RENCONTRE AU BOUT DE LA NUIT

par AUGUSTE



Chacun de leur côté, ils avaient rêvé la même chose. Sans se connaître, sans s'être jamais vus. Elle, elle sortait d'une rupture qui l'avait ramenée brutalement sur terre. Lui, était reparti vers des amours plus calmes, avec quelquefois des aventures sensuelles très fortes mais sans jamais retomber dans les sentiments. Tout au plus une complicité.

Ce matin, elle assurait le standard. Peu de monde en cette fin d'hiver. Le radoucissement du temps semblait avoir adouci les agressivités. Elle pouvait donc se laisser aller à la rêverie entre deux coups de fil sans intérêt. Il lui semblait sentir dans son corps une fatigue qu'elle avait bien connue en d'autre temps. Ses entrailles lui semblaient sensibles. Elle avait les yeux gonflés. Comme quand elle avait passé une belle nuit d'amour avec son amant, son aimé, son aimant.

Elle sentait la douceur de ses mains, la légèreté de sa langue, la quiétude de son souffle, la griffure de ses ongles, le mordillement de sa bouche, sur toutes les parties de son corps, sa peau, ses doigts, ses orteils, ses muqueuses. Il lui semblait encore sentir les effluves de l'eau de toilette qu'il portait, il y a une douzaine d'années de cela, un Lacoste, le premier Lacoste.

Elle se revoyait dans ses quarante ans, femme et mère, bourgeoise jusqu'au bout des ongles. Elle avait tout lâché, mari, enfants, pour vivre pendant dix ans une passion et un bouquet d'émotions qu'elle avait tenté d'oublier mais qui revenaient, intenses, insupportables, comme s'il allait passer la porte demain. Pourtant, leur relation n'avait pas été de tout repos, pleine de conflits, de ruptures temporaires, jusqu'à la dernière, celle qu'elle avait décidée, pour une fois.

Elle sentait son corps de quinquagénaire prêt à retrouver une vie, peut être un vit. Comment était ce bel inconnu qu'elle avait trouvé dans ses rêves? A quoi ressemblait-il? Impossible de se souvenir de son physique. Seuls les gestes avaient résonné en elle. Massages, caresses, jeux sexuels. Beaucoup de choses étaient troublantes. Il voyageait beaucoup, la valise toujours à la main ou au pied du lit.

Elle prenait rarement ce moyen de locomotion. Sauf quelques rares fois. Elle se souvenait d'une, un soir entre Paris et la province. Les gestes étaient amoureux, pleins de désir. A un moment il s'était levé pour aller aux toilettes. A son retour, les attouchements, discrets, avaient recommencé. A un moment, il avait dirigé sa main à elle dans son entrejambe à lui. Elle avait senti son érection. Fière. Dure. Elle avait tenté d'ouvrir sa braguette. Il s'était mieux positionné pour que la fermeture glisse. Elle avait passé doucement sa main. Mais il n'avait plus de slip! C'était donc cela qu'il était allé faire aux toilettes? Elle avait saisi le membre dans sa main chaude, légèrement moite par la situation. Dans un train! Tout doucement, elle avait posé sa tête sur ses genoux, visage tourné vers son corps, bouche vers l'ouverture de la braguette. Elle avait trouvé et pris le gland entre ses lèvres. Quelle douceur! Ce membre viril bandé pour elle! Quelle belle fellation! Quelle bonne fellation! Sans peu de gestes. Presque sans bouger. Juste le gland dans la bouche. Et la langue qui joue sur le méat, sur le frein, sur la couronne. Le train roulait. Il était nuit. Juste la veilleuse du couloir. A un moment elle avait senti une tension dans le corps de celui qu'elle aimait. Elle n'avait pas abandonné son jeu de langue. Ses lèvres s'étaient tout juste affermies sur le gland. Et la semence était partie. Chaude, douce, goûteuse. Elle avait cessé tout mouvement. Savourant ce suc. Elle l'avait senti se relâcher, débander.

Que son gland était bon quant il était ainsi à moitié turgescent! Elle savait qu'il aimait la chaleur de sa bouche à ce moment là. Sans geste. Que de la douceur. Au bout d'un moment, elle repoussa la verge dans la braguette, la mit bien en place, doucement, comme on range un objet précieux. Elle se redressa et ils échangèrent un baiser tendre d'abord, qui devint plus fougueux par la suite.

Elle se souvint alors que lorsqu’ils reprirent leur souffle, chacun eut un éclat de rire!

C'était si loin tout cela. Comment retrouver cette sensation? En vrai! Pas en rêve. Bien sûr, elle pourrait rechercher un homme, elle se laissait draguer un peu, mais sans concrétiser. Mais pourquoi avait-elle fait ce rêve? Pourquoi sa rêverie lui avait fait retrouver cet épisode de leur vie?

OOOOO



Retour vers Histoires érotiques d'Amis


http://www.erotica51.com © 14.03.2003 - 14.03.2017 - Tous Droits Réservés