LES OISEAUX DU BONHEUR

par Erotica51



Le chêne était la, immobile, frémissant, à peine, attendant, patiemment, la fin de l'hiver. Peu à peu, ses branches s'étaient étendues, agrandies, son feuillage s'était à nouveau étoffé, offrant des espaces de repos, bien cachés, aux oiseaux fatigués, de cet hiver qui n'avait jamais sembler finir.



Ils étaient arrivés, épuisés, après avoir surmonté tant de dangers. Ils s'étaient posés, un instant, regardant autour d'eux, d'un regard inquiet. Peu à peu, ils avaient découvert, en lui, mille caches possibles, s'envolant, effrayés au premier bruit, revenant avec précaution, à la tombée de la nuit.



Ils observaient, d'un regard affamé, des écoliers, qui reviennent, marchant, à petits pas pressés, grignotant un goûter, à pleines dents, sans cesser de babiller, se précipitant, quand quelques miettes, soudain, venaient de tomber, en poussant mille petits pépiements de plaisir, ainsi est leur Vie.



Le Printemps est arrivé, sans bruit; la pelouse lentement a reverdi; l'air, inexplicablement, s'est radouci. Les premières perces neiges sont apparues, fragiles et timides, jetant autour d'elles, un regard étonné en découvrant les premières images tendres du printemps qui les a réveillées.



Côte à côte, deux personnes âgées sont arrivées, regardant le banc, comme des naufragés puis, sur le banc, se sont installés, précautionneusement, malgré leurs membres ankylosés. Les Ans, sur eux, viennent de passer.



Ils ont levés la tête, reconnaissant ces pépiements assourdis. Ils sont revenus, joyeux, fidèles malgré les tourmentes de la vie. Ils les ont recherché dans les frondaisons, clignant de l'oeil, en souriant, découvrant ces oiseaux venus fonder, sous leur nez, une famille.

Ils ont entendus, émus, les premiers pépiements des oisillons comme un message d'espoir de l'éternel recommencement de la Vie...



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