CETTE NUIT LA, L'ORAGE LUI A FAIT PEUR

par Muse


Il lui restait encore deux cents kilomètres à parcourir, sur une route sinueuse, depuis qu’il avait quitté l’autoroute, il ne s’endormait plus. La pluie venait le réveiller tapant sur les vitres avec une force telle que les balais d’essuie glaces n’arrivaient pas à l’évacuer. Une pluie d’orage violente, abondante ; La route n’était pas éclairée, et il lui était de plus en plus difficile de voir le bas-côté. Même ses phares anti-brouillard n’y suffisaient pas. Il conduisait prudemment, lentement. La tempête de la semaine précédente avait fait de nombreux dégâts et certaines routes nationales étaient devenues impraticables. Des branchages ça et là jonchaient encore le sol. La déviation le rallongeait d’une vingtaine de kilomètres seulement.

Il roulait, les mains tenant fermement le volant, cherchant sa route, les bras pliés, et plissant les yeux pour mieux traverser l’épais rideau de pluie. Le bitume était fendu par endroits, il y avait de gros arbres couchés sur le talus. Les grondements du tonnerre semblaient venir des entrailles de la terre. Les éclairs illuminaient le ciel et dans l’espace d’une seconde il pouvait voir enfin ou menait cette route. La pluie redoublait de violence, il se sentait impuissant, il ne maîtrisait plus l’Alfa, il frôlait le bord de la route, montait sur le talus, s’embourbait, s’enlisait, glissait, se bloquait. Il restait un moment, paralysé par la peur, cet orage au dessus de sa tête résonnait comme des coups de canons, il mit sa tête dans ses mains, se bouchait les oreilles.

Son cœur s’emballait, il avait peur du tonnerre, peur de la colère du ciel, peur des éclairs qui déchirent la nuit, peur de la foudre aussi qui enlève la vie.

Il restait ainsi replié sur lui-même, agrippé au volant, immobile. Comme un petit enfant. Il avait toujours eu une peur panique de l’orage, ni l’adolescence ni la force de l’âge n’avaient pas pu en venir à bout. Il ne savait pas où il était, son téléphone portable était vide donc inutile pourtant il était attendu, il devait prévenir de son retard. Cela lui était impossible. Inconsciemment sa main, comme pour le rassurer, avait mis la musique, celle qu’il aimait par dessus tout, Vangélis Aux premières notes il s’évadait, se détendait et rêvait. Ce soir il l’écoutait, forte, le son au maximum essayant de masquer tout le fracas du ciel. Il restait ainsi pendant de longues minutes. La pluie bien qu’encore présente, semblait enfin légèrement s’atténuer. Le rugissement de l’orage se faisait moins pressant, il disparaissait, ne laissant derrière lui que le souffle du vent. Au loin, à travers le balancement des branches il apercevait une faible lueur

Il devait aller voir, là-bas cette lumière, signe de vie qui lui rendait l’espoir. Remontant le col de sa veste, il laissait son manteau sur le siège arrière et oubliait d’éteindre la radio, il prit juste les clefs, claquait la portière et s’aventurait à travers le champ devant lui, il ne voyait pas les flaques ni la boue sur ses pieds, il courrait vite, il se voulait aussi léger que l’air.

Un silence plus assourdissant encore remplaçait maintenant le bruit de la pluie. Une nuit étrange, à travers laquelle il devait se faufiler pour atteindre cette pâle lumière à la fois si lointaine et si proche.

Quelques minutes à peine, tout tremblant de froid et de peur, il arrivait à distinguer l’habitation. Enfin, se disait-il quelqu’un à qui parler, quelqu’un pour m’aider.

Il frappa à la porte, trois coups. Personne ne vint. En se penchant un peu à travers la fenêtre il aperçut la lueur d’un feu de bois qui brûlait dans l’âtre. Il s’approcha et frappa à nouveau. Deux coups suffirent pour entendre une voix, féminine :

- Qui est-ce ?
- Je me nomme Xavier, je me suis perdu, ma voiture est enlisée, je ne sais pas où je suis, s’il vous plait........

Disant cela il se rendait bien compte qu’il passerait pour un idiot, mais il n’en pouvait plus de fatigue, de frousse et de faim, il fallait qu’enfin la lumière l’éclaire.

Elle ouvrait la porte. Le vent s’engouffrait et fit claquer une porte derrière elle. Elle sursauta, lui aussi fut surpris. Elle riait aux éclats. Cela rassurait Xavier. Elle allait l’accueillir. Il ne souhaitait rien d’autre que téléphoner, prévenir les amis, la famille qu’il aurait du retard. Les regards se croisaient. Elle l’invitait à entrer, profitant d’une bourrasque il était dans le vestibule plus vite que prévu, puis il se faufila dans le séjour là, elle l’enjoignis de quitter sa veste qu’elle pris soin de suspendre au dossier d’un fauteuil près de la cheminée. Elle était plus humide que mouillée, mais elle jugeait utile de la mettre près du feu. Il avait le sourire, et sa chemise blanche en paraissait encore plus lumineuse tant elle avait subi elle aussi les frissons de la peur, les suées d’orage, et autres émotions en si peu de temps !

- mais votre chemise est trempée – lui dit-elle en tournant les talons - je reviens restez là devant la cheminée, ne bougez surtout pas !

II. Suite


Il ne bougeait pas, trop content d’être au sec, et si bien accueilli. Il prit place sur le canapé, face à la cheminée. Elle était jolie, de longs cheveux bruns coulaient sur ses épaules, les boucles légères sursautaient au rythme de ses pas. Ses yeux bleus éclairaient la délicatesse du maquillage, et son visage légèrement marqué par le souci des ans lui donnait l’assurance des femmes averties. Ses lèvres pulpeuses et bien ourlées, étaient maquillées d’un rouge encore vif.

Elle était mince vêtue d’un pantalon et d’un tee-shirt assorti. Une grosse veste en laine torsadée venait parfaire l’ensemble. Elle avait retourné le revers de ses manches, et la veste déboutonnée laissait pendre négligemment la ceinture des passants. Elle venait de lui tendre un polo et l’invitait à enlever sa chemise, elle posait près de lui un gros pull chiné. La lueur des flammes vacillantes se reflétait dans les mèches de ses cheveux pour donner de jolis reflets roux. Il déboutonnait sa chemise, et se surprit à imaginer cette femme dans une longue et belle robe de soirée. Les cheveux remontés, quelques mèches tombantes de chaque côté du visage, une légère touche de parfum sur la nuque. Il fermait les yeux et sentait les effluves qui embaumaient la pièce.
Le bruit de ses pas le fit sursauter. Prenant conscience qu’il ne devait pas y passer la soirée il s’avança vers elle.

- excusez moi, pourrais-je téléphoner, je dois prévenir ma famille que j’aurai du retard !
- je vous en prie, le téléphone est dans l’entrée.

Il bredouillait, il ne savait comment expliquer ce qui était arrivé, lui si fier de lui, si sur de lui, d’ordinaire il ne pouvait avouer s’être fait surprendre par un orage, et la peur au ventre s’être réfugié chez l’habitant.
En l’occurrence c’était une très belle habitante. Il revint dans la pièce, et la chemise déboutonnée offrait à la vue de la femme un torse musclé et velu, rapidement il enfila le pull pendant qu’elle mettait la chemise à sécher. Ils se croisèrent sans se toucher, sans se frôler, lui vint s’asseoir face à la cheminée, elle dans une autre pièce préparait un en-cas. Elle revint dans la pièce déposa un plateau sur la table du salon. Quelques tranches de pain de mie, de fines lamelles de truite fumée, des rondelles de citron, des coquillettes de beurre ornaient délicatement le rebord d’une assiette.

- vous n’aviez pas mangé, vous devez avoir faim, il est tard, servez-vous, ne vous gênez pas,
- vous n’auriez pas du, je suis confus..

Il était confus, d’avoir du frapper à sa porte, d’avoir téléphoné, de l’avoir dérangée mais tout au fond de lui cette femme le troublait. Il sentait la fièvre le parcourir, ses mains sûres d’elles tous les jours, ce, soir devenaient frêles et tremblantes. Il sentait sur sa peau courir de longs frissons, son corps frémissait de désir, d'un désir violent, immodéré, sentant monter le trouble :

- ne trouvez-vous rien d’étrange ce soir ?
- appelez-moi Marie, et mettez-vous à l’aise, ici aucune crainte, tout est calme

Il la regardait, dans ce fauteuil non loin de lui, il ne voyait pas que ses yeux et sa bouche, il regardait aussi ses seins sous le fin débardeur. Ils semblaient ronds et lourds. Il rêvait un instant de les prendre, de les tenir dans ses mains.

Il ne regardait pas les aiguilles qui tournaient, le temps semblait s’être arrêté, il en oubliait même qu’il devait repartir, ne voulait pas penser, il était bien, calme, serein, la peur l’avait quitté, l’orage était parti la pluie s’était calmée. La quiétude régnait dans le salon, elle était juste de temps en temps trahie par le crépitement des flammes, entre eux nul besoin de mots, les corps seuls parlaient.

Il mangeait, et tout en portant la nourriture à ses lèvres, il n’avait de cesse de penser à sa bouche qu’elle laissait entre ouverte d’un sourire.

Un silence apaisant baignait la pièce, et la chaleur douce du feu de cheminée enrobait tout son être de volupté. Il sentait son sexe monter en puissance. De temps en temps, il mettait discrètement sa main comme pour calmer l’ardeur qui l’envahissait. Il n’osait pas bouger de peur que ses yeux se posent à cet endroit. Elle était là face à lui la tête tournée vers le feu, et ce feu en lui qui le tenaillait, qui lui mordait les chairs, il devait l’apaiser.

Impossible, son pénis le gênait il augmentait, il comprimait ses veines, pour lui bloquer le sang. Cette femme si près de lui…….Il voulait se lever, la tenir dans ses bras, se coller contre elle, une farouche envie de la posséder. La tête pleine d’images de caresses, de douceurs, de baisers de tendresse, il sentait l’érection arriver à son comble. Il se contractait, ses joues se coloraient, il avait chaud, son front brillait il essayait de penser à autre chose…….Sa respiration se faisait plus irrégulière, saccadée, il craignait l’émotion trop intense,

Elle s’était levée du fauteuil et s’avançait vers lui, sans un mot, juste un sourire, les yeux dans les yeux elle s’était accroupie devant lui. Elle dégrafait son pantalon et rapidement sa main venait prendre son membre, tendu et fier, sa bouche ourlée de rouge déposait autour du gland ses cercles de couleur, d’un mouvement rapide elle enfonçait le pénis dans sa gorge, puis remontait et glissait sa langue sur son sexe comme on lèche une glace. Elle savourait ce membre viril et impertinent. De légers coups de langue circulaires pour ne rien oublier. Il frémissait troublé, envoûté par ces caresses, il sentait le souffle chaud sur son bas-ventre, et la douceur de ses cheveux. Son sexe orgueilleux avait trouvé l’entrée de ses lèvres flamboyantes son désir était au rendez-vous, elle ne pouvait lui donner plus de plaisir, il était ivre d’un plaisir qu’il n’avait pu dissimuler.

Il posait sa main sur sa chevelure et ses doigts glissaient entre les boucles ses ongles s’enfonçaient dans sa chair à la cadence des spasmes ressentis. Il fermait les yeux, sa tête renversée sur le haut du canapé, tout son être vibrait. Il se cambrait, et poussait de faibles gémissements. Très rapidement, trop tôt assurément, les premières gouttes jaillissaient et le liquide chaud et gluant lui emplissait la bouche. Elle levait ses yeux vers lui, son membre au bord des lèvres, elle aussi soupirant de plaisir, elle souriait….

Au plus fort de l’orage, il y a toujours un oiseau pour nous rassurer…..



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