LE JARDIN DES SENS

par AIGLE SOLITAIRE


Image[]
I. PREAMBULE

Il est en Amour des situations, des esprits, des êtres, qui, une fois mis bout à bout, côte à côte, prennent corps pour former une puissante tonalité alchimique. Un bouquet d'érotisme danse alors à la fenêtre des SENS : on sent, on touche, on voit, on goûte, on entend. Et soudain, l'éphémère légèreté des plaisirs charnels prend un indescriptible goût d éternité...

II. L' EMPIRE DES SENS

Nous avions fait connaissance sur internet, sur un site de charme et rencontres, et après quelques semaines d'échanges quotidiens, véritable cascade d'écrits doux, puis vite, torrides et intenses , nous avions décidés de sceller cette complicité virtuelle, par une première rencontre dans une chambre d 'hôtel .

Aucun de nous deux ne connaissait ni même le visage et l'apparence de l'autre ; aucune photographie n'avait été échangée. Alors, pour ne pas briser le charme et la magie de cet instant et faire perdurer le mystère, tout en exaltant l’excitation, je lui avais soumis l’idée d' une mise en scène pour ce fameux jour, baptisé en l'honneur de son pseudonyme floral " ILIAMNA " , " LE JARDIN DES SENS " .

En voici le principe :

Je devais arriver, en premier, à l’hôtel choisi, y réserver une chambre et la préparer de sorte à créer une ambiance propre à ce que j'avais prévu ; fermer les volets pour ne laisser qu'un faible flux de lumière envahir la pièce et enlever le dessus de lit et les oreillers , le lit restant simplement couvert de son drap , nu de tout artifice .

Ensuite, je devais l’appeler sur son téléphone portable pour lui communiquer le numéro de la chambre et lui intimer l’ordre de m’y rejoindre. Cela me laisserait le temps de me déshabiller et de préparer les foulards qui serviraient à nous bander les yeux. Je mettrais le mien, une fois que j’aurais rejoint la salle de bain, d'où je l’attendrais.

Elle se parerait de son foulard, une fois dévêtue, puis regagnerait le lit ou elle s’allongerait, jambes serrées, bras en croix.
De là, elle dirait tout haut :

- Je suis l’impératrice en son JARDIN DES SENS…

Ce délicieux mot de passe me libèrerait de mon attente, et c’est les yeux bandés, que je sortirai de ma prison de fortune afin de m'avancer vers ma douce Fleur et ses mystères. Que de sensations fortes je devine, pour ce jour, savant mélange d'émotion et de plaisir, d'ivresse et de désir. J'ai grande hâte de me retrouver avec Elle, en ce lieu, qui sera pour nous, notre EMPIRE DES SENS ...

III. L EMPRISE DES SENS

Ca y est, la voix vient de retentir, marquant le départ de cette formidable aventure. J ' inspire un grand coup afin de relâcher l’ensemble de mes muscles , et concentrer mon esprit sur l ' action . A partir de maintenant, " concentration " devient mon maître - mot, si je veux espérer vivre pleinement et goûter l'intensité de plaisir offerte par chaque infime fragment de temps écoulé.

Le fait d'avoir les yeux bandés procure cet avantage là ; mon esprit est en alerte maximale et l'absence de vue décuple la faculté de mes autres sens et aiguise mon imagination.

J’ouvre calmement la porte et m’avance tout serein mais prudemment, de peur de trébucher, vers le lit. Déjà, je respire sa présence parfumée, au travers des accords olfactifs voluptueux et envoûtants. Mon si subtil ODORAT discerne de nombreuses substances dans l ' air de la pièce , notamment un délicieux mélange de notes boisées , de brassées de fleurs et de zestes d’agrumes .

Ce triptyque de fragrances, distille dans mes narines, une empreinte magnétique et inoubliable. Cet opulent parfum à l'odeur caractéristique de séductrices en quête de sensations, est digne de la nouvelle génération de femmes, audacieuses, généreuses, et dangereusement irrésistibles. Ces effluves captivantes, laisse libre-cours à une troublante sensualité, évocatrice d’érotisme et propice au désir , enveloppent cette femme et lui confèrent un charme intime et désinvolte, auquel il m’est déjà difficile de résister .

Je me penche alors vers le lit et pars à la recherche d’un corps, avant d’en partir à la découverte. Ma main droite heurte, ce qui au TOUCHER me semble être une jambe. Mon autre main la rejoint aussitôt pour prendre possession de ce membre et en commencer l’inspection minutieuse et attentive.
Mes mains glissent le long d'un mollet ferme, galbé, laissant supposer une cheville fine et osseuse, qui ne tarde pas à être frôlée. Mes doigts jouent avec ses petits orteils, sa voûte plantaire, son talon, provoquant chez elle de petits soubresauts. A plusieurs reprises, mes mains voyagent d’une jambe à l’autre, d’un pied à un genou, d'un genou à une cheville, tout en légèreté et en douceur.

Maintenant, ce sont ses cuisses que je balaye de mes dix doigts, m'octroyant de furtifs passages jusqu'au dessus de ses hanches. Quelques instants après, je sens ma partenaire de jeu se mouvoir. A tâtons, je suis à nouveau en quête de son corps. En fait, elle s'est juste tournée sur le ventre, déduction que je fais en palpant cette masse de chair qui ne laisse planer aucun doute , quant à son origine .

En effet, les sensations que je commence à avoir au niveau de mon bas ventre, attestent de ce que mon imagination, aidée de mes mains, tente de matérialiser : une sublime paire de fesses, à la fois ferme et généreuse ; à la rondeur aussi attrayante, qu’accueillante, que ce soit aussi bien pour mes mains que pour ma bouche. Car avide de connaître le GOUT de cette peau de velours, je ne résiste pas longtemps à l ' envie d ' y déposer mes lèvres . Je n’en suis d’ ailleurs pas déçu, quelle saveur délicate. Et quel plaisir que d 'entamer par cette zone , pour laquelle j ' ai toujours eu un faible , par ces reliefs , les préférés de nombreux hommes , si attirants , si douillets , que l’on s ' y abandonnerait volontiers des heures durant , comme sur un oreiller .

Toutefois, mes mains sont vite aspirées par une chute de reins vertigineuse. Elles naviguent le long de cette cambrure et s'égarent dans l'immensité de son dos. Tantôt de haut en bas, tantôt de gauche à droite, mes caresses diffusent en tout point de bienfaisantes sensations, approuvées par de petits déhanchements. Telle la partition d'une grande symphonie, mes doigts pianotent son dos, passant par tous les mouvements d'une œuvre majeure ; de l’adagio à l ' allegro , en passant par le scherzo. Le grand orchestre du plaisir déchaîne ses éléments. Il entame maintenant son crescendo final.

De douces, langoureuses et légères, mes caresses deviennent plus marquées, plus appuyées. Ses omoplates, ses cotes, sont nettement palpables sous mes mains, ce qui me procure une agréable impression de pouvoir et de possession, intensifiant encore plus mon désir.

IV. L’IVRESSE DES SENS

Le bout du nez perdu dans sa longue et soyeuse chevelure, je lui masse délicatement le cuir chevelu, débordant allègrement le long de sa nuque, zone que je sais sensible, et ou les femmes aiment que l’on s’attarde. Après un bon moment de ces lascives caresses, je lui chuchote à l ' oreille de bien vouloir s ' agenouiller au centre du lit . Je me place alors derrière elle, également à genoux et l’enlace de mes bras. Je la serre fort et garde cette position immobile, histoire de suspendre le temps et d ' apprécier pleinement les instants magiques que nous vivons tous les deux .

Une pause, avant de repartir de plus belle, vers son visage, ses lèvres, ce qui devrait augmenter mon plaisir ; mais aussi le sien, le meilleur reste à venir, car je m’efforce à ce que chaque instant passé soit moins bien que chaque instant à venir.

Une main dans chacun de ses seins, mes lèvres cherchent à nouveau sa nuque, où je distille quelques baisers avant de succomber à l’appel de son cou. Pour cela, je me positionne face à elle. Nos lèvres se côtoient en de longs et délectables face à face. Nos langues rivalisent d’adresse en d’entreprenants tourbillons.

Puis, front contre front, le dos de mes mains polissant lentement le contour de ses joues, nous nous observons dans l'obscurité de nos foulards. Bannis les regards explicites les yeux dans les yeux, mais malgré ce, une complicité bien présente. Nous sentons tous deux que le moment décisif arrive, et que bientôt les foulards tomberont, et laisseront apparaître, le visage et la silhouette de l’autre. Avant cela, dans un même élan, nos bouches se cherchent encore et nous nous embrassons avec une incroyable fougue, comme si c' était la fin du monde, encore mieux que dans nos rêves les plus fous.

- "Es- tu prête ?"

Elle tarde à répondre. Après un bref silence, de sa voix mélodieuse, elle questionne :

- "Je le suis, mais auparavant j’ai une faveur à te demander"

Je m’empresse de la questionner, surpris par cette requête imprévue.

- "Laquelle ?"

- "Cela a été un merveilleux enchantement que de recevoir tes caresses, et j'aimerai prolonger cet état de fait. Vois-tu, en portant ce foulard, je viens de réaliser un de mes fantasmes : être dans le noir face à un homme ; ce qui ne signifie pas masquer une certaine timidité, bien au contraire. C'est plutôt laisser le champ libre à l’expression et aux sensations tactiles, redonner au toucher toute sa latitude d’impressions charnelles, décupler les effets des autres sens que celui de la vue, avoir les yeux bandés, laisser les corps prendre possession de l’espace, laisser l ' imagination prendre le dessus . Tout contact prend alors une tout autre dimension et je te remercie pour ces magnifiques instants. Humm ... Quand j’y repense, je me dis qu’il serait peut être dommage de retirer ces foulards ... Et si nous les gardions jusqu’au bout, ainsi je pourrai vivre pleinement mon fantasme, et je suis certaine que nous n’aurons pas à le regretter. Qu’en dis-tu ?

- "Tu décris parfaitement ce que j’ai pu, moi aussi ressentir, bien au delà de mes espérances. Alors si tel est ton désir, c’est également le mien ", lui ai-je répondu.

Tout s’enchaîne alors très vite, à l’initiative d’ILIAMNA. Me prenant par les mains, elle s'allonge sur le dos, me fait basculer sur elle et m'invite à la pénétrer. caresses, baisers, positions se succèdent en des corps à corps suaves mais passionnés ; pas seulement physiques, bien au contraire, chacun de nos gestes est comme un " je t' aime " sans cesse renouvelé , au doux goût d’éternité . Telle une féerie sans fin, notre étreinte se poursuit dans un flamboiement de sensations qui nous mène doucement vers les hautes cimes de l'extase.

Le souffle court, le corps crispé, ses petits cris m'exhortent à aller plus vite, plus profond en elle. En réaction, ses dents se plantent dans ma chair tandis que ses ongles lacèrent mon dos. Au bord de l’explosion , je sens que je ne tiendrai plus très longtemps . Et, comme pour parachever cette si belle harmonie, ILIAMNA , au paroxysme de l'ivresse , lâche un " ouiiiiiiiiiii " de délivrance , suivi de près par de violents spasmes corporels, alors que je répands, en elle, ma semence. Un bien-être indescriptible m'envahit alors, tandis qu'enlacés, nous goûtons à un repos des plus agréables...

V.EPILOGUE

Toute âme, un tant soit peu délicate, devrait pouvoir un jour connaître, ces moments uniques où, accaparée par une pulsion dévorante, elle fait abstraction de ses hésitations, de ses scrupules et croit jouer son bonheur dans un élan insouciant. Cela nous ramène tout droit à l’essence même du plaisir et de l’aventure : émotions et sensations.

Et tandis qu'elle et lui fusionnent dans un chaos de mouvements, de gestes, d'expressions et de sentiments, leur complicité les mène vers l’apothéose, véritable déferlement de sensations qui marqueront à jamais leur mémoire et leurs SENS.

De Aigle Solitaire



Retour vers Histoires érotiques d'Amis


http://www.erotica51.com © 14.03.2003 - 14.03.2018 - Tous Droits Réservés