EVEIL DES SENS

par Auguste


Ils s'étaient rencontrés à plusieurs reprises. Balades dans la nature, week-ends au soleil, bars, restaurants, shopping commun. Ils avaient même partagé la même chambre d'hôtel. En tout bien tout honneur. En cette fin de journée de printemps, où le soleil avait réveillé la nature, il faisait une douceur telle qu'elle avait envie de flâner. Elle l'attendait, languide.

Pour cela, elle s'était préparée avec soin, comme à l'accoutumée. Elle avait juste mit son shorty noir en lycra, un soutien-gorge noir, une chemise en voile noir transparent, juste noué sur le ventre. Par-dessus, elle avait enfilé son long manteau noir qui laissait deviner sa silhouette mince. N'y tenant plus, elle était sortie et se dirigea lentement vers le bout du chemin. Enfin, il arriva. Il descendit de voiture. Il s'était vêtu avec soin, comme à son habitude. Short anglais, chemise et chaussettes écossaises. Il lui baisa la main. Ce soir, elle aurait aimé que les lèvres s'attardent un peu plus…

Ils prirent le chemin, main dans la main, doigts croisés. Sa voix était douce, chaude, sensuelle. Elle l'écoutait, sans prendre vraiment garde au sujet de la conversation. Elle se laissait bercer par la musique de sa voix. Quelques silences entrecoupaient ce semblant de conversation. Quand il se taisait, elle relançait en le regardant en souriant, sur des sujets divers, le parfum de la jonquille, le vert de l'herbe tendre, le nid du merle en train de couver… C'était le calme, le bien être. Presque le bonheur. A un moment, il remarqua que c'était lui qui menait la conversation. Il s'arrêta, lâcha sa main et se tourna vers elle.

Leurs regards se mêlèrent, attachés, soudés. Les sourires se figèrent. Deux statuts quasi immobiles face à face. Quasi immobile car les visages, les corps se rapprochaient lentement, inexorablement l'un vers l'autre. Le mouvement, interminable, ne s'arrêta que lorsque leurs lèvres s'unirent dans un long baiser. Il glissa ses mains sous la chemise. Son corps était chaud, doux. Il ferma les bras sur elle. Elle se laissa aller contre lui. L'étreinte était solide, forte. Ils restèrent ainsi un long moment, collés l'un à l'autre. Elle posa sa tête sur son épaule, passa la main dans les poils de son torse. Quelle force ! Quel parfum ! Elle s'enivrait de son odeur de mâle. Elle était bien. Elle aurait voulu que le temps s'arrête.

Enlacés, ils prirent le chemin du retour, sans un mot, savourant la découverte de sentiments tumultueux qui bouillonnaient dans leur corps et dans leur cœur. Une ivresse les prenait. Ils ne savaient que faire. Fallait-il laisser les mains partir dans des caresses qu'elles savaient faire d'elles-mêmes ? Fallait-il laisser libre cours au désir et au plaisir naissants ? Ils se contentèrent de ce contact. Ils étaient hommes. La virilité de l'un était ressentie par l'autre et vice versa. Sans honte. Naturellement. Les minutes passaient. Aucun des deux n'avait envie de rompre ce moment magique. Une chouette hulula. A regret, les corps se détachèrent. La conversation reprit. Le merle et la jonquille n'étaient plus d'actualité. Mots tendres, mots d'amour. Ils avaient la vie devant eux…



OOOOO



Retour vers Histoires érotiques d'Amis


http://www.erotica51.com © 14.03.2003 - 14.03.2018 - Tous Droits Réservés