LA LIBRAIRE

par PHILIPPE



Voilà bien longtemps que je n’étais pas venu flâner dans ce quartier.
J’y fréquentais en particulier une petite librairie d’un autre âge, dont la façade n’avait pas dû être ravalée depuis des lustres.

Elle était tenue par un vieil homme toujours vêtu d’une blouse grise, une éternelle bouffarde au bec : un véritable défi aux ligues anti-tabac de tout poil.

L’intérieur était une sorte de capharnaüm ; partout, des piles de livres, luttant, avec un succès souvent démenti, contre les lois de l’équilibre.

Mais on était sûr de toujours y découvrir des trésors, à condition de savoir fouiner et de demeurer ouvert à des sollicitations parfois lointaines de ce que l’on était venu chercher.

C’était dans le domaine de la littérature érotique toutefois que le thésaurus était le plus vaste. Et le bougre avait dû être un amateur fort averti ; ses connaissances en la matière étaient plus qu’encyclopédiques et j’avais plusieurs fois découvert grâce à lui de véritables petits bijoux.

La boutique est toujours là, inchangée. Je descends les trois marches qui permettent d’y accéder, pousse la porte.

Surprise : l’odeur de tabac est nettement moins prégnante, et même si l’ordre n’est pas parfait, on sent qu’un effort de rangement a été fait.

Personne à l’intérieur; je commence à farfouiller un peu dans les rayons : apparemment l’activité n’a pas changé, et les livres anciens semblent toujours être la spécialité de la maison. Tant mieux.

Une jeune femme sort de l’arrière-boutique : brune, la trentaine, un pull de laine et une jupe plissée. Joli visage, sourire avenant.

« Bonjour Monsieur, puis je vous aider ? »

« Merci mademoiselle ; je suis un client de longue date, mais resté bien longtemps sans venir. L’ancien propriétaire n’est plus là ? »

« Oh, rassurez vous, mon oncle n’a pas abandonné son bébé » me répond elle en riant.

« Mais il ne vient plus chaque jour et je l’aide un peu : notamment à mettre de l’ordre. »

Et là, nous éclatons de rire tous les deux.

« Vous cherchez quelque chose de particulier ? »

« Pas vraiment, mais j’aimais bien venir passer un moment ici, partir à la découverte de nouveaux trésors amassés par votre oncle. »

Je marque un moment d’arrêt, la regarde plus attentivement. Elle est très belle : cheveux bruns tombant sur les épaules, de beaux yeux d’un vert profond, et, ma foi, des courbes fort appétissantes.

Je ne sais si elle poursuit toutes les activités de son oncle, mais je me lance, un peu indirectement.

« Et puis, on pouvait trouver ici un peu tous les genres de livres, qui ne figurent pas forcément dans tous les fonds. »

Le sourire complice qu’elle m’adresse est à lui seul une réponse.

« Rassurez vous, mon oncle est toujours très actif dans le domaine qui semble vous intéresser. Vous voulez voir nos dernières arrivées ? »

Sans me laisser le temps de répondre, elle va fermer la porte du magasin, retourne dans l’arrière-boutique, et en ressort avec plusieurs ouvrages, qu’elle dépose devant moi.

Le premier en fait n’est pas un livre, mais un ensemble de gravures anciennes du XVIIIème siècle, mes préférées. On dirait presque qu’elle connaît mes goûts !

Décidément, cette époque était bien celle des libertins !

Elle est restée près de moi, et je ressens un certain trouble à regarder ces dessins tous plus coquins les uns que les autres en compagnie d’une jeune et jolie femme, qui semble y trouver aussi pas mal d’agrément.

L’un retient particulièrement notre attention : le cocu voyeur.

Une femme est allongée sur un lit, tête renversée, poitrine dénudée, jupes troussées. Entre ses cuisses largement écartées, un homme s’active, manifestement en train de la besogner.

Sur le côté, derrière un rideau, un autre homme observe la scène. Il a sorti de son pantalon un sexe de belle taille, en pleine érection. Sa main est posée dessus, a décalotté le gland, dont l’artiste a de toute évidence accentué la grosseur.

L’homme se masturbe en regardant sa femme en train de faire l’amour avec son amant.

Je jette un regard un coin à ma jolie libraire. La vue de cette image ne la laisse manifestement pas indifférente. Sa respiration est plus rapide et son décolleté en V ne cache pas l’accélération des mouvements de sa poitrine.

« Celui-ci devrait vous intéresser aussi », me dit-elle.

C’est un livre cartonné, ressemblant un peu à ces livres pour enfants du début du siècle dernier, dans lesquels des tirettes situées sur le côté permettaient d’animer les personnages.

C’est bien le cas, sauf que ce n’est pas pour les enfants !

Un homme, entièrement nu, est assis dans un fauteuil. Accroupie à ses pieds, une femme, est dans la même tenue. Sa main est posée sur le sexe, évidemment en pleine érection.

La libraire, appelons la Clotilde, plonge ses yeux verts dans les miens, avec un sourire à la fois coquin et troublé.

Lentement, elle actionne la tirette, sans cesser de me regarder. La main de la femme bouge sur le sexe, décalotte entièrement le gland, gros, épais, d’un rouge presque violacé.

Puis Clotilde repousse la tirette, la main ramène la peau sur le gland. Elle recommence.

Elle me regarde toujours, mais le vert de ses yeux s’est fait plus profond, elle ne sourit plus, toute entière concentrée sur ses gestes.

« Plus vite » lui dis-je dans un souffle.

Elle accélère un peu, mais l’ancienneté du livre ne facilite pas la manœuvre.

« Je ne voudrais pas l’abîmer », rétorque-t-elle en riant.

« Celui-ci ne risque rien », et je lui prends la main, pour la poser sur mon sexe, que je viens de sortir de mon pantalon.

Clotilde marque une légère hésitation, mais se reprend très vite. Ses doigts se referment sur ma verge, déjà bien dressée. Quelques mouvements suffisent pour en parfaire l’érection.

Elle s’accroupit alors devant moi, comme la femme du livre et commence à me masturber. Lentement d’abord, dégageant bien mon gland, le recouvrant entièrement, recommençant, encore et encore.

Son mouvement s’accélère, de l’autre main elle me caresse les bourses, les fait rouler entre ses doigts.

Son visage est presque collé sur mon bas-ventre ; elle s’arrête, lève les yeux vers moi, approche sa bouche. Sa langue vient effleurer mon gland, glisse sur le méat, s’enroule autour de moi comme un serpent.

Ses lèvres s’arrondissent, et doucement viennent m’absorber. Je me sens glisser en elle, comme dans un étui merveilleusement doux, chaud, tout humide. Je pose les mains sur sa tête, mais je n’ai qu’à me fier à son savoir-faire.

Elle me suce divinement bien, alternant les mouvements rapides et plus lents, massant ma verge avec sa langue. Je bande comme un fou. Elle a posé ses mains sur mes fesses, pour m’attirer encore plus près.

Je suis au bord de l’explosion. Je la fais se relever, je la veux.

Nos bouches se mélangent, nos langues se trouvent tout de suite, se caressent, s’activent dans la bouche de l’autre, en un baiser qui n’en finit plus.

Je la presse contre moi, je sens ses pointes de seins qui s’écrasent sur ma poitrine. Elle cambre le bassin, frotte son ventre sur ma queue.

Je passe les mains sous son pull, partant à la recherche de ces merveilleuses rondeurs que j’ai devinées. Elle est nue, je découvre la douceur de sa peau, mon doigt vient titiller son tétin, tout dur, bandé de désir.

Mais il m’en faut davantage ; Je remonte sa jupe sur ses hanches, pose une main entre ses cuisses, qu’elle entrouvre légèrement. J’écarte le bord de la culotte, glisse un doigt fureteur, qui se retrouve très vite glissant dans une tendre moiteur, y entamant des va et vient impérieux. Elle gémit doucement.

« Oh, oui, viens, prends moi, j’ai envie de toi. »

Je la retourne, la fais se pencher sur une table couverte de livres, qui s’écroulent au sol. Je la trousse jusqu’à la taille, lui baisse sa culotte, en profite au passage pour embrasser ses fesses, glisser ma langue entre ses cuisses, venir donner de grands coups de langue sur sa chatte trempée.

Le buste allongé sur la table, taille cambrée, croupe tendue vers moi, elle m’offre un spectacle d’un érotisme torride.

Mon ventre se colle contre elle ; mon sexe vient frotter ses fesses. Clotilde passe une main entre ses cuisses, se saisit de l’objet, s’en sert pour prodiguer une petite caresse à son bouton.

Je suis hyper excité, mon érection est à son comble. Elle présente mon gland à l’orée de sa chatte, se cambre un peu plus.

« Vas y, baise moi, donne la moi, je la veux. »

Lentement, je pousse mon engin, que j’ai pris le temps de couvrir, à l’intérieur de son sexe. Ses lèvres s’écartent, ses muscles intimes aspirent ma queue, l’aident à se glisser entre les parois chaudes et humides de son vagin.

Oh, oui, je suis tout au fond de son intimité, elle me serre, se contracte sur moi. Doucement, je me retire, ressors entièrement.

« Oh non, reviens, je te veux, je veux te sentir tout entier en moi, vas y, c’est bon. »

Je l’ai saisie aux hanches ; d’une seule poussée, je l’envahis de nouveau, m’allongeant quasiment sur elle. Je viens lui embrasser le cou, la mordiller, comme le ferait un animal en train de saillir sa femelle.

Elle gémit doucement, je me retire à nouveau, mais pas entièrement, et la pénètre derechef, plus loin, plus fort.

Elle accorde les mouvements de son bassin à ceux de mon sexe. Bon sang, que sa chatte est bonne, douce, chaude.

Je viens d’une main chercher ses seins, les caresse tour à tour, titille les mamelons, durs, dressés, envahis par le désir.

Elle crie des mots sans suite, des mots qui viennent se mélanger aux miens, et dont la crudité décuple notre envie, notre plaisir.

Nos mouvements se font maintenant à un rythme effréné ; J’ai l’impression d’aller de plus en plus loin en elle.

Brusquement, je la sens se contracter plus fortement, ma verge en même temps gonfle encore, je m’arc boute en elle, qui me hurle qu’elle vient, que, oui, là, ça y est, elle jouit.

Presque simultanément, des spasmes envahissent mon sexe, je me raidis, et ne peux que me laisser aller, crachant toute l’intensité de mon plaisir.

Je retombe sur elle. Nous restons ainsi un moment, puis nous détachons. Je la prends dans mes bras, nous échangeons un long baiser plein de tendresse.

Elle est redevenue la sage libraire vendant à un client, un peu coquin, un beau livre d’images.

En quittant le magasin, je me retourne pour lui envoyer un baiser. Il me semble voir une ombre bouger dans l’arrière-boutique : voilà qui aurait fait un bien joli sujet de gravure pour un dessinateur libertin ! Mais en existe-t-il encore ?

















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