LE MONDE DE L'ENFANCE

par Erotica51



Enfant, mon univers s’arrêtait au bout du jardin ou j’aimais me promener. Celui-ci était divisé en deux moitiés : les fleurs d’un coté et les légumes de l’autre coté. Tout au fond, il y avait une immense cabane ou j’aimais me cacher, ouvrant les placards les yeux remplis de curiosité.

C’est ainsi que je découvris où tous les pots de confiture étaient cachés. Chaque après midi,je filais m’y cacher et munie d’une petite cuillère,je me chargeais de les goûter. Hummm miam ! Celle à la fraise était ma préférée bien que celle aux abricots n’était pas non plus négligée. Une fois rassasiée, je refermais prestement le couvercle et allais ranger soigneusement mon pot de confiture entamé tout au fond. Il ne manquerait plus que ma nourrice, dotée pourtant d’une belle patience, ne découvre mon forfait !

Mon père nourricier (papa Paul) comme je le surnommais tendrement, se rangeait souvent de mon coté, minimisant les sottises que je faisais. Comment oublier ses bras chargés d’amour d’on il m’entourait comme pour me protéger ? C’est avec lui que souvent j’allais me promener. Où sont passés les sapins dans lesquels j’aimais grimper et me balancer au grand dam des coups de frayeur que je lui infligeais, innocemment. Il est vrai qu’à cet age innocent, nous n’avons pas conscience du danger.

« Maman », comme je l’appelais affectueusement, en profitait pour s’enfermer dans la cuisine, nous mijotant de superbes plats que j’avalais, le ventre affamé de m’être promené. Ces ballades aussi avaient une vertu étonnante : je m’instruisais. Il ne me fallut pas longtemps pour différencier les feuilles de marronnier, de noyer, ou de peuplier.

Le nez dans l’herbe tendre, je pouvais observer le travail des fourmis, avec curiosité. C’est ainsi que la nature retint mon attention et que j’appris à la respecter. J’ai toujours regretté de ne pouvoir voler comme les papillons, n’arrivant qu’à les poursuivre vainement au milieu des champs ensoleillés.

Ma première boite de gouaches me prouva que j’avais du talent en voyant l’air outragé de « maman » me poursuivant pour me cacher d’un torchon le bout de mes petits nénés qui commençaient tout juste à pointer. J’avais tout juste 11ans et était loin de m’en préoccuper. Les poules hurlaient encore de colère d’avoir été déplumées par les garnements que nous étions. Il est vrai que mes jeunes cousins avaient la partie belle à me suivre pour jouer aux indiens en hurlant, bondissant comme des diables colorés au milieu des invités stupéfaits.

C’était le bon temps où les enfants savaient encore s’amuser sainement et ne se posaient pas tant de questions sur ce monde qui, vingt ans plus tard, se trouve en plein bouleversement, oubliant que des enfants ont encore besoin de rêver…


20/10/06



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