LE CHATEAU DU COMTE

par MINETTE31


Le soleil disparaît à peine dans la campagne Haute et Garonnaise, un peu de brume de la nuit flotte donnant des contours flous au paysage. La voiture roule tranquille, le chauffeur commence sa garde de nuit.

Sandra pelotonnée contre la vitre, se redresse et s'étire, elle s'est assoupie. Une heure qu'elle roule depuis l'aéroport de Blagnac où elle a pris ce taxi.

- " Ca va mieux ? " lui dit le chauffeur. " Vous avez pu dormir un peu, c'est bien, on est presque arrivés. Vous connaissez le château? "

- " Non, c'est la première fois que je viens danse le coin, mais je sais qu'il est très beau. "

- " Pour sûr qu'il est beau, avec un accent pareil, vous êtes de Paris non? "

- " Des alentours de Versailles, décidément encore une ville de château! "

- " Vous êtes là pour affaires? "

- " Oui je suis dans l'immobilier et je dois régler une question d'héritage "

- " Ah les héritages, ça cause souvent des soucis dans les familles, moi j'ai une tante…. "

Sandra écoute le chauffeur d'une oreille distraite, elle se demande qui va l'accueillir quand elle sera arrivée.

Elle a eu à faire à l'héritier au téléphone, mais elle sait qu'il ne sera là que le lendemain dans la matinée.

Le château de Sompayrac est un chef d'œuvre d'architecture et comme peu souvent, parfaitement entretenu par la même famille depuis plusieurs générations.

Le dernier héritier est Aymeric de Sompayrac qui comme tous les hommes de la famille est dans l'élevage de chevaux.

Commerce bien lucratif car il a permis aux descendants d'entretenir parfaitement le domaine à ce qu'elle a vu sur internet.

- " Voilà, le château commence ici. "

Sandra est tirée de sa rêverie par le chauffeur.

- " Vous voilà arrivée! "

L'allée est illuminée, bon, on l'attend pense t-elle.

Sur le perron, un vieux couple l'accueille, le mari prend ses valises pendant qu'elle règle le chauffeur.

- " Merci madame et bon séjour en Ariège " lui lance le chauffeur en redémarrant.

Un " si madame veut bien nous suivre " la tire de sa rêverie.

Elle suit le couple qui l'entraîne dans le château.

- " Madame souhaite manger un morceau? "

- " Non merci, je désire juste me rendre dans la chambre s'il vous plait. "

Un très grand escalier les mène au premier étage, un long couloir bordé de multiples portes, la vieille dame en ouvre une, la quatrième, et s'efface pour la faire entrer.

La chambre est magnifique, meublée d'époque, un énorme lit à baldaquin trône au milieu de la pièce, les meubles sont massifs, lourds et foncés. Une bonne odeur de cire donne encore un air plus chaleureux à la pièce.

Après avoir remercié ses " hôtes ", elle entreprend de vider sa valise.

Elle pend sa belle robe de soirée qu'elle a pris au cas où de peur qu'elle se froisse d'avantage et dépose son dossier sur le bureau, si elle n'est pas trop fatiguée, elle y jettera un œil avant de s'endormir.

Elle fait le tour de la pièce qui doit faire l'équivalant d'au moins 4 à 5 chambres normales, les plafonds sont si haut!

Une porte entrouverte, elle allume et se trouve dans une magnifique salle de bain moderne mais qui respecte le cachet de la demeure.

Point de douche mais une baignoire en argent sur pied, ce qui lui donne envie de se faire couler un bain .

Hummmm elle va se plaire ici.

De retour dans la chambre, elle a envie de faire un peu le tour du premier étage.

Les portes sont toutes fermées à clef, bizarre, dommage...

En bas, pas de bruit, pas de lumière.

Elle allume et se glisse sans bruit au rez-de-chaussée.

Quelle salle à manger! Digne du plus beau film de cape et d'épée!

Un lustre énorme pend au milieu du plafond, du pur cristal.

Une porte, elle ouvre, allume. Elle a une exclamation découvrant la bibliothèque. Toujours les mêmes meubles lourds, la même odeur d'encaustique mais mêlée à celle du papier et du vieux cuir.

Sandra est à son aise ici, elle qui aime tant les livres !

Elle fait le tour de la pièce et s'arrête devant un portrait où est inscrit: Aymeric de Sompayrac.

Un très bel homme au regard troublant.

Une grande bibliothèque occupe tout le mur du fond, elle s'y dirige.

Il y a là de très beaux livres aux reliures de cuir patiné et aux feuilles jaunies.

Elle en sort quelques uns, des ouvrages historiques pour la plus part.

Curieuse, elle tire l'échelle à elle pour monter tout en haut des étagères et ne rien louper.

Il y a là, au plus haut du meuble toute une collection signée du comte de Sompayrac.

Elle ignorait que la famille était titrée et possédait un écrivain!

Curieuse, elle ouvre un des livres poussiéreux au titre plus qu'évocateur; " Le corset de la marquise "

Elle tire à elle un second: " La soubrette et madame "

Toute une collection de littérature érotique signée du comte, ça alors, quelle surprise!

Sandra en choisit deux qu 'elle va emprunter jusqu'à demain, personne ne le saura, elle les remettra dès son réveil, ni vu, ni connu.

Il y a un recueil de poésie érotique et un roman.

De retour dans sa chambre, elle passe dans la salle de bain, fait couler le bain dont elle a tant envie et prépare ses affaires pour la nuit.

Sandra est une très belle femme de trente deux ans, le corps raffermi par les heures passées à faire du sport.

Natation, squash, elle a besoin de se défouler après les longues heures qu'elle passe devant le pc ou dans les transports.

Elle se déshabille devant le lit où elle a déposé les livres.

Là voilà dans la salle de bain en sous-vêtement, elle vérifie la température de l'eau.

Le balconnet de dentelle rose pâle qu'elle a choisit ce matin fait saillir les lobes de ses seins qu'elle a généreux, elle tient ça de sa mère véritable mamma italienne!

La taille fine, les hanches généreuses aussi, elle a presque les mensurations idéales!

Elle aime la lingerie et ça se voit, un joli string de dentelle assorti au soutien gorge les souligne bien ses hanches mates!

Elle l'a choisi pour son originalité celui-là; un papillon diaphane semble posé à l'arrière sur ses fesses, au creux de ses reins et deux liens de satin sont noués de chaque côté, la dentelle devant, est si fine, qu'elle laisse voir les poils de son pubis joliment taillé en ticket de métro.

De la chambre, elle ramène le recueil de poésies et finit de se dévêtir.

Dieu quelle est belle, ses seins jaillissent d'un mouvement d'une incroyable sensualité hors de la dentelle, les pointes érigées par la fraîcheur de l'air.

Il y a des femmes comme ça avec lesquelles le moindre geste banal provoque une émotion érotique, Sandra est de celles là.

Elle se penche pour saisir le nœud du string entre ses doigts et le tire délicatement, crissement de la dentelle et du lien de satin sur la peau. Ses longs cheveux très bruns glissent de son épaule sur son sein.

Elle se redresse et s'en saisit pour les attacher vite fait, ses seins se tendent, inconsciente qu'elle est du spectacle qu'elle offre.

Elle a la curieuse impression d'être observée, mais même la porte qui mène à la chambre est fermée, juste un petit portrait du comte orne la pièce, comme toutes les pièces qu'elle a traversé d'ailleurs!

Son pied, sa jambe passent par dessus le rebord de la baignoire, elle entre dans l'eau chaude et mousseuse et s'installe avec un soupir de bien être.

Ca y est le livre est ouvert, une dédicace presque effacée orne la première page, elle est signée Aymeric de Sompayrac, comme c'est étrange…

Et là, à la première page, la voilà plongée dans un monde de douceur, de sensualité, de soupirs, de gémissement, de caresses, de frémissement…

Des mots, de simples mots qui artistiquement et délicatement posés les uns à côté des autres la transportent, l'émeuvent, la troublent.

Quel talent cet homme, comme elle aurait voulu être sa muse, celle qui l'a inspiré, celle qui inspire de si belles choses. L'a t-elle su au moins cette femme combien elle a été aimée, désirée, adorée?

" Ma mie de ma langue délicate,

Minette aimerai-je vous faire connaître

Et que de plaisir mon sceptre se dilate

Pour dans vos bras enfin pouvoir renaître. "

Sans y penser, Sandra glisse sa main sous l'eau et se laissant emporter par la douce valse des mots entame la danse du plaisir.

De ses index et majeur, elle glisse le long de sa fente, sans arrêter de lire.

Les mots guident la caresse, se faisant plus douce au son des: " soupir, baisers, coups de langue, douceur de ta peau, parfums enivrants …" pour être vigueur tout à coup avec les :" je t'empale, cris, fougue, caresses charnelles, avale moi… "

Le pouvoir des mots, le pouvoir de ses mots à lui, l'emporte vers la jouissance.

Elle sent son clitoris gonflé comme jamais entre ses deux doigts, emprisonné au milieu dans un va et vient subtil.

Elle ferme les yeux, capitulant enfin, des images de crinolines et de corset, de chemises à jabot et de catogan plein la tête …

L'orgasme la cambre, le livre tombe au sol, elle crie son plaisir parcourue de tremblements.

Puis retombe enfin, fermant toujours les yeux, laissant l'adrénaline se diluer jusqu'à disparaître tout doucement de ses veines….

Telle Ondine elle sort de l'eau, son corps brillant de milles gouttelettes, elle est encore plus belle après le plaisir. Ses yeux d'émeraudes pétillent, un sourie vague accroché à ses lèvres rosies et pulpeuses.

Elle s'essuie, se parfume et passe son déshabillé de soie et dentelle écrue.

De retour dans la chambre elle s'allonge sur le lit, véritable écrin moelleux pour la perle qu'elle est.

La pénombre règne, juste une lampe de chevet est allumée près d'elle, une lampe en forme de bougeoir assez réaliste qui se marie bien avec le décor.

Étrangement, elle ne se sent pas seule encore, ce doit être un des portraits du comte qui semble l'observer en face du lit.

Sandra se sent transportée dans le passé et se plonge à présent dans le roman du comte.

Toujours le même pouvoir troublant des mots, elle savoure chaque page, luttant contre le sommeil pour ne rien perdre…

Le désir renaît au détour d'un passage:

" Il perdra sa patience en enlevant ma jupe et la déchirera un peu. Son désir se fera de plus en plus violent. Il n'éteindra pas la lumière. Il continuera à me regarder, brûlant de désir, m'admirant, m'odorant, réchauffant mon corps de ses caresses, attendant que je sois totalement éveillée, jusqu'à la plus petite parcelle de mon corps "*

Son corps réagit aux mots encore, elle ferme les yeux et s'imagine le comte d'après le portrait qu'elle en a vu.

Mais pas habillé correctement non, il ne porte plus son gilet, mais juste une chemise blanche largement ouverte.

Elle imagine un torse velu, les poils bruns comme ses cheveux et ceux ci ne sont plus attachés mais libres et tombant sur les épaules. Des yeux immenses et vert comme les siens bordés de long cils noirs, un regard magnétique.

Elle l'imagine prononçant son prénom d'une voix profonde et chaude qui la ferait vibrer: " Sandra, ma belle et douce Sandra... "

Elle tend le bras pour éteindre la lumière, préférant rêver que lire à cet instant.

Les draps et couvertures sont rejetés, la belle a chaud.

Soudain, un petit souffle fait bouger les rideaux du baldaquin, elle sent comme une caresse sur son corps.

C'est étrange, la fenêtre est fermée, il doit y avoir une fissure dans les vieux murs.

Un parfum flotte dans l'air, un mélange de tabac à pipe et de cuir.

Le souffle est chaud et comme palpable au dessus d'elle, elle le sent au creux de son cou, caresse subtile, sensation de lèvres douces.

" Je dois rêver déjà " se dit elle.

La bretelle de sa nuisette se baisse, le souffle se déplace sur son sein, les pointes se dressent, elle ressent comme une succion à travers la dentelle, un gémissement lui échappe.

L'autre téton est titillé aussi. Surtout ne pas se réveiller...

L'air s'engouffre sous la nuisette, la gonfle, la soulève, la remonte même. Elle lui facilite la tache en soulevant ses fesses du lit et naturellement elle écarte ses jambes, pour le sentir au creux de ses cuisses. Il l'a fait languir, se baladant des genoux jusqu'à l'aine comme mille doigts ou mille bouches.

Ses jambes tremblent, son bassin se tend.

Le souffle remonte jusqu'à sa bouche, la poussant à l'entrouvrir, entre en elle, forme phallique entre ses lèvres qu'elle s'applique à lécher, laper, comme si c'était évidant, comme si c'était un vrai sexe.

Ses mains palpent cette aura de chaleur, des formes arrondies comme de vraies fesses se dessinent sous ses doigts.

Elle lui offre la meilleure fellation qu'elle n'ait jamais faite, s'attardant sur le gland, passant bien la pointe de sa langue des tous les plis de la peau, l'aspirant, le coinçant entre la langue et la palais dans un va et vient insatiable.

Tout d'un coup, l'air se déplace vers son bas ventre.

Oui elle le veut en elle, elle lui murmure des mots crus, des mots qui n'ont jamais franchit sa bouche

Elle veut qu'il sente sa chair tendre et humide, qu'il la prenne , qu'il la pilonne, qu'il la possède.

Sentant enfin le pieu la pénétrer, elle pousse un feulement de féline emplie.

Rythmant ses vas et viens sur ses cris, il la pénètre profondément, touchant le tréfonds de son ventre.

Lui procurant des sensations dans la moindre parcelle de son sexe, des sensations dont elle ignorait même l'existence.

Elle l'aspire en elle pendant qu'il l'embrasse, mordillant ses lèvres, la caressant de sa langue la faisant frémir de tout son être.

Elle est prise d'une véritable frénésie charnelle balbutiant des mots, priant que ça ne s'arrête jamais, Son amant est le plus infatigable des amants, changeant de position au grée de ses envies.

Elle prend feu, elle sent son miel s'échapper entre ses cuisses.

Des ondes de plaisir la parcourent, elle sait qu'elle allait jouir, le crie et se sent aspirée comme dans une spirale, une tornade qui fait s'envoler les feuilles de son dossier dans la chambre. Presque soulevée du lit, elle retombe, les bras en croix, repue, rassasiée, des larmes pleins les yeux, les nerfs à fleur de peau tendus comme les cordes d'une harpe.

Le jour qui la caresse, la trouve endormi en position fœtale, l'oreiller entre ses bras.

Sandra ouvre les yeux, se souvient de ce rêve si réel, sourit.

Elle se dit que si elle a pu vivre ça une fois, ça pourra se reproduire.

Elle se lève, se rajuste s'étire, sourit surprise à la vue du bazar dans la pièce. Les feuilles de son dossier sont effectivement éparpillées de-ci, de-là.

Sur le bureau quelque chose qui n'y était pas la veille, elle en est sûre!

Une feuille, jaunie.

Sur la feuille, quelques mots tracés à la plume:

**" Quand du souffle d'en haut votre coeur est touché,
Votre coeur, comme un feu sous la cendre caché,
Soudain étincelle et s'enflamme"**


Merci Douce Sandra

A de S.



* " Vénus Erotica " d'Anaïs Nin

** " Les feuilles d'automne " Victor Hugo


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