PASSION FUSIONNELLE

par Auguste


Isaure se posait des questions. Beaucoup de questions. Depuis des mois, elle échangeait des messages avec un homme de vingt ans son aîné. Les conversations avaient été libres, sincères, ouvertes. Une confiance réciproque s’était installée. Il avait parlé de lui, elle avait parlé d’elle. De choses enfouies depuis longtemps qui pesaient encore sur le quotidien. Des images de bonheur mais aussi des images plus tragiques, jamais avouées. Une complicité s’était installée. Complicité qui allait jusque dans les pratiques sexuelles. Celles qu’elle connaissait, celles dont elle avait envie.

Quelquefois les conversations étaient chaudes, très chaudes. Elles lui faisaient monter le rouge aux joues, quelquefois même cela descendait dans son ventre. Sa petite culotte en avait témoigné quelquefois. Elle s’était même laissée aller à des attouchements, comme elle le faisait parfois sous la douche. Un jour, ils avaient échangé plus en direct, via Msn. Cela avait été encore plus chaud, plus torride. Des conversations qui mêlaient des choses profondes et des attouchements qui la laissaient pleines de désirs, de ces désirs qui vous donnent des ailes, tout au moins à vos doigts.

Elle lui avait demandé sa photo, ce qu’il avait fait de bon gré. Elle lui avait envoyé la sienne et même une, plus osée. Un sein ! Elle ne les montrait à personne et elle lui en envoyait un en photo ! Un jour, dans la conversation, il fut question de webcam. Elle n’en avait pas mais lui, si. Il la brancha. C’était un peu frustrant de voir l’autre et de ne pas pouvoir se montrer plus, montrer son visage, son sourire, peut-être même quelques rougeurs de chaleur ! Mais elle faisait avec. Lui non plus n’était pas insensible aux propos tenus. Il se retrouvait quelquefois en érection, ce qui ne lui était jamais arrivé encore dans ce genre de situation malgré certaines conversations très crues qu’il avait eu avec d’autres femmes.

Elle lui demanda même l’effet qu’elle lui faisait. Il le lui montra comme dans un film au ralenti. Elle regardait. C’était la première fois qu’elle voyait un homme en érection autre que dans des films ou dans l’intimité d’une alcôve. Ses mains se faisaient inquisitrices. Elle pinçait son clitoris, le massait. Ses doigts s’égaraient entre ses lèvres, s’enfonçaient dans cette grotte accueillante où elle aurait bien aimé sentir la verge qu’elle avait vue. De plus en plus, quand ils avaient des conversations de ce genre, elle se mettait à l’aise, autrement dit cul nu. Quelquefois le clavier connaissait des humidités jusque là incongrues. Le scénario se renouvela plusieurs fois. Jusqu’au jour, où lui, ne tenant plus, se caressait activement. Elle demanda à voir. Et elle vit un homme se masturber devant elle, pour elle. Complètement. Elle se sentait proche de la jouissance. Après avoir raccroché, elle se sentit toute chose.

Ils avaient parlé d’adultère, de relations hors du couple. Elle hésitait. Elle savait que derrière l’acte sexuel elle risquait sombrer dans les sentiments. Cela la retenait mais elle était tellement troublée qu’elle prit sa décision. Avec la ferme conviction de prendre le plaisir pour le plaisir, quand l’occasion se présenterait. Sans savoir comment, elle lui donna son numéro de téléphone par mail avec juste ces mots « appelle-moi lundi à 9 heures ». C’était le vendredi. Tout le week-end, elle fut intenable. Elle passait de l’euphorie à la rêverie. La nuit, elle dormait peu. Ou alors se réveillait en nage, ventre brûlant. Elle voyait des trains qui s’engouffraient dans des tunnels. Des grottes d’où montaient des jets de vapeurs. Elle sentait des mains sur son corps…

Le lundi matin, elle amena les enfants à l’école à la hâte. A huit heures 45, elle était de retour. Elle se changea pour une tenue très décontractée, une longue robe boutonnée devant, sans rien dessous. On ne sait jamais ! Les conversations écrites sont tellement chaudes… A 9 heures son cœur battait la chamade. 9 heures 5 rien ! Il lui avait posé un lapin ! Elle entendit le carillon de la porte sonner. Quel était l’importun ? Elle n’avait pas que cela à faire ! Elle attendait… Le téléphone sonna enfin. « Cela fait 5 minutes que je sonne à la porte, tu ne veux pas m’ouvrir ? ».

Elle sentit le sol se dérober sous elle, son sang reflua de son visage pour revenir aussitôt. C’est rouge d’émotion qu’elle lui ouvrit ! Il était là, devant elle, une rose rouge à la main.

« Je te dérange ? ». Il n’eut pas le temps d’en dire plus. Elle lança ses bras devant elle et lui colla un de ces baisers dont elle sent encore, dix ans après, la sensation ! Il claqua d’un coup de pied la porte. Bientôt, leurs vêtements ne firent qu’un tas. Midi fut vite là, trop vite. Il se rhabilla, elle reprit une tenue plus décente pour aller chercher les enfants à l’école. Ils sortirent et partirent chacun de leur côté.



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