ELLE MARCHE DEVANT MOI

par Lou.yestu@wanadoo.fr


Ses jambes se croisent et se décroisent tels les compas d’une horlogerie céleste qui donnerait à mon regard posé sur elle son équilibre et sa direction. Les jambes d’une femme sont les règles d’un géomètre citadin. Elle sont si familières au flâneur urbain et pourtant si crânement solitaires et fuyantes.

Les mouvements de ses jambes sont rapides, directs, précis. Sans doute imposés par la finesse des talons des escarpins qu’elle porte et une habitude éprouvée. Sa démarche si sûre et pourtant si lente dans le déport de ses épaules et de son bassin qui semble ne pas onduler autrement que grâce au déséquilibre crée par chaque pas. La suave mécanique ondulatoire de sa silhouette de chair se coule, roule et glisse dans la courbure soyeuse de son pantalon fluide et de son chemisier blanc

De la moitié de ce corps qui mutinement me tourne casaque, j’envisage chaque détails composant son ensemble, son harmonie. J’entendrais presque clairement le glissement de la popeline de coton si le brouhaha constant de la rue n’était pas si tenace. Mais ce crissement si léger ne se laisse pas facilement apprivoiser par nos oreilles. Il est trop intime pour un extérieur tantôt en voituré ou piétonnier.
Pourtant c’est l’ouie tendue et le pas soudain plus léger que je poursuis cette filature à quelques pas et en contre bas de cette rue pentue.

Son imperceptible sillage olfactif me parvient par bribes. Léger, aérien, sans lourdeur. Il emprunte à la clarté du jour à la rosée et au discret univers féminin des rayons cosmétiques.

Dans l’enfilade piétonnière de ce quartier commercial, je caresse du regard le rond de ses hanches, cette courbe infinie du paysage féminin. J’aime les femmes et leur dos. Il n’a y a pas de beauté factuelle dans ce versant là, il n’y a que des voluptés finement dessinées.

De cette Femme je suis le suivant temporaire et ce que je contemple m’est donné sans la malice ni la lourdeur de son regard inquisiteur. Cet instant, comme le don gratuit du hasard, ma renvoie à la beauté du monde, à la beauté des Femmes.

Pourtant je vagabonde sur son territoire intime, j’envisage son corps dans sa maturité. Forçant la petite frontière de son vêtement, je prends ce que mes yeux ne peuvent prendre. Mon imagination la déshabille au gré des traits de sa silhouette extérieure. Peu à peu tombent les chaussures et le pantalon, descendent la chemise et la dentelle, et finalement vole ce petit tissu dont je ne distingue pas la fine virgule sur ses fesses même dans l’écart de sa démarche. J’ai envie d’elle.

Je la vois alors dans l’espace d’une chambre ensoleillée. Allongée sur un lit blanc et soyeux sur le ventre, sans fard, nue, sa peau velouté et pastel. Elle respire lentement, semble dormir, en veille de désir et en attente du mien.
J’approche mes mains. Frottées d’une huile essentielle que je réchauffe entre mes paumes. Sur son dos, je dessine peu à peu des cercles concentriques, des caractères inconnus d’une écriture sacrée. Son souffle si lent fait à peine voleter ses cheveux passés en mèche sur son profil au trois-quarts caché.

Je souligne ses reins et glisse au creux sans interruption, les mains les plus à plat possible. Je passe rondement chaque partie et souligne comme une argile la courbure de sa taille.
Déliant sur ses jambes, je m’attarde partout, glissant et ondulant de mes mains longues et fermes.

Ondulante, elle soulève son bassin et glisse en dessous un oreiller. Son sexe rose surgit au milieu de sa toison rabattue et veloutée. Comme un petit chaton noir caché au centre aux plis des fesses et de sa raie qui me regarderait tout étonné. Ma main, remontant entre ses jambes, embrasse à plein ce creux et du bout des doigts appuie d’un soupçon cette peau si tendre. J’accentue la pression, toujours le plus doucement du monde. Alors, avec un appétit de gourmet, je bisoute par touche la fleur de son sexe. Mes lèvres se posent là et le bout de langue avec elles. Ma salive abondante se mêle de sa mouillure et forme une boisson des plus exquise que je déguste.

Doucement, j'écarte des mes doigts sa fleur et ma langue remonte le long de ses lèvres empourprées.
Je viens glisser lentement ma verge dure le long de son sillon. Elle semble hésiter contre l'entrée de ce puit puis s'y frotte pour faire durer cette promesse de plaisir. D'avance je savoure le moment ou j'entrerai en elle, je retarde ce délice à venir. Alors je m'engage, d'abord le gland puis d'un coup glissant l'ensemble. Le cri qui s'échappe de sa gorge amplifie ce moment de la pénétration. Enserré dans son corps, je suis possédé par lui et son velours. Je suis en elle comme engagé, comme aspiré. Je sens toute la chaleur de son corps par ses parois souples, mes mains se crispent au contact, pétrissent et empoignent. L'air devient lourd de chaleur humide presque étouffant de cette odeur de musc, cette odeur du sexe. Je sens son bassin qui ondule d'avant en arrière et qui s'empale avec volonté. J'entends son souffle, ses râles. Je ne perçois plus aucune sensation extérieure à cette chambre. Mes sens sont comme concentrés sur notre chaleur, nos gestes et notre bruit de l'Amour. Nous sommes seuls, intimement liés dans la bulle de nos sens. Tendus vers l'atteinte de l'explosion, de la libération.

Elle me demande, me supplie d’un souffle de la prendre plus fort. Ses mains s’agrippent sur le bord de ses fesses et se crispent s’offrant encore plus à ma chevauchée. Son cri silencieux s’arrête, se retient, son corps se cabre sous moi comme suspendu, par vagues successives. Il se relâche subitement, reprenant son souffle, d’un coup, comme celui d’un plongeur privé d’oxygène. Puis mollement, doucement elle détend ses membres, relâche l’arc de ses jambes et déploie ses doigts.

Puis, sans que je bouge elle remonte son bassin qui s’offre en petits mouvements à un frottement délicieux de son con. Je sens au bout de ma verge cette paroi molle qui m’enserre plus encore. Son bassin remonte avec des petites secousses, sous son contrôle absolu, comme une danse orientale... Haletante à nouveau, elle enserre à nouveau les draps puis relâche ses mains à plat sans parler ni bouger.
Je me dégage et me poste à genou à son côté. Je caresse d’une main soyeuse sa courbe des reins et à nouveau sa vulve qui luit et brillante de sa cyprine et de mon liquide séminal mélangés. D’un doigt dans son vagin et d’un autre dans sa petite fleur anale, ma main entreprend un mouvement lent. Ce va et vient quelque peu circulaire de mes doigts qui de chaque côté coulissent s’envisageant l’un l’autre dans la réciprocité de ce plaisir jumeau. Elle jouit alors, plus fort encore.

Puis elle se cambre, plie ses jambes et redresse sa croupe très haut et me demande de la prendre encore. Je l’attrape sans vergogne, par les reins. Mon sexe ouvre à nouveau son sillon à et pousse en elle plus avant. Elle passe sa paume sous elle et caresse mes bourses à chaque poussée de mes reins. Entre ses doigts en V elle enserre ma verge, comme pour mieux me sentir en elle et balance son corps. Mes mains se durcissent, fessent cette rondeur et plus encore quand mon cœur bondit alors que de moi jaillit la vie de moi en réflexes successifs.
Ne tenant sur ce lit que par elle retenu, je caresse ses jambes, sa croupe, le souffle encore atone, haletant. Plus vivant que jamais je ne l’aie été, étant passé si près du néant par explosion de mon cœur dans ma poitrine.
Je veux lui parler, la prendre dans mes bras, l’enlacer de regards tendres. Lui dire que ce plaisir qui fût le mien n’est que l’Amour que je lui porte. A elle, qui maintenant me regarde…..

Ma marcheuse me fait face maintenant. Elle s’est retournée sans que je la vois et m’envisage par en dessous d’un air curieux. La rue autour de moi est soudainement bruyante et mon reflet au milieu des présentoirs de cette vitrine me semble hagard et perdu.

« Tu veux t’acheter des lunettes ? » me demande-t-elle avec un sourire.

« Hein….. ? heuu ….Non, ma vision va bien » lui di-je

« Tu rêves dis moi ?, ça fait bien 10 min que tu marches tout seul derrière moi tout songeur avec pourtant avec ton petit sourire facétieux … »

« moi ? c’est possible.., j’aime bien rêvasser parfois au milieu de la foule »

« ça devait être vraiment bien ton rêve éveillé, vu ton regard perdu ».

« Oui, c’était très bien même…….en fait….je me rappelais notre réveil de ce matin »

« ha…..oui ?...... hummmmm, c’était si bon ….j’ai adoré ….moi aussi j’y pense encore»



Retour vers Histoires érotiques d'Amis


http://www.erotica51.com © 14.03.2003 - 14.03.2018 - Tous Droits Réservés