RENCONTRE EN GARE DE LYON

par Muse


Elle ne se souvient plus de la phrase qui a déclenché cette conversation entre elle et lui. Elle sait simplement que c’est suite à problème informatique que la discussion s’est amorcée.

Il s’était situé, un coin de France un peu reculé, retraité, séparé, une présentation bien précise, de l’homme qui, grâce au clavier et à l’écran de son ordinateur, recherchait de la compagnie. Il l’invitait donc en homme galant à faire connaissance.

Ils avaient correspondu d’abord à travers des forums, puis rapidement s’étaient échangés leurs adresses personnelles. Les messages s’écrivaient tard dans la soirée, mais de plus en plus rapprochés. Le vendredi soir était pratiquement réservé à leur correspondance. Ils s’étaient échangés également leur numéro de téléphone.

Au fil des jours, ils avaient l’impression de se connaître de mieux en mieux, et les mots employés dans leurs messages prouvaient qu’ils ne restaient pas indifférents chacun derrière leur écran, à cette amitié virtuelle. Il se décrivait comme un homme mince, aux cheveux gris, avec un visage émacié, il n’aimait pas son image, ne se trouvait pas beau et se caricaturait facilement. Il portait des lunettes, souvent vêtu de jeans et de pulls à cols roulés, qui le faisaient paraître un peu plus corpulent.

Elle blonde, les cheveux courts, les yeux verts masqués par des lunettes. Voilà les seules indications qu’elle pouvait lui accorder. Le son de sa voix venait compléter le tableau qu’il avait faisait de lui. Elle aimait sa voix chaude, avec un léger accent du pays auxerrois. Toujours plein d’humour elle aimait leurs échanges. Elle attendait d’ailleurs avec impatience de voir le numéro s’afficher sur le cadran du téléphone de son bureau. Ses collègues avaient bien remarqué qu’elle souriait, qu’elle avait un air plus joyeux depuis quelques temps.

Au fil des jours, elle aimait à l’entendre, et les conversations se firent de plus en plus ferventes. Il lui disait que sans même la connaître il se la représentait et qu’il souhaitait la rencontrer. Après maintes pressions elle décidait d’accepter le rendez-vous proposé.
La gare de Lyon était le point de rencontre. A la brasserie du Train Bleu. Samedi à 13 heures. Elle avait mal dormi la nuit de vendredi, l’inquiétude, l’envie et la crainte se mêlaient mais elle ne pouvait reculer, il fallait qu’elle y aille juste par curiosité. Après tout, elle pouvait très bien ne pas se laisser reconnaître !

Elle se prépara rapidement cherchant des vêtements simples, un pull car la saison était encore très fraîche, une jupe droite, grise et noire, et des collants noirs opaques. Elle s’y sentait à l’aise, cela lui ressemblait bien.

Le long du trajet elle était semblait paisible, l’inquiétude avait disparue. La Tour de l’Horloge se présentait à elle et pour se garer elle empruntait le souterrain qui accédait au parking. Méditerranée, ce nom lui plaisait bien, elle s’y engouffrait et trouvait facilement une place. Il était presque 13 heures, elle était assise à la brasserie juste sous l’escalier, lorsque son téléphone retentit. Instinctivement elle se retournait cherchant qui tenait un téléphone collé contre son oreille. Elle l’aperçu, tel qu’il s’était décrit. Un long manteau de cuir noir, svelte, des lunettes à larges montures qui dataient un peu. Un sourire illuminait son visage, il venait de l’apercevoir.

-         Bonjour, ça va, il y a longtemps que tu es là ? On s’embrasse ?
-         Non cinq minutes à peine. Oui bien sûr !
-         Tu es…charmante, plus jolie encore que je me l’imaginais.
-         Merci c’est gentil,
-         Tu prends quelque chose, un café, un thé ?
-         Un café oui je veux bien.

Ils s’étaient assis face à face. D’un geste élégant il hélait le serveur. Il n’arrêtait pas de la regarder, elle n’osait pas soutenir son regard. Son cœur ne battait pas, elle n’avait aucune crainte, aucune peur, aucune appréhension.

Il cherchait simplement sa main sur la table, mais elle n'éprouvait pas l’envie d’être touchée. Il faisait horriblement froid à cette terrasse, elle tremblait. Il s’en était rendu compte.

-         On pourrait aller ailleurs non ?
-         Oui, j’ai froid, et tout ce monde autour, ce bruit me dérange. On ne s’entend pas parler.
Ils allaient en direction du parking, en homme galant, à la vue du ticket il sorti un billet. Elle n’en voulait pas.
- Non merci, j’ai ma carte, ça va aller.
-
Arrivés à la voiture, elle lui ouvrit la porte, démarra et se trouvait dehors le long de la seine et tout naturellement la question fatale arrivait.

-         Où allons nous?
-         Je ne sais pas, dans un bar, un jardin ?
-         Moi tu sais je n’aime pas la foule, je n’aime pas tellement Paris, si on allait chez toi ?
La question était tombée, ferme, comme elle l’avait imaginé. Refuser ? Avait-elle vraiment envie de refuser, et puis elle se sentait capable de résister aux assauts de cet homme. Alors acceptant, elle pris la direction de son domicile. Le trajet lui parut très court. A peine 20 minutes. A son entrée dans l’appartement il cherchait du regard certains détails décrits lors des conversations. Elle pris son manteau pour le poser sur un cintre, lui mit le sien sur le bras du canapé.

Il se tenait face à elle, et ses deux mains venaient entourer son visage. Elle se sentait étouffée, cherchant à se dégager il lui pris les poignets pour l’attirer à lui.
Dans son regard on lisait l’envie qu’il avait d’elle. Il cherchait à l’embrasser, elle l’évitait. Svelte il n’était pas sans force, elle se retrouva collée à lui sans pouvoir se libérer. Il appuya sa bouche sur ses lèvres, sa langue cherchant le passage entre ses dents. Le contact était chaud, son corps contre le sien, elle fermait les yeux, se détendait, et acceptait enfin de perdre la bataille. Un long baiser, pendant lequel son corps frémissait. Tout en l’embrassant, ses mains s’étaient glissées sou son pull, elle avait sur sa peau la chaleur de ses paumes.

Le canapé leur tendait ses coussins. Doucement il l’amena à s’asseoir. Ils se posèrent enfin. Délicatement il installait des coussins, et la penchait en arrière. Il était à genoux tout près d’elle, à sa portée, à portée de sa bouche, à portée de ses seins. Ses mains fureteuses cherchaient la dentelle, un doigt glissait, cherchant à dégager son téton. Il l’embrassait furieusement sur la bouche, elle cédait à ses caresses. Il remontait son pull laissant à l’air un bout de sein tout fier, il approchait ses lèvres, sa langue l’enrobait, ses dents le mordillaient, sa bouche l’aspirait. De temps en temps elle sentait un souffle d’air frais. Son autre main s'aventurait vers son bas ventre. Elle se creusait les reins, elle se creusait le ventre. Il pouvait ainsi faire glisser sa main, et passer tout doucement sous le triangle de tissu. Il s’aventurait d’un doigt pendant qu’elle se tordait d’envie. Pour arrêter sa main elle mit la sienne sur son poignet, mais ne la retirait pas. Au contraire elle appuyait ferme. Cette chaleur qui venait de son sexe montait en elle lui parcourant le ventre comme les vagues sur le sable un jour de tempête. Sa bouche allait de ses lèvres, à son sein, descendant le long de son bas ventre. Elle n’y tenait plus, son corps se tordait sous ces caresses, et le doigt se faisait plus pressant plus inquisiteur, jusqu’à trouver l’entrée humide et glissante qui s’offrait à lui. Un doigt puis deux doigts glissaient en elle, sur elle. Elle fit descendre la jupe et le collant lentement de ses hanches à ses pieds, se retrouvant alors livrée à lui. Ses deux doigts roulaient sur ses lèvres, dans de doux mouvements ils s’amusaient, jouaient avec le fluide gluant, entraient et sortaient délicatement.

Elle ne pouvait résister plus longtemps, le feu brûlait en elle, un désir ardent d’être pénétrée par son membre viril. Sa langue remplaçait ses doigts occupés à défaire son pantalon. Elle aussi, elle jouait, mordillait et cherchait le petit bout de chair qui la ferait exploser de plaisir. Il savait, à la regarder se tortiller d’envie, qu’elle était prête à le recevoir. Très vite il se retrouva en caleçon, qu’il fit glisser rapidement à ses pieds.
Il la chevaucha, son sexe dans ses mains, il colla à l’entrée son gland qui glissa généreusement. De longues secousses lui parcouraient les reins, elle se sentait enfin possédée, comblée, satisfaite. Il s’enfonçait en elle, sortait, pour mieux se contrôler et faire ainsi durer plus longtemps le plaisir, se recollait. Son gland la caressait, d’en haut vers le bas, il jouait avec son désir, il se réjouissait de l’avoir ainsi entièrement offerte à lui.

Elle se cambrait, réclamait, posait ses mains sur ses fesses pour l’attirer à elle, pour qu’il pénètre en elle, pour qu’il s’enfonce au plus profond de son être. Mais joueur il l’observait, son sexe résolument dressé, elle était au paroxysme de l’excitation. Elle tremblait.

Une de ses jambes se dégageait du canapé pour venir s’enrouler autour de la taille. Avec force elle l’attirait à lui. Il revint se frotter, avide de la posséder, il l’empalait dans un cri de plaisir. Poussant elle aussi de petits cris elle donnait de terribles coups de rein, affamée de son sexe. Elle se laissait envahir par la montée du plaisir. Il avait du plaisir avec elle. Il jouait avec le temps, il jouait avec son corps, il abusait du désir qui montait en elle. Il prenait tout son temps.

Plusieurs gémissements s’échappaient de sa bouche, l’espace d’une seconde elle se contractait, renversait la tête en arrière, s’immobilisait, elle se mordait les lèvres, ouvrait tous grands les yeux, elle jouissait, il la contemplait, puis à son tour se laissait aller, et de son sexe, s’échappait sa semence. La jouissance était forte, lui laissant les jambes tremblotantes. Il s’allongeait sur elle. Elle détourna son regard vers la fenêtre. Sans parler ils restèrent l’un sur l’autre un court instant. Il se leva, elle, ses collants et sa jupe à la main, allait dans la salle de bains. Quand elle en sortit de nouveau habillée, il la regardait, sourire aux lèvres. Il avait remis lui aussi caleçon et pantalon. Il s’allumait une cigarette. Lui en tendait une.

Il se penchait vers elle pour déposer un baiser sur son front. Un vif regard sur sa montre il attrapa son manteau de cuir noir.
-         Tu peux me déposer à la gare ?
-         Laquelle, ici ou à Paris, à quelle heure est ton train ?
-         19 heures, il faut bien trois quarts d’heure pour aller gare de Lyon non ?
-         A cette heure-ci je ne sais pas.

Poliment elle se proposait de le raccompagner jusqu’à Paris, elle pouvait le déposer à la gare de sa ville, mais elle voulait revenir à son point de départ, comme pour terminer l’histoire.

Sur le quai de la gare, il se tenait de dos, cherchant le wagon dans lequel il devait s’installer. La pendule avançait lentement ses aiguilles. Le temps lui semblait long. Bientôt sortant de son micro la voix annonçait aux voyageurs le départ de son train. Il s’approcha d’elle lui pris le bras et mit un papier dans le creux sa main. Ses doigts fermait son poing pour ne pas qu’il s’envole. Il cherchait ses lèvres, une dernière fois. Il s’écarta et grimpa les deux marches. De derrière la fenêtre d’un geste de la main, il lui envoyait un tendre baiser.

Elle restait face à lui, le poing toujours fermé. Le train commençait à rouler. Elle regardait l’heure, fit le trajet inverse, regagnait sa voiture garée juste devant la gare, son téléphone sonnait. Elle répondait, et ouvrant sa main découvrait un billet.

-         C’est pour le trajet, tu n’étais pas obligée.
-         Je l’ai fait volontiers, tu n’avais pas besoin, je ne croyais pas que c’était de l’argent, je pensais qu tu m’avais mis un mot……
-         J’ai passé un agréable moment. On se rappelle ? On s’écrit ?
-         Oui, si tu veux.

Il avait raccroché. Elle n’avait qu’une envie rentrer et se couler dans un bain aux huiles savoureuses, se laver de toute sa journée.
 
 
28/08/2005 10:31

OOOOO



Retour vers Histoires érotiques d'Amis


http://www.erotica51.com © 14.03.2003 - 14.03.2017 - Tous Droits Réservés