et s'élancer sur la voie...Personne ! Je règle mon téléphone pour le faire sonner, au cas où j'oublierai de me réveiller. Le monde continue de tourner pendant que mon esprit commence à sombrer dans les bras de Morphée....

N°2 _ Erotica51

Je plonge lentement dans une douce et bienheureuse somnolence. J'ai des heures de sommeil à rattraper et je profite de ces moments ou mon esprit peut se libérer de toutes contraintes, en grappillant un peu de repos, bien mérité.

Le bruit du sas soudain qui s'entrouvre me fait sursauter. Que se passe-t-il ? Un voyageur vient de pénétrer dans le wagon, d'un pas décidé, le téléphone à l'oreille, paraissant un peu énervé.

Je ne bouge pas et me contente discrètement de l'observer. Plutôt grand, la cinquantaine environ, habillé avec soin, il se dirige un peu plus loin dans le wagon, sans même se rendre compte de ma présence. Malgré moi, j'écoute sa conversation :

- Ok, ok ! Tu as raison, tu as toujours raison, tu veux toujours avoir raison ! Tu sais parfaitement bien que mon emploi ne me permet pas d'être toujours chaque soir à la maison. Si j'ai une bonne paie, c'est aussi parce que je dois accepter de partir plusieurs fois en déplacements....

- Mais...Mais…Je te dis que ... Enfin, vas-tu arrêter cinq minutes de parler et m'écouter, à la fin !? Quoi ? Tu me quittes définitivement ? Tu as bien réfléchis ? Non, c'est impossible ! Je ne peux pas revenir, parce que je suis déjà dans le train ! Oh et puis flute !!! Vlan !

L'homme me tourne le dos et vient de raccrocher nerveusement. Il parait cette fois excédé et je l'entends marmonner entre ses dents : Quelle idiote ! Ce n'est pas possible d'être aussi égoïste ! Faut-il être bête pour sortir avec une telle fille !

L'allusion me fait soudain rire...Percevant ma présence, l'homme se retourne brusquement et me voit, tout surpris.

- Excusez-moi, je croyais être seul dans ce wagon...

Je souris, en voyant combien il parait ennuyé d'avoir dévoilé un pan de sa vie, lui répondant :

- Je ne voulais pas être indiscrète...mais votre dernière phrase m'a trop fait rire...

- C'est vrai, je le reconnais. Je me suis conduit comme un idiot aussi dans cette histoire. Je savais dès le départ que nous n'étions pas faits l'un pour l'autre.

- Vous paraissez éprouvé. Voulez-vous m'en parler ? Parfois, en discuter peut permettre de se soulager.

L'homme eut son premier sourire, se rapprocha encore un peu plus puis me tendit la main, me disant :

- Pardonnez-moi, je manque totalement de courtoisie. Je ne me suis même pas présenté : Raphael Dubois

- Enchantée, moi, c'est Aurore ...

L'homme me regarda avec plus d'attention puis sourit d'un sourire irrésistible ! La glace venait de se rompre...

N°3 – Sergi0101

Il avait quitté Irkoutsk dans les premières tempêtes de l’automne où les feuilles des bouleaux voltigent dans le ciel. L'Antonov s'était posé à Sheremetyevo Airport-Moscou pour prendre deux heures après un avion pour Paris

Il avait atterrit dans ce drôle d'aéroport circulaire, sorte de bulle à tentacules qui l'étonnait toujours par sa simplicité dynamique, le génie français surement.......

Alexander Samiakine était dans le TGV qui descendait vers la Côte d'Azur, là-bas au bord de la Méditerranée, la mer de tous les empires qui se sont entrechoqués sur 30 siècles

Débarquant d'un taxi nonchalant, il traversa au pas de course toute la gare de Lyon en slalomant entre les badauds et leurs valises pour monter au coup de sifflet dans le train N° 9877

Pile poil à la dernière seconde, il reprit son souffle pour remonter le train et trouver sa place en 1ière classe. Il entra enfin dans le compartiment où l'attendait la place rouge 1269, il salua un homme et une femme qui se parlait en riant, rangea son sac de cuir et plia son loden.

Assis confortablement dans le silence du train, il s'endormit rapidement, la Sibérie lui fermant les yeux avec un rêve de neige...

N°4- Erotica51

Aurore observa, avec curiosité, l’inconnu s’installer, puis son regard se tourna vers l’autre passager, en souriant. Raphael Dubois lui rendit son sourire, lui faisant signe d’un doigt posé sur les lèvres, qu’ils allaient devoir discuter moins fort. Le nouvel arrivant paraissait s’être endormi, profondément.

Nos deux nouveaux amis recommencèrent à discuter, à voix basse, finissant par oublier l’homme qui paraissait endormi dans leur compartiment. De temps à autre, Aurore lui jetait un bref coup d’œil, mue par une curiosité féminine bien naturelle. D’où venait-il ? Ou allait-il ? Pourquoi s’intéressait-elle à cet inconnu ?

Quand elle tourna à nouveau son regard vers Raphael, celui-ci avait les sourcils froncés. Apparemment, il n’aimait qu’un autre homme capte son attention. Etait-il d’un tempérament exclusif ?

Contrariée à cette pensée, Aurore tourna les yeux vers la fenêtre, pensivement, laissant le paysage défiler à toute vitesse. Son compagnon sentit qu’elle n’avait plus envie de discuter et chercha un journal dans son attaché case, pour se donner une contenance, furieux malgré lui, de se sentir rejeté, depuis l’arrivée de cet homme.

Le train avançait vite. Aurore avait hâte d’arriver dans le midi. Sa région avait trop manqué de soleil, cette année. Ces quelques semaines de vacances lui seraient bénéfiques.

N°5 _ Erotica51

Aurore tourna son regard vers la vitre et retint un mouvement de surprise. L'inconnu la regardait discrètement un léger sourire paraissant flotter, au coin de ses lèvres...Et dire qu'elle l'avait cru endormi ! Quel malin !

Elle ne pût s'empêcher de lui rendre tout aussi discrètement son sourire. L'homme était séduisant e il y avait quelque chose en lui qui l'attirait depuis son arrivée dans le wagon.

Aurore ne put s'empêcher de croiser et décroiser ses jambes, nerveusement, qu'elle avait longues et musclées par le jogging. Elle contempla ses ongles soigneusement vernis, qui dépassaient du bout de ses hauts talons. Elle en vérifia la bride puis la réajusta, sentant sur elle la caresse du regard de cet homme qui ne la lâchait pas du regard.

Une douce chaleur commença à lui monter au visage. Voila qu'il la faisait rougir ! Elle garda les yeux baissés, n'osant les relever de crainte de sentir à nouveau son regard insistant la regarder.

N°6 _ Erotica51

Raphael Dubois s'était réfugié derrière la page de son journal le Monde, maintenant celui-ci dressé comme une barrière infranchissable, entre eux. Quel fichu caractère celui-ci révélait sans s'en douter ! Elle soupira puis son regard se tourna, à nouveau, vers le nouvel arrivant :

L'homme s'était redressé, l'observant avec une certaine curiosité, sans plus se cacher. Elle apprécia sa franchise immédiatement. Qu'allait-elle encore découvrir sur cet homme ?

Ses yeux se portèrent sur ses chaussures. Elles étaient en cuir, cirées et propres. L'homme révélait un caractère soigneux qui lui plut aussitôt...On sentait qu'il avait l'habitude de marcher, de voyager aussi. Il ne s'embarrassait pas d'une valise monstrueuse. Juste d'un simple sac de voyage contenant le strict nécessaire.

Perdue dans ses pensées, elle en avait oublié le regard de cet homme, posé sur elle, avec curiosité, qui la détaillait, lui aussi, en silence. Qu'elles étaient ses pensées qu'il se gardait bien de dévoiler ? Peut-être n'osait-il pas lui parler, craignant sans doute, que Raphael Dubois ne soit son mari ou amant ?

Elle se retint de rire, amusée en ayant cette pensée : s'il avait fallu écrire toutes leurs pensées réunies dans cet étroit wagon, à eux trois, ils auraient surement fait la moitié d'un livre !

Mais pour l'instant, cet inconnu demeurait une véritable énigme qui l'intéressait et excitait sa curiosité prodigieusement. Elle décida de lui sourire carrément, désirant rompre la glace entre eux. L'homme eut un frémissement étrange puis se penchant vers elle, lui tendit la main en se présentant :

Premier regard, premier contact _ N°7 _ Erotica51

- Bonjour, je m'appelle Alexander Samiakine !
- Oh bonjour, je...je suis...bredouilla-t-elle, étrangement émue en sentant sa main chaude lui emprisonner la main comme s'il craignait de la voir s'enfuir.

Bizarrement, la chaleur qu'elle avait ressentie sembla l'envahir entièrement. Décidément, cet inconnu lui faisait vraiment un effet renversant.

Son regard ne la lâchait pas non plus, comme s'ils restaient soudés l'un à l'autre, mystérieusement, par un lien invisible. Puis le regard d'Alexandre dévia sur leur voisin caché derrière son journal mais qui ne perdait pas une miette de leur conversation. Irrité, il plia son journal en quatre puis se relevant, ouvrit la porte, puis partit faire quelques pas dans le couloir, les laissant enfin seuls.

- Votre époux sans doute ? demanda-t-il enfin ?
- Non, juste une personne rencontrée dans ce wagon, à mon arrivée, lâcha-t-elle. Nous venions juste de faire connaissance.
- Humm j'aime mieux cela, répondit Alexander, en riant...la laissant pantoise de stupéfaction.

N°8 _ Erotica51

Elle se racla la gorge pour reprendre contenance puis lui dit, d'une voix plus douce :

- J'ai oublié de vous dire mon prénom : Aurore
- Vous êtes la beauté du jour réincarnée, lui chuchota Alexander, d'un regard qui la mit en ébullition
- Ne soyez pas si flatteur. J'ai une foule de défauts ! Si vous les connaissiez, vous vous sauveriez en courant...
- Pas de danger, Aurore. Je n'ai jamais fui devant aucun danger. Et vous ne me paraissez pas être un danger ...plutôt...
- Plutôt ???
- Vous êtes plutôt une femme terriblement attirante

Décontenancée par le tour que prenait leur conversation, Aurore se sentit rougir jusqu'au bout des oreilles. Baissant la tête, elle cherchait désespérément quelque chose pour détourner l’objet de cette conversation, sans rien trouver, triturant nerveusement la boucle de sa chaussure...

Alexander se mit à sourire lentement, la couvant d'un regard luisant de convoitise. Ce voyage s'annonçait sous de bien agréables hospices. Le plus dur allait être de se débarrasser de ce Dubois qui semblait lui aussi intéressé, par cette jeune femme.

Alexander lui attrapa la main, l'empêchant de retoucher pour la centième fois la boucle de sa chaussure et lui baisa délicatement le bout des doigts. De couleur pivoine, Aurore vira au rouge écarlate, cette fois...

N°9 _ Erotica51

Alexander se retint de sourire de contentement, craignant d'effaroucher la jeune femme. Il fit comme s'il n'avait pas remarqué sa rougeur subite aussi...Elle était pourtant charmante ainsi, les joues rougissantes. Cela faisait ressortir la couleur de ses yeux bleus...

Il leva la tête en voyant un ombre dans le couloir se rapprocher. Surement son rival qui comptait revenir à la charge. Alexander se leva puis chuchota à l'oreille d'Aurore :

- Cela vous dirait de venir déguster une coupe de champagne en ma compagnie ?

Aurore qui n'avait rien remarqué, eut un sourire radieux puis acquiesça, se levant aussitôt pour le suivre, attrapant son sac à main au passage.

La porte s'ouvrit au même moment, livrant passage à son rival, dont le regard furieux était aussi éloquent que s'il avait reçu une gifle en public.

Alexander se retint de rire, passant devant lui, lui jetant un regard franchement ironique, puis sortit, suivi de près par Aurore qui n'avait pas osé croiser le regard de ce cher Dubois ! Il faut dire que son regard n'avait plus rien d'agréable cette fois !

Une fois dans le couloir, Alexander et Aurore éclatèrent de rire comme deux gamins farceurs !

N°10_ Sergi0101 _

Dans le long couloir à travers des gens pressés ou stoïques où s'ouvrent des univers au gré des compartiments qu'ils croisent, famille gavant leurs enfants de gâteaux secs sur leurs jeux vidéo, amoureux enlacés d'amour avec des baisers pour preuve; Monsieur en costume 3 pièces sur son Fig-Mag, face à ce blond à lunettes et tête de prof qui lit l'Humanité, et puis des dizaines d'autres qui ricanent ou réfléchissent, penchés sur leur portable et qui parcourent des kilomètres d'informations, plus ou moins fiables

Monde d'un monde ou train du monde, l'un dans l'autre, chargé d'histoires personnelles qui s'entrecroisent sans se toucher

Alexander une main sur l'épaule d'Aurore se laissent conduire à travers ce long boyau, avec au bout le Champagne, deux coupes, quatre yeux bleus... et aimez-vous Brahms ?

Au croisement d'un autre TGV, le monstre de fer est pris d'un tremblement. Tout le monde se met à vaciller, Aurore, en suspend, se retrouve dans les bras d'Alexandre

Ils éclatent de rire et reprennent leur marche lente qui enfin arrive à son but, le wagon-bar ou restaurant à l'heure du coup-de-feu

Alexandre commandent une bouteille de Champagne, breuvage des moines ou d'amour, c'est comme on veut... Ils s'assoient à une table et déjà les coupes sont pleines. Ils trinquent les yeux dans les yeux, une coupe après l'autre

Aurore à les joues roses et regardent les mains d'Alexandre, longues et fines mais pourtant puissantes elle en est sûre, car elle se souvient de sa main se posant sur son épaule dans le couloir

Alexandre lui raconte que dans la forêt sibérienne il y a deux sortes d'ours, les carnivores qui vivent par terre et les herbivores qui grimpent aux arbres

Les plus dangereux vivent par terre, et souvent les hommes leur ressemblent, certainement encore plus dangereux

Aurore resta pensive en finissant sa coupe qui fut immédiatement remplie…

N°11 _ Erotica51

Aurore tenta bien de refuser cette seconde coupe de champagne mais le serveur fut plus rapide qu'elle. Alexandre de son coté la rassura :

- Craignez-vous de perdre la tête avec deux coupes de champagne ? Lui demanda--t-il en lui souriant malicieusement

- Un peu, je l'avoue, murmura Aurora troublée par l'azur magnétique de son regard qui semblait l'envelopper d'une douce chaleur, pendant que le champagne peu à peu la détendait.

Ils restaient indifférents à tous ces gens qui passaient et repassaient dans l'allée du train, en discutant bruyamment. Seuls leurs yeux parlaient en silence de façon éloquente, livrant malgré eux leurs plus secrètes pensées en les troublant.

Quand la main d'Alexandre se posa en douceur sur la sienne, Aurore éprouva un doux frisson...Elle ne savait presque rien de cet homme et pourtant, elle se sentait irrésistiblement attirée par lui.

Elle sentit les pieds d'Alexandre emprisonner la cheville de son pied droit pendant qu'il lui murmurait :

- Retirez vos hauts talons

N°12 _ Erotica51

Trop surprise par cette demande pour le moins surprenante, Aurore retira une de ses chaussures, puis leva un regard interrogatif sur Alexander :

- et ensuite ? lui demanda-t-elle

- posez votre pied sur mon genou, et ne craignez rien...Laissez vous faire simplement, lui répondit-il un léger sourire moqueur au coin des lèvres

Aurore prit sa respiration comme si elle allait se jeter à l'eau, puis relavant discrètement son pied libéré de sa chaussure, le posa sur le genou d'Alexander, se demandant confusément ce qu'il comptait faire avec.

Tout en tenant sa coupe de champagne d'une main, il posa son autre paume sur le pied d'Aurore, le laissant s'imprégner de sa chaleur...

Quand il la sentit se détendre, Alexander commença à lui masser le pied, doucement, lentement, discrètement, observant avec acuité les sensations qui lui montaient au visage. Chaque orteil eut droit à ce traitement, libérant en elle un flot de sensations méconnues. Elle était tombée dans une douce béatitude qui la laissait sans voix...

N°13 _ Erotica51

Les caresses d'Alexander durèrent un bon moment mais l'esprit d'Aurore voguait dans une béatitude extraordinaire. On aurait dit qu'ils étaient seuls au monde...Seul, le bruit des roues du train faisait encore entendre un «tchit-tchit» incessant et monotone qui la berçait malgré elle.

Alexander se pencha alors au dessus de la petite table qui les séparait et approcha lentement son visage de celui d'Aurore, lui lâchant enfin le pied. Ses yeux bleus luisaient d'un éclat incroyable qui la fit frissonner malgré elle. Aucun homme ne l'avait jamais attirée à ce point.

Ses yeux se fermèrent, tout en sachant ce qui allait arriver. Sa bouche s'entrouvrit, humide et rose comme un bouquet de groseilles. Quand la bouche d'Alexander toucha enfin la sienne, ce fut un flot d'adrénaline qui l'envahit toute entière.

Un doux soupir de bien être lui échappa, la faisant peu à peu revenir sur terre. Ses yeux s'entrouvrirent à nouveau...

Alexander la fixait comme un cobra en train d'aimanter sa proie. Elle recula soudain, effrayée, présentant un danger inconnu face à cet homme, qu'en réalité, elle ne connaissait pas si bien que cela...

N°14 _ Erotica51

Aurora avala sa salive avec difficulté. La façon dont l'avait fixé Alexander l'avait soudain mise mal à l’aise. Elle décida de retourner à son wagon et lui en fit part, remettant nerveusement ses hauts talons en place.

- Excusez-moi Alexander mais je vais aller me reposer, lui dit-elle en se levant, le laissant interdit, sans autre explication.

- Très bien. A tout à l'heure Aurore...

Il la suivit des yeux un moment, se demandant quelle mouche venait de la piquer. Elle était à deux doigts de lui tomber dans les bras. Ce soudain renversement était à ses yeux, plutôt déconcertant ! Ah les Femmes ! Essayez donc de les comprendre ! se dit-il intérieurement, en se mordant la lèvre nerveusement.

Aurore fila rapidement dans le couloir, souhaitant retrouver soudain la présence rassurante de Dubois. Serait-il encore là, se demanda-t-elle, inquiète. Après l'avoir planté, tout seul, pour aller prendre une coupe de champagne avec Aurore, elle comprenait qu'il ait eu envie de changer de wagon.

Elle ouvrit la poignée, regardant aussitôt la place qu'il occupait quant elle l'avait quitté et poussa un long soupir de soulagement. Raphael Dubois était bien là, endormi comme un enfant, la bouche légèrement entrouverte, une boucle de cheveux balayant doucement son front.

Aurore sourit d'attendrissement, espérant ne pas le réveiller...Mais le déclic de la porte l'avait éveillé et il se redressa aussitôt sur son séant, en lui souriant :

- Je suis heureux de vous revoir Aurore...seule, lui chuchota-t-il, en lui décochant un clin d'œil malicieux.

N°15 _ Erotica51

Aurore fut soulagée en voyant que Raphael Dubois ne lui en voulait pas de s'être absentée avec un autre, que lui. Elle savait combien le trajet allait être long avant de retrouver sa famille.

Raphael l'observait avec curiosité, notant un changement imperceptible en elle :

- Vous avez l'air beaucoup plus détendue, lui fit-il remarquer, l'air étonné

- Cela doit être le massage des pieds auquel j'ai eu droit. Je reconnais que j'en ignorais totalement les bienfaits, répondit-elle en souriant, d'un air pensif...

Il est vrai que ce massage l'avait plongée dans une douce béatitude. Si elle avait été seule dans le wagon, elle se serait bien offert un instant de sommeil aussi mais cela s'avérait impossible.

En la voyant se frotter la nuque, Raphael la regarda un instant, se demandant si cela n'était pas trop présomptueux de sa part puis prenant son courage à deux mains, lui proposa :

- Aurore, si cela ne vous choque pas, accepteriez-vous que je vous masse le cou ? Vous paraissez courbaturée. Cela vous détendra, vous verrez...

Aurore releva la tête, trop surprise puis se dit qu'après tout, ce voyage s'avérait plein de surprises enrichissantes et acquiesça en lui répondant :

- Je reconnais avoir passé des heures à travailler sur mon ordinateur avant de venir dans le train. Ce n'est que maintenant que je ressens ces courbatures peu agréables. J'accepte avec plaisir...

Raphael poussa un soupir de soulagement. Il avait craint un instant, qu'Aurore refuse. Il n'en était rien. Il remonta ses manches, puis la fit asseoir, se mettant derrière elle, lui remontant doucement ses longs cheveux sur le haut de la tête.

- Avez-vous de quoi les attacher ? Je ne voudrais pas vous les tirer, lui murmura d'une voix rauque Raphael, ému soudain à l'idée de frôler le satin de sa peau.

- Une seconde. J'ai toujours une barrette pour les maintenir, répondit aussitôt Aurore, en les fixant rapidement...

Quant les mains de Raphael commencèrent leur lent massage, Aurore frissonna agréablement. Comme ses gestes étaient doux…

N°16_ Erotica51

Aurore ferma les yeux, se laissant masser doucement. On aurait dit que les doigts de Raphael dénouaient, peu à peu, toutes ses tensions. C'était vraiment une impression relaxante. Peu à peu, ses épaules se décrispèrent, sa tête se mit à dodeliner au fur et à mesure des gestes apaisants de Raphael sur sa nuque...

- Puis-je vous descendre un peu la fermeture éclair de votre robe Aurore ? J'ai une crème à vous faire tester et j'ai peur de tacher votre tenue, lui demanda soudain Raphael, la faisant émerger de sa torpeur.

- Je vous fais confiance, lui répondit-elle, un léger sourire de bien-être flottant encore sur ses lèvres

Raphael ne se fit pas prier. En quelques gestes, il mit un peu de crèmes sur la paume de ses mains, puis recommença à lui masser les épaules, le cou, puis à descendre le long de son dos...

La peau d'Aurore était si douce, si blanche...N'allait-elle jamais bronzer au soleil, se demanda Raphaël, étonné. C'était si rare une telle blancheur parmi la jeunesse d'aujourd'hui. Perdu dans ses pensées, ses massages devinrent de savoureuses caresses...

Soudain, la porte du wagon s'ouvrit brusquement et la voix d'Alexander leur parut menaçante:

- Je vois, Aurore, que vous n'avez pas perdue de temps en mon absence !

- Mais ce n'est pas ce que vous croyez, bredouilla Aurore, le rouge aux joues, essayant maladroitement de se rhabiller, n'osant croiser son regard chargé de colère...

Les deux hommes se défièrent du regard. S'il y avait une froide colère dans le regard d'Alexander, on devinait dans celui de Raphael, un certain contentement...

N°17 _ Erotica51

Aurore tentait de se rhabiller maladroitement, soudain trop nerveuse face au regard plein de mépris d'Alexander. Décidément, les hommes étaient loin d'être faciles à comprendre.

- Quand le chat n'est pas, je vois que la souris danse, lui dit Alexander, d'un ton moqueur

Aurore sentit brusquement la moutarde lui monter au nez ! Il commençait sérieusement à dépasser les bornes ! Elle le fixa, droit dans les yeux, osant cette fois, l'affronter :

- De quel droit vous permettez-vous ce genre de réflexion, Alexander ? Nous ne sommes ni amants, ni mariés ni pacsés, il me semble !

Surpris de la voir réagir au quart de tour, Alexander essaya toutefois de l'amadouer :

- Mais je ...

Trop tard ! Cette fois-ci, Aurore était bel et bien lancée, son beau regard lançant brusquement des éclairs !

- Le fait de boire une coupe de champagne ensemble et de m'avoir fait un massage des pieds ne vous donne aucun droit de propriété sur moi, Alexander ! Que ce soit bien clair !

Sitôt dit, elle se leva d'un bond de son siège, attrapa son sac à main, et sortit comme une tornade du wagon, laissant nos deux protagonistes, face à face, stupéfaits !

Elle avait grand besoin de prendre l'air et de marcher. Elle se mit à la recherche d'un contrôleur, pour lui demander une nouvelle place, mais dans un autre wagon...

N°18 _ Erotica51

Raphael et Alexander se regardèrent, trop surpris pour réagir, en la voyant s'enfuir puis Alexander, partit d'un grand éclat de rire en s'exclamant :

- Quelle femme !!!

- Ses yeux lançaient des éclairs, lui répondit Raphaël, d'un ton admiratif...

L'un comme l'autre avaient toujours admiré les femmes ayant du caractère. Leur animosité naturelle venait soudain de disparaitre, face à cet éclat dont tous deux étaient loin d'imaginer les conséquences.

Alexander tendit la main à Raphael en signe de paix puis lui dit :

- Veuillez accepter mes excuses, pour tout à l'heure, Raphaël. Je me suis conduit comme un mufle en vous voyant la caresser...

- Je reconnais que cette femme à l'air angélique m'a attiré dès le premier regard, dit Raphael, en lui serrant la main. J'étais loin d'imaginer quelle avait autant de tempérament !

Les deux hommes se mirent à rire de bon cœur. Ce voyage allait vraiment de surprise en surprise ! L'incertitude les rongeait maintenant. Comment la reconquérir ? Apres quelques paroles plus terre à terre, ils décidèrent de partir à sa recherche pour s'excuser l'un et l'autre et tenter de la faire fléchir. C’était trop bête de se priver de sa présence.

Ils furent encore plus surpris en voyant l’étroit couloir vide de sa présence! Aurore semblait s'être volatilisée !

N°19 _ Erotica51

Alexander et Raphael se regardèrent, se demandant ou était passé Aurore. Raphael proposa :

- le mieux serait que nous partions l'u et l'autre de chaque coté de ce train et la recherchions. Echangeons nos numéros de téléphone. Le premier qui la retrouve appelle l'autre !

- Cela me va ! répondit Alexander.

Ils refermèrent la porte de leur wagon, tirant les rideaux pour que l'on ne puisse rien voir à l'intérieur. Puis ils se séparèrent.

Ils étaient placés dans la moitié du train, ce qui voulait dire qu'ils allaient devoir aller jusqu'au bout du train pour la retrouver.

- Espérons que nous allons la retrouver rapidement, se dirent-ils, malgré tout un peu inquiets.

Alexander alluma une cigarette, puis fit mine de fumer d'un air nonchalant tout en lorgnant dans le wagon, d'à coté. Rien ! Il refit quelques pas puis rejeta un coup d'œil dans le wagon suivant : Aurore n'était pas là !

Il regarda en arrière. Apparemment, Raphael était bredouille dans ses recherches, lui aussi ! Il écrasa nerveusement sa cigarette puis décida de regarder vraiment dans chaque wagon, malgré le regard méfiant des autres passagers. L'heure tournait...

N°20 _ Erotica51

Le train continuait impassiblement de rouler, laissant entendre un long sifflement de temps à autre, qui résonnait lugubrement aux oreilles de nos deux amis.

Ils décidèrent après plusieurs recherches infructueuses de chercher le contrôleur et lui faire part de leur inquiétude au sujet de la disparition d'Aurore.

C'est vraiment impensable ! Le train ne s'était pas arrêté donc Aurore n'avait pu en descendre. Ils décidèrent une dernière fois de revérifier chaque wagon, un à un, quitte à déranger les passagers malgré eux. Tant pis pour les grincheux ! Leur inquiétude était devenue trop grande !

Le contrôleur leur avait promis toute son aide dans leurs recherches et leur avait déclaré qu'il alerterait la police si la jeune femme n'était toujours pas retrouvée au prochain arrêt, c'est-à-dire, pas avant une heure.

Ce n'était pas simple d'interroger ces passagers. Ils n'avaient malheureusement aucune photo d'Aurore à regarder et personne ne semblait l'avoir remarquée, à part eux.

De plus certains passagers n'étaient pas de leur nationalité. Certains ne paraissaient même pas comprendre un seul mot de français.

Alexander poussa un soupir, excédé par les braillements des enfants fatigués du wagon qu'il venait de visiter, se demandant pourquoi au XXI siècle, certaines femmes acceptaient encore d'être voilées des pieds à la tête, malgré la chaleur étouffante qui régnait.

Si les frontières avaient été ouvertes, il était évident que les mentalités mettraient encore beaucoup de temps à changer.

Il releva la tête un bref instant, s'excusant à nouveau auprès d'un passager à l'allure peu amène, laissant ses yeux courir sur les femmes qui l'accompagnaient et qui baissaient déjà la tête...

Une seule des femmes voilées osa le fixer droit dans les yeux, un très bref instant. Il y avait tant de désespoir et de larmes au bord de ses yeux, dans son regard, qu'il ressortit du wagon tout retourné, rallumant une nouvelle cigarette pour réfléchir...

Il regardait venir dans sa direction Raphael, qui avait l'air complètement découragé quand soudain, ce fut le déclic !

N°21 _ Erotica51

Quand Raphael arriva à sa hauteur, il le prit par le coude, pour l'entrainer à quelques mètres plus loin, pour ne pas être entendu.

- Raphael, tu vas me ramener le contrôleur d'urgence. Je crois savoir où notre amie se trouve. Nous ne serons pas de trop à trois, pour la sortir de l'endroit où elle est retenue prisonnière...

- Tu sais ou Aurore se trouve ? Et tu ne l'as pas ramenée avec toi ? Je n’y crois pas ! Bougonna Raphael, estomaqué

- Je t'en prie, dépêches-toi Raphael! Seul, je ne pouvais rien faire et je ne veux pas la voir disparaitre sous notre nez, encore une fois. Fais vite, je t'en prie, lui dit Alexander, en lui désignant discrètement le wagon d'à coté...

Après un bref signe de tête, Raphael partit en courant, comprenant qu'il y avait vraiment urgence, s’il voulait sauver la vie de leur amie. En le voyant partir à toute vitesse, Alexander poussa un long soupir, puis alluma sa cigarette, l'air de rien, en regardant le paysage défiler...

Il ne servait à rien de se mesurer, seul, face au danger...Mieux valait revenir en force, cette fois et avec quelqu'un d'assermenté qui n'hésiterait pas à appeler les forces de l'ordre, juste avant que le train ne s'arrête. Il jeta un bref coup d'œil à sa montre, conscient que le rideau du wagon d'à coté avait bougé. Il se savait espionné mais rien au monde n'aurait pu lui faire quitter son emplacement...

N°22 _ Erotica51

Enfin Raphaël revint accompagné du contrôleur, un solide gaillard, mesurant pas loin de 1,95m avec des épaules aussi charpentées qu'un catcheur. Alexander poussa un long soupir de soulagement. Il n'avait jamais aimé la brutalité et cela lui aurait déplu d'en abuser même pour sauver Aurore.

- Bien, pouvez-vous m'expliquer ce qui se passe ici ? demanda le contrôleur

- Notre amie Aurore qui voyageait avec nous dans le même wagon que nous, est sortie et en quelques minutes a disparu ! Nous avons donc commencé à la rechercher, regardant dans plusieurs wagons en vain. Ne voulant pas vous déranger, inutilement, nous avons décidé d'entreprendre une ultime recherche et je crois savoir où elle se trouve !

- Pourquoi ne l'avez-vous ramenée avec vous ?

- Humm c'est un peu délicat. Dans le wagon d'à coté, se trouve un homme accompagné de plusieurs femmes voilées. L'une d'elles m'a regardé les yeux pleins de larmes comme si elle ne pouvait parler. Je m'apprêtais à abandonner mes recherches quand j'ai soudain réalisé qu'il s'agissait d'Aurone, notre amie !

- Très bien, laissez-moi faire. Je vais faire un contrôle de leurs billets et en cas de soupçon, j'appellerai la Police pour appréhender ce type...répondit le contrôleur qui aussitôt ouvrit la porte du wagon où était retenue prisonnière.

Bien entendu, l'homme fit mine de ne pas comprendre ce qui lui était demandé, répondant en langue arabe, avec véhémence. Le contrôleur dut hausser le ton pour imposer silence aux femmes qui commençaient à parler en arabe, toutes en même temps...Puis il fit signe à l'homme de le suivre, lui ordonnant d'un ton sévère :

- Prenez vos papiers Monsieur et suivez-moi !!!

L'homme n'osa pas refuser, faisant un bref signe à l'une des femmes, lui intimant quelque chose que nos amis ne comprirent pas.

Une fois l'homme hors de leur vue, nos deux amis regardèrent les femmes voilées, faisant signe à celle qui les intéressait de sortir du wagon. Les femmes tentèrent de s'y opposer mais la jeune femme arracha son voile, dévoilant soudain son visage, leur disant en français :

- Lâchez-moi bande de harpies !

Raphaël et Alexander poussèrent ensemble un long soupir ! C'était bien Aurore !

- Vite, retournons à notre wagon ou vous serez plus en sécurité, lui dit Alexander....

N°23 _ Erotica51

Ils filèrent tous les trois se mettre à l'abri dans leur wagon, poussant un soupir de soulagement. Alexander alla chercher un café à Aurore, pour qu'elle se remette de ses émotions.

Raphael la tenait contre lui, la laissant pleurer tout son saoul, sentant que ses nerfs venaient de la lâcher. Il lui tapotait doucement le dos, lui faisant comprendre qu'elle était sauvée, qu'elle était à nouveau entourée de ceux qu'elle connaissait.

- Je n'ai même pas un mouchoir, dit-elle en reniflant.

- En voici un, Aurore. Dites-vous que vous êtes enfin en sécurité, maintenant. Quand la Police arrivera, vous devrez porter plainte pour tentative d'enlèvement.

- Ah ça, j'y compte bien! Ce bonhomme va voir de quel bois je me chauffe ! dit-elle d'un ton colérique...

Raphael sourit. Il aimait mieux la voir en colère ! La porte s'ouvrit sur Alexander qui lui apportait son café :

- Attention, Aurore, ce café est chaud...dit-il, désolé de lui voir les yeux rougis par les larmes qu'elle avait versées.

- Merci, Alexander. Je ne sais pas ce que je serai devenue si vous ne m'aviez pas reconnue, sous ces voiles...J'ai eu la peur de ma vie !

- Buvez votre café puis détendez-vous. Vous nous raconterez tout après. J'appelle le contrôleur pour lui confirmer que l'on vous a retrouvée saine et sauve. Quand le train arrivera en gare, la Police montera dans le wagon, pour emmener cet homme qui a tenté de vous enlever...Quand aux femmes qui l'accompagnent, elles seront accusées de complicité d'enlèvement.

Nos amis lui sourirent, puis lui montrèrent sa tasse de café, l'invitant du regard à avaler son café qui fumait, embaumant le wagon ou ils se trouvaient. Elle en avait grand besoin !

- Ahhh cela fait du bien ! dit-elle en soupirant, soulagée. Je vais vous raconter brièvement ce qui m'est arrivée, dit-elle en inspirant longuement pour se donner du courage...

N°24 _ Erotica51

Aurore renifla une fois encore, s'excusa, puis sourit à ses amis qui s'étaient tant démenés pour la retrouver :

- Quand je suis sortie en colère, quelques mètres plus loin, il y avait un homme près de la porte qui me demanda fort poliment de lui rendre service, que sa jeune épouse se sentait mal et qu'il ne savait que faire. Je suis donc entrée dans le wagon sans me méfier en voyant d'autres femmes, voilées.

- et ? demanda impatiemment Alexander, essayant de ronger son frein

- Quand je suis entrée, l'homme m'a bâillonnée puis a demandé aux femmes de m'habiller comme elles, m'imposant cette tenue que je détesterais dorénavant toute ma vie ! répondit Aurore. L'homme me maintenait, de force puis il sortit un couteau, me faisant comprendre qu'il n'hésiterait pas à me trancher la gorge si je criais. J'étais si effrayée que je n'osais plus bouger...Les femmes m'habillèrent, me tirant méchamment les cheveux comme pour se venger de me voir préférée par cet homme. Seule, la plus jeune m'a avertie discrètement, du pied, quand vous passiez dans le couloir...J'étais si effondrée que je baissais la tête, regardant le sol sans plus espérer à un miracle.

- Il faut croire Aurore, que les miracles existent encore, dit en riant, Raphael, soulagé de l'avoir retrouvée.

Un long sifflement se fit entendre mais une voix annonça dans un micro qu'ils arrivaient enfin à destination. Chacun ramassa ses affaires, les rangea dans ses bagages puis ils virent arriver le contrôleur, le sourire aux lèvres...

- Qu'avez-vous fait de l'homme ? demanda Alexander, surpris de le voir seul.

- Il est menotté solidement grâce à mes collègues et ceux ci vont le remettre à la police. Par contre, Aurore, vous devrez aussi les accompagner pour que votre déposition soit enregistrée.

Aurore eut un moment de panique qui n'échappa pas à ses deux amis.

- Nous t'accompagnerons, lui dirent-ils pour la rassurer...

- Merci, murmura-t-elle, soudain soulagée...

Le train ralentit. Ils jetèrent un œil sur le quai. Quatre policiers solidement charpentés paraissaient attendre, guettant le numéro des wagons...Le train s'arrêta. Ils montèrent immédiatement en voyant le képi du contrôleur, allant vers lui...Ils se retournèrent sur Aurore....

N°25 _ Erotica51

- Bonjour Mademoiselle. Police Nationale. Je suis suppose que vous êtes la personne qui a failli être enlevée ?

- En effet, Monsieur. Voici mes deux amis à qui je dois la vie et qui m'accompagneront pour ma déposition, répondit Aurore en leur lançant un regard reconnaissant

- Ah voici donc l'individu que nous allons interroger. Avancez, vous et ne faites pas de difficulté si vous voulez éviter que je me fâche, dit le policier en poussant vers ses collègues l'homme qui avait tenté de l'enlever.

Puis se tournant vers nos trois amis, il leur demanda :

- Vous saurez aller jusqu'au commissariat en taxi ou vous préférez que nous vous emmenions ? Mais je dois vous prévenir. Celui-ci n’a rien d’une Rolls ; nous n'avons que notre panier à salade comme moyen de locomotion...

- Ne vous inquiétez pas pour nous. Je viens d'appeler un taxi, qui va nous emmener, répondit Alexander

En effet un taxi s'arrêta quelques minutes après. Il hocha la tête, indiquant qu'il connaissait l'adresse du commissariat. Le trajet dura une bonne demi heure à cause de la circulation redevenue importante ...

Aurore tenait la main de chacun des deux hommes. Ils la sentaient crispée, glacée à l'idée de se retrouver face à face avec l'homme qui avait voulu l'enlever. Sentant les larmes lui monter aux yeux, elle releva la tête crânement puis déclara, d'un ton qu'elle voulait ferme :

- Ca ira. Après tout, c'est cet homme qui va passer un mauvais quart d'heure maintenant...

Arrivée au commissariat, on les fit patienter dans une salle d'attente quelques minutes puis un policier vint chercher Aurore pour enregistrer sa déposition dans un bureau fermé.

- Courage Aurore, lui dit Raphael. Nous t'attendons ici, sois sans crainte. Après, nous irons manger dans un excellent restaurant pour oublier cette vilaine affaire...

Elle les regarda, l'un et l'autre, émue. Elle avait eu de la chance finalement de les avoir rencontrés !

Elle pénétra dans le bureau, avec le policier...

N°26 _ Erotica51

Aurore répondit posément à toutes les questions que le policier lui posa, puis signa sa déposition. Cette triste affaire était enfin terminée pour elle. Elle poussa un soupir en ressortant du bureau, en retrouvant ses deux amis.

- Tout s'est bien passé ? lui demanda Alexander

- Oui, ce policier a été très patient et compréhensif.

- Maintenant que cette formalité est faite, que diriez-vous d'aller manger ? Il est presque 13 heure, dit Raphael, en se frottant l'estomac d'un air affamé

Très vite, ils trouvèrent un restaurant où l'on accepta de les servir. Le cadre était agréable, la musique en sourdine, le personnel efficace et discret...

Aurore se rendit compte, combien ses émotions lui avaient creusé l'appétit. Mais son esprit était ailleurs. Son regard allait de l'un à l'autre, ressentant soudain, une forme d'angoisse à l'idée de ne plus revoir ses amis.

Elle prit son courage à deux mains et leur demanda, d'une petite voix tendue :

- J'aimerai vous revoir, tous les deux. Ne me demandez pas pourquoi mais quelque chose me dit que notre rencontre est un signe du Destin et que nous devrons nous revoir...

- Je ressens la même chose dit Alexander, plus ému qu'il ne voulait le laisser paraitre. Qu'en penses-tu Raphaël ?

- Moi aussi j'ai envie de poursuivre cette rencontre, répondit-il en souriant, soulagé secrètement qu'Aurore ne leur ait pas imposé l'un ou l'autre, de se départager.

Leur repas terminé, ils avalèrent ensuite un café. Les deux hommes en profitèrent pour aller fumer une cigarette dehors. Aurora en profita pour donner un coup de fil rapidement; puis nos amis rentrèrent. Leur conversation reprit, discutant de la pluie et du beau temps. Soudain, Aurore sursauta en consultant sa montre :

- Mon dieu ! J'en ai oublié l'heure ! dit-elle en attrapant sa veste et son sac. Quelle idiote,je n'ai même pas pensé à me munir d'une carte de visite !

- Ce n'est pas grave, dit Alexander, en homme prévoyant: voici la mienne. Appelle-moi à n'importe quelle heure, Aurore !

- Et voici la mienne aussi, répondit Raphael, bien décidé à la revoir, lui aussi...

Une imposante limousine blanche s'arrêta quelques minutes plus tard, devant le restaurant où ils étaient venus manger.

Un bel homme à la prestance indéniable en sortit puis sourit en voyant Aurore se diriger vers lui. De la façon qu'il l'avait serrée dans ses bras, on devinait qu'ils étaient des intimes...

Alexander et Raphael se regardèrent, interdits, puis s'exclamèrent d'une même voix stupéfaite :

- Mais, c'est qui ce type ?! D'où sort-il ?!

N°27 _ Erotica51

Alexander et Raphael rentrèrent à nouveau dans le restaurant, le cœur lourd. Aurore allait elle les rappeler vraiment ou leur avait-elle fait cette promesse pour leur faire plaisir ?

Ils recommandèrent un café. C'était étrange de les voir assis face à face alors qu'ils étaient quelques heures plus tôt aussi enragés que deux rivaux. Alexander paraissait pensif :

- Je me demande bien qui est ce type quand même. Tu crois que c'est son mari ?

- Je ne sais pas. Tout comme toi, j'ai été stupéfait de la voir se jeter dans ses bras. Une chose est sure : elle ne l'a pas embrassé sur la bouche même s'ils sont mariés ! C'est vraiment bizarre ! répondit Raphael

- Comment pouvons nous nous aligner sur un type pareil. Tu as vu sa voiture ! Une limousine ! Ce type doit rouler sur l'or ! répondit Alexander, d'un air dubitatif...

- Profitons-en pour échanger nos cartes de visite aussi, dit Raphael. Le premier qui a des nouvelles d'Aurore appelle l'autre.

- Tu as ma parole, lui dit Alexander d'un ton sérieux, le regard soudain grave...

Ils se serrèrent la main avant de se quitter puis chacun repartit vers son Destin....

Leur route se recroisera-t-elle, un jour ? Qui sait ? Il était dit que le destin allait leur réserver de nouvelles surprises...

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