MA FLEURISTE

par LE PASSANT


La première fois que je la vis, j'ai su que je ne l’oublierais plus.

Je sortais de chez moi, par une belle journée de mai, pour faire une petite course. L’air était doux. Un vent léger caressait les peaux qui sortaient d’un hiver long et rude. Les corps se révélaient après s’être trop longtemps cachés. Je redécouvrais deux plaisirs presque oubliés : celui de la morsure encore douce du soleil sur mon visage et celui encore plus doux des tenues légères des passantes.

Il était presque 16 heures, je me hâtais pour arriver au bureau de poste avant le départ du courrier.

C’est alors que je la vis.

Une silhouette divine penchée dans la vitrine d’une boutique de fleuriste.

La vision troublante d’une fée échappée d’un songe. Une lourde chevelure brune tombait dans son dos, une longue robe beige moulait ses hanches et laissait entrevoir le galbe de ses cuisses à mes yeux ahuris. Si elle ne s’était pas redressée pour réajuster le pli de sa robe, j’aurais cru à un mirage, une tromperie de mes sens abusés par la chaleur et le soleil.

Mais c’était bien une femme et non un rêve. Elle se déplaçait avec grâce, entre les pots de fleurs, comme une reine dans son jardin.

Revenu à mes esprits, je marquais un temps d’arrêt pour reprendre mon souffle. Je jetais un coup d’œil à l’intérieur de la boutique. Aucun client ne s’y trouvait.

Poussé par une irrésistible envie de découvrir le visage de cette nymphe, je me suis approché de la porte. Un dernier coup d’œil autour de moi comme si je m’apprêtais à commettre quelque délit (mais vouloir contempler le visage d’une déesse n’en est il pas un ?).

Ma main fébrile saisit la poignée de la porte que je poussais avec énergie comme si je m’attendais à ce qu’elle me résiste.

Mais elle s’ouvrit très facilement.

J’étais entouré de fleurs aux parfums et aux couleurs mêlés. Mes yeux se posèrent sur un bouquet de jacinthes posé sur le comptoir.

Je m’approchai pour mieux en sentir les effluves. C’est alors que j’entendis derrière moi une voix claire et douce prononcer ces deux syllabes : « Bonjour ! ».

Je vis alors une femme se tenant debout juste devant moi.

C’était Elle...

1996



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