TOI QUI FUT LE PREMIER

par Erotica51


Pourquoi est il si difficile de quitter celui qui fut le Premier ? Il emporte avec lui mes tempêtes, mes révoltes, mes premières larmes, mes premiers sourires de femme, disant adieu à l'adolescente rêveuse que j'étais…

Pourquoi est il si difficile d'être femme, quand on décide à son tour, d'affronter ce monde, d'un cœur plus léger ? cherchant à m'épanouir, cette fois ci , sans toi, à mes cotés. Tu m'en as voulu, je le sais. Pour la première fois, tu t'es senti rejeté. Nos routes venaient de se séparer.

As tu jamais eu pitié de mes larmes de femme ? de ma détresse ? Il m'a fallu du temps pour me décider à te quitter. Dix ans, c'est si loin. Il aura fallu une panne d'Edf pour me faire comprendre que nous n'avions plus rien à nous dire. Comme j'ai eu du mal à te quitter. Jamais ma nuit ne fut si longue, à réfléchir les yeux grands ouverts dans la nuit..Tu dormais à mes cotés alors que moi, je pleurais déterminée, à te quitter.

Tu fus et resteras toujours ce premier garçon sur lequel je me suis retournée, éblouie par ton sourire conquérant. Ta veste de daim, ton pantalon de tergal resteront gravés dans ma mémoire et ce poulet qui dispensait son odeur alléchante, sous mon nez. Comme ce soir la, j'étais affamée. Tu avais voulu partager ton repas mais mon éducation m'avait obligé à refuser. Jamais mon estomac n'a autant protesté ! Alors tu m'avais étouffée de baisers au point qu'en sortant du cinéma, j'ai cru que tu m'avais dévorée la bouche de baisers. Te souviens tu, de ta main protectrice, posée sur mon épaule, comme de ton premier geste de tendresse…C'était hier il me semble…en vérité, il y a si longtemps que l'eau s'est évaporée des rivières ou nous nous baignions….

Il est si loin ce temps, ou nous étions encore des adolescents affrontant la terre entière, en riant. Une ombre passe dans mon regard, d'autres années sans toi, comme j'ai mal. Il me faudra du temps pour t'oublier, pour te chasser à jamais de mon coeur, pour pardonner cette douleur que tu m'as fait.

Un éclat de lumière a fait ciller ton regard. Tes yeux s'entrouvrent, soudain, hagards. Je suis la, penchée près de toi, ma main blottie dans la tienne. Reviens, j'ai besoin de toi, t'ai-je murmuré, la gorge, soudain serrée, les yeux emplis de larmes. Tu as été opéré à coeur ouvert. Comme ton regard semble loin, comme revenu du monde des ténèbres. Tu es devenu si calme, l'esprit ailleurs et je t'observe, fumant près de la fenêtre. La Vie ne t'a pas épargné..Après ton jeune frère, ce fut au tour de ta mère et de ta jeune soeur, de disparaître, sur la route, brutalement.

Quelques années plus tard, notre fille disparaîtra, son demi frère la suivra deux ans apres. Te souviens tu comme tu étais fier de tes enfants blottis dans tes bras. Que d'années de tristesse, de solitude morale, en t'imposant de taire ta souffrance. Non, la Justice n'existe pas ! On peut tuer nos enfants et n'avoir que quelques mois, de sursis, pour excuser un tel acte !

Aujourd'hui, nous avons longuement parlé, depuis tout ce temps. Ni toi ni moi, on ne s'en remettra mais il faut continuer à se battre, à faire face parce que la Vie n'est qu'une immense farce amère et que la Justice en France n'existe pas !



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