ENFANTS MARTYRS

par Erotica51


Aujourd'hui, c'est la Fête de Mères. Mais cette fête, n'est pas pour toi !

Nous avons 11 ans et 9 ans. Notre vie vient de basculer, brusquement. Stupéfaite, je regarde mon jeune frère. Cette femme qui vient nous arracher à notre vie heureuse serait notre vraie mère ! Il n'y a en elle aucun geste de tendresse, juste un regard méchant en nous regardant. Pourquoi réapparaît-elle ? Elle me secoue méchamment le bras, me faisant comprendre qu'il faut que je me dépêche de m'habiller. Je sens déjà que cette étrangère ne nous aime pas. Sa voix gronde, devient encore plus sévère, je m'enfuis dans le jardin en courant, espérant secrètement qu'elle repartira sans nous. Mon père adoptif viendra me rechercher, calmant mes craintes, en me rassurant.

Elle fera monter, derrière elle, sur sa mobylette, mon jeune frère et m'obligera à traverser la ville, en courant, en la suivant. J'ai le coeur qui bat à tout rompre. La tête me tourne. Epuisée, je m'arrête, cherchant mon souffle, désespérément. Elle commence par me hurler dessus, en m'obligeant, à nouveau, à courir ! Cette traversée en pleine nuit restera gravée dans ma mémoire au fer rouge mais ce n'est qu'un détail.

Nous arrivons devant chez elle. Elle ouvre une porte immense. L'intérieur est sombre. On dirait une prison. Elle nous fera monter des escaliers, pour finir, par nous enfermer, dans un grenier, qui sera notre chambre. La pièce n'est pas grande, trois mètres sur quatre, il me semble. Un vieux canapé nous attend. Il règne sous la charpente un froid immense. Nous nous blottissons, l'un contre l'autre, terrifiés, en cherchant à comprendre. Nos ventres affamés devront se faire une raison. Nous n'aurons pas de dîner, ce soir. Nous ignorons que nous devrons, chaque jour, nous contentons d'un bout de pain et d'un morceau de fromage ! Elle nous fera mettre dans un l'escalier les morceaux de pin à jeter, qui seront récupérés pour alimenter des animaux de ferme. Chaque soir en allant nous coucher, nous chiperons subrepticement, quelques morceaux de pain sec, pour calmer notre faim.

Les jours vont passer et nous ne comprenons notre présence près de cette femme. Elle exige que nous l'appelions Madame ! et que si l'on nous interroge, que nous prétentions être les enfants de la concierge, qu'elle accepte de garder ! Un comble !

Un homme est dans sa vie et vient souvent la voir. Ce soir, elle part, au cinéma, nous demandant de surveiller la machine à laver. Nous faisons signe que oui, sans un mot, heureux de la voir disparaître. Une fois la porte refermée sur elle, nous nous regardons les yeux ronds. Qu'a-t-elle voulu dire ? La machine tourne en silence puis commence soudain à changer de place en s'essorant ! la machine se déplace encore, en vibrant, crachant son eau au sol ! comment l'arrête-t-on ? Nous tentons de la retenir, glissons au sol, retenant un fou rire ! en quelques minutes c'est une véritable inondation. Je cherche en vain une bâche ou une serviette ! Soudain ,la serrure tourne : elle est la, furieuse, qui nous regarde, pose son sac et pour la première fois de ma vie, elle me frappe ! mon petit frère tente de me défendre et s'agrippe à son bras ! Lui aussi recevra une claque brutale qui le fera chuter au sol ! nous pleurnichons en silence. Elle nous fera monter, hargneuse au grenier, déclarant qu'elle va revenir nous chercher et nous mettre une volée, après. Nous nous précipitons à la fenêtre cherchant à nous sauver, mais nous sommes trop haut et risquons de nous tuer ! il nous reste à l'attendre et être fixés sur notre sort !

Une heure plus tard, elle réapparaît, tenant à la main un ceinturon ! m'ordonnant de me déshabiller, entièrement, devant mon jeune frère qui détourne la tête, gêné. Elle fera cela souvent, derrière son sourire cruel, en devinant ma honte. Puis, elle m'attrapera par ma queue de cheval, me maintenant, solidement ! Quand elle s'arrêtera, j'aurai tout le corps marqué, la chair éclatée, en divers endroits, la tête explosée contre le mur, sur lequel elle m'aura précipitée. Mon jeune frère est recroquevillé de terreur, dans un coin, n'osant bouger. Il échappera, cette fois, à la raclée, celle ci n'ayant plus de force, dans les bras, pour le frapper. Quand je me réveillerai, Gilbert est blotti contre moi, en pleurant.

Combien de temps va durer ce calvaire ? Deux longues années durant ! Un jour, laissant la porte d'en bas ouverte, Gilbert s'enfuira, en courant, demandant à ce qu'on l'emmène à la Gendarmerie. Il a commencé de lui raser la moitié de la tête, pour le punir. Il racontera qu'il a du aller à l'école, et avoir une pancarte autour du cou, disant : je suis un voleur ! Il avait pris 10 centimes pour s'acheter un bonbon ! Les raclées, lui aussi, en subira régulièrement. Le ceinturon et le martinet sont les instruments qu'elle préfère pour nous frapper !

Terrifiés, dans le grenier, nous regardons, souvent, par la fenêtre, ces gens qui travaillent dans un bureau. C'est un huissier important avec ses secrétaires. Maître T....r ! Vous souvenez vous de ces enfants qui espéraient votre aide en vous fixant en silence? Les secrétaires nous observent mais personne ne bougera. On respecte la loi du silence et de la lâcheté!

Nous finissons par nous habituer aux coups qu'on reçoit ! à la tête plongée dans une bassine d'eau pour nous faire avouer, je ne sais quoi. Nous avons perdu notre sourire. Seuls nos yeux trahissent la vie que l'on mène, dorénavant. L'école est devenue synonyme de liberté et de plaisirs. Je travaille dur à l'école, comme pour oublier l'enfer qui nous attend, en rentrant. Les vacance scolaires arrivent, malheureusement, nous replongeant dans notre enfer.

Au retour de vacances, notre mère est encore plus sévère. Elle attend le carnet de notes avec impatience ! Quand je lui annoncerai, toute fière, que je suis première, je n'aurai droit qu'à son cri de haine : menteuse ! et à un gifle retentissante en pleine tête ! Le carnet de notes que je luis tendais, toute fière, tombe à tête. Puis, elle vérifiera, sans même un mot de regrets de m'avoir frappée. Nous devons nous tenir, à table, le dos droit, les mains repliées, le pouce à l'intérieur. A quoi ai-je pensé ce jour ? je ne m'en souviens pas. Elle me regarde, méchamment, m'oblige à poser ma main, à plat, sur la table, puis me pose cruellement la casserole brûlante, sortie du feu, à l'instant même. Je hurle de souffrance. Ma main est brûlée, irrémédiablement ! Elle me mettra la main sous le robinet d'eau froide puis me posera un pansement !

- si on te pose une question, dis que tu t'es brûlée contre le radiateur de l'école ! si tu parles, je me vengerai ! la prochaine fois, plie tes mains comme je te l'ai montré !

Bien entendu, à l'école, ma main blessée n'est pas passée inaperçue. La directrice d'école qui m'a prise, en affection, commence à m'interroger. Je secoue la tête ! je n'ai pas le droit de lui raconter ce qui se passe à la maison. Elle insiste et je récite, stupidement, que je me suis blessée sur les radiateurs de l'école. Dubitative, elle m'emmène les toucher. Ils sont froids ! J'avais oublié qu'il y a pas de chauffage durant l'été ! Elle appellera, cette fois, un médecin qui va m'examiner sur toutes les coutures et tout consigner puis ira déposer plainte contre notre mère. L'infirmière me soignera puis me prendra dans ses bras, m'apportant un peu de chaleur humaine.

En rentrant, ma mère m'interrogera ! Je devrais lui raconter les questions auxquelles j'ai été confrontée. Je dirai tout, étonnée, cette fois, devant son air décomposé ! Je sais qu'une nouvelle correction m'attend mais je me suis habituée ! Tout m'indiffère ! mon petit frère, quelques mois avant, lui a été retiré ! la directrice m'a dit que j'allais bientôt m'en aller de chez cette femme que la loi a désigné comme mère. Il me reste à patienter ! J'ai trop parlé ! Les coups vont recommencer à tomber ! le martinet, à force de me cingler, n'a plus de lanières ! elle continuera avec le manche en bois puis me jettera la tête la première contre la cheminée. Cette fois-ci, je ne me relèverai pas ! je reste au sol, inanimée, malgré ses tentatives vaines, pour me réanimer.

Les secours sont arrivés...Un homme en blouse blanche est penché sur moi. J'entends vaguement sa voix. Mes yeux se ferment. Mon corps me brûle, atrocement, de souffrance. J'ai l'impression qu'elle m'a tout cassé. Je sens qu'on m'entraîne hors de chez elle. Mon cauchemar est enfin terminé. Je ne reviendrai pas. Elle sera juste déchue de ses droits maternels. Tout est consigné dans le dossier de la DRASS que je consulterai, des années plus tard.

Alors, si vous tombez enceinte, alors que vous ne voulez pas, d'un enfant, ayez le courage de vous faire avorter ! Réfléchissez avant !!!Le prix d'une telle légèreté et inconscience est trop cher à payer pour un enfant innocent, qui n'a pas demandé à venir au monde !

Les années ont passé; J'avais tout enfoui, au fond de ma mémoire pour t'oublier mais cette fête des mères a, de nouveau, tout réveillé, fait ressurgir ce passé. Aujourd'hui, Maman, tu es désespérément seule et c'est bien fait pour toi !!! Durant des années, tu nous as rejetés de ta vie, de ton coeur.

C'est à mon tour, de te renier de ma vie, cette fois, bien que tu ais tenté de te rapprocher cherchant une épaule pour pleurer ton fils! Les années ont passé mais tous ces images d'horreur et de violence sont restées gravées au fer rouge, dans ma mémoire ! Il est trop tard ! Tu es devenue une étrangère pour moi.

"Maman" Ce mot, si doux à prononcer, tu ne le mérites même pas. Il n'a jamais eu de sens pour toi! Et il n'y aura pas de fête des mères, pour toi.



Retour


www.erotica51.com © 14.03.2003-14.03.2017 - Tous Droits Réservés