LE MAîTRE DU PLAISIR

par MUSE


Elle avait peur. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas eu un homme dans sa vie et elle se demandait, si son corps accepterait, en elle, cette présence masculine et virile. Elle savait qu’après la cinquantaine de nombreuses transformations s’opéraient dans le corps d’une femme. Elle avait pris des formes, ses mains découvraient les contours de sa poitrine qu’elle trouvait belle. Elle aimait sentir ses seins gonflés, tendus par la chaleur de l’été. Elle qui, jusqu’à présent, enviait les femmes à la poitrine fleurissante, s’attardait devant la glace à admirer ses seins derrière la dentelle de son soutien gorge pour les mettre en valeur.
Depuis peu elle cherchait son plaisir, surtout lorsqu’elle n’arrivait pas à trouver le sommeil. Il lui arrivait souvent de repenser à ces jeux sensuels qu’elle avait partagé pendant de longues années. Ce plaisir lui manquait. Elle ne se résignait pas à penser que plus jamais elle ne ressentirait monter en elle cette chaleur brutale, ce désir si puissant lui revenait en mémoire. Alors avant de s’endormir elle se touchait, se caressait pour faire renaître en elle l’excitation.
Allongée sur le ventre, elle enfouissait son visage dans l’oreiller, jambes écartées elle caressait le côté de ses lèvres. Ses mains se dirigeaient vers le mont de Vénus, de haut en bas, doucement, d’avant en arrière. Pour attiser un peu et faire monter l’envie de petits mouvements circulaires venaient parachever la montée du désir. De temps en temps, pour se calmer un peu, elle serrait les cuisses et reprenait ensuite un rythme plus soutenu. Appuyant fortement sa main sur son sexe. Elle s’était même surprise à glisser un coussin entre ses cuisses.
Jamais elle n’avait pris autant de plaisir, seule ainsi, dans son lit. Elle jouait, avec dans la tête des images érotiques, elle s’évadait ainsi vers un monde irréel. Elle se laissait aller au gré de son imagination. C’était son jardin secret, cela l’aidait à reprendre des forces, à tenir sa vie, qu’elle considérait quelconque.
Elle ne partageait plus ce plaisir à deux, et sentait monter la peur de ne plus retrouver ces sensations d’extase, de bien être, procuré par l’acte sexuel.
La masturbation devenait un véritable soulagement, physique, affectif, elle comprenait aussi qu’elle pouvait apprécier ce plaisir sans donner de l’amour. C’était son jeu égoïste, faire monter l’orgasme, se faire du bien, sans faire de mal.
Ce matin elle s’était réveillée, avec l’envie farouche d’un orgasme violent. Ses doigts cherchaient son clitoris, d’une caresse circulaire, elle les descendait vers son vagin déjà très humide, elle se frottait de haut en bas. Ses doigts serraient à nouveau son clitoris, sa main gauche appuyée sur la droite. Elle se tournait face contre l’oreiller.
Après de longs mouvements ondulatoires du bassin, ses doigts pénétraient à l’intérieur de son antre mouillé, mais cela ne suffisait pas. Elle cherchait un plaisir plus profond, plus intense.
Pourquoi ce matin là plus qu’un autre ? Elle se souvenait avoir acheté par correspondance quelques articles pour la maison et d’autres choses utiles. Parmi les pages, elle s’était arrêtée sur celles « mieux dans sa vie » qui proposaient brosses à dents, thermomètres et vibromasseurs. Elle en avait commandé un. Le plus simple. Il était dans la salle de bains, caché, sous la pile des serviettes et des draps de bains.
Sa main soulevait les serviettes, en retirait une boîte, elle l’ouvrait et manifestement, en dégageant la chose, un frisson lui parcourut l’intérieur du ventre. Elle se mit à tressaillir. Et la chaleur de son ventre remontait tout le long de son corps. Vite elle regagnait sa chambre, se couvrant de sa couette, elle tenait délicatement le vibromasseur dans la main. Il glissait froid sur les parois de son sexe, elle serrait les cuisses, contractait les fesses. Elle sentait cette irrésistible envie se propager dans tout son être. Même sa tête ne s’interrogeait pas, elle, d’habitude si prude, reniant jusqu’à la découverte de son corps, pratiquait des jeux en solitaire. La froideur de l’objet fut vite remplacée par la tiédeur procurée par ce liquide ruisselant joliment appelé cyprine, qui entourait rapidement les parois lisses de cet instrument.
Complice de ce jeu, déesse de l’amour cette onde chaude coulant le long de son sexe il entrait révérencieusement tel une récompense. Discrètement il s’infiltrait en elle, elle en retirait une suave sensation, une nouvelle progression vers un orgasme plus puissant. Elle continuait les va et vient, mille frissons lui parcouraient le corps, insatiable, elle réclamait encore et encore. Sa main ne cessait de s’activer jusqu’à ressentir une douleur dans son poignet.
Tout son corps réclamait, sa main gauche remontait de son ventre jusqu’aux seins, parcourant la moindre parcelle de sa peau. Elle aurait voulu avoir plusieurs mains sur son corps. Serrant ses cuisses l’une contre l’autre, elle pivotait, se trouvait sur le dos. Les battements de son cœur amplifiaient le geste de sa main, la bouche entr’ouverte, la tête en arrière. Si elle avait pu, elle aurait crié pour demander de l’aide, pour jouir de tous ses sens, de toutes ses envies, impatiente elle était d’assouvir sa folie, son supplice se transformait alors en un long gémissement mêlé de tremblements, véritable chaos, agitation extrême, tourbillon de jouissances ultimes.
Elle restait alors allongée, immobile, tenant toujours serré entre ses cuisses et les parois de son vagin ce phallus, substitut du mâle absent, il était devenu le maître de son plaisir.
28/08/2005 14:45



OOOOO



Retour vers Histoires érotiques d'Amis


http://www.erotica51.com © 14.03.2003 - 14.03.2018 - Tous Droits Réservés