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UN REVE ETRANGE

par Guy Dehan et Erotica51



UN REVE ETRANGE


Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, à chaque fois, ni tout à fait la même,
Ni tout à fait une autre, qui m'aime et me comprend.

Car elle me comprend et mon coeur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.  
Est-elle brune, blonde ou rousse ? Je l'ignore.
Son nom? Je me souviens qu'il est doux et sonore...

Paul Verlaine



www.erotica51.com
Guymonpote@fiction2010.com


I. Erotica51

Une nuit d’automne, Morgane fit le rêve étrange et envoûtant d'une fenêtre entrouverte, d'un léger rideau flottant sous le vent et d'un homme pénétrant dans sa chambre. Quand ce voyou enjamba la fenêtre, le vieux parquet en chêne grinça, c’est ce qui l’éveilla. La jeune femme aperçut l’ombre et se fit violence pour ne pas hurler. Elle était bien trop terrifiée pour oser bouger. Quelle bêtise d’avoir laissé la fenêtre ouverte ce soir là. Elle s’en mordit les doigts. Provenant du dehors, seul le long sifflement du vent et le clapotis des vagues parvenaient à ses oreilles.

L’intrus se déplaçait à pas de loup dans la chambre, les bras tendus, vers l’avant. Qui était-il ? Que cherchait-il ? Elle referma ses mains crispées sur les couvertures, ne bougea plus et essaya de se fondre le plus possible, dans son lit. Les minutes paraissaient des heures...

L’homme venait de s’asseoir en face d’elle et fixait le lit avec insistance. A quoi pensait-il en l’observant de la sorte ? D'où venait-il ? Un rayon de lune lui permit d’entrevoir sa silhouette, sombre, immobile et inquiétante. Bien qu’il se soit assis dans le fauteuil, il ne faisait pas le moindre geste et paraissait calme. Sans doute était-il occupé à réfléchir.

Morgane s’interrogea sur les raisons qui avaient poussé cet homme de rentrer ainsi chez elle. Avait-il eu une absence ? S’agissait-il d’un somnambule ? Elle plissa les yeux, dans la nuit profonde, essayant de distinguer ses traits. Impossible ! Il était trop loin d’elle. Juste assis, près de la fenêtre qu’il venait de franchir.

Malgré son angoisse, elle se retint d’appeler à l’aide. Le temps que quelqu’un arrive, l’homme aurait filé ou pire, l’agresserait. Elle se rappela tous les meurtres décrits dans le journal dernièrement et ne put réprimer un frisson de terreur. Elle sentait son corps s’engourdir et éprouvait le besoin de bouger mais, tétanisée par la peur, dut s’en abstenir. Le souffle court, Morgane respirait juste ce qu’il fallait, pour ne pas se faire remarquer. Pourvu qu’il reparte sans l’attaquer, pria-t-elle, angoissée. Mais elle pressentait que cet espoir ne voulait plus rien dire. Que cette nuit, quelque chose allait se passer et allait bouleverser le cours de sa vie...


II. Guy

Ce qui la perturbait par dessus tout, c’était cette forte odeur de fauve que dégageait l’individu. Etait-ce un cavalier égaré ? Cela ne l’aurait pas vraiment surprise. Les effluves d’un animal sauvage mélangées aux senteurs boisées se répandirent dans la chambre... Dès lors, elle en déduisit que cet intrus avait traversé le bois car les fougères piétinées et le terreau des grands chênes exhalaient ces parfums sauvages. Restait l’animal... Il avait peut-être caressé Black ? « Oui, ça doit être ça » pensa-t-elle, je n’ai pas entendu ce vaurien aboyer. Black était un beauceron qui, hélas, prenait de l’âge et se contentait, malgré ses 60 kilos, de remuer la queue quand un étranger l’approchait. Et dire qu’il avait été si bon gardien dans le temps !

La silhouette inquiétante ne bougeait toujours pas. Pourquoi restait-il aussi silencieux dans le fauteuil ? Que préparait-il ? Morgane s’enfonça encore un peu sous ses couvertures, comme si... Machinalement, sa main se posa sur son bas ventre. Sa petite nuisette de soie ne cacherait pas grand-chose si ce type arrachait, soudainement, les couvertures ! Son front se couvrit de petites perles de sueur. On avait parlé, aux infos du soir, d’un bagnard évadé du pénitencier de Tralduma. Ce n’était qu’à dix kilomètres de chez elle ! Une boule d’angoisse s’installait lentement dans son ventre.

Soudain, les deux bras de cette silhouette trapue qui restait terrée, dans la mi-pénombre, s’écartèrent à l’horizontale. Un rayon de lune filtra entre les tentures écartées, par un léger souffle de vent. Son visage semblait grisâtre, mais peut-être n’était-ce que l’effet de la lune ?

– Ne craignez rien, je ne ferai aucun mal, murmura l'homme.


III. Erotica51

Cette remarque la rassura à demi. Impossible de distinguer son visage. Etait?il jeune ou plus âgé ? A qui avait?elle affaire finalement ? Ce silence apparent ne lui disait rien de bon.

La gorge sèche, elle déglutit avec difficulté puis, se décida de lui parler tout en essayant de lui cacher sa frayeur.

– Je vous en prie, ne me faites pas mal. Je vous donnerai tout ce que vous voulez.
– Hum en effet, c’est une excellente idée, admit l’homme, toujours en chuchotant. Il regarda d’un air inquiet, par la fenêtre entrebâillée, comme s’il craignait d’être entendu.

– Avez?vous de quoi me laver et me vêtir autrement ?
– Je...Je vais vous chercher des vêtements. Mon père et mon frère me les laissent régulièrement quand ils travaillent dans ma maison. Quelle taille faîtes?vous ?
– Donnez-moi à manger en premier. J’ai besoin de reprendre des forces. En prison, la nourriture est répugnante ! Nous verrons cela après !

La jeune femme sentit soudain ses jambes trembler. Ainsi, c’était chez?elle que ce bagnard évadé avait choisi de se réfugier ! Mon Dieu ! Morgane se souvint que c’était un criminel et se mit à prier en silence afin de trouver une solution. Elle se pencha, en serrant les couvertures contre son corps, et réussit à attraper sa robe de chambre au pied du lit. Au moins, son intimité serait cachée. Elle comprit qu’il était inutile de provoquer cet homme qui n’avait certainement plus tenu de femmes, dans ses bras, depuis des années.

L’homme s’était levé et suivait avec acuité chacun de ses mouvements. Il parut soudain plus nerveux et arrêta son bras, immédiatement, en la voyant prête à allumer la lumière dans la chambre.

– Non ! Inutile d’attirer les flics par ici. Ils me cherchent et font certainement une ronde dans ce coin, gronda l’homme, d’une voix agressive.
– Je…je vais vous montrer le chemin dans le noir. ça ne me fait rien, je connais bien ma maison. Mais vous n’y verrez rien.
– Avancez au lieu de discuter inutilement ! Je n’ai pas l’intention de rester ici toute la nuit. Il faut que je sois le plus loin possible au petit matin, rétorqua l’homme, d’une voix soudain plus menaçante.
– Puis?je au moins allumer une bougie ? Pour cuisiner, j’ai besoin d’un peu de lumière.
– D’accord. Donnez?moi de quoi boire un coup ; je meurs de soif. Vous avez une bière bien fraîche ?
– Je vous l’apporte de suite. Asseyez? vous en attendant, répondit?elle d’une voix légèrement tremblante... Que diriez vous d’une bonne omelette aux lards avec un restant de pommes de terre dorées ?


IV. Guy

Contente d’avoir pu se lever, sans que ce bandit ne distingue les détails intimes de son corps à moitié nu, elle serra la ceinture de sa robe de chambre et noua celle?ci d’un double nœud. La jeune femme reprenait un peu confiance en elle. Le bagnard, par contre, n’avait confiance en personne et la suivit dans la pénombre. Morgane sursauta lorsqu’il posa la main sur son épaule pour se servir d’elle comme l’aurait fait un aveugle. Elle le sentait crispé, nerveux, apeuré et pourtant ce gaillard?là devait être très dangereux.

En progressant dans le noir, les paroles du reporter repassèrent, comme un flash, dans sa mémoire. « Mesdames et Messieurs, voici la photo du détenu qui s’est évadé, ce matin, du pénitencier de Tralduma. Cet homme est un dangereux criminel. La Gendarmerie a lancé immédiatement la Brigade Spéciale à sa recherche afin de retrouver rapidement l’individu. Cependant, nous lançons un appel à la population : ne laissez entrer que les personnes que vous connaissez. Au moindre doute, appelez le numéro qui s’affiche sur votre écran et les forces de l’ordre interviendront, immédiatement.” Mais oui ! Le numéro ! Elle l’avait noté dans son agenda, au cas où. Mais comment appeler sans qu’il ne la voie ?

Dans le living, les tentures étaient restées ouvertes. Elle se tourna vers lui en se reculant d’un pas.

– Que faites vous ? Où sont?elles ces bougies ? Lança?t?il sèchement.
– Si je ne ferme pas les tentures, la Police peut apercevoir la lumière jusqu’au bois, rétorqua?t?elle calmement.
– Vous avez raison, je suis énervé et épuisé, je n’y avais pas pensé. Pourquoi me le signalez?vous ? Vous auriez pu en profiter...
– Mais vous m’avez dit que vous ne me feriez pas de mal, n’est?ce pas ?
– Ouais...

Elle tira les tentures. En les fermant, elle vit un objet briller dans sa main. Immédiatement, elle imagina un couteau. Elle se pressa d’allumer la première bougie. L’évadé posa la main en visière devant les yeux pour se protéger de la lumière.

– ça vous fait mal aux yeux, questionna?t?elle ?
– Quand on est resté cinq mois, dans un trou de deux mètres carrés sans lumière, avec une croûte de pain sec et trois verres d’eau par jour, oui, ça fait mal !
– Je l’ignorais. Ne criez pas, vous pourriez attirer l’attention. Calmez?vous, je vous prépare à manger. Tenez, voici votre bière, je n’ai que ça et c’est une bière sans alcool. Moi, je n’en bois pas.
– Merci, ça fera l’affaire, grommela l’homme.

Il s’assit sur le bord de la table et vida d'un trait le contenu de sa cannette de bière. Morgane alluma deux autres bougies, qu’elle posa sur deux soucoupes à café. En les déplaçant devant lui, elle l’observa plus attentivement. La trentaine, plus grand qu’elle, les cheveux foncés, le teint grisâtre, les yeux...

V. Erotica51

« Il a un regard fascinant », se dit-elle. Animal, sauvage, comme s’il allait soudain bondir sur elle. Elle recula se servant de la table comme barrière pour éviter qu’il ne soit tenté d’approcher. Elle n’osait lever les yeux sur lui, de crainte de croiser à nouveau son regard. Il s’était levé du coin de la table puis s’était rapproché dangereusement d’elle. Morgane sentit des frissons le long de sa colonne vertébrale. Par chance, le fumet des lardons parvint brusquement à ses narines. Le fugitif était affamé, la salive aux lèvres, il humait cette bonne odeur de cuisine. Il la regarda poser une assiette sur la table, son geste était délicat et lent. Il fixa la main de la jeune femme et admira la finesse de ses doigts. Cette image si féminine le surprit. Son regard pesait sur elle, mais elle se tut.

L’homme pénétra dans la cuisine, d’un pas conquérant, comme s'il avait toujours vécu chez elle. D’un geste ferme, il se saisit d’une chaise, la souleva et s’installa tranquillement. Puis, il se versa un verre de bière et la but, tranquillement, sans la lâcher des yeux. Elle devenait plus nerveuse, il le savait. Elle avait peur, voulait lui échapper mais pas question de la laisser filer. Elle toussota :

– Je vous sers ? L’omelette est juste à point…
– Oui, dépêchez-vous, je meurs de faim !

L’homme se jeta sur la nourriture qu’il dévora rapidement. Depuis quand n’avait-t-il rien dans le ventre ? Elle n’osait lui demander.

– Puis-je aller vous faire couler votre bain ? Demanda-t-elle, la voix soudain plus craintive
– Non, attendez que j’aie fini. Je n’ai pas envie de courir derrière vous au cas ou il vous prendrait l’idée de vous enfuir. Mettez donc un peu de musique, en attendant que je termine.

Morgane n’avait rien dit, comprenant qu’il venait de déjouer son plan. Elle recula inconsciemment, contre l’évier et le regarda tout dévorer. Le repas ne dura que quelques instants. De temps à autre, il fixait sur elle ce regard sombre qui la mettait mal à l’aise, si fascinant qu’il la troublait quand il se posait sur elle. Cela lui faisait penser au regard d’un animal prêt à bondir.

La lumière des bougies apportait une ambiance étrange dans la pièce et posait des ombres inquiétantes sur ses traits. Il claqua la langue d’un air satisfait.

– Vous cuisinez bien ! Qu’avez-vous rajouté dedans ?
– Juste une cuillère de crème fraîche et une pointe de cannelle. Voulez-vous autre chose ?
– Non; enfin oui...me laver. J’ai l’impression que je pue comme un porc ! C’est pour ça que vous me regardez ainsi ? Vous me prenez pour un porc qui pue !
– Je n’ai jamais pensé une chose pareille, protesta Morgane. Ses joues étaient en feu à la pensée de se retrouver, soudain, seule avec lui dans la salle de bain.
– Montrez moi le chemin, vous débarrasserez demain matin quand je me lèverai !

L’homme la suivait de près comme s’il devinait ses pensées. Impossible de s’enfuir par la porte du jardin ! Arrivés dans la salle de bain, elle sortit du meuble une immense serviette de bain et posa quelques vêtements de son frère. Pour ce soir, ce serait suffisant. Pour lui partir, elle aviserait. Elle se pencha sur la baignoire pour faire couler le robinet…

VI. Guy

– Vous la voulez très chaude ou pas ? Questionna-t-elle, sans se retourner.
– Je ne sais plus, ça fait cinq ans que je n’ai plus pris un bain ! Cria-t-il.
– Ne criez pas ainsi ! Vous voulez qu’on vous entende de l’extérieur ?

Elle se retourna sur lui, furieuse. Sa peur venait de disparaître, soudainement, comme par magie. Après tout, elle essayait d’être gentille et Monsieur criait ! Chez elle, en plus !

– Ecoutez Monsieur...et zut, je ne sais même pas comment vous vous appelez. Vous avez bien un nom ou un prénom, comme tout le monde ?
– Miguel, laissa-t-il entendre faiblement.
– C…comment ?

Il venait de baisser le ton. Celui-ci était devenu trop bas pour être audible.

– Comment ? Vous parlez dans vos dents maintenant ? Je vous ai demandé de ne pas crier car je ne supporte pas ça, mais parlez quand même un peu plus haut, pour que je vous comprenne !
– Matricule 32747 ! C’est comme ça que l’on m’appelle depuis cinq ans ! Et je ne sais plus prononcer mon prénom. Miguel, je m’appelle Miguel !
– Bon ça va, j’ai compris.

Un lourd silence remplissait l’air confiné de la salle de bain. L’eau coulait et Morgane s’était appuyée sur l’évier. Sa robe de chambre s’était légèrement écartée et laissait un peu entrevoir l’intérieur de ses cuisses. Lui s’en était aperçu et ne pouvait détacher son regard de cette chair dont il avait perdu jusqu’au souvenir de sa texture. Morgane croisa son regard indiscret et rajusta sa robe de chambre.

– Et vous ? Murmura-t-il.
– Quoi moi ?
– Comment vous appelle-t-on ?
– Morgane, répondit-elle sur un ton neutre.

Elle trempa la main dans l’eau ; celle-ci arrivait à vingt centimètres du bord de la baignoire. Cette fois, le bain était prêt. Les questions fusaient dans sa tête. Qu’allait-il se passer ? S’il voulait rester seul, elle le laisserait et tenterait de téléphoner dans la cave. Au moins là, il ne l’entendrait pas. Mais si, par contre, il l’en empêchait ? Elle tenta une sortie en douceur :

– Voici le shampoing pour les cheveux, il est doux, c’est du spécial pour les bébés. Ceci est un gel douche pour votre corps. Je vous ai sorti une nouvelle brosse à dent, prenez mon dentifrice, il ne me reste que ce tube là. Je sors et vous attendrai dans le living. D’accord ?
– C’est ça ! Comme cela vous irez appeler les flics sur votre portable. Au fait, le voici, je vous l’avais emprunté au cas où...Vous restez ici ! Compris !

Piégée ! Elle était prise au piège ! Elle prit un air faussement naturel :

– Bon, d’accord, je reste. Dois-je me retourner ou dois-je profiter du spectacle ?
– Je veux surtout que vous la fermiez ! Vous commencez à m’énerver !

Il commença par enlever cette espèce de sac de jute qui lui servait de veste et la laissa tomber sur le sol. Ensuite, sans la quitter des yeux, il retira son tee-shirt qui rejoignit la veste. Morgane admira le torse de cet homme, les pectoraux bien développés, légèrement poilu, pas trop. Les abdominaux saillaient ; ce mec n’avait pas un gramme de graisse. La prison, les privations et aussi un peu de sport avaient certainement contribué à dessiner ces tablettes de chocolat.

– Je...je n’ai pas de slip, si vous le souhaitez, vous pouvez vous retourner.
– Si vous n’avez pas confiance en moi, moi non plus je ne vous tournerai pas le dos. J’ai vu votre couteau...
– Comme vous voulez.

Sur ces paroles, il fit glisser son pantalon de bagnard jusqu’à ses pieds. Effectivement, il ne portait pas de slip et Morgane allait de surprise en surprise. Après la découverte de son torse athlètique, il exhibait un sexe de belle dimension. Ce n’était pas sa longueur qui la troubla le plus mais son diamètre. Elle avait déjà connu des hommes mais pas aussi bien membrés ! Elle ne pouvait détacher les yeux de ce corps magnifique. Il s’en aperçut et cela provoqua immédiatement une solide érection !

– Qu’est-ce que vous regardez ainsi ? Vous n’avez jamais vu d’homme nu ?
– Je...si...mais...
– Mais quoi, s’énerva-t-il !
– Mais ils étaient différents, tous ceux que j’ai vus étaient circoncis.
– Ha, ok. Moi pas et je suis bien comme ça. Au fait, vous en avez vu beaucoup ? ironisa-t-il, en la fixant droit dans les yeux. Elle se sentit rougir violemment. L'homme se glissa dans l’eau sans attendre sa réponse. Elle sentait monter en elle une étrange chaleur...

VII. Erotica51

Elle ne répondit pas. Cette question était trop personnelle. Quand il se pencha dans l’eau pour s’accroupir, elle ne put s’empêcher de le dévorer goulûment du regard. Son corps musclé donnait l’envie de faire l’amour avec toute la nuit. Morgane trouvait vraiment excitant le spectacle de ses muscles qui saillaient encore plus, dans l’eau du bain. Les gouttes d’eau ruisselaient sur son torse, glissaient vers son ventre et finissaient leur parcours sur son sexe, en donnant l’impression de le caresser, au passage. Elle aurait volontiers posé les doigts sur ces gouttes, pour suivre leur chemin et les recueillir là où elles s’arrêtaient avant de tomber dans la baignoire. Mais elle s’en empêcha bien, par peur des réactions de ce criminel, car elle ne devait pas oublier qu’il en était un. Elle avala sa salive avec difficulté. Qu’est-ce qu’il était excitant ! Une chaleur insidieuse se propageait dans son bas ventre. Depuis combien n’avait-elle plus fait l’amour ? Tout son corps le lui rappelait ! Sa chair en mourrait d’envie. Elle ne put retenir un profond soupir.

Il releva la tête, un sourire ironique aux lèvres, en l’apostrophant :

– Le spectacle semble vous plaire, il me semble.
– Je pensais à ce que je devais faire comme courrier important demain. Vous en devenez impossible à vous exposer ainsi ! Je ne suis pas de bois, grogna Morgane, soudain gênée d’avoir été surprise à le contempler.
– Bon, si vous vous taisiez un peu ! J’aimerai me relaxer, si vous n’y voyez pas d’inconvénient ! Vous ignorez comment on vit en prison... La promiscuité ! La folie qui remplit les pièces des rires déments des autres détenus ! Les coups aux portes des matons en pleine nuit qui vous maintiennent éveillé ! Les douches à plusieurs, sans aucune intimité ! Les nombreuses tentatives de viol ! Les vexations à la fouille de votre anus ! La haine ! Le désespoir et l'envie de se suicider...Tous ces cris, la nuit, qui vous empêchent de dormir ! Jamais je ne pourrais les oublier ! Avez-vous seulement entendu ces hommes pleurer ? Appelez leur mère en sanglotant ?

Miguel se mit à pleurer, sans bruit, juste des larmes amères qui s’écoulaient et quelques reniflements. Morgane éprouva de la compassion pour ce qu’il avait du endurer.

– Qu’est-ce qui vous a le plus manqué, la bas ? répondit-elle, troublée.
– Une femme ! Oui, c’est bien le corps d’une femme qui m’a le plus manqué ! Sa douceur, ses gémissements, ce besoin de faire l’amour qui n’a cessé de me tarauder, de jour comme de nuit, à me rendre fou.

Morgane s’était assise sur le tabouret, le regardant, cette fois, droit dans les yeux. Elle y lisait une véritable souffrance. Et si elle tentait de le faire parler ? Pourquoi cet homme en était-il arrivé à tuer ? Que lui était-il arrivé ? Brusquement sa vie l’intéressa.
Il releva la tête, la fixant, fronçant tout à coup ses sourcils, comme s’il réfléchissait :

– Je ne vous toucherai pas si, vous faites ce que je vais vous dire. Ouvrez simplement cette robe de chambre affreuse derrière laquelle vous vous cachez, peureusement.
– Et si je refuse ?
– Dans ce cas, vous allez le regretter. Prenez garde, je suis loin d’être patient.
– ça va, inutile de montrer les dents. S’il n’y a que ça pour vous calmer, regardez tout votre saoul ! Jeta-t-elle rageuse, en se dévoilant.

Elle ne portait dessous qu’une minuscule nuisette de satin noire ourlée de dentelle rose, fendue, dévoilant le bombé de sa cuisse. L’homme la contempla, fixement. Pour un peu, ses yeux en seraient sortis de leurs orbites ! Encore heureux qu’elle ne soit pas nue, ce jour là. Serait-ce suffisant pour qu’il s’en contente ? Elle en doutait…Elle s’exécuta, prenant délicatement le fin tissu, entre ses doigts fins puis lentement, remonta la nuisette sur ses cuisses bronzées.

– Soulève la maintenant ! Doucement, tout doucement ! Et écarte aussi tes cuisses !

Morgane savait qu'elle ne devait pas le contrarier, c'eut été dangereux de s'y risquer. Elle souleva donc sa nuisette qui ne cachait presque rien. En découvrant son sexe rasé, l’homme siffla d'admiration !

VIII. GUY


– Bon sang ! Alors là ! C’est encore plus beau que ce que j’imaginais du fond de ma cellule ! Super ! Merveilleux ! J’adore ta coupe ! Ton coiffeur doit prendre son pied à chaque fois qu’il te rase !
– Pfffffff Il est homo. Et sachez que je me rase moi?même ! Je préfère, c’est plus frais et puis, je trouve ça plus joli.

Il déglutit difficilement ; cette fois son pénis sortait de l’eau. Sans doute avait-il des difficultés à rester en apnée ? Morgane sourit intérieurement à cette pensée. Elle tenait toujours sa nuisette soulevée et dévoilait son intimité à cet inconnu.

– Je peux l’abaisser maintenant ?
– Tu veux que je m’énerve sur toi ?
– Non ! Mais que voulez-vous à la fin ? Me violer ! C’est ça ?
– Ferme la ! On va finir par t’entendre ! Pourquoi tu ne veux jamais la fermer  ?
– J’ai mal aux bras et ça me gêne.

Brusquement, elle éclata en sanglots.

– Arrête de pleurnicher, si tu crois que je ne t’ai pas vue mâter mon zob tout à l’heure, tu te trompes. Et puis, tu en as déjà vu des mecs, t’as même l’air de t’y connaître, ma parole.
– Oui, mais j’étais consentante, ce n’est pas pareil . Je vous en prie, j’ai mal aux bras.
– D’accord, baisse les bras mais retire la.
– Quoi ?
– Ta nuisette. De toute façon, j’ai viens de voir ton sexe. Tu es super ! Montre-moi maintenant tes seins !

Elle souleva sa nuisette jusqu’en haut et se dit que ce serait plus simple d’enlever tout. Elle fit donc passer par-dessus la tête le fin vêtement de soie.

– Voilà ! Vous êtes content de vous ?

Il ne répondit pas. Il avait saisi son membre en pleine main et le masturbait, lentement. Elle le regarda faire sans broncher. Elle n’éprouvait pas de dégoût, c’était plutôt une gêne. Si encore l’homme la touchait ou la caressait, les choses se seraient passées plus facilement. Mais, Miguel se branlait simplement en la contemplant.

– Retourne toi que je voie aussi ton cul.

Elle ne cherchait même plus à le contrarier, au point où elle en était. Les deux belles fesses appétissantes semblaient inviter l’homme à les toucher. Morgane faisait du sport et ses muscles fessiers travaillaient beaucoup. La cambrure de ses reins accentuait encore la forme de son postérieur que lui enviaient ses collègues au boulot.

– L’envers vous plaît aussi ? ricana-t-elle.
– Tu es sublime ! Simplement merveilleuse. Ecarte un peu les jambes, s’il te plaît.

Elle n’en revenait pas, il la tutoyait mais venait de lui demander si gentiment qu’elle s’exécuta...

– Comme ceci, dit-elle en écartant les pieds.
– Oh ! Oui, merci Morgane. Je...

Elle l’entendit accélérer le mouvement masturbatoire, grâce au clapotis de l’eau. Il respirait de plus en plus vite.

– Vous allez jouir ? le taquina-t-elle.
– Ca vient ! Ecarte un peu tes fesses s’il-te-plaît, je veux voir ton petit trou.

Elle s’exécuta, un peu à contre cœur, mais ouvrit bien grand ses deux beaux globes de chair afin qu’il voie bien son anus.
Sa politique était désormais de l’aider à jouir au plus vite ainsi, elle serait tranquille. Elle se prêtait facilement au jeu d’autant plus, qu’elle aussi commençait sérieusement à s’exciter.

– Voulez-vous que je vous masturbe, Miguel ?
– Non ! Je préfère me branler moi-même. J’aime te regarder, tu es si belle ! Tu veux bien te mettre à quatre pattes, ça va m’aider ?
– Ok chef !

Elle se positionna à chaque fois selon ses désirs. La respiration de Miguel devenait haletante. Sans savoir pourquoi, la jeune femme glissa une main entre ses cuisses et commença à se caresser. Lui ne perdait rien du spectacle et s’acharnait sur son pénis raidi.

– Oui, vas-y Miguel, jouis ! Je me caresse, pour toi, tu vois. Humm, comme c’est bon.

Sa main voyageait entre ses grandes lèvres et son clitoris. Mais, ayant une préférence pour son petit bouton d’amour, elle commença un mouvement circulatoire du bout des doigts sur celui-ci. Elle ne tarda pas à gémir. Miguel lança son cri de guerre au moment ou il éjacula dans l’eau du bain. Morgane s’activa de plus en plus vite et finit par obtenir un orgasme plus discret.

– Je peux me relever maintenant ? lui demanda-t-elle, gentiment.

Il ne répondit pas. Elle en profita pour se mettre debout et aperçut sur la surface de l’eau, les vestiges de son plaisir...


IX. Erotica51*

Miguel demeurait pensif, perdu dans ses pensées. Elle eut soudain pitié de lui en découvrant, sur ses traits, combien il paraissait désemparé.

- Miguel, sortez de l’eau et rincez-vous sinon vous allez prendre froid, lui conseilla-t-elle d’une voix douce, tout en lui tendant un drap de bain moelleux à souhait.
- Oui, c’est vrai. Je pensais à toutes ces années de prison que j’ai faites pour rien ! Aujourd’hui, je suis un bagnard que la police recherche. Comment arriver à prouver mon innocence alors que je dois me terrer ?
- Vous n’êtes plus seul, aujourd’hui. Je vous … Je t’aiderai Miguel mais explique-moi toute cette affaire avant, pour que je comprenne ce qui s’est passé.

Morgane l’avait tutoyé spontanément, bouleversée par la révélation de son innocence. Il semblait si sincère qu’elle avait envie de croire en lui et de l’aider, maintenant. Une fois séché, il enfila ensuite un grand peignoir blanc dont les manches lui remontaient à mi bras. Cette vision le fit sourire. Discrètement, il sortit de la salle de bain, comprenant le besoin naturel de Morgane de s’isoler pour se laver. Il avait eu de la chance. Cette jeune femme allait peut-être vraiment l’aider ? Mais il devait rester vigilant. C’était peut être aussi une façon de l’endormir avant de jouer les filles de l’air. Il ne lui faisait pas encore confiance totalement.

Morgane, elle, réfléchissait, durant ce temps dans la salle de bain. Si ce garçon était vraiment innocent, elle l’aiderait à le prouver. Par contre, elle devrait rester objective, face à cette attirance irrésistible qui la poussait vers lui. C’était loin d’être aussi facile qu’elle se l’imaginait. Heureusement, elle avait dans ses relations quelques relations utiles qui accepteraient sûrement de l’aider.

Elle revint, peu après, étonnée de le voir debout derrière la porte. C’était compréhensible. Il n’avait pas encore vraiment confiance.

- Allons prendre un café dans le salon et tu me raconteras ce qui s’est passé, dit-elle en passant devant lui. De toute façon, je n’ai pas envie de dormir. Autant discuter.
- Tu es la première personne qui accepte d’écouter ma version. Jusqu’ici, personne ne voulait m’écouter. Tous les faits étaient liés contre moi. Une seule personne pourrait prouver ce que je sais mais je n’ai que son nom et ignore encore où cette femme réside.
- Attends, je vais prendre des notes au fur et à mesure de ce que tu vas me raconter. Cela m’évitera d’oublier des détails pouvant être importants.
- Il y a cinq ans, j’ai rencontré une vieille femme dans la rue qui m’a arrêté en m’appelant par un autre prénom : Alban. Elle n’en démordait pas, bien que je lui ai mis mes papiers d’identité sous le nez. Elle m’a déclaré s’appeler Mme Régine Andrevich et m’avoir élevé durant mes dix premières années. Je n’en ai pourtant aucun souvenir.
- Quoi ! Se pourrait-il que tu aies un frère jumeau qui aurait mal tourné ? Nous devons la retrouver immédiatement !


à suivre





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