PASSION DEVASTATRICE

par Erotica51


Je retourne, dans mes mains, ce petit coffret à bijoux, aux bords doucement arrondis, polis par le temps, qui me rappelle ton souvenir.

Tu me l'avais offert à l'occasion de mon anniversaire. Cathy, mon amie te connaissait et savait que tu passais un passage à vide.

Elle m'avait demandé la permission de t'amener pour cette fête, afin de rompre ta solitude.



En fermant les yeux, je te revois tel que tu m'es apparu, ce jour là. Grand, les cheveux un peu bohème, des yeux qui paraissaient me transpercer et une fragilité morale qui transparaissait.

L'air d'un gentil garçon perdu dans ce monde cruel. Tu paraissais perpétuellement inquiet comme une bête aux abois.

Tu m'avais tendu la main d'un sourire timide, en me remettant ton cadeau, comme s'il te brûlait les doigts, l'air maladroit.

Je t'avais remercié d'un sourire, en t'invitant à t'asseoir auprès de nous, t'offrant un verre, pour te mettre à l'aise et une énorme part de gâteau appétissant, sur lequel tu t'étais précipité d'un air affamé. Tu n'avais pas l'air de manger à ta faim tous les jours.



Le coeur serré, je te regardais, par moment, à la dérobée. Tu ignorais que j'en savais plus sur toi, que tu ne le pensais.

Un peu de chaleur humaine ne pourrait te faire de mal, surtout en ces instants de froid intence. Dans un mois, tu aurais 35 ans.



Ta voix grave m'invitait, souvent, à rêver. A elle seule, elle était un voyage, où tu me racontais ta vie passée, ces pays où tu avais voyagé et cette passion amoureuse qui te minait.

Des tempêtes, oh oui, tu en avais aussi rencontrées! Que de doutes te traversaient. Pour une femme mariée, toute ta vie avait soudain basculé.



Vous vous étiez rencontrés devant un supermarché. Désolée, elle contemplait, indécise son véhicule dont le pneu avant, était crevé.

Tu t'étais proposé de lui changer. Elle avait accepté. Pour te remercier, elle t'avait invité chez elle.

Sous le charme, tu avais rapidement accepté. Une passion puissante entre vous était née, dévastant toutes tes convictions sur la fidélité.

Pour elle, tu avais tout quitté, même ton foyer.

Ta vie s'était mise à graviter sur son sourire et ses rendez vous sauvages dans les bois où vous aimiez vous retrouver, loin des regards indiscrets.



Le temps passait. Tu commençais à t'impatienter, lui demandant, elle aussi, de prendre une décision. Elle hésitait visiblement...

Grâce au poste important de son époux, elle possédait tout ce qu'une femme pouvait désirer: une maison, une belle voiture, de superbes vêtements, le respect des gens, l'argent.

Mais sa vie manquait, singulièrement, de quelque chose qu'elle n'avait trouvé avec : la passion.

En la rencontrant, tu avais réussi à combler ce vide.

Au fil des mois, tu te fis plus pressant, ne supportant plus qu'elle dorme dans le même lit que son époux; qu'elle doive encore faire l'amour avec lui, que tu ne sois que son jouet dans sa vie.



Cette vie à la partager dura deux ans. Tu en perdais le sommeil et l'appétit. Ces derniers mois, tu avais énormément maigri, te retranchant derrière les murs de ton appartement. Pourquoi refusait-elle de le quitter? Tu n'arrivais pas à la comprendre, alors qu'elle prétendait t'aimer.



Que s'est-il passé, dans ton esprit, ce petit matin du 5 novembre ? Tu es allé te garer, devant chez elle, résolument, bien déterminé à avoir une explication définitive.



La porte de la maisonnée s'est ouverte; Comme elle était belle, dans sa longue chemise de nuit, flottant au vent, qui dévoilait ce corps dont tu ne pouvais plus te passer et te rendait fou de plaisir.

Son époux lui parlait. Elle fit alors un geste qui te brisa le cœur, brusquement ! Elle venait de croiser ses bras, autour de son cou, amoureusement, échangeant un baiser, voluptueux avec ce rival que tu détestais!

Tout ton univers s'est, soudain, écroulé! tout ce qu'elle t'avait raconté n'était donc que mensonges! Comme consciente de ta présence, elle avait tourné la tête, lentement. Pétrifiée, en sentant ton regard chargé de reproches, elle s'était écartée de son époux, gauchement, observant, terrifiée, ce geste que tu amorçais, sans la lâcher du regard...

Tu ne l'avais pas quittée, un seul instant des yeux, posant le bout de ton fusil contre ta tempe, le coeur chaviré. Ses yeux t'avaient supplié, en silence...Pan! un bruit assourdissant les avait fait sursautés! La vitre de ta voiture venait de se briser.

Ton corps s'était, doucement, affaissé, la tête ensanglantée...Ta vie venait de s'achever...Tu t'appelais JACQUES et ce petit coffret est là, comme un témoin muet du drame de ta vie, comme une présence muette. Il reste le témoin secret, de cette passion qui a bouleversé ta vie...

Qui peut dire à l'avance quand une aventure devient dévastatrice, détruisant aussi toute une vie...

Quand elle t'a aperçu dans ta voiture, il était déjà trop tard. Vos yeux se sont croisés brièvement. Tu avais dirigé sur ta tête le canon de ton fusil. Le coup est parti. Ta tête a explosé sous l'impact, faisant gicler ton sang dans l'habitacle. Ton corps s'est affaissé, lentement. Elle n'avait pas su choisir. Tu l'as fait à sa place.

Que ce qui t'est arrivé, Jacques, puisse aussi faire réfléchir les futurs amants dont les aventures blessent ceux qui aiment cruellement….



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