L'INGENUE

par Frederic62@msn.com


Il est des soirs de la semaine où rentrer tôt du bureau peut vous transporter de joie. Pas la seule joie humaine du fait de partir du travail plus tôt que d'habitude. Pas celle non plus de retrouver une éventuelle famille. Ni celle encore de se retrouver seul, à la maison, face à une montagne de petites choses à faire et à régler. Non, la joie simple de se planter devant la fenêtre, un grand verre d'eau fraîche à la main et de contempler le paysage des toits et terrasses que vous dominez, du haut de votre septième étage. La joie de découvrir, sur le toit-terrasse de l'immeuble voisin, le charmant spectacle de son occupante, en train de bronzer nue, intégralement nue, pile et face.

Et vous restez là, moitié dans l'ombre fraîche de votre appartement, moitié le nez collé à la vitre, osant à peine bouger ni respirer de peur que le moindre mouvement ne signale votre présence.

Elle est bien mignonne l'occupante du toit terrasse d'en face. Elle est même, très... mignonne !

Vous ne l'aviez jamais autant vue, reluquée sous toutes les coutures et dans le plus simple appareil, jusqu'à ce jour. Vous en êtes même à vous surprendre de constater que c'est la première fois que vous vous apercevez de sa présence. Et, transformé en statue, vous ne cessez de l'observer, de l'épier.

Elle, brune, des cheveux mi-longs, raides qui brillent dans le soleil. Son corps, entièrement halé est presque doré. Ses seins, en pomme, sont marqués de petits tétons bruns, pointus. son ventre plat est orné d'une petite et minuscule bande de poils qu'elle doit prendre grands soins à entretenir. Ses cuisses, fuselées, musclées, le galbe de ses mollets, ses pieds fins à la plante blanche, vous laissent songeurs. Les bras légèrement écartés, les mains parfaitement étalées sur une serviette d'une blancheur virginale, elle semble absorber le soleil, s'en repaître. Puis, soudain, dans un mouvement gracile elle se tourne, vous permettant d'admirer une sublime paire de fesses, charnues, rondes aussi dorées qu'un pain d'épices.

Sans oser bouger, toujours à l'affût derrière votre baie vitrée, vous voilà ruisselant à grosses gouttes La bouffée de chaleur qui vous envahit n'a rien à voir avec la température estivale extérieure. Elle accompagne un sensible raidissement de votre sexe qui tape contre le tissu de votre pantalon et marque une légère bosse à votre entrejambes.

A plusieurs reprises, vous tentez de maîtriser votre respiration, le léger tremblotement de vos mains. Mais rien n'y fait. Même quand vous fermez les yeux, la vision idyllique de ce jeune corps alangui, offert aux rayons mordant de l'astre du jour, remplit votre cerveau et annihile toute volonté.

Combien de temps êtes-vous resté là ? Vous ne sauriez le dire. Ce qui est certain c'est que la demoiselle que vous surveillez est en train de plier bagage.

Sans se presser, elle se lève et écarte suffisamment les jambes pour vous permettre une vision fugace et tentatrice sur une intimité imberbe. Puis elle se penche vers le sol, jambes raides et vous présente une croupe tendue vers laquelle vos mains sont sensiblement autant attirées que votre regard. Le buste penché en avant, les seins, repus de chaleur, ballottent au rythme de ses mouvements. Puis, d'un geste précis, elle se redresse, secoue la tête et fait virevolter sa crinière brune, avant de se diriger d'un pas nonchalant vers la porte vitrée de la terrasse, à quelques pas de là.

Le cou ankylosé, vous tentez de l'apercevoir, vacant, déambulant en tenue légère dans ses appartements. Malheureusement, les voilages et votre position vous privent de ce charmant spectacle. Marri, vous sortez enfin de votre tour de guet et le sexe raide d'émotion, vous allez vous calmer sous une douche rafraîchissante et revigorante, vous promettant que demain, à pareille heure, vous serez au rendez-vous.

Votre nuit a été hantée par les visions érotiques de galipettes harassantes, non inscrites dans le Kama Sutra, en compagnie du corps de liane de votre brune voisine et par deux fois au moins, vous vous réveillez, le corps tendu, trempé de sueur, le sexe au bord de l'explosion. La seconde fois, malgré l'heure tardive, vous empoignez votre sexe d'une main et les yeux mi-clos, vous vous masturbez lentement, avec délectation, revoyant le corps exposé aux rayons de votre propre plaisir. Et la vision obsédante est tellement forte qu'en quelques coups de mains, vous obtenez une jouissance rapide qui soulage votre nervosité mais aiguise votre imaginaire.

Au matin, les yeux fatigués, vous vous traînez au bureau et y passez une journée, l'esprit préoccupé par le temps qui passe et qui semble interminable en n'ayant qu'une seule vision : celle de votre voisine, allongée, nue, sur son toit-terrasse, à un étage de chez-vous.

Et, à quatre heures pétantes, vous êtes à votre poste d'observation, le cœur battant la chamade. Cette fois, vous ne vous êtes pas encombré d'un quelconque verre. Vos deux mains sont libres et de derrières vos rideaux, vous épiez l'immeuble d'en face... Elle est là !

Votre sexe fait un bond entre vos jambes. Votre corps se couvre d'une lourde sueur. Votre sang reflue du visage puis y remonte à toute vitesse et bat à vos tempes. Vous voilà moite, fébrile. Vous ouvrez grands les yeux et ne bougez plus. Le spectacle de la veille peut reprendre... Et vous vous en délectez, jusqu'à plus soif, jusqu'à ce que votre sexe, pourvu d'un imaginaire indépendant de votre volonté, appelle votre main et que là, debout, dans l'encoignure de votre porte-fenêtre, vous vous caressiez. Sans honte, votre main sort votre sexe et glisse lentement sur la hampe, dure et raide. Puis elle entame une série d'allers et retours qui vous échauffent de plus en plus, alors que la vision de votre voisine semble se parfaire.

Vous lui découvrez des détails anatomiques qui vous avaient échappés la veille. Ses lèvres semblent fines, le menton pointu. Deux mignonnes fossettes ornent les fesses. Ses mains sont fines, élégantes, aux ongles vernis... Et ce n'est plus votre main qui vous donne du plaisir, c'est la sienne, les siennes et sa bouche qui sont sur votre corps...Et vous voilà déjà en train de jouir, largement. Une jouissance plus longue et plus accomplie que celle de cette nuit. Épuisé, tremblant sur vos jambes, sans oser faire le moindre mouvement brusque, vous restez ainsi jusqu'à la fin du spectacle. Alors, quand le corps disparaît, caché par les horribles murs de l'appartement dont vous maudissez le constructeur, vous vous retirez.

Et ce manège dure deux jours, trois jours, quatre jours. …

Mais le quatrième jour, alors que votre sexe poisseux sèche déjà dans votre main qui est restée crispée dessus, lorsque votre si jolie voisine va se lever sans hâte, elle marque une longue pause, écarte les jambes, vous laissant les yeux exorbités, admirer à loisir son intimité. Elle ose même un geste, anodin pour elle, mais si significatif pour vous : d'une main, elle tire doucement la peau de son ventre et de son mont de Vénus, alors que de son autre main, elle écarte légèrement ses lèvres.

Votre souffle se fait court. Votre vue est à la limite de se brouiller. Votre sexe, en semi-repos depuis quelques minutes, a un soubresaut et se raidit entre vos doigts.

A quelques mètres seulement, vous pouvez distinguer clairement une entrée rose pâle dont vous imaginez l'humidité qui en perle. Votre imagination s'enflamme. Vos doigts, cherchent à toucher du soyeux, du satiné pour vous donner l'impression qu'ils sont au contact de ce sexe offert à votre vue. Mais à peine avez-vous entortillé nerveusement vos doigts dans le fin voilage de vos rideaux que la belle referme ses jambes, se redresse et vous tourne ostensiblement le dos. Dans les quelques pas qu'elle a à faire, elle vous semble adopter une démarche plus sensuelle, plus déhanchée qu'à l'habitude. Elle disparaît. Puis revient en arrière. Toujours de dos, les fesses fermes, elle cambre les reins, tourne légèrement la tête et en remontant son petit menton pointu, semble bel et bien vous adresser une esquisse de sourire et fait un petit signe de la main, en signe d'adieux et de connivence.

Un signe qui ne vous trompe pas. Elle vous a vu. Elle sait que vous êtes là, à l'affût, derrière votre porte-fenêtre. Et soudain le doute : vous a-t-elle surpris en train de vous caresser ? Puis la honte... Puis le plaisir de savoir qu'elle a remarqué votre présence... Et votre nuit sera encore plus torride, plus agitée que les nuits précédentes.

Au matin, l'œil glauque, à grandes enjambées, vous vous précipitez chez la concierge d'en face pour relever le nom de la si belle habitante du 6ème de son immeuble. Et il va vous falloir user de toute votre diplomatie, de tout votre arsenal d'impénitent séducteur pour l'arracher à la brave pipelette, qui finalement, au détour de la conversation vous accorde ce privilège et prononce, par mégarde, le prénom de Sandra ! Joie !

À peine hors de la loge, vous vous précipitez chez le fleuriste d'à-côté et vous faites confectionner un énorme, énorme bouquet de roses rouges (en nombre impair) que vous faîtes livrer accompagné de votre carte. Puis, le cœur léger, la semelle souple, vous vous hasardez à votre bureau où le temps vous paraît encore plus long qu'à l'habitude. Et à quatre heures, vous êtes planté devant votre fenêtre.

La belle Sandra est là, aussi nue qu'au premier jour (ou vous l'avez vue). À même le sol, légèrement à l'ombre, trône dans un vase votre bouquet.

Elle est allongée sur une serviette noire qui met en relief le doré de sa peau. Un bras replié sur un sein, la main posée dessus, ses doigts semblent jouer avec la pointe. L'autre bras, main à plat, repose sur le ventre, la paume au niveau des premiers poils pubiens restants, les doigts s'égarent dans l'entrejambes. Des jambes qu'elle a écarté, modérément mais suffisamment pour vous permettre de voir ses doigts se perdre au milieu de son intimité.

La bouffée de chaleur qui vous envahit, vous cloue sur place. Vous n'en croyez pas vos yeux ! Oui. Elle se caresse, là, devant vous, peut-être même pour vous. Oui, c'est sûr, c'est même certain, c'est pour vous qu'elle se donne du plaisir. Et votre sexe en trésaille, se raidit, devient dur comme une barre de fer. Seulement, aujourd'hui, au lieu de l'empoigner, vous prenez une ou deux longues respirations, quittez votre encoignure, sortez en trombe de votre appartement et traversez la rue.

Quatre à quatre, vous grimpez l'escalier qui mène vers la porte de Sandra et sans reprendre votre souffle, le cœur tapant dans la poitrine, vous sonnez et attendez.

Une longue, une très longue minute s'écoule. Puis une seconde. Et lorsque la troisième commence à égrener ses secondes, de derrière la porte vous parvient un léger bruissement, à peine perceptible. Elle est là. Va-t-elle ouvrir ? Sera-t-elle nue ? Couverte ? Va-t-elle vous flanquer à la porte, vous rire au nez ? Mille questions viennent à votre esprit et vous embrument le cerveau.

Mais la porte ne s'ouvre toujours pas.

Devez-vous sonner une nouvelle fois ? L'insistance n'est-elle pas la marque de votre impatience. Dans votre pantalon, votre sexe raide, vous sert de cerveau. Le doigt déjà pointé vers le terrible petit bouton, vous voilà en train d'imaginer lui caresser le clitoris... Et toujours aucun bruit annonciateur de l'ouverture de cette maudite porte. Tant pis. Après avoir caressé doucement le bouton froid de la sonnette, imaginant que vous étiez sur un autre bouton, la tête et le ventre en feu, vous vous résolvez à appuyer dessus... Et une fois encore, vous attendez... Une seconde, deux, cinq, dix secondes... Une minute, puis encore une nouvelle longue minute... Et toujours rien. De dépit, vous redescendez les étages, montés quatre à quatre, passez la tête basse devant la loge de la concierge et rentrez chez-vous... A peine la porte palière refermée, voilà que le démon vous pousse à venir jeter un œil à la fenêtre.

Sur la serviette, étalées, le bouquet de roses a remplacé le corps de la belle Sandra. Et de Sandra, point de présence. Pour vous calmer, vous passer sous la douche où par désenchantement, vous vous caressez longuement, doucement avant de connaître un bref bonheur solitaire et frustrant qui vous permet de revoir Sandra, se caresser sur sa terrasse.

Pourtant, dès le lendemain, à quatre heures de l'après-midi, vous êtes là, à votre poste d'observation. Et Sandra est fidèle au rendez-vous. A l'ombre, les fleurs, comme par enchantement, sont disposées dans un vase... Vos fleurs ! Elle, sur le ventre, une jambe en l'air, les fesses proéminentes, semble lire. Vous restez à l'épier, comme d'habitude, espérant un spectacle plus osé.

Ça y est, elle se retourne enfin et vous offre son corps à (re)découvrir. Assise, en lotus, jambes largement écartées, les seins ballants, elle installe posément son livre devant elle et se penche dessus, naturellement, comme si de rien n'était. Votre sang ne fait qu'un tour.

Face à vous, la vision de son intimité ouverte par sa posture, vous laisse voir une entrée rose et baillante. Votre sexe se redresse, se tend et déjà vous fait mal. Sans honte, vous le libérez et tandis que vous commencez à vous masturber, n'est-ce pas au même moment que ses mains, jusque là chastement utilisées à tenir le livre, s'approchent de la cuisse, descendent vers son sexe, que ses doigts écartent, fouillent, y vont et viennent, le masturbent en même temps que vous... Et vous fixez intensément son entrejambes, dominé par les deux seins qui dodelinent au rythme d'une respiration qui s'accélère, s'amplifie... Son plaisir monte, le vôtre aussi. Vous êtes tendu, elle est prête à jouir. Elle se pâme et vous, vous éjaculez dans votre main. Alors que vos mains poisseuses vous enserrent encore, tranquillement, elle se lève, rentre et revient, jette un œil en votre direction, fait un petit signe de la main, affiche un grand sourire et s'en va...

« La garce ! » dites-vous à haute voix, le sexe flapi, la main souillée.

La nuit qui suit est peuplée d'images torrides, à la limite du viol, de la violence...

Elle vous harcèle, elle vous nargue, vous la coincez enfin, dans un escalier... De force, vous la pelotez, lui caressez les seins, lui titillez les mamelons, les pincez, les tordez... Elle vous supplie, grimace, pleure, implore, vous offre en contre partie son corps, écarte les jambes, tend sa croupe ... Et se dérobe. Vos mains l'empoignent, la retiennent, la ramènent sous vous. Impérieux besoin de la couvrir, de la pénétrer, de la forcer. Vous y êtes. Elle est chaude, humide, réceptive. Enfin elle cède après avoir fait semblant de vous refuser son accès, elle s'ouvre, vous accueille largement, sollicite, quémande, réclame votre sexe. Et vous vous repaissez d'elle, de son sexe, de sa chair. Vous la malmenez ... Et vous vous réveillez, le sexe raide, les draps entortillés autour, mouillés de votre plaisir...

Encore une vision, encore un rêve. Demain, promis, vous ne regarderez pas ! Promis, juré...

Promesse d'ivrogne ! Vous êtes là, à quatre heures, le pantalon déjà sur les chaussures, prêt à assouvir votre gymnastique intime quotidienne... Mais la belle est absente ! Pas de Sandra au rendez-vous... Seule, une grande flaque d'eau occupe le sol de sa terrasse... Il faut dire que le ciel ne vous a pas aidé sur ce coup là... Une bruine persistante mouille le sol et force chacun à rester chez soi.

Cela ne fait rien. Obnubilé, vous vous promettez d'être au rendez-vous au premier rayon de soleil...

Ce matin, le soleil est revenu et avec lui vos espoir de contempler Sandra en tenue d'Ève... Et toute la journée vous paraît longue. Longue comme un jour sans pain. Tout semble se liguer pour vous faire devenir fou, jusqu'à ces clients qui ne cessent de lambiner et qui à quatre heures pétantes, sont encore dans votre bureau. Au point que vous prétextez un rendez-vous urgent et les plantez là. A toute vitesse vous rejoignez vos pénates... Hors d'haleine, vous vous précipitez à la fenêtre, la ceinture du pantalon défaite, vous vous tapissez dans votre coin.

La serviette noire est là... Mais pas elle... Impatient vous êtes bien obligé de patienter jusqu'à la voir revenir... Un téléphone à la main, en grande conversation. Comme avant hier, comme au premier jour, elle promène de long en large de la terrasse son corps sculptural nu. Et vos yeux ne cessent de lui coller à la peau. Vous ne perdez aucun de ses mouvements. Aucune de ses mimiques quand vous voyez son visage.

Est-elle consciente qu'elle vous agace, qu'elle vous aguiche, qu'elle vous excite ? Fait-elle cela par jeu ? Par provocation ? Consciemment ? Inconsciemment ?

Vous la suivez, en train d'arpenter sa terrasse, attendant qu'elle daigne enfin vous offrir ce merveilleux spectacle qui excite votre lubricité de plus en plus aiguisée et tyrannique.

Dans ses allées et venues, elle s'approche du vase de roses, dont vous faites renouveler le bouquet tous les jours... Elle joue avec les fleurs, les touche, les caresse, les sent. Elle en tire une tige, porte la fleur à peine ouverte à son nez, en respire l'odeur, semble en admirer la couleur... Puis porte les pétales à sa bouche, écarte le combiné, embrasse la fleur, sort sa langue et use de cette rose à peine ouverte comme de la tête d'un pénis. Elle la lèche, la caresse du bout des lèvres...

Cette vision érotique, excitante, étonnante, vous met aux cent coups.

Mais à quel jeu joue-t-elle donc ?

Voici maintenant qu'elle entrouvre les lèvres et sans quitter le combiné du téléphone, s'emploie à sucer, suçoter la fleur comme elle le ferait avec un pénis en érection... Le vôtre... à cette vision de Sandra distillant une agréable fellation au bouton de rose, votre sexe se redresse, durcit, s'excite. Votre main, tremblante le couvre et commence de lents va-et-vient qui, loin de vous soulager, vous enivrent. Et le jeu de la jeune femme se fait de plus en plus provoquant.

Maintenant, vous êtes certain que ce ne sont pas des gestes naturels, instinctifs. Non, elle vous joue une scène... Elle vous sait à votre emplacement, peut-être même vous surveille-t-elle aussi. Et elle vous provoque !

La voilà qui utilise la rose pour caresser ses seins. Face à vous, elle descend la fleur sur le bout d'un téton, lui fait faire des tours et des détours, frôle le bout, revient en cercles concentriques, lents et suggestifs, passe lascivement à l'autre, revient sur le premier. Le jeu se continue, se prolonge, s'intensifie.

Et la fleur descend sur le ventre. Effleure le nombril, semble graver son parfum sur cette peau mordorée que vous imaginez satinée. Et la descente se poursuit avec une exaspérante lenteur. Elle déambule toujours, mais à pas comptés pour finir par s'immobiliser, face à vous, sur son carré de toile. La fleur caresse les cuisses, l'intérieur, et remonte vers son intimité... La fleur touche les lèvres.

Elle s'assoit en tailleur, jambes bien écartées pour profiter de la caresse éhontée des pétales sur son intimité, ses lèvres... A votre place ! Enfin elle repose le combiné mais c'est pour aider son sexe à s'ouvrir, largement, et mieux se donner du plaisir... Et aussi en spectacle.

Votre sexe ne résiste ni à la vision, ni à votre attouchement et émet de longs soubresauts de plaisir qui vous laissent une fois encore la main poisseuse, les jambes flageolantes et la tête en feu.

Tout votre corps est envahi par des picotements.

Bien sûr, vous hésitez... Y aller ? Rester là, le sexe mou, terré dans votre coin ? Affronter une nouvelle déconvenue ? Attendre que la porte s'ouvre ? Repartir, comme vous êtes venu ?

Non. Vous ne bougez pas. En face de vous, Sandra le corps allongé, les jambes ouvertes, use de ses doigts pour se caresser. Ils vont et viennent sur son sexe, dans son sexe. La fleur qui a déclenché ce plaisir, gît à ses côtés, tête coupée à force de caresses et de pressions. Et les cuisses s'écartent et se ferment, montrant ainsi le plaisir qui monte et envahi son corps, son ventre. Un ventre qui se creuse et se bombe au rythme de la respiration que vous devinez ahanante. Et déjà, votre sexe en redemande, quémande des caresses, réclame une main et à défaut de celle de Sandra, la vôtre.

Vous obéissez à l'impérative nécessité de vous donner encore du plaisir, en veillant cette fois à y arriver en même temps que votre vision... Et c'est en même temps que vous jouissez, dans une grande explosion de plaisir. Son corps forme un arc de cercle, se tétanise. Vous, une fois encore, vous aspergez piteusement votre main, en risquant de basculer en arrière à tout moment.

Le souffle court, la tête bourdonnante de cet effort, les jambes en coton, les reins en compote, le poignet endolori, vous tentez de reprendre vie... Alors que la belle semble elle aussi dans le même état que vous. Avec difficulté, vous la voyez ramasser ses quelques affaires et regagner l'intérieur de son appartement.

Et avant de disparaître, elle hésite, se retourne et en cueillant une nouvelle rose dans votre bouquet, le porte à ses lèvres et l'expédie à l'autre bout de la terrasse... Salut d'artiste du plaisir qui remercie son public. Elle vous adresse en même temps un large sourire et un clin d'œil avant de disparaître, vous laissant esseulé, lamentable dans votre recoin.

Vous, vous savez déjà que votre nuit va être complètement chamboulée.

Vous savez que vos rêves vont être lubriques, érotiques, pornographiques. Vous savez, qu'une fois encore, vous allez la forcer à vous prendre. Vous allez pouvoir la caresser, la toucher, la palper, lui caresser le clitoris, mettre vos doigts au plus profond de son intimité. Vous savez que dans ces moments là, vous êtes capable d'une volonté de fer. Vous allez lui faire accepter votre sexe dans la bouche, pour sentir le velouté de ses lèvres, de sa langue. Vous aller la forcer à se retourner pour que vous puissiez prendre possession de son intimité et lui faire accepter de vous recevoir dans son petit trou. Vous en éprouverez l'étroitesse qui vous massera à votre introduction, vous aspirera. Vous allez vous alanguir entre ses reins et vous laisser aller à la chevaucher longtemps, lentement et vous pourrez même recommencer... Jusqu'à ce qu'elle crie « grâce, pitié, j'en peux plus !»

Alors, vous vous réveillerez, le corps en sueur, le sexe raide, poisseux, emballé dans vos draps qui vous colleront au corps empestant votre sueur... Et il ne vous restera plus qu'à aller prendre une douche, fraîche, en attendant l'apparition de votre ingénue de quatre heures, demain et après-demain et ainsi de suite... Tant que le soleil estival brillera.

OOOOO



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