TOUS LES MATINS

par AUGUSTE


Je prenais à Sartrouville la ligne A du RER. A huit heures cinq. En principe, je me mettais en tête de rame pour gagner un peu de temps à la descente à Champs Elysées? A Houilles montaient aussi en tête tout un groupe d'habitués. Nous étions souvent debout. L'intimité n'était pas trop respectée mais cela n'empêchait pas les gens de parler des choses de leur vie.

Un jour, dans ce groupe, j'avais vu monté un couple. Lui, avait l'allure d'un quinqua, costard cravate, sacoche à la main. Quelquefois une valise. Elle, une quadra, élégante, vive, brune, yeux presque verts, pailletés de marron. Ils avaient l'air de bien se connaître. Ils parlaient de leur boulot, de leur quotidien, de leurs enfants, jamais de conjoints. On sentait entre eux une certaine connivence. Les éclats de rires n'étaient pas rares.

Un jour, où ils prenaient le train un peu en catastrophe, j'avais coincé la porte pour que son sac ne se coinçât pas. Elle m'avait gratifié d'un sourire et d'un "Merci". Ainsi, je m'étais trouvé presque collé à elle. Juste ma sacoche entre nous deux. Je sentais son parfum. Jungle de Kenzo, il me semblait. Lui était descendu comme à son habitude à la Défense. Après le flux sortant et entrant, nous nous étions trouvés face à face. Un sourire ornait son visage. Son regard était vif. Nos regards s'étaient croisés deux ou trois fois. Comme entre amis qui se connaissant depuis toujours, qui ont envie de dire quelque chose mais ne savent pas quoi. Arrivés aux Champs, je m'effaçais devant elle pour la laisser descendre. Elle marchait devant moi. Un agréable balancement du corps, un pas vif et décidé. Je la regardais s'éloigner...

Le lendemain matin, à Sartrouville, bien qu'il y ait des places, je restais près de la porte. A Houilles, elle monta, comme à son habitude mais resta, elle aussi, près de la porte. Nous échangeâmes un regard et un sourire. Son compagnon semblait d'une prolixité extraordinaire ce matin-là. Elle semblait être moins attentive à ses paroles qu'à l'habitude.

Nos regards semblaient s'attirer plus que la bienséance le permette. Plus d'une fois, je me surpris à la chercher. Et à chaque fois que nos regards se croisaient, j'avais l'impression de voir une brève lueur, un peu particulière, dans ses yeux. Ainsi, pendant quelques semaines, le scénario se renouvela.

Un soir, où je partais un peu plus tôt, j'eus la surprise de voir sa silhouette sur le quai. La rame arrivait. Elle monta et s'assit. La banquette en face d'elle était libre. Le coeur un peu battant, je m'assis en face d'elle. Elle sourit vraiment, ses yeux s'éclairèrent. Je prononçais un bonsoir en rougissant un peu. Elle laissa fuser un petit rire.

C'est ainsi, que quelques mois plus tard, je déménageais sur Houilles... t'en souviens-tu?

OOOOO



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