JUSTE UN COIN DE CIEL BLEU

par Erotica51


Dehors règne un soleil magnifique. A l’intérieur, de l’immeuble, chacun vaque à ses occupations. Le personnel soignant court, débordé, trop souvent, distribue tantôt un sourire, tantôt une parole réconfortante. Ils et elles voient bien ceux qui n’ont jamais de visites et leur regard s’obscurcit, en entrant.

Certains malades restent immobiles, les yeux fixés dans le lointain, se demandant pourquoi leur famille ne vient plus jamais les voir. C’est si long une journée d’hôpital ou de clinique. Le savent-ils vraiment ? Leurs enfants sont partis si loin, ont changé de région pour trouver du travail. Ils ne voient même plus leurs petits enfants. Ils laissent échapper un soupir. Une larme silencieuse dévale leurs joues ridées, parcheminées par le temps, tant ils ont mal.

Tout comme eux, j’ai connu de longs jours en clinique. Ma famille est loin, elle aussi mais dimanche, je l’attends. Alors, je tourne les yeux vers la fenêtre, vers l’extérieur où le soleil brille. La cime des arbres oscille imperceptiblement. Les branches frémissent d’allégresse à l’arrivée du printemps.

Les premiers bourgeons apparaissent, timides, dans un vert pâle qui surprend. On oublie, quand on vaque à ses occupations, d’admirer l’arrivée du printemps. Les étourneaux reviennent, le bec chargé de brindilles sèches et reconstruisent leurs nids, patiemment. Parfois l’un d’eux vient à ma fenêtre, tape du bec et déclenche mon sourire en dépit de la souffrance qui demeure présente. La fièvre baisse. L’espoir renaît. Je sais que je sortirai prochainement mais il me faut être patiente…

Alors, mes yeux se tournent vers cette lumière, ce soleil que j’aime, qui m’attend…Les nuages poursuivent leur course dans une joyeuse sarabande. Ils sont légers, en filigrane et parcourent le ciel comme des chevaux qui s’élancent, librement…C’est le printemps. Je sens en moi la Vie qui bouillonne ; Mes jambes frémissent, déjà impatientes…

Je reste vigilante à mon corps, à ce qu’il perçoit, à qu’il ressent. Certains médicaments nous empoisonnent, insidieusement, lentement comme le Vioxx que l’on me donne et qui me détruit, silencieusement, je le sens. Ce n’est que des mois plus tard, qu’on reconnaîtra officiellement, les conséquences cardio-vasculaires ! Même pas un mot pour les malades que l’on a traités avec ! Aucune excuse ni information sur les conséquences.

Seul Internet a continué son rôle d’informations, heureusement. Je décide d’arrêter ce traitement et avec ce simple geste, les battements devenus désordonnés de mon cœur, cessent, peu à peu. Il était temps…Un cardiologue que j’irai voir, inquiète, me diagnostiquera deux fuites à la valve mitrale ! Je ne veux plus avoir à regarder un coin de ciel bleu de ma fenêtre en soupirant. Je veux VIVRE, libre, mais dehors, pas couchée, immobile, dans un petit lit blanc …ou partir les pieds, devant à cause d’un médicament que l'on remet sur le marché malgré ses risques aujourd'hui, sur la population!



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