LA PORTE DES CABINETS

par Auguste



J'aimais bien manger dans cette brasserie. Pas trop de monde. Pas trop serrés, ce qui pour la région parisienne était rare. Peu de jeunes cadres dynamiques à dents pointues. Des groupes de collègues de travail. Quelques femmes seules. De ma place habituelle, je voyais la partie bureau de tabac. C'était un peu plus animé que le reste de la salle. Dès que les beaux jours arrivaient, c'était agréable de voir les jambes qui se dénudaient, les épaules qui se découvraient. Je n'étais pas un mateur mais les belles choses sont faites pour être regardées et appréciées.

En ce début de printemps, j'avais remarqué cette petite blonde, cheveux courts, toujours bien mise, élégante et coquette. Le rouge et le noir lui allaient très bien. Mais là où elle était le plus belle, c'était en tailleur bleu-marine, chemisier blanc et mocassins noirs avec le dessus blanc. Un peu collégienne des temps jadis. Peut être chez les bonnes soeurs! Quelquefois nos regards se croisaient. Un léger sourire toujours aux lèvres. Polie avec la serveuse. J'avais remarqué sa voix chaude, un peu éraillée, comme beaucoup de fumeurs. Elle avait un léger accent, pas du Midi, plutôt du Sud-ouest, moins chantant. Elle venait presque tous les jours, sauf le lundi. Je dois dire que les jours où je ne la voyais pas, cela me manquait un peu. On se fait des repères, on s'y habitue et un jour on ne peut plus s'en passer, leur absence provoquant même une sensation d'inachevé.

Quelle ne fut pas ma surprise de la voir ce lundi! Elle n'était pas seule, elle était accompagnée d'un monsieur, sacoche en cuir à la main, costume, cravate, cheveux poivre et sel, barbe blanche. Pour l'occasion, elle avait troqué ses éternelles jupes pour un pantalon noir et un pull rose. Tout cela était très près du corps et mettait en valeur ses formes pleines de quinquagénaire épanouie. Formes pleines mais pas de culotte de cheval, pas de doudounes excentriques prêtes à sortir du décolleté du pull! Ils plaisantaient et son sourire s'était transformé en rire. Après avoir effectué l'achat de sa drogue quotidienne, ils se dirigèrent vers une table de libre, celle juste à côté de moi. Le monsieur, galant, lui laissa prendre la banquette, si bien qu'elle se retrouva face à moi.

Elle s'assit, posa son écharpe rouge. Je vis ses yeux verts, sa carnation parfaite, quelques rides d'expression qui illuminaient son visage. Son pull découvrait la racine de ses seins. Deux petits seins qui semblaient doux comme des abricots... Nos regards se croisèrent. Elle eut un sourire de reconnaissance et repartit de plus belle dans sa conversation avec son compagnon. De là où j'étais, j'aurais pu la suivre mais c'était plutôt la musique de sa voix qui m'intéressait. A nouveau nos regards se croisèrent. L'expression fut plus interrogative, malgré son caractère fugace. Comme attirés l'un par l'autre, nos regards se mêlèrent plusieurs fois, chacun repartant aussi tôt dans son action, elle de converser et moi d'écouter la mélodie de sa voix.

Contrairement à mes habitudes, je fis traîner mon repas, commandais un dessert, puis enfin un café, en même temps qu'eux. Je sentais une lutte en elle, celle de ne pas accrocher mon regard. Moi aussi, je menais le même combat.

Avant de boire son café, elle se leva pour aller aux toilettes. Elle fit en sorte de passer près de moi, regarda sur la table comme quelqu'un qui essaie de ne pas déranger les choses en place.

- Pardon, vous savez où sont les toilettes?

Cela s'adressait à moi puisqu'elle tournait le dos à son compagnon de repas et qu'autour de nous il n'y avait aucun garçon en vue. Poliment je me levai.

- Au coin du comptoir à droite, m'entendis-je dire d'une voix que je ne connaissais pas.

Plutôt que de me rassoire, ce qui aurait été normal, j'allais vers le bout du comptoir. Pourquoi? Je ne sais pas. Ce que je sais, c'est que nous nous trouvâmes devant les lavabos.

- Quand j'étais jeune, j'aimais bien tenir la porte des toilettes aux filles!

Elle éclata de rire!

- Oui, et vous regardiez par dessous!
- Elles ne descendaient pas jusqu'en bas chez vous?
- Non!
- Cela vous gênait?
- Pas du tout! Bien au contraire! Il y en avait une qui avait un trou dans le mur que je prenais systématiquement quand il y avait un garçon dans les parages.
- Les garçons en profitaient!
- Quelques-uns, oui! Et quand je savais qu'il y avait un petit garçon à côté, je posais ma culotte entièrement et remontais ma robe!
- Avez-vous gardé ce trait de coquinerie?
- Je vous laisse deviner!

Je lui ouvris la porte de la toilette des dames, qui servait aussi aux handicapés. Un coup d'oeil circulaire. Personne. Mû par je ne sais quelle pulsion, j'entrais avec elle, fermais la porte sur nous.

Dans un grand éclat de rire

- Alors-vous!
- Il n'y a pas de trou dans le mur, alors, vu que celle-là est grande...
- D'accord!

Elle dégrafa son pantalon, le fit glisser à ses pieds, me le tendit, remonta son pull, découvrant un petit ventre, baissa son mini string, l'ôta, me le donna. Je voyais son pubis de blonde, taillé sur le Mont de Vénus, lisse plus bas. Cela semblait doux comme un abricot! Elle pivota sur elle-même, me montant ses fesses rebondies. Elle s'assit sur la cuvette. Je restais immobile, son pantalon sur le bras, sa culotte à la main. Voilà les nouvelles manières de tenir la porte des cabinets aux dames...


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