LE LANGAGE DES YEUX

par


Le terminus de la ligne RER approchait ; machinalement, je lève les yeux de mon bouquin.

Sur la banquette opposée, une femme, la quarantaine environ.

Nos yeux se croisent, se détournent. Je range mon livre, regarde machinalement par la vitre, mes yeux reviennent vers elle, à nouveau croisent les siens, qui cette fois ne se détournent pas; un long regard, juste un regard, pas un sourire.

Le train entre en gare, nous nous levons. Elle a de très beaux cheveux, c’est ce que j’avais remarqué dès l’abord, châtain tirant un peu sur le roux.

Assez grande, une jupe longue, des bottes, une veste. Rien que de très banal ; manifestement, aucun élément destiné à susciter le désir.

Dans le hall, elle s’approche du plan de la ville.

«Puis-je vous renseigner?»

«Heu, oui, je cherche le bus qui conduit à l’hôpital; je vais voir une amie»

«Je n’en sais rien, mais en revanche, je passe en voiture devant l’hôpital; je peux vous y déposer.»

Elle accepte et nous voilà partis. Le trajet est court, dix minutes. Nous nous contentons d’échanger quelques banalités, mais bizarrement ? il règne dans la voiture une ambiance presque oppressante.

«Voilà, nous y sommes»

«Déjà? Je suis en avance, finalement.»

Alors, je ne sais quelle inspiration me vient:

«Il y a un centre commercial tout près; on peut aller prendre un café si vous voulez.»

«Avec plaisir.»

La salle est presque vide; nous nous installons au fond, continuons notre conversation banale, le temps qu’il fait, la circulation, enfin, bref, toutes ces choses, qui ne nous intéressent finalement ni l’une ni l’autre.

Face à face, nos yeux osent maintenant se regarder; les siens sont d’un beau gris bleuté. Et ils ne se contentent plus de se regarder, ils se parlent, ne se satisfaisant pas, eux, de platitudes, mais allant directement au fond des choses, disant ce que chacun pense au plus profond de lui.

C’est de nos yeux que jaillissent maintenant les mots que nos lèvres n’auraient jamais osé prononcer à cet instant. Et, en surimpression à notre échange de banalités, une vraie conversation s’instaure entre nos regards.

«Comme vous êtes belle»

«Merci, c’est gentil»

« J’ai envie de toi. »

« Chutttttt, vous êtes fou, voyons.»

«Non, l’inverse serait de la folie. Tu es tellement désirable»

«Arrêtez; vous, enfin, vous me troublez.»

«Ose dire que tu n’as pas envie de faire l’amour.»

Cette fois, ses yeux ne répondent pas, se détournent, se posent un peu n’importe où dans la salle, indécis, ou plutôt ne voulant pas montrer leur décision. Puis ils reviennent, se plantent droit dans les miens.

«Eh bien oui, j’ai envie moi aussi; j’ai eu envie dès que tu m’as abordée. Mon sexe est tout palpitant de mon désir de toi.»

«Je bande comme un fou; je te veux, je veux sentir ton corps contre le mien.»

«J’ai envie de sentir tes mains sur moi, ta bouche sur la mienne, ton sexe contre mon ventre. »

Ses seins s’écrasent sur ma poitrine, mes mains viennent s’égarer au plus secret de sa féminité.

Son regard se voile, se perd déjà dans l’abîme de jouissance auquel nous aspirons tous les deux, reflète cette envie brutale qui s’est emparé si soudainement de nos deux corps, ce besoin de fusion intime, qui s’impose à nous avec une force irrésistible.

Nous nous levons; je sais qu’il existe dans un recoin du centre des toilettes assez peu fréquentées.

A peine la porte refermée, nous nous jetons l’un sur l’autre comme des affamés. Mes lèvres s’emparent des siennes ; je suçote sa lèvre inférieure, la lèche, elle répond avec passion. Nos langues se mêlent, explorent nos bouches.

Nos corps sont soudés l’un contre l’autre; mon sexe dur se presse sur son ventre. Mes mains pétrissent ses fesses.

Elle réussit à glisser une main entre nos deux corps, la pose à plat sur le renflement de ma braguette, l’appuie; par ce lien , transmet à son propre corps tout le désir qui sourd du mien.

Une espèce de frénésie s’est emparée de nous. Je soulève sa jupe, découvre avec délices le velouté de sa peau, fais glisser sur ses jambes la fine culotte de dentelle.

Elle s’est appuyée contre le mur ; me voici à genoux devant elle, jupe troussée. Ma bouche vient se poser au-dessus de la lisière du bas, là où la peau est d’une si merveilleuse douceur. Je l’embrasse, la suçote, la lèche.

Elle dégrafe sa jupe, qui nous entrave, s’en débarrasse. Mes yeux sont rivés sur son sexe, s’en repaissent ; cette merveilleuse toison légèrement mordorée, frisottée. Cette fente rosée qui palpite, entrouverte, s’offrant à ma caresse.

Ma bouche se pose délicatement sur ses lèvres. Ma langue les écarte, en parcourt l’intérieur, remonte entre elles, s’y insinue. Des deux pouces, j’écarte l’ouverture, lèche à grandes lapées l’intérieur de sa chatte, y pousse ma langue comme je le ferais de mon sexe.

Elle émet un feulement continu, pousse son bassin en avant, m’incite à d’autres attouchements.

« Oui, ma belle, je sais ce que tu veux ; j’ai trop envie de te faire jouir, de te sentir vibrer, de sentir mon sexe gonfler encore en sentant ton plaisir, de faire mienne ta jouissance. »

La chatte maintenant béante et palpitante laisse apparaître le tendre bourgeon rose, déjà bien tendu, avide de caresses. Ma langue vient l’effleurer, le titille, s’enroule autour de lui ; mes lèvres l’aspirent, le tètent goulûment. Il est écarlate, tout gonflé.

Ma verge est tendue à me faire mal ; je sens monter en moi une folle excitation. Ma bouche laisse la place à un doigt, à deux doigts, qui saisissent son clito, le branlent ardemment.

Mon pouce pénètre en elle, à fond, entame dans son vagin des va et vient effrénés. Mon index descend, rencontre un petit anneau plissé, en force l’ouverture. Elle n’a pas le temps de protester que déjà mes deux doigts, formant une espèce de pince, la masturbent frénétiquement.

Je lève la tête ; elle a ouvert sa blouse, dégagé ses seins et se caresse voluptueusement, étirant ses tétons, les faisant rouler entre ses doigts. Nos yeux se rencontrent, se disent l’intensité du plaisir. Brutalement, elle se lance en avant, criant sa jouissance.

J’ai l’impression que cette jouissance est aussi la mienne. A chaque fois, je m’étonne de l’invraisemblable bonheur qu’il y a à faire jouir une femme de cette façon.

Je me relève, quitte pantalon et slip, m’assieds. A son tour, elle se penche sur moi, me saisit entre ses lèvres, me fait coulisser, palpe mes bourses pleines à craquer.

« Viens sur moi, ma belle, baise moi. »

Elle a aussi hâte que moi. Elle m’enjambe, se saisit de ma queue, la présente à l’orée de sa grotte, en titille son clito. J’ai à peine eu le temps de me rendre compte qu’elle m’enveloppe d’un préservatif.

Puis, d’un seul coup, elle se laisse glisser et m’absorbe en entier. Je me sens buter tout au fond d’elle, je suis merveilleusement bien. Elle remonte, redescend, recommence.

Penchée en avant, elle m’offre les globes soyeux de sa poitrine. Ma bouche avide s’en empare, aspire ses mamelons totalement érigés, durs et tendres à la fois.

Le rythme de ses mouvements s’est accéléré. Je l’ai saisie aux hanches et l’accompagne.

A nouveau nos yeux se parlent.

«Oui, continue de me branler avec ta chatte, c’est bon.»

«Oh ouiiiiiii, je te sens si gros et si fort en moi. Tu m’as tellement fait jouir avec ta bouche. »

«Tes seins, comme ils sont beaux, fermes, doux, oh ouiiiiiii, je ne me lasse pas de les tâter, de les branler eux aussi. Viens, ma beauté, viens jouir avec moi. »

«J’arrive, là, je sens que ça monte. Oui, caresse les, mes nichons, là, encore. Viens avec ton doigt, branle moi le clito pendant que je te baise. »

Ses yeux s’embuent brutalement, se perdent dans le lointain, accompagnent l’orgasme qui la secoue. Presque en même temps, ma queue se tend, gonfle et j’émets dans un râle de longs jets de sperme.

Nous nous rhabillons sans un mot, rejoignons la voiture et cinq minutes après, je la dépose devant l’hôpital.

Elle descend, se retourne. Pour la dernière fois, nos yeux se parlent et prononcent les mêmes mots :

«Merci, je n’oublierai jamais ce moment d’intense bonheur.»



Retour vers Histoires érotiques d'Amis


http://www.erotica51.com © 14.03.2003 - 14.03.2017 - Tous Droits Réservés