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LES LARMES DU CIEL

par Aigle Solitaire et Erotica51



Par Erotica51 et Aigle solitaire

I. Erotica51.com

Tout était dit. Toutes ces années, ensembles, venaient d’être balayées comme des fétus de paille. Alice l’avait regardé partir, refermant la porte, doucement, sans même tenter de le retenir. Elle venait de comprendre que leur romance était terminée…

Elle avait mis un peu de musique douce, pour meubler l’absence de cet homme qui la quittait. Un bref regard autour d’elle avait réveillé ses peurs…Elle avait enfilé son imper et était sortie sous la pluie, marchant sans même savoir ou ses pas l’entraîneraient…Toutes ses pensées semblaient s’emmêler; et les larmes, sur son visage, commencèrent à couler, en silence…

Que ferait-elle demain de sa journée? Où irait-elle ? Elle ne pouvait imaginer que Paul soit sorti de sa vie, définitivement. Depuis combien de temps cela couvait-il ? Elle l’ignorait, essayant de se souvenir de tous ces signes qui auraient du l’alerter…

Elle marchait, d’une allure rapide, indifférente à la pluie qui ruisselait, sur sa silhouette menue. Les rues étaient désertes. Elle s’arrêta un bref instant, regardant autour d’elle, sans savoir dans quel endroit elle se trouvait.

Elle venait de pénétrer dans un parc immense, entretenu de grilles majestueuses, dont la porte principale était ouverte. La lune restait cachée par la pluie diluvienne. Elle s’était assise, essoufflée, sur un banc de bois, observant le lac en face d’elle.

C’était comme si le ciel pleurait, soudain, avec elle. De temps à autre, elle reniflait, discrètement, sans même songer à essayer ses yeux. Elle se sentait, si désespérée, soudain. D’une démarche mécanique, elle s’était avancée au bord de l’eau, indifférente à sa couleur inquiétante, posant ses chaussures avec soin et son sac, puis sans un mot, s’était avancée, dans l’eau froide qui l’enserrait d’une poigne glaciale. Des frissons l’avaient traversée…elle ne voulait plus réfléchir ; A quoi bon…Elle ne serait, demain, qu’un fait divers de plus, auquel personne ne prêterait aucune attention Une désespérée de plus dans ce monde futile !

L’eau montait rapidement, étouffant sa peur soudaine…l’eau se mit à pénétrer dans ses oreilles ; s’infiltra à travers sa bouche, étouffant un bref cri de terreur ; elle coula, l’esprit et le corps, déjà engourdis, par le froid…Le ciel n’était plus en accord avec son âme qui pleurait, hurlant au fond d’elle son désespoir de cet homme parti…L’eau était devenue une masse noire, glauque, terrifiante et brusquement, elle comprit qu’elle ne voulait plus mourir…Etait-il trop tard pour réagir ? Elle se débattit, perdant, peu à peu connaissance…

II. Aigle solitaire

Lorsqu’elle recouvrit ses esprits, elle se trouva en position allongée, sur le coté. Ses yeux s’ouvraient, peu à peu et discernaient, non sans difficulté, son sac et ses chaussures, un peu plus loin. Elle était frigorifiée et avait toutes les peines du monde à esquisser un mouvement. Elle ne sentait plus ses mains, ni ses pieds. Pourtant, elle savait qu’elle devait bouger, se lever, pour essayer de se réchauffer. Ce qu’elle entreprit de faire, lorsqu’elle entendit une voix :

- Enfin, vous revenez à vous. Je n’étais pas inquiet pour votre vie, mais ce n'est pas une raison pour rester là, par ce froid. Il faut vous réchauffer, rapidement. Venez, je vais vous aider, j’habite à deux pas d’ici, la rue parallèle à la rue du parc ...

II était la, accroupi, à ses pieds, qu’il massait de ses deux mains pour en activer la circulation, tout en lui parlant calmement. Il la rechaussa, prit son sac, et l’aida à se relever. Ils étaient sortis du parc quand des gouttes de pluie recommencèrent à tomber. Alice n’avait qu’un vague souvenir de ce qui s’était passé ; la pluie commençait à redoubler, maintenant, lui rappela que les larmes du ciel s’étaient mêlées aux siennes, il y avait peu de temps.

Il la couvrit de son manteau et lui dit qu’ils n’étaient plus très loin. Elle se demandait pourquoi elle suivait cet homme, qui ne la questionnait pas et qui lui paraissait aux premiers abords d’une extrême gentillesse. Sans doute, le besoin de ne pas se sentir seule ; et surtout le désir exacerbé de s’accrocher à la vie, elle qui venait de frôler la mort, de si prés.

Elle n’eut pas le temps de se poser d’autres questions. L’homme venait de faire halte devant la porte d un vieil immeuble bourgeois et l’ouvrait à l’aide d’une clef qu’il venait de sortir de la poche de son jean. L’escalier en colimaçon lui parut interminable ; elle s’essoufflait de plus en plus :

- L’ascenseur manque, n’est ce pas ? Mais encore un petit effort et nous y serons.

En effet, le palier d’après, il s’arrêta et ouvrit la porte de l’appartement. Tout s’enchaîna alors très rapidement. Il guida Alice dans le couloir, puis dans la première pièce à droite.

- Allez, ne perdons pas de temps. Commencez par enlever ces habits trempés pendant que je vous cherche des vêtements secs

Quand il revint, elle était complètement dévêtue, se tenant debout, les bras croisés sur sa poitrine. Ni l’un, ni l’autre ne parurent gênés ; quoiqu’elle remarqua que son regard, captivé par ce corps nu, immobile, ne se détachait plus d’elle, et qu il s’efforçait de rester naturel en parlant, pour ne pas trahir un certain émoi.

Quelques instants plus tard, elle se retrouvait assise dans un fauteuil en rotin, confortablement calé par trois coussins, les pieds reposant sur une chaise, face a un vieux radiateur au gaz . Emmitouflée dans une couverture, elle sentait son être retrouver quelque chaleur alors que ses muscles se relâchaient. Elle pensa à Paul, à leur rencontre, à cet amour si fort qui les unissait ; pour toute la vie, disaient-ils souvent. Tous ces jours heureux passés dans ses bras, ces quelques disputes, aussi ; ses départs, leurs retrouvailles, cet énième départ, mais qui semblait bien être le bon, cette fois.

- Voila, un bon bol de café sucré, de quoi vous redonner quelques couleurs.

Sa voix l’avait faites tressaillir, perdue dans ses pensées, où elle était plongée. Il s’assit à coté d’elle et lui raconta comment il s’était fait surprendre par l’orage, et rentrant au plus vite chez lui, en coupant par le parc, il l’avait vu s’avancer dans le lac ; il avait de suite compris son dessein et s’était mis à courir, à plonger dans l’eau, à nager comme un forcené, alors qu’elle piquait du nez ; et enfin, il l’avait ramenée sur le rivage.

- Heureusement, j ai quelques notions de secourisme, dit-il en souriant ; je suis étudiant en médecine. Vous n’avez pas eu le temps de beaucoup inhaler, et l’urgence était d’empêcher que votre température corporelle ne baisse trop. Je m’appelle Philippe, et vous ?

A cet instant, la porte d’entrée claqua et des pas résonnèrent dans le couloir. Un homme apparut au seuil de la pièce, trempé de la tête aux pieds.

- Voici Marc ; visiblement, un autre promeneur sans parapluie. Marc, je te présente ... après une brève hésitation, Alice prit la parole :

- Bonjour, je suis Alice.

Il s’ensuivit entre eux un très long regard.

III. Erotica51

- Enchanté, Mademoiselle ! lui dit celui-ci lui décochant un sourire comique, le visage encore dégoulinant de pluie
- Veux tu un café bien chaud, Marc ? Je viens juste d’en faire couler pour Alice - Avec plaisir ! quel temps de chien ! donne moi quelques secondes pour me sécher, toutefois, avant que je n’attrape la mort! répondit en riant Marc, allant au fond du couloir puis revenant avec une serviette éponge en se frictionnant la tête, vigoureusement.

Il s’installa face à Alice, en la dévisageant, d’un air intrigué. Venait-elle de faire l’amour avec Philippe ? Il avait découvert ses affaires trempées mises à sécher sur le radiateur. Finaud, il avait remarqué qu’elle semblait nue, sous sa couverture. Elle paraissait épuisée mais ses yeux ne brillaient pas de ce plaisir particulier. Au contraire, ils gardaient un air profondément désespéré. Il se racla la gorge, n’en pouvant plus de se creuser la tête puis se levant, alla mettre un peu de musique pour détendre l’atmosphère.

Depuis deux ans qu’il connaissait Philippe, c’était bien la première fois qu’il découvrait la présence, d’une femme, chez son ami ! Bizarrement, pourtant, entre eux, il n’avait pas vu s’échanger de regards ou sourires complices. Pourquoi avait-il hésité à lui dire son prénom, comme s’il ne s’en rappelait plus ? Depuis combien de temps la connaissait-il ? Il se mit à arpenter la pièce, puis se planta devant la fenêtre, regardant la pluie diluvienne. Ces deux là étaient bizarres !

Malgré sa curiosité en éveil, Marc possédait toutefois une excellente éducation et décida de ne pas poser de questions à la jeune femme. Elle buvait son café à petites gorgées, tout en frissonnant par instant. Il tenta de la mettre à l’aise :

- Cela vous dirait que je prépare quelques toasts grillés dont j’ai le secret ? dit Marc d’un ton jovial.
- Je ne voudrais pas vous déranger…murmura-t-elle d’une voix un peu enrouée
- Ne vous inquiétez pas ! ce sera une petite entrée, le temps de préparer un vrai repas. J’espère que vous restez à dîner avec nous ? Humm ?
- Je ne….
- Tsss ! Tsss ! de toute façon, vous ne pouvez sortir par ce temps !
- Regardez donc ce que je vous ai préparé !!! dit fièrement Philippe en déposant un plat rempli d’amuse gueules alléchants
- Tu m’as chipé mon idée ! Je voulais faire découvrir mes talents à ton invité !
- Et bien, dans ce cas, ma cuisine n’attend plus que toi, dit en rigolant, Philippe, tout en le poussant vers la porte d’en face. Et fais en sorte que ce soit bon sinon la vaisselle t’attend !

Alice éclata de rire, malgré elle, tant la situation devenait cocasse. Philippe s’approcha d’elle et entreprit de la frictionner, énergiquement, souhaitant réactiver sa circulation. Elle demeurait étonnamment blanche. Elle paraissait si frêle, si fragile qu’il craignait de la blesser. Au bout d’un bon moment, elle commença à retrouver des couleurs.

- Merci Philippe ; ça va beaucoup mieux, dit-elle en le regardant
- Ah déjà ? dommage ! rétorqua Philippe en lui adressant une grimace de désappointement. Et si l’on se tutoyait ? Je peux ?
- Bien sur !
- Puis-je vous..heu tu, te demander une petite faveur, Alice ?
- Bien sur, Philippe
- Je veux que tu fasses croire à Marc que tu es ma petite amie. Ainsi il n’osera pas te poser de questions embarrassantes…Tu acceptes ?
- C’est une demande un peu inhabituelle mais pourquoi pas !
- Bien, dans ce cas, viens te blottir contre moi pour te réchauffer ! sinon, il va croire que je suis un sauvage avec toi et me le reprocher !
- Hooooo il faut pas trop exagérer…Il ignore que tu m‘as sauvée la vie !

Alice se leva, gracieusement, posant sur le sol, ses petits pieds, délicatement puis se blottit contre lui, en toute confiance. Il sentait bien qu’elle n’avait pas envie de parler. Il la laissa s’installer, jusqu’à ce qu’elle trouve sa place contre son épaule, où elle entreprit de poser sa tête, se laissant envahir d’une douce torpeur…

La pièce baignait d’une douce lumière, entourant leurs silhouettes. Quand la porte de la cuisine s’ouvrit, livrant passage à Marc, celui-ci en resta stupéfait ! Philippe et Alice dormaient comme des bienheureux, blottis dans les bras, l’un de l’autre !

- Et bien ! Quand je pense que ce coquin me confiait encore, hier soir, qu’il ne serait jamais plus, amoureux d’une femme !!!!

IV. Aigle solitaire

Marc fut stupéfait par le tableau qui s’offrait à ses yeux. Il n’en revenait pas. D’ordinaire si réservé et si discret, sur sa vie privée, Philippe, pour lequel il fallait se mettre à genoux pour ne soutirer, le plus souvent avec grand peine, qu’une infime information sur ses amours, se tenait là, joue contre joue, avec cette charmante personne qu’il avait ramenée à l’appartement, chose qu’il n’avait jamais fait, contrairement à Marc, qui lui ne s’en privait pas.

Une salve de questions tiraillait, à nouveau, Marc. Sa curiosité était piquée au vif : il voulait savoir, mais à quoi bon se torturer l’esprit avec d’hypothétiques réponses et autant de suppositions, sur l’origine incertaine de leur rencontre. Le mieux était tout simplement d’en discuter avec Philippe dés que possible.

Il s’approcha de la petite table basse qui jouxtait le sofa et y déposa, sans bruit, le plat d’amuse gueules. D un oeil, il s’assura qu’il ne les avait pas réveillés, et jugea bon de les laisser se reposer. Toutefois, il profita de l’occasion pour attarder son regard sur Alice.

Recroquevillée, sous la couverture, d’où débordaient seulement sa tête et l’extrémité d’un pied, Alice paraissait frêle et vulnérable. Décoiffée, ses cheveux en bataille et pas tout à fait secs, lui donnaient un air sauvage et attirant. Son visage, enveloppé d’une peau lisse et claire, respirait la douceur et la tendresse. Une harmonie tout en finesse se dégageait de ses paupières, de son petit nez aquilin, de sa bouche aux petites lèvres fines et sensuelles.

Alice remua la nuque comme pour se décontracter les muscles, engourdis par la position, et reposa sa joue sur l’épaule de Philippe. La couverture avait, quelque peu, glissé, laissant apparaître sa gorge et son épaule gauche. Marc ne pouvait rester insensible devant cette épaule dénudée, qui le narguait de près. L’idée d’y déposer un baiser lui vint bien évidemment à l’esprit. Ce large bout de chair dévoilée devenait si tentant.

" - Elle est belle, n’est-ce pas ? " Murmura alors Philippe, les yeux mi-clos.

Tentant, mais hélas déraisonnable et ces paroles de Philippe achevèrent de convaincre Marc sur l’improbable idée qu’il avait furtivement eue.

" - Oui, c’est effectivement ce que j’étais en train de me dire " chuchota-t-il. " Tu as très bon goût, félicitations... Mais, tu ne dormais pas" ? Chuchota Marc

" - Non, je savoure ce pur moment de bonheur, et je me laisse bercer par des rêves aussi merveilleux que fous."

" - Alors, je te laisse à tes rêves, à ta félicité et à ta folie " rétorqua Marc d’un ton narquois. Je vais dans ma chambre lire un peu. Préviens-moi quand elle se sera réveillée ".

Marc tourna les talons aussi doucement que quelques instants, auparavant, quand il était entré dans le salon. Il referma la porte derrière lui.

Quelques secondes plus tard, s’assurant ainsi que Marc ne pourrait entendre, Alice dit tout bas :

" - C’est gentil ce que tu viens de dire."

" - Tiens, toi non plus, tu ne dormais pas ?"

" - Non, j’essayais de faire le vide dans ma tête, de ne penser à rien, pour pouvoir tout comme toi, apprécier ce moment de quiétude et de chaleur."

Alice se redressa, lentement. Elle fixait Philippe droit dans les yeux.

"- Philippe, je n’oublierai jamais ce que tu as fait pour moi. Je ne te connais que depuis quelques heures, mais déjà, je sais que tu auras toujours une place à part, dans mon cœur. Je te serai éternellement reconnaissante et redevable. Merci."

Ses yeux se détachèrent, pour se perdre dans le vide de l’austère parquet.Philippe, tout troublé par cette solennelle déclaration, n’avait plus qu’une envie. Mais était-ce bien là, une raison suffisante, pour se laisser emporter par ce si soudain désir ?

IV. Aigle Solitaire

Marc fut stupéfait par le tableau qui s'offrait à ses yeux. Il n'en revenait pas. D'ordinaire si réservé et si discret, sur sa vie privée, Philippe, pour lequel il fallait se mettre à genoux pour ne soutirer, le plus souvent avec grand peine, qu'une infime information sur ses amours, se tenait là, joue contre joue, avec cette charmante personne qu'il avait ramenée à l'appartement ; chose qu'il n'avait jamais fait, contrairement à Marc, qui lui, ne s'en privait pas.

Une salve de questions tiraillait, à nouveau, Marc. Sa curiosité était piquée au vif : il voulait savoir, mais à quoi bon se torturer l'esprit avec d'hypothétiques réponses et autant de suppositions, sur l'origine incertaine de leur rencontre. Le mieux était tout simplement d'en discuter avec Philippe dés que possible.

Il s'approcha de la petite table basse qui jouxtait le sofa et y déposa, sans bruit, le plat d'amuse gueules. D un oeil, il s'assura qu'il ne les avait pas réveillés, et jugea bon de les laisser se reposer. Toutefois, il profita de l'occasion pour attarder son regard sur Alice.

Recroquevillée, sous la couverture, d'où débordaient seulement sa tête et l'extrémité d'un pied, Alice paraissait frêle et vulnérable. Décoiffée, ses cheveux en bataille et pas tout à fait secs, lui donnaient un air sauvage et attirant. Son visage, enveloppé d'une peau lisse et claire, respirait la douceur et la tendresse. Une harmonie tout en finesse se dégageait de ses paupières, de son petit nez aquilin, de sa bouche aux lèvres pleines et sensuelles.

Alice remua la nuque comme pour se décontracter les muscles, engourdis par la position, et reposa sa joue, sur l'épaule de Philippe. La couverture avait, quelque peu, glissé, laissant apparaître sa gorge et son épaule gauche. Marc ne pouvait rester insensible devant cette épaule dénudée, qui le narguait de près. L'idée d'y déposer un baiser lui vint bien évidemment à l'esprit. Ce large bout de chair dévoilée devenait si tentant.

" - Elle est belle, n'est-ce pas ? " Murmura alors Philippe, les yeux mi - clos. Tentant, mais hélas déraisonnable et ces paroles de Philippe achevèrent de convaincre Marc, sur l'improbable idée, qu'il avait furtivement eue.

" - Oui, c'est effectivement ce que j'étais en train de me dire " chuchota-t-il. " Tu as très bon goût, félicitations. Mais, tu ne dormais pas" ?

" - Non, je savoure ce pur moment de bonheur, et je me laisse bercer par des rêves aussi merveilleux que fous."

" - Alors, je te laisse à tes rêves, à ta félicité et à ta folie " rétorqua Marc d'un ton narquois. Je vais dans ma chambre lire un peu. Préviens-moi quand elle se sera réveillée ".

Marc tourna les talons, aussi doucement que quelques instants, auparavant, quand il était entré dans le salon. Il referma la porte de sa chambre derrière lui.

Quelques secondes, plus tard, s'assurant ainsi que Marc ne pourrait l’entendre, Alice dit tout bas :

" - C'est gentil ce que tu viens de dire."

" - Tiens, toi non plus, tu ne dormais pas ?"

" - Non, j'essayais de faire le vide dans ma tête, de ne penser à rien, pour pouvoir tout comme toi, apprécier ce moment de quiétude et de chaleur."

Alice se redressa, lentement. Elle fixait Philippe droit dans les yeux.

V. Erotica

Il lui était impossible de détourner son regard de ses lèvres qui se rapprochaient dangereusement. Philippe n’osait plus bouger comme tétanisé par la jeune femme. Il n’osait l’embrasser, se demandant jusqu’où cette histoire allait l’entraîner. Son cœur était tout juste remis de sa dernière aventure qui avait failli l’écoeurer des femmes à jamais.

Pourtant Alice ne paraissait pas chercher à le provoquer. Elle aussi semblait étrangement attirée vers lui, le regardant d’un regard bouleversant qui le troublait. En quelques secondes, leurs lèvres ne furent plus qu’à quelques centimètres à peine.

Alice entrouvrit les lèvres, les humectant inconsciemment, comme pour se donner une contenance devant son indécision. Puis tout bascula dans leur tête. Philippe lui saisit délicatement le visage entre ses mains, effleurant ses lèvres d’une baiser léger au début puis se fit plus insistant, l’enflammant littéralement.

Submergée par un flot d’émotions contradictoires, Alice lui rendait ses baisers avidement. Les mains de Philippe commencèrent machinalement à la caresser, ému par la douceur de ses seins, en l’étreignant.

Ils basculèrent sur le canapé, en même temps, en souriant, comme s’ils venaient soudain de prendre conscience de leur attirance. Philippe éperdu déposait des baisers dans son cou, se noyant dans le léger parfum qui se dégageait d’elle.

Aline l’entourait de ses bras, tendrement, lui rendant ses baisers avec impatience comme une jeune chatte affamée. Le sommier du canapé se mit à grincer sous leurs assauts répétés. Une folie sans nom était en train de les submerger sans qu’aucun d’eux n’ait plus envie de s’arrêter. La couverture avait glissé dévoilant le début des seins aux courbes pleines d’Alice. Les lèvres de Philippe se posèrent aussitôt dessus, tétant avec avidité leurs pointes dressées. Elle se mit à gémir sous ses caresses.

Sans qu’aucun d’eux ne prenne garde, la porte de la chambre s’ouvrit discrètement. Marc, attiré par leurs légers gémissements venait de passer la tête. Le spectacle était charmant, terriblement attirant. L’occasion était terriblement tentante devant cette chair si tendre, en train de se pâmer sous les baisers fougueux de son ami. Indécis, Marc n’osait pourtant s’avancer, hésitant à venir la caresser bien qu’ils aient déjà partagé quelques jolies femmes hardies ensemble.Marc commença à avancer, excité en les regardant. Il sentait son sexe durci, pulser contre son bas ventre.

Alice se laissait envahir par une douce langueur, sous les caresses devenues plus audacieuses de Philippe. La couverture avait glissé complètement. Il pouvait tout à loisir l’attendant ses baisers. Il s’agenouilla devant elle, la faisant s’allonger, plongeant son visage entre ses jambes. Elle émit un hoquet quand il glissa sa langue entre les lèvres engorgées de désir de son sexe. Comme elle le désirait ! Elle glissa ses mains sur ses cheveux, en le guidant.

Philippe en oubliait la présence de son ami dans la maison, lui tournant le dos, inconscient de l’envie qu’il déclenchait. Ses mains parcouraient les jambes puis les cuisses douces d’Alice. Sa chair était si troublante, si douce. Elle se laissait goûter, savourer, caresser en gémissant doucement sous es coups de langue. Tout son corps semblait soudain brûler, submergé par un désir sans nom. Rapidement, elle se retrouva trempée. Elle n’avait plus qu’une envie : faire l’amour avec lui. Elle l’attira vers lui, lui retirant sa ceinture de cuir, retira le bouton de son pantalon, fit glisser la fermeture éclair, sans rien dire, en le fixant, les yeux emplis de passion.

Philippe se redressa, laissant la pièce dans une demi pénombre. Il savait qu’elle serait plus à l’aise ainsi. Il retira son pantalon et ses chaussettes. Puis sa chemise en lui souriant. Qu’elle était belle ainsi, offerte, impatiente déjà de le sentir en elle. Elle se redressa sans rien dire, fit glisser son boxer, prit entre ses doigts fins, sa verge durcie. Jamais il n’avait bandé ainsi pour aucune fille. Il devait se concentrer, maîtriser son plaisir. Cela faisait trop longtemps qu’il n’avait fait l’amour avec une fille. Quand elle commença à lui offrir une fellation, il laissa échapper un gémissement. Sa bouche était si douce, si chaude ! Il la désirait tellement !

Il la laissa glisser le bout de sa langue rosée sur son prépuce. Puis regarda tourbillonner sa langue tout autour de son gland turgescent. Il sentit un plaisir immense à se donner ainsi. Irait-elle jusqu’au bout de cette fellation ? Alice entrouvrit sa bouche encore plus grand, referma ses lèvres gourmandes sur sa queue excitée puis commença à le pomper, tout en lui caressant ses bourses durcies de désir.

Elle leva les yeux vers lui croisant son regard. Il lui caressa la joue tendrement, lisant dans son regard l’acquiescement de ce qu’il désirait tant aujourd’hui. Sa main s’activa sur la hampe ; elle l’aspira, en même temps, le faisant aller et ressortir de plus en plus vite. C’était trop bon ; Philippe sentit fondre sa résistance. C’était de plus en plus dur de tenir. Il se dégagea d’elle brusquement, la fit s’allonger puis lui écarta les jambes, plongeant son sexe entre ses cuisses offertes. En sentant ses lèvres trempées de désir l’accueillir, il comprit combien elle avait envie de lui, elle aussi. Il glissa doucement en elle, éperdu de désir. Alice laissa échapper un soupir de bonheur en l’accueillant. Très vite, leurs corps ne firent plus qu’un.

Caché dans le coin de la pièce, Marc ne perdait pas une miette du spectacle. L’envie, la jalousie se disputaient au fond de lui. Pourquoi lui avait-elle préféré Philippe ? Il n’aurait su le dire. Pour la première fois, il se mit à envier son ami. Il se masturbait doucement en les regardant, comprenant que pour la première fois, il ne partagerait pas avec Philippe, le corps d’Alice.

Quelque chose venait de naître entre ces deux êtres. Il l’avait vite ressenti en regardant leurs corps se caresser, leurs mains se chercher, leurs bouches s’embrasser. Frustré, il serra sa queue, très fort en sentant son sperme jaillir, se mordant les lèvres pour étouffer un cri de plaisir. Puis il fila vers la salle de bain sur la pointe des pieds, laissant les amants à leur plaisir. Il tressaillit en entendant les cris de plaisir d’Alice comme une délivrance. Il se boucha les oreilles, refusant d’en entendre plus, ne supportant plus son plaisir.

Quelques heures plus tard, il sortit de la chambre, avec un sac de voyage, s’excusant auprès de Philippe et d’Alice, prétextant retrouver une copine qui lui venait de lui passer un coup de fil. Autant laisser les nouveaux amants tranquilles, maintenant…Il savait qu’il n’y aurait jamais de place, pour lui, dans le cœur d’Alice.

- Bonne chance, jeta-t-il à Philippe d’un regard, si triste, que celui-ci comprit en le regardant partir.

Mais une nouvelle vie commençait pour Philippe avec Alice, à ses cotés. Marc trouverait, lui-aussi, un jour, une jeune femme qui l'aimerait.

OOOOO






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