UNE SEMAINE A LA CAMPAGNE

par Erotica51



C'est un rayon de lumière qui filtre aux travers de volets de bois. J'ouvre en grand la fenêtre et mille bruits que j'avais oubliés, parviennent à mes oreilles. On entend des centaines de pépiements d'oiseaux joyeux. Le ronronnement du moteur d'un tracteur, au loin se fait entendre. Parfois, c'est le cri d'une corneille, volant à tire d'ailes, au dessus des arbres fruitiers. Je perçois le bruit assourdi des voitures, au loin. L'air est frais, dix degrés à peine mais il ne fait pas froid.

A quelques mètres, de la fenêtre, vautrée dans l'herbe, Bagherra la chatte joue avec ses petits chatons de deux mois. Elle est allée à la chasse aux mulots et leur a déposé un jeune mulot, à demi mort de peur, entre les pattes. Effrayés, ils se mettent debout, la tête un peu penchée pour le regarder puis l'instinct reprenant le dessus, lui donnent de petits coups de pattes, le faisant détaler, dans les herbes. A deux, c'est une partie de plaisir à courir après, à lui barrer la route, à le poursuivre, à nouveau. Au bout d'une demi heure de ce jeu cruel, la mère interviendra, sectionnant d'un coup de mâchoire, la tête du mulot, laissant ses petits s'en repaître.

Devant la maison passera un tracteur avec des gens assis derrière dans la carriole, les enfants me faisant de grands signes de la main, tout heureux de l'aubaine. On est samedi matin. Monsieur le Maire a décidé de faire visiter sa région aux nouveaux arrivants. Ce sont des citadins qui écarquillent les yeux d'étonnement, surpris de cet accueil. Un peu plus tard, dans les locaux de la Mairie, c'est autour du verre de l'Amitié, qu'ils feront, plus longuement, connaissance. Nos jeunes citadins, se verront invités dans plusieurs maisons.

Branle bas de ménage dans les maisonnées. Le linge est vite lavé et est étendu rapidement au soleil. Grâce à l'air, il est plus doux et sent le frais. La maison est balayée de fond en comble puis lavée à grande eau, laissant dans la maison une bonne odeur de pin frais.

Un peu plus loin, il y a une ferme. On entend le coq qui chante le réveil du jour. A leur tour, ce sont les canards qui se réveillent. Toute la journée, on entendra les cris agressifs des oies. Et le bêlement plaintif des moutons. Au loin, un chien aboie, montant la garde.

Le soir, sous la fenêtre flotte encore l'odeur de la lavande séchée par le soleil. Les journées paraissent longues et pourtant, nous oublions souvent combien, en campagne, elles sont bien occupées. Chaque jour, les fruits sont ramassés aux pieds des pommiers. L'odeur des confitures flottera longtemps dans les pièces.

Dans les hautes herbes, heureux d'avoir profité du soleil, une journée encore, les grillons se font entendre.

Je profiterai de ces après midis, au soleil, à peindre, un tableau, durant toute ma semaine, ayant dans les oreilles le chant incessant des oiseaux, me disant que la vie, toute simple soit-elle, est belle...J'aime cette semaine, sans stress, ou chaque jour est pourtant différent, comme ces nuages légers qui se poursuivent, joyeux, dans le bleu du ciel.



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