LE TAILLEUR BLANC

par LE REVEUR

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Comme très souvent, de nos jours, tout avait commencé par quelques échanges sur la toile.

Très vite il avait remarqué la douceur de ses écrits, cette façon si personnelle qu’elle avait pour évoquer certains moments de sa vie, ses amours, ses peines, ses joies.

Il avait pris son temps, lu nombre de ses messages avant de se risquer à lui répondre.Puis, de post en post, il s’était enhardi, lui laissant souvent un mot, comme un appel du pied…Les messages s’étaient ainsi succédés et, à son tour, elle avait pris plaisir à lui répondre.

Il lui semblait qu’une certaine complicité s’établissait entre eux.
Ils n’étaient que deux pseudos perdus au milieu de tant d’autres mais leur romantisme, leur sensibilité commune les attirait aussi sûrement qu’un aimant.

Comment réussit-il à se procurer son adresse ? Mystère….mais le fait est qu’un jour, elle le trouva dans sa boite.

Nombre de mails s’en suivirent, ils apprirent à se découvrir, se parlèrent de leurs vies, de leurs aspirations, de leurs désirs.
Ils échangèrent ainsi longtemps passant parfois de longues soirées sur MSN ou au téléphone.Sans oser se l’avouer, ils sentaient bien que leur envie de se connaître était très forte ; mais chacun avait sa vie…

Cette vie, dont ils étaient deux naufragés, ne les avait pas épargnés. Tant bien que mal ils essayaient tous deux de reconstruire un semblant de bonheur.

Elle avait quelqu’un, il avait quelqu’une…..
Pourtant tous deux sentaient bien ce besoin de dépasser les liens de la toile, tous deux se prenaient à rêver et si …..

Les histoires platoniques, aussi belles soient elles, finissent par laisser un goût d’inachevé ; ils avaient maintenant envie d’autre chose…

Nombre de Kilomètres les séparait mais le jour ou il prit ce train, son cœur se mit à cogner très fort.

Le paysage défilait, il se sentit heureux, bercé par le son caractéristique des roues sur les rails.

Il se dit qu’enfin il pourrait lui parler tout en regardant ses yeux, tout en l’entendant rire, tout en lui prenant la main.
Les heures s’écoulèrent, le train filant à vive allure mais il était ailleurs, il était déjà sur ce quai de gare, songeant à celle qu’il allait enfin découvrir.Sans s’en rendre compte, il s’était assoupi et ne fut réveillé que par un sifflet strident.

Se levant d’un bond, il regroupa ses affaires à la hâte et baissa la vitre. Le train roula encore quelques mètres, tout doucement puis s’immobilisa.

Prestement il descendit, longea le quai.
Il huma l’air chargé de cette indéfinissable odeur, de ces mélanges de parfum et de graisse si caractéristiques de ces lieux si fréquentés.
Il prit son téléphone, composa un numéro.

Une voix cristalline, enjouée lui répondit. Pour la première fois, il allait la voir et l’entendre en même temps.

Il se hâta avec lenteur comme pour mieux savourer l’instant présent.
Autant l’un que l’autre, ils avaient rêvé ce moment, ils avaient tous deux imaginé ce premier regard, cette première étreinte.

Il avança encore un peu …elle était là, dans un petit tailleur blanc sobre mais délicieusement sexy, elle souriait, radieuse.

Tous deux s’observèrent sans bouger réfrénant au maximum leur désir de « toucher » l’autre.Ils restèrent ainsi de longues minutes, seuls au monde au milieu de la foule.

Dans un élan il s’avança et prit dans se bras cette femme dont il ne savait rien tout en connaissant les méandres de sa vie.
Ils étaient maintenant enlacés, ils riaient, pleuraient, n’osant croire à leur bonheur.


Ils eurent beaucoup de mal à quitter ce quai de gare mais, dans un éclat de rire, elle lui prit la main et l’entraina vers la sortie.
Toute la journée elle lui fit visiter sa ville, lui montrant les lieux qu’elle aimait. Elle était comme un tourbillon, ivre de joie.
Qu’il était joli ce guide….

Les heures passèrent, ils avisèrent un petit restaurant et, fuyant le monde, choisirent une table bien cachée dans un recoin.
Ce diner, main dans la main, fut délicieux et exquis. Plus que les mets pourtant savamment cuisinés ils se dévorèrent, se burent des yeux.
Ils se levèrent, se regardèrent encore longuement sachant tous deux qu’ils allaient déguster un dessert d’une toute autre nature.

Ils avisèrent un petit hôtel non loin du restaurant. Là aussi, comme à la gare, ils prirent leur temps repoussant au maximum cette échéance dont ils avaient pourtant très envie.

Il ouvrit la porte de la chambre, une douce odeur de vanille s’en échappa. Tendrement il la prit dans ses bras, embrassant sa jolie bouche, caressant ses cheveux blonds tout en l’entrainant vers le lit.
Tout en lui n’était que douceur, ivre de fatigue et de désir elle se laissa ôter un à un ses derniers remparts de tissus.

Il prit beaucoup de plaisir à effeuiller ce corps tant désiré. A son tour elle le dévêtit et vint le couvrir de baisers.
Leurs corps s’entremêlant, ils se caressèrent longtemps, jouissant de ces moments d’extase avec toujours le désir d’attendre, de ne pas aller trop loin, trop vite.

Ils se noyèrent s’enivrèrent de leurs baisers brulants ; ils avaient tellement idéalisé cet instant, ils ne voulurent rien négliger, profiter de chaque seconde comme si c’était la dernière.
Contrairement à la journée, la nuit fut très longue ; ils s’aimèrent passionnément mais toujours avec cette infinie tendresse, cette sensualité qui les avait rapprochés.

Au petit matin, ils se réveillèrent dans les bras l’un de l’autre, même le sommeil n’avait pu les séparer.
Ils se sourirent, s’embrassèrent à nouveau. Leurs corps s’aimèrent encore, leurs cœurs aussi.

Le déjeuner qu’on leur servit leur permit de reprendre des forces, les incitant à remettre le couvert !
Le reste de la journée ne fut que tendresse, amour, complicité.
Leur rêve s’était réalisé, leur amour platonique était devenu bien réel et n’en était que plus beau.

Las, il leur fallut rendre la chambre car l’heure du départ approchait. Le week-end était déjà terminé. Le chemin du retour vers la gare fut moins joyeux, chacun s’efforçant de plaisanter, de cacher son chagrin.
Ils se retrouvèrent sur le même quai de gare, s’étreignant s’embrassant éperdument.

Ils maudirent cette distance qui les séparait mais c’était ainsi.
Il monta dans le train lâchant avec beaucoup de peine cette main tendue ; elle vint contre la vitre de son compartiment, de grosses larmes coulèrent le long de ses joues et tombèrent sur son si joli tailleur blanc….

Par la fenêtre baissée, il prit sa main, puis les doigts se quittèrent un à un lorsque le train s’ébranla. Elle ne fut bientôt qu’un point blanc dans le lointain…….

Une sonnerie retentit, stridente, violente. Seul dans son lit, il sursauta, encore tout endormi.Il était six heures trente et son réveil le rappela à la triste réalité.
Quelle nuit, quel rêve !

Un peu dépité, il se leva, partagé entre ce merveilleux songe qui l’avait transporté et la dure réalité de sa vie de célibataire.
A la hâte, il se lava, s’habilla et fonça à son travail.
En chemin il se remémora ce rêve étrange, cette femme si belle, si réelle dans son tailleur blanc.

Il se souvint que la veille, il avait échangé sur le net. Il se remémora les mots qui l’avaient attiré, avaient éveillé sa curiosité et sa grande sensibilité.

Se caressant le menton, songeur il se dit que peut-être, ce n’était qu’un rêve prémonitoire et il s’en fut, souriant, le cœur plus léger……

Le Reveur
le 17/01/2009


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