VAINCRE SA PEUR DE L'EAU

par Erotica51



De tous les sports, celui de l’eau est le plus bénéfique pour l’organisme et au moral. Rien ne vaut de plonger la tête sous l’eau pour avoir l’impression d’avoir la tête lavée de tous soucis.

Nager apporte une détente incroyable au corps, tout en massant en douceur vos muscles endormis par l’hiver. Tout ce que vous risquez après une bonne baignade c’est de vous endormir paisiblement, au soleil, car le corps se relâche, détressé.

Si vos yeux sont fragiles ou que vous n’osez ouvrir les yeux dans l’eau, portez des lunettes de plongée. Celles-ci auront le pouvoir de vous permettre de distinguer ce qu’il y a en dessous vous et de vous rassurer.

Il m’aura fallu des années pour vaincre ma peur de l’eau. Mais une fois cette crainte partie, quel plaisir de nager, ou même de pagayer sur l’eau ! J’ai regretté longtemps d’avoir laissé cette crainte de l’eau empoisonner ma vie, regardant tristement les autres jouer dans l’eau, sans pouvoir empêcher ma panique de remonter dès que quelqu’un menaçait de me jeter à l’eau.

C’est en plein mois de janvier, que je vais finalement me décider à apprendre à nager. Il fait pourtant un froid glacial dans ma ville mais qu’importe. La première chose que j’ai faite a été d’observer les moniteurs chargés d’apprendre aux adultes à nager.

Certains se contentaient de marcher, le long du bassin, bombant le torse, plus occupés à se faire admirer qu’à surveiller leurs clients pataugeant dans l’eau. D’autres, se contentaient d’aboyer leurs consignes sans même daigner descendre dans l’eau et corriger la posture de la personne. Ils préféraient discuter entre eux.

J'ai choisis le troisième, ayant pris le temps de le regarder faire. Il allait dans l’eau, montrant patiemment les gestes à corriger, correctement. Ce n’était pas le plus beau des maîtres nageurs, ni le plus jeune mais aujourd’hui, je me rends compte que j’ai choisi le meilleur des moniteurs.

Le plus dur fut d’apprendre à vaincre ma peur en m’obligeant à mettre mon visage dans l’eau et d’apprendre à souffler dans l'eau. La première fois, j’ai du rester qu'un quart de seconde ! Comme cette leçon se répétait régulièrement, peu à peu, sans m’en rendre compte, ma crainte de suffoquer commença à s’estomper.

Il y eut aussi un entretien avec mon maître nageur qui désirait comprendre ma peur de l’eau. A 14ans, un moniteur m’avait jetée de force dans le grand bain où j’avais commencé à couler. Force lui fut d’aller me repêcher. Ce fut d’un coup de poing rageur que je le remerciais, une fois en sécurité sur le macadam, lui brisant sa montre au poignet.

Ma seconde noyade fut causée par mes jeunes cousins qui avaient voulu s’amuser, me jetant de force dans la Méditerranée, malgré mes hurlements de frayeur et mes supplications. L’un d’entre eux porte encore malgré les années passées les traces de mes ongles sur son torse, sur lequel je m'étais désespérément agrippée !

Ma troisième noyade fut provoquée au cours d’un barbecue au bord d’un étang. Après une bonne séance de bronzage, je m’étais rhabillée, chaussée et était en train de déguster une brochette quand je me suis sentie soulevée du sol et projetée dans le lac. Bizarrement je n’ai pas paniquée mais mes neurones gardent encore le crissement du gravier sous mes baskets et les bulles d’air passant devant mes yeux, s’échappant de mes poumons sur le poing d’exploser. Une fois en sécurité sur le sable et après une grosse crise de larmes, je recherchais d’un œil féroce le responsable. Avoir passé une adolescence en pension en compagnie de garçons m’avait appris à me battre. Ce jour là, l’imbécile qui m’avait jetée à l’eau prit la plus belle des raclées en public, offerte par une femme aussi déchaînée qu’une chatte enragée !

Mon moniteur était fin psychologue. Chaque leçon était fixée le lundi soir. Très vite, je me rendis compte qu’en huit jours, ma crainte de l’eau reprenait le dessus. Je décidais donc avec une amie d’y retourner le mercredi soir et le samedi soir et de répéter ma leçon.

L’effet fut radical. Le lundi, j’avais encore l’impression d’être restée dans l’eau jusqu’à l’heure de ma leçon. Dans la même année, mon médecin fit un constat étonnant : j’avais grandi d’un centimètre alors que je venais de fêter mes 34ans ! D’autres effets furent bénéfiques. J’étais devenue plus calme, plus pondérée, moins impulsive à mon travail et avec mes amis.

Mon moniteur m’avait donnée une année pour vaincre ma peur de l’eau. Finalement, il ne m’aura fallu que trois mois. Ma plus grande fierté fut de réussir mon premier saut du plongeoir.

Un an plus tard, je participais aux régates rémoises et m’inscrivis au concours des 12 km de Reims. J’arrivais première obtenant ce que je n’aurais jamais cru possible : ma première médaille d’or en canoë de mer !

Aujourd'hui, je sais que l'on peut déplacer une montagne. Encore faut-il vouloir vaincre ce qui vous freine.



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